Mince je n’ai pas mis le mot fin. Vous voulez savoir… Alors lisez…

Le repas était calme. Mila regardait son téléphone à chaque bouchée. Mikael se pencha vers elle et lui dit :

— Tu devrais manger tranquillement, sinon tu ne vas pas apprécier les crêpes d’Églantine. Tu verras, celles au caramel au beurre salé sont un délice.

— Elle a fait des crêpes ? C’est mon péché mignon.

— Elle devait être dans la confidence… On attendra tes parents pour t’offrir tes cadeaux d’anniversaire.

— J’ai beaucoup de cadeaux, tout le monde m’en a offert…

— Curieuse, lança Kevin en la taquinant comme un grand frère.

C’est juste au moment où elle allait lui répondre que son téléphone se mit à sonner sur l’air de La Carmagnole. Dans la salle à manger, on entendit :> « Ah ! Ça ira, ça ira, les aristos on les pendra… » chantés d’une seule voix par Inès, Maël et Mila.

Malgré la tension, un fou rire les gagna tous.

— Papa, j’espère que les nouvelles sont bonnes.

— Tout va bien pour ta maman. Tonio de mon équipe rentre chez lui, il me ramène et, d’ici cinquante-cinq minutes, je serai avec vous.

La conversation fut alors coupée.Mila, pâle, se ressaisit : sa maman allait bien… n’était-ce pas là l’essentiel ?

Mikael se pencha vers sa sœur :

— Quelles sont les nouvelles ?

— Papa m’a dit que Maman allait bien et qu’il sera bientôt là. C’est Tonio qui le ramène.

— Ah, je me demandais comment il allait faire pour revenir… À moins que l’un de nous aille le chercher, je ne voyais pas d’autre solution. J’avais oublié que Tonio habite à Château-Thierry. Par contre, explique-moi cette sonnerie spéciale sur ton téléphone.

— C’est simple : Capet, ce n’est pas un nom courant. Et si ça se trouve, on descend des Capétiens… Alors, on a eu envie de les “tuer” par la pensée.

Les rires fusèrent et tous applaudirent l’initiative des jeunes. Mikael, lui, songea que ce genre de musique n’était pas toujours facile à assumer selon l’endroit où l’on se trouvait.Un coup de klaxon interrompit leurs pensées. Tous se précipitèrent vers la voiture, mais Mila fut la plus rapide.

La portière s’ouvrit. Son père en sortit à grandes enjambées, adressa un bref signe de la main à Tonio, puis attira sa fille contre lui. Il enfouit son visage dans ses cheveux, les caressa doucement et, d’une voix basse et chaude, lui souffla :

— Le bébé est bien accroché… mais il va falloir ménager ta maman. Pour le notaire, elle n’y retournera pas. L’argent, elle le garde. Elle le placera et décidera ensuite à quoi il pourra servir. Les idées ne manquent pas… Et tu sais, les lieux insolites façon Capet peuvent parfois être déroutants.

— Quand rentre Maman ? demanda Tino. Comme nous sommes presque tous en vacances, on pensait partir à Tour-en-Bessin pour voir les cinq pur-sang.

Vous louez des minibus je suppose, est-ce que tout le monde y va ?

Non, justement nous y allons avec Maël si tu nous donnes l’autorisation, Inès vient avec ses frères.

— Donc Mila reste… et ses frères aussi ?

— Exactement, répondit Mikael. Mais même si Mila était partie, nous serions quand même restés.

— Il y a une raison, j’imagine.

— Oui. Nous allons voir le père Capet. Avant que tu ne poses la question, on préfère t’expliquer.

— Est-ce que Mila y va ?

— Non, Papa. Plus jamais je n’irai voir ce type. Même si je prends son argent, j’ai décidé de ne pas le garder pour moi. Sauf une partie, pour que vous n’ayez pas à payer nos études. Le reste, on le placera.

— Même mes études ? dit-il en riant.

— Quelles études, Papa ? répondirent-ils en chœur.

— Je vais me former pour accueillir des jeunes. En attendant, je construirai le foyer qui les hébergera. Tino, lui, va reprendre ses études pour devenir éducateur.Mikael siffla :

— Oh, le cachottier ! Dis à ton père quel métier t’attire.

— Juge pour enfants. Un jour, je le serai.

Thomas, fier de sa fille, se contenta de sourire et lui proposa d’aller voir les jumeaux. Dans la cuisine, Matis et Tomas, sagement assis dans leur chaise haute, semblaient tenir une véritable conversation avec Malian, ce qui faisait éclater de rire Ingrid et Églantine.

Pendant ce temps, Sali se préparait à repartir à Dakar pour un ou deux mois.Après en avoir discuté avec Mikael et Églantine, ils étaient tombés d’accord : le couple prendrait en charge son fils.

Mais un problème se posait désormais.Shana, qui s’était engagée à s’occuper de Malian lorsque le couple travaillerait, venait d’apprendre qu’elle était enceinte de quatre mois… et que sa grossesse était très fragile.

Sali discutait avec Églantine lorsque Thomas et Mila les interrompirent.

— Ne t’inquiète plus, Maman attend toujours le bébé. Elle doit juste se reposer et rester allongée le plus possible. Papa a trouvé une nounou pour les trois garçons. Et on va embaucher une dame pour faire le ménage : Maman ne pourra pas s’occuper seule d’une grande maison, surtout qu’avec les travaux, il y a beaucoup de poussière.

— Thomas, ne vous inquiétez pas, répondit Sali, je suis libre jusqu’à la naissance de mon bébé. Je pense que Shana et moi en sommes au même nombre de mois.

— Quoi ? Je vais être tata ? Oh, comme je suis contente de faire partie de votre famille !

