🌳 Arbre généalogique de la famille Morel
(Famille des victimes — lignée maternelle)
Génération 1 — 1850
Madeleine Morel (née 1832 – disparue 1850) → Première victime, détentrice du secret
sœur cadette : Élise Morel (1835–1901) → *transmet le secret à l’aînée de sa lignée
Chapitre I — Suite : L’enquête étouffée (1852)
La pluie glissait contre les vitres et noyait Paris dans un gris humide. Les deux gendarmes, Brunet et Lemaire, se tenaient droits à leur table, leurs capotes lourdes encore pleines de boue. À côté d’eux, le registre de service ouvert, l’entrée du jour encadrée à l’encre noire :
“Jeune femme, inconnue, retrouvée morte — berges du Canal Saint-Martin.”
Brunet soupira et referma son carnet.
— Bon. On a interrogé les mariniers, les boulangers, même le cabaretier du bout du quai. Personne ne sait rien… ou personne ne veut parler. Lemaire hocha la tête, mâchoire crispée.
— Une fille du peuple. Pas de papiers… pas de bijoux… pas de famille qui réclame. Qui va se soucier d’elle ?Il y eut un silence pesant.Pas de passants qui se souvenaient d’elle. Pas de nom.Juste ce visage trop jeune, trop calme dans la mort.
Brunet frotta ses tempes.
— Et pourtant… ce n’est pas une noyée ordinaire. Pas de chute accidentelle. Pas de trace de lutte, pas de viol… elle a été prise là où personne ne pouvait la voir. Et déposée après. C’est propre. Lemaire se pencha, voix basse :
— Tu sais ce qu’on murmure dans la caserne ? Que ça sent le monde bien né. Quelqu’un qui veut qu’on oublie. Et vite.Brunet fit mine de ne pas entendre, mais son regard sombre parlait pour lui.
— On n’a ni mobile, ni témoin, ni piste. Pas même un nom.Et Paris est pleine de morts depuis les troubles. Une fille de plus…Il referma le registre d’un coup sec.Le geste n’était pas brutal — il était résigné.
— Lemaire, qu’on le veuille ou non… cette affaire va s’éteindre.On ne nous laissera pas tirer ce fil-là.Le plus jeune gendarme resta immobile, gorge serrée. Il savait que son supérieur disait vrai — trop vrai. Derrière les murs de pierre du poste, des hommes décidaient déjà des priorités. Et celles-ci n’incluaient pas une ouvrière noyée sans nom.Lemaire murmura :
— Alors, rien ? Pas même une croix au registre des disparues ?
— Une ligne.Et un jour… quelqu’un tombera dessus par hasard.Mais ce ne sera plus notre affaire. Ils se levèrent, ajustèrent leurs shako, reprirent la rue.La pluie avait cessé ; une brume lourde montait du canal.En passant devant l’eau, Lemaire plongea son regard dans le courant noir.Le vent porta une odeur de terre et de froid.
— Que Dieu pardonne à celui qui a fait ça, souffla-t-il.Parce que nous… on ne le retrouvera pas.Ils s’éloignèrent.L’eau, impassible, ondula. Sous sa surface, le canal emportait déjà le souvenir de Madeleine — mais pas son secret.
A suivre…

Pauvre Madeleine, ni vue ni connue de personne, hélas … quel est son secret ! Je poursuis …
J’aimeJ’aime
Encore un épisode lu après le second… Mais je suis tout de même. 🤣 Merci pour cet info concernant la généalogie de ces personnages. Bisous, bisous. Zaza
J’aimeAimé par 1 personne
Madeleine et Elise. Un secret. Tu m’étonnes. Alors on y va.
J’aimeJ’aime
est-ce qu’il y aura d’autres mortes après Madeleine ?
J’aimeAimé par 1 personne