Quelques parts là-haut vers les sommets (15)

Il sorti encore étourdi par l’interrogatoire. Il devait appeler Valgrange mais dans sa poche, son téléphone vibrait comme un rappel du monde réel. Avant de rappeler Armand il devait appeler son âme damnée.
Il hésita, puis chercha un numéro enregistré depuis des années sous le nom : Étienne Parmet

— Allô ?

La voix de son cousin était froide, coupante.

— C’est moi, Renaud. Il faut qu’on parle.

— Qu’est-ce que tu veux encore ?

— Je suis sorti du commissariat.

Un silence, puis un léger claquement de langue.

— Qu’est-ce que tu racontes ? Pourquoi étais-tu au commissariat ?

— Ils m’ont convoqué… à propos de l’internement de Mélanie.

— De quoi !

— Le commissaire Morel voulait des précisions. Je n’ai pas eu le choix, Étienne. J’ai dit la vérité.

De l’autre côté de la ligne, un souffle court, puis la voix monta d’un cran.

— Quelle vérité ?! Qu’est-ce que tu as dit exactement ?

— Que j’avais signé sur ta demande. Que c’était toi qui m’avais convaincu. Que tu m’avais promis de m’aider pour la reprise de la clinique.

Un silence glacé tomba.

— Tu es fou, Renaud. Complètement fou.

— J’en ai assez de mentir, Étienne ! J’ai tout perdu à cause de toi. Ma carrière, mes patients, ma dignité. Je ne veux plus porter ça seul.

La voix du cousin se fit plus lente, plus sourde.

— Écoute-moi bien, Renaud. Tu ne sais pas dans quoi tu t’engages. Tu crois qu’ils vont te croire ? Qu’ils vont m’accuser, moi ? Tu vas tout ruiner, pour rien.

— Ce n’est pas à moi de décider. Ils ont ouvert une enquête.

— Et tu crois que je vais te laisser faire ?

Un frisson remonta la nuque de Masson.

— Étienne, ne fais pas ça…

— Non, toi, ne fais pas ça. Tu fermes ta bouche, tu disparais quelques jours, tu laisses les choses se tasser.

— C’est trop tard.

— Alors je te jure que tu le regretteras. Tu ne sais pas ce dont je suis capable.

Le ton n’était plus une menace : c’était une promesse.

Renaud resta muet quelques secondes, la main crispée sur le téléphone.— Tu n’as plus aucun pouvoir sur moi, Étienne. Plus maintenant.

— Tu te trompes, répondit la voix glaciale. Tant que tu respires, j’en ai encore.

Puis la ligne se coupa. Le silence retomba brutalement.Renaud resta là, immobile, le téléphone collé à l’oreille, le regard vide. Il savait qu’il venait de franchir un point de non-retour.

A suivre…

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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