Une découverte renversante pour Shana/ 13

Scène : Édith rencontre son avocat

Le parloir était nu. Table métallique, chaises vissées au sol. Édith entra menottée, encadrée par deux gendarmes. Elle s’assit sans un mot, le regard droit, froid, comme si elle était ailleurs.De l’autre côté de la table, Maître Largile que Thomas lui avait fait avoir l’attendait. Costume froissé, mal rasé, yeux cernés : il avait lu le dossier, ou du moins ce qu’il avait pu en extraire. L’affaire était déjà une bombe.

— Bonjour, Édith, dit-il en ouvrant son dossier.

Elle ne répondit pas. Elle fixait un point sur la table, là où la lumière du néon tremblotait.

— Nous n’avons pas beaucoup de temps. La police attend que je vous prépare à l’audition. Vous êtes mise en examen pour tentative de meurtre avec préméditation, détention illégale d’armes de guerre, enlèvement de mineur et mise en danger de la vie d’autrui.

Toujours aucun mot. Mais un tressaillement au coin de l’œil.

— Il va bien ? murmura-t-elle soudain.

— Qui ? demanda l’avocat, bien qu’il devinât la réponse.

— Malian.

Largile referma son stylo. Il la regarda en face.

— Ce n’est pas votre fils, Édith. Il ne l’a jamais été. Vous n’aviez aucun droit de le ramener de l’étranger. Vous avez tiré sur son père. Ce que vous avez fait… est très grave.

Elle tourna la tête lentement. Ses yeux brillèrent, mais pas de larmes. Plutôt une rage rentrée, une incompréhension profonde.

— Je l’ai élevé. J’étais là quand il pleurait la nuit. Quand il faisait de la fièvre. Son prénom je l’ai choisi avec Sali, et maintenant vous me dites que ce n’est pas le mien. Il me regardait comme une mère. Vous croyez que ça ne compte pas ?

Largile soupira. Il connaissait ce genre de déni. Il avait vu d’autres femmes justifier des gestes terribles au nom d’un lien imaginaire.

— Ce n’est pas à moi qu’il faut dire ça. C’est au juge. Et croyez-moi, ce genre de discours ne vous aidera pas. Ce que vous ressentez… Ne peut pas effacer ce que vous avez fait.

Elle serra les poings sur ses cuisses. Un éclair de fierté brisée traversa son visage.

— Je n’ai jamais voulu lui faire de mal. Ni à l’enfant. Ni à Sali. Il m’a abandonnée. Je l’ai attendue des semaines. Il m’a laissée seule avec le bébé. Je ne l’ai pas volé… je l’ai protégé.

— Vous lui avez tiré dessus, Édith. Et ce n’était pas de la panique. Vous avez tiré à bout portant. Ensuite, vous avez caché le corps dans le couloir. Ce sont des faits. Pas des sensations.Elle détourna les yeux. Un long silence tomba. Largile reprit plus doucement :

— Je suis là pour vous défendre, pas pour vous juger. Mais si vous ne coopérez pas avec la police, si vous ne redescendez pas dans la réalité, je ne pourrai rien faire pour vous. Il faut que vous acceptiez ce que vous avez fait. Même si ça fait mal.Édith ferma les yeux. Elle murmura, à peine audible :

— Ils vont me prendre tout ce que j’ai.

— Vous l’avez déjà perdu, Édith. Maintenant il faut limiter les dégâts.

Scène : Interrogatoire d’Édith

La salle d’audition était plus petite que le parloir. Plus froide aussi. Une table, deux chaises. Sur le mur, un miroir sans tain. En face d’elle, le capitaine Marceau. À sa droite, un agent de la PJ, bloc-notes ouvert. Tout serait enregistré. Édith était revenue seule. L’avocat l’avait préparée. Mais rien ne l’avait préparée à ce vide dans la pièce. À ce ton sans émotion.

— Nom, prénom, date de naissance ?Elle répondit machinalement. Sans ciller.

— Savez-vous pourquoi vous êtes ici ?Elle hocha la tête. Un murmure :

— J’ai tiré sur Sali.

Le capitaine releva à peine les yeux. Il nota calmement.

— Pourquoi ?

Elle inspira profondément. L’air lui brûlait la poitrine.

— Il allait me prendre Malian. Je l’ai élevé. C’est moi qui étais là.