— Tu l’aurais été quand même, puisque tu es la sœur de Mikael.

— Demi…

Mikael et Kévin éclatèrent de rire.

— Il n’y a rien à moitié chez nous, on est tes frères. D’ailleurs, raconte-lui ce que t’a dit la dame hier à la boulangerie de Kévin, quand tu aidais à vendre les viennoiseries.

— Oh, mademoiselle, ce doit être vous sa petite sœur ! Vous lui ressemblez comme deux gouttes d’eau. Donc tu seras la tata — ou la tatie — de notre futur bébé.

Un mois s’était déjà écoulé depuis l’annonce de ces deux bébés à venir dans la famille.Pour les pur-sang, nous avons décidé de les ramener dans un haras près de Paris. Les cinq chevaux y seront, et Inès y apprendra son métier. Elle montera le bai nommé Attila et intégrera un lycée sport-études pour se perfectionner en équitation, pendant que les autres pratiqueront l’athlétisme ou la natation.

Nous avons vendu la maison des îles Marquises.Déjà qu’on descend des Capétiens, Louis a fait des recherches généalogiques : probablement une branche bâtarde, compte tenu de la déchéance du vieux Capet et de son fils. La lignée s’est éteinte avec le prisonnier, et les Marquises n’intéressaient pas les Capétiens.

La villa de Nice sera bientôt vendue : ce sont des Anglais qui vont l’acheter. Nous n’y sommes même pas retournés.

Quant aux appartements parisiens, nous les avons fait rénover et réaménager : les pièces sont moins grandes, mais il y a plus de chambres.

Grâce à un ami de Mikael, agent immobilier, nous allons les louer.Les anciens locataires sont partis quand ils ont découvert à quoi ils servaient auparavant.

Désormais, il y a deux appartements par étage, soit six au total. À l’emplacement de la chambre de Shana, nous avons créé un studio pour étudiants, loué 400 €. Nous avons aussi embauché une concierge, une femme seule avec deux enfants.

Pour l’instant, seule une famille s’y est installée : Julien, le grand commandant du GIGN, avec sa femme et leurs trois enfants.

Tout est parfait, même si parfois on se prend la tête… surtout quand on parle de… bref, devinez.

Et puis, la cerise sur le gâteau : nous l’avons apprise lors du procès d’une certaine Edith. La “ci-devant” Capet, que nous appelons désormais Carpette, a avoué que Capet, depuis sa prison, lui avait fait acheter des armes qu’elle avait cachées… Dans la seule pièce où personne n’aurait dû entrer : la chambre de Malian.

Elle est maintenant internée dans une unité psychiatrique, quelque part en France, avec interdiction de sortir. Maman a simplement demandé de ses nouvelles. On lui a répondu qu’elle n’était pas malheureuse : elle passe ses journées à bercer une poupée. Alors Maman lui a fait envoyer un poupon noir.Quand l’infirmier le lui a remis, Edith l’a serré contre elle et a murmuré :

— Shana m’a rendu mon bébé.

Les terres constructibles en France ont toutes trouvé preneur.

En Allemagne aussi, mais là-bas ce sera un institut pour enfants défavorisés. Tino est allé superviser l’embauche du personnel éducatif : il parle couramment allemand.

En Espagne, ce sera un gîte sur le chemin de Compostelle.

Sali a ramené d’Afrique la maman de Malian, mais l’enfant n’accepte pas encore d’aller dans ses bras. Ça viendra… demain, espérons-le.

En Laponie, nous irons pour les vacances de Noël, mais sans Mikael et Églantine, car leur bébé est né : un petit garçon.

En riant, ils nous ont dit :— Nous l’avons appelé Louis.

Mais le pire, c’est que c’était vrai… sauf que c’est Luis.

Quant à notre Maman, elle a eu une fille, une mignonne petite poupée qu’elle a appelée Flore. C’est le petit trésor pour nos deux petites sœurs Inès et Mila. Les bras ce n’est pas ce qui lui manque. Les jumeaux sont toujours vers leur maman. Sûrement un tantinet jaloux. Mais petit à petit Matéo a réussi à dire soeur est a Téo et bien entendu une autre petite voix a répondu : Non c’est ma sœur.

Cette saga familiale se termine… Il y a pleins de zone d’ombre. Il est vrai que j’aurais pu continuer mais là je met le mot. F…I…N

A ne plus suivre … A moins que…

Copyright Août 2025

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

8 réflexions sur « Mince je n’ai pas mis le mot fin. Vous voulez savoir… Alors lisez… »

    1. Je fais un break, j’ai de nombreux courriers à écrire. Il faut que je le fasse c’est urgent.
      J’ai aussi pleins d’amis qui en sont loin d’avoir terminé la lecture.
      Mais je reviendrais avec peut-être une suite… Ou ma tête sera prise par une autre histoire.
      Bref ce sera la surprise.
      Bises à bientôt

      Aimé par 1 personne

  1. Il y a plein de zones d’ombre et c’est toi qui le dit !

    J’aime beaucoup : à ne plus suivre à moins que. C’est vrai qu’avec toi, il y a toujours des surprises.

    Ils ont du travail tes liseuses et liseurs. Mais tu nous a régalés, même si, pour moi, il fallait que je revienne un peu en arrière parfois.

    Merci et gros bisous.

    Aimé par 1 personne

  2. L’histoire pourrait s’arrêter là. Elle a été riche en rebondissements. C’était très prenant.

    Moi aussi j’ai un roman à terminer; des photos d’insectes à identifier et classer. Et le jardin! Et tout ça et tout ça!

    😉

    Bravo Evajoe!

    Gros bisous!

    🙂

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