La route était presque déserte.La voiture filait entre les lueurs intermittentes des lampadaires. Mélanie, épuisée, s’était endormie, la tête appuyée contre la vitre. Sa respiration régulière emplissait l’habitacle d’un rythme apaisant.
Antoine, à l’arrière, fixait la route dans l’obscurité. Quinze ans, le visage fermé, les yeux trop graves pour son âge.
— C’était pas un malaise, dit-il soudain.
Armand tressaillit. Il ne répondit pas tout de suite.
— Pourquoi dis-tu ça ?
— Parce que je t’ai vu sortir de l’immeuble, répondit Antoine calmement. Et je sais reconnaître quand quelqu’un vient de voir un mort.
Armand serra le volant, le regard fixe sur la route.
— Tu es trop jeune pour ce genre de choses, murmura-t-il.
— J’ai quinze ans, pas huit. Et c’était chez le docteur Masson, c’est ça ?
Armand soupira, conscient qu’il ne servirait à rien de mentir.
— Oui.
— Qu’est-ce qui s’est passé ?
— Masson est mort.
Un silence lourd s’installa. Le moteur ronronnait doucement.
— Et c’est lui, pas vrai ? Demanda Antoine d’une voix plus basse. Mon père.
Armand détourna les yeux du rétroviseur.
— Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
— J’ai entendu des policiers parler dans la rue. Ils ont dit qu’il avait été tué. Et toi… t’as dit “il est revenu” quand tu croyais que je dormais.
Armand sentit sa gorge se nouer.
— Antoine ?
— C’est vrai, hein ? C’est lui.
Armand prit une longue inspiration avant de répondre.
— Oui. C’est possible.
Antoine baissa la tête. Ses mains se crispèrent sur ses genoux.
— Tu crois qu’il va venir pour nous ?
— Je ne sais pas. Mais si c’est le cas, je ferai tout pour vous protéger, ta mère et toi.
Antoine releva les yeux vers lui, sans haine ni peur, juste une immense lassitude.
— Il t’a déjà tout pris une fois, pas vrai ?
Armand hocha lentement la tête.
— Oui. Mais cette fois, ça ne se passera pas comme ça.
Le reste du trajet se fit en silence.Quand ils arrivèrent à Chambéry, Mélanie se réveilla doucement, sans comprendre la gravité de ce qui pesait entre les deux hommes. Armand coupa le moteur. Antoine descendit sans un mot, s’attardant un instant dans la nuit fraîche, pendant que sa mère ouvrait la porte. Armand le rejoignit.
— Ce que je t’ai dit, Antoine, reste entre nous pour l’instant. Ta mère ne doit pas savoir. Pas tout de suite.
— D’accord. Mais promets-moi une chose.
— Laquelle ?
— Si jamais il revient… tu me le dis. Je ne veux pas qu’on me mente, même pour me protéger.
Armand le fixa longuement, puis hocha la tête.
— D’accord.Ils échangèrent un regard lourd de non-dits. Puis Armand posa une main sur son épaule, geste rare entre eux, et ensemble ils rentrèrent dans la maison, laissant la nuit refermer son silence derrière eux.
A suivre…

Antoine sait tout ! Il est fort le jeune !!! Reste la mère … Bonne fin de soirée Eva Joe ! Bisous
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Pauvre gamin !
Il a compris et pour un gamin de 15 ans qui vient de retrouver sa mère, apprendre que son géniteur pouvait être un meurtrier, doit être terrible.
Bises et bonne nuit – Zaza
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Effectivement quand je l’écrivais je me disais ne soit pas trop méchante avec le petit Antoine… Bon ça reste une fiction… Mais j’imagine pour des enfants dont le père est un assassin, ce doit être dur de se reconstruire.
Douce nuit et bisous
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courage
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Bien sûr je viens de lire les commentaires, alors je n’ai rien à ajouter, simplement tu as bien senti en écrivant.
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