Le GIGN est reparti, laissant la maison d’Édith vide, une porte éventrée. La police scientifique fouille les lieux, à la recherche d’explosifs : Édith les avait menacés de tout faire sauter. Était-elle vraiment capable de manier ce genre de matériel ?
Hélas, il a bien fallu se rendre à l’évidence : elle avait entreposé dans la chambre du bébé un impressionnant arsenal de mitraillettes, de kalachnikovs et d’explosifs de toutes sortes, glanés ici et là. Qui le lui avait fourni ?
Pour l’instant, la police se contente de rassembler les preuves, tout en constatant à quel point cette femme semblait accorder peu d’importance à son enfant. Elle avait entassé dans cette pièce un bric-à-brac dangereux et inquiétant.
Selon Tino, le bébé marchait déjà ; au début, il se traînait encore à quatre pattes. Certes, leur mère n’était pas souvent présente, mais elle était venue le week-end passé et avait récupéré son bébé chez sa soeur Shana.
« Quelle femme ignoble », pensa le capitaine. Désormais, il refusait de porter le nom des Capet même si elle n’avait été que la maîtresse de son père.
En apposant les scellés sur la porte, il sentit le poids d’une malédiction planer au-dessus de sa tête. Il n’en parlerait pas à Tino. Lui, en revanche, avait grandi ce jour-là. Il serait une bonne recrue. Mais la figure paternelle de Thomas l’attirait davantage vers la gendarmerie. Le capitaine, le connaissant bien, savait qu’il ne chercherait pas à l’influencer. Ce serait à Tino de faire son propre choix.
Mais ce que le capitaine ignorait encore, c’est que Sali n’était pas venu seul jusqu’à cette maison. Il avait tenté, la veille, de reprendre son fils par ses propres moyens. Édith l’avait reconnu à peine avait-il franchi le seuil du jardin. Elle n’avait pas crié. Elle ne s’était pas défendue verbalement. Elle l’avait simplement conduit à l’intérieur… puis poignardé dans le dos le blessant légèrement. Quand les hommes du GIGN avaient lancé l’assaut, ils avaient trouvé son corps à demi conscient, allongé derrière une cloison, dans l’obscurité d’un couloir qu’elle avait condamné à l’aide d’un meuble. Il baignait dans son sang depuis le coup de feu entendu au moment où Tino s’étant saisi de l’enfant allait repartir par où il était venu.
Elle avait tenté de l’effacer. De le faire disparaître de l’équation. À l’hôpital, Sali El-Mansour luttait entre la vie et la mort. Il avait perdu beaucoup de sang. Son pronostic vital était engagé.Le capitaine avait appris la nouvelle quelques heures plus tard, dans un couloir du commissariat. Il n’avait pas bougé, ni parlé, mais son poing s’était fermé lentement sur le dossier qu’il tenait.Elle avait voulu le tuer. Elle avait voulu faire taire la seule voix qui pouvait dire la vérité. Celle qui pouvait lui reprendre cet enfant qu’elle avait volé.Et tout cela, au nom d’une illusion.
Peut-être avait-elle réellement cru, dans sa tête ravagée, que Sali était amoureux d’elle. Peut-être s’était-elle convaincue que leur relation — fugace, obscure — lui donnait droit à un avenir, un foyer, un enfant. Ce bébé n’était pas un être humain pour elle : c’était une preuve. Une preuve qu’elle avait de l’importance. Qu’elle comptait.Alors quand Sali était revenu, vivant, réclamant ce qui lui appartenait… Elle avait voulu l’éliminer. Tout cela était si tordu que le capitaine en avait la nausée. Il fallait apprendre à Tino que le bébé n’était pas son demi-frere. Il n’avait nullement envie de s’y coller. Mais il fallait attendre . Attendre de savoir si Sali survivrait. Et dans ce silence pesant, le capitaine comprit une chose : il n’y aurait pas de fin heureuse.
Le capitaine avait reposé le dossier à peine ouvert. Il n’en avait pas eu besoin. Ce que Sali El-Mansour représentait, il l’avait compris d’un seul regard. Mais ce qu’on venait de lui apprendre lui coupa littéralement le souffle.