— Il est son père biologique. Vous n’avez aucun droit légal sur lui.

— Mais j’ai été là. Il m’a laissée seule. Il a disparu. Je pensais qu’il ne reviendrait pas.Le capitaine posa son stylo. Il se pencha légèrement.

— Ce n’est pas une justification. Vous l’avez emmené d’un pays étranger sans autorisation, en traversant les frontières, sans papiers. Vous saviez que ce n’était pas votre enfant.Elle grimaça. Pas de colère. Une sorte de douleur ravalée.

— J’ai pas réfléchi comme ça. Je pensais juste que c’était à moi maintenant. J’ai jamais pu avoir d’enfant.

— Vous entendez ce que vous dites . J’ai dans ma brigade votre fils aîné Tino, il a 25 ans, certes vous l’avez eu jeune, mais vous l’avez oublié.

— Ce n’est plus mon fils, il m’a volé Malian.

— Et Yanis ce n’est pas votre fils

— Lui c’est un vaurien, un voleur

— Et Inès votre petite dernière, elle aussi vous ignorez qu’elle existe.

— C’est Capet il m’a forcé à la garder, pour voir laquelle des jumelles tourneraient mal.

— Les jumelles ? quelles jumelles ?

— La fille de Shana, elles sont nées toutes les deux la même année, il voulait voir laquelle serait la plus intelligente ou je ne sais quoi. Je l’avais emmené chez les Petites sœurs des Pauvres, il est allé la récupérer.

— Vous ne l’avez jamais aimé, je me demande ce que serait devenu le pauvre Malian si vous étiez réellement sa mère.

Sali la peut-être volé. Il n’avait pas de femmes, il faisait un métier dangereux aussi. Un soir il est parti, puis plus rien. Pendant trois mois j’ai attendu son retour…

— Alors vous avez construit une famille de substitution. Et quand la réalité est revenue frapper à votre porte… vous avez tiré.

Elle releva les yeux. Son regard devint plus fixe, plus dur.

— Il me l’aurait enlevé. Comme si j’étais rien. Comme si j’avais jamais compté. Mais moi je l’ai bercé, nourri, protégé. Je l’ai aimé.

— Vous aviez peur qu’on découvre la vérité ?

Silence. Long.

— Peut-être… Oui. Peut-être que j’étais fatiguée. J’avais peur que tout s’écroule.

— Et les armes ? Les explosifs ? Pourquoi garder tout cela chez vous ?Elle haussa les épaules, fatiguée.

— Pour me défendre. On n’est jamais en sécurité. Il y a des gens qui vous veulent du mal, toujours. J’ai juste voulu être prête.

— Et le bébé ? Il dormait à côté de tout cet arsenal. Vous trouvez ça normal ?

Un tressaillement. Elle détourna les yeux. Pas de réponse.Le capitaine conclut, d’une voix neutre :

— Vous avez tiré à bout portant sur le père d’un enfant que vous aviez enlevé. Ce n’est pas une dispute. Ce n’est pas un malentendu. C’est une tentative de meurtre.

Elle laissa tomber sa tête contre le dossier de la chaise.

— Alors qu’est-ce que vous attendez ? J’ai déjà tout perdu. Malian, il me reconnaîtra plus. Il saura même pas que je l’ai aimé.

Le silence dans la pièce fut total.Le capitaine reprit son stylo, nota une dernière ligne. Puis se leva.

— Fin d’audition, 15 h eures 47.

— Ramenez Edith Capet en prison.

Puis se tournant vers son collègue, il va falloir dire à Monsieur et Madame Lambert que leur sœur et belle-sœur a épousé Capet en prison.

Je me demande quelle en est la raison ?

A suivre…

Copyright Août 2025

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

5 réflexions sur « Une découverte renversante pour Shana/ 13 »

    1. Le vieux a la canne il est out. C’est son fils qui l’a tué. Elle a épousé le géniteur des fils Tino, Yanis et Inès

      Louis, Léo et Maël

      Mikael le policier capitaine de police Kevin son frère.

      Mila

      Voilà je t’ai remis la famille

      Bonne soirée et bisous

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  1. Tu as une sacrée imagination Evajoe! Tu as tissé un imbroglio de première!

    Cela sent la fin de ton histoire. je pars vite découvrir la suite

    🙂

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