— Elle lui a tiré dessus ? demanda-t-il, d’un ton plus bas que sa voix d’habitude tranchante.
— Oui, à bout portant. Une balle dans le thorax. Mais la balle était pour Tino, c’est Mansour qui s’est mis entre Tino et Edith, sûrement pour protéger son enfant que votre homme avait dans les bras. En entendant le coup de feu, le GIGN a lancé l’assaut.
—C’est un miracle qu’il soit encore en vie, répondit l’officier de liaison à l’hôpital.Sali était entre la vie et la mort. Transporté in extremis par hélicoptère, il n’avait toujours pas repris connaissance. Le tir avait traversé un poumon, frôlé le cœur. Si les forces d’intervention étaient arrivées cinq minutes plus tard, il serait déjà mort.
Auparavant Édith, avait barricadé la maison comme une bête traquée, jouant la comédie de la mère désespérée, menaçant de tout faire exploser. Mais ce n’était qu’un écran de fumée. Elle savait que la vérité était sur le point de la rattraper. Car Sali n’était pas un inconnu. Il était le père du bébé.Et Édith n’était qu’une ancienne nounou à qui il avait fait confiance un jour de trop, dans un pays qu’elle connaissait à peine, par contre tous ignorent la raison pour laquelle, elle était partie à Dakar. Sali avait eu une brève relation avec cette femme sans lendemain. Elle s’était accrochée à ce souvenir comme à une bouée de sauvetage, construisant autour de lui une vie fictive, un amour imaginaire, une maternité illusoire.
Un jour, selon ses propres dires, Sali avait disparu. Édith s’était retrouvée seule avec le bébé, à peine âgé de quatre mois. Personne ne s’occupait vraiment de lui, affirmait-elle. Alors, poussée par une envie soudaine de rentrer en France, elle avait pris l’enfant avec elle. Comme si cela allait de soi. Comme s’il était à elle.
Et lorsqu’elle l’avait vu réapparaître chez elle, un an plus tard — déterminé à reprendre son fils, son sang, son droit, sa chair —, elle n’avait pas hésité.
Elle avait appuyé sur la gâchette.
Le capitaine en avait vu, des horreurs. Mais cette histoire-là, cette femme-là, éveillait en lui quelque chose de plus profond. Un effroi ancestral. Une déchirure intime. Car elle portait le même nom que son père. Parce qu’elle était entrée dans sa lignée par effraction, comme une intruse dans une généalogie qu’elle avait souillée.
Et Tino, ce gamin qu’il voyait depuis des semaines tenter de grandir au milieu du chaos, n’était pas simplement une victime. Il était le fils d’Édith, la voleuse d’enfants. Le fils d’un mensonge.
Il ne devait rien apprendre, pas maintenant. Bien qu’il ait vu de ses propres yeux sa mère hystérique tirer sur le père de l’enfant, personne ne voulait briser ce qu’il lui restait de stabilité. Il commençait à peine à se reconstruire.
Thomas, lui, refusait de se mêler de la vie d’Édith. C’était une histoire trop sale, trop lointaine. Mais il prenait régulièrement des nouvelles de Sali, hospitalisé sous surveillance. Son état était stable, disaient les médecins, mais ils ne se prononçaient pas. Le silence médical avait la couleur du doute et de l’attente.
Quant à Malian, l’enfant, il continuait à vivre… ou plutôt à survivre, dans un quotidien, bouleversé. Un pédopsychiatre avait été dépêché sur demande de Shana, qui s’occupait de lui désormais. Un matin, le petit avait hurlé si fort dans son sommeil qu’il en avait failli s’étouffer. Alors Shana avait pris la seule décision qui lui semblait juste : demander de l’aide.
Malian a été confié aux soins des services sociaux après une intervention du GIGN au domicile d’Édith, sa nourrice non déclarée. Dès que Thomas l’avait appris, il était intervenu auprès des services sociaux, afin qu’à la suite du traumatisme dû au coup de feu il ne soit pas perturbé par la perte de ses repères, en l’occurrence le visage de Shana.
L’enfant aurait été emmené illégalement d’un pays africain à la France par cette dernière, alors qu’il avait à peine quatre mois. Depuis son arrivée, il a été principalement élevé par Shana, figure stable et bienveillante, qui en assurait le quotidien.Les contacts avec Édith ont été ponctuels, imprévisibles, mais brefs (jamais plus de 48 heures). Aucun signe de maltraitance directe n’a été rapporté durant ces séjours, bien qu’un environnement insécurisant (armes, isolement, instabilité affective) ait été identifié. Des observations sont noté, son développement moteur et verbal est conforme à son âge. Il y a un attachement clair à la figure référente (Shana).
Plusieurs réactions de sursaut au bruit fort (claquement de porte, sirène), mais aucun signe de terreur ou de retrait. Il a un comportement social adapté, il accepte le contact avec l’adulte soignant. Son sommeil est régulier, son appétit est normal selon les observations de Shana.
En conclusion le pédopsychiatre a noté sur son rapport remis aux services sociaux ainsi qu’une copie à Shana et Thomas. L’enfant ne présente pas de trouble psychiatrique manifeste à ce jour. Il a été exposé à un événement traumatique unique (violence armée), mais semble disposer d’un bon ancrage émotionnel grâce à sa relation prolongée et sécurisante avec Shana. Aucune intervention médicale urgente n’est indiquée. Un suivi pédopsychiatrique léger (mensuel ou à la demande) est recommandé afin de surveiller l’évolution émotionnelle et comportementale de l’enfant dans les prochains mois.
A suivre…
Copyright Août 2025
.

je dois reconnaître que j’ai failli perdre le fil de l’histoire lol
J’aimeJ’aime
Tu dois suivre sinon tu vas te perdre dans les méandres de ma mémoire
J’aimeJ’aime
Lue avec intérêt, que cette page importante, Eva Joe !!! Bisous
J’aimeJ’aime
Comme Gibee, je me pose des questions…
1) Qui est de capitaine… « Quelle femme ignoble », pensa le capitaine… et « Car elle portait le même nom que son père...
Puisque Tino nouvelle recrue au GIGN est fils d’Édith et qu’il doit être tenu à l’écart et que Thomas, lui, refusait de se mêler de la vie d’Édith.
En reprenant l’arbre généalogique établi par Léo :
CAPET LOUIS
Djamilla née Abdou épouse CAPET Louis
Enfants : Louis né le 1/01/2003- Léo né le 12/04/2006- Maël né le 15/09/2011
Shana Lambert
Enfant : Mila /16 ans née le 14/07/2009
Esmeralda Epoutre
Mikaël né le 28/09/2003, Kévin né le 15/05/2000
X
Tino né le 8/09/2005, Yanis né le 25/06/ 2006, Inès née le 25/12/2009
Ce capitaine, ne serait-ce par le Louis Capet, enfant de Djamilla née Abdou première épouse de CAPET Louis ?
2) Mailian, l’enfant ramené par Thomas en échange en Afrique avec celui ramené par Édith, est donc le fils de Sali… « Il était le père du bébé. Et Édith n’était qu’une ancienne nounou à qui il avait fait confiance un jour de trop… »
C’est vrai Evajoe, il y a de quoi y perdre son latin… 🤣
Bises – Zaza
J’aimeJ’aime
Il y a un policier parmi les garçons lol
J’aimeJ’aime
Le capitaine c’est le fils aîné d’Esmeralda il est policier. Il a même sauvé sans le savoir Inès sa demi-soeur…
Voilà qui est ton Capitaine… 😄😉🤗
J’aimeJ’aime
Ouf, tu nous compliques sérieusement l’histoire.
J’avoue que je nage.
Bon, je viens de lire les commentaires. Elle a deux fils Esmeralda. Alors ? il faudrait que je reparte dans l’histoire.
J’aimeJ’aime
Quelle histoire!
Tu as tiré les fils de tes marionnettes avec brio. Chapeau!
J’aimeJ’aime