Surfer en eaux troubles

Chapitre 1er

Aussi loin que mes souvenirs remontent je me revois enfant, timide, de grosses lunettes me mangeant le visage, une frange et une queue de cheval parachevaient le tout. Il était tout au plus ingrat, mais j’avais deux magnifiques yeux bleus, c’était des petites lumières sur mon visage, mais au fil du temps je les cachais derrière des linettes de plus en plus moches, voire même fumées beaucoup plus tard.

Mon père était le PDG d’un grand laboratoire, grandeur et décadence, je résume en ces deux mots toute la vie de notre famille.

Au début de ma scolarité j’allais de la maternelle au primaire chez des dames fort strictes, je m’habituais rapidement à leur manière sévère de nous réprimander quand nous dépassions les bornes, je me fis des copines mais pas de véritables  amies.

EvaJoe ( extrait d’un livre jamais publié écrit en 2000)

L’homme de l’ombre

Sur la table de chevet de Bertrand vibre son téléphone, il est 3 h du matin qui peut bien l’appeler ? Il n’est pas vraiment éveillé et ne fais pas attention au nom.

Il décroche :

  • Allo
  • Police du 95 vous êtes bien Mr Bertrand Dufour ?
  • Oui c’est bien moi mais que me voulez-vous ?
  • Votre adresse c’est bien 53, rue du passage aux fleurs à Rocamadour
  • Oui… Mais que ce passe-t-il ?
  • Vous êtes bien né le 29 juillet 1999 à Aubervilliers
  • Oui, mais…
  • Vous venez de prendre la fuite lors d’un cambriolage qui a mal tourné au Campanile d’Argenteuil
  • Au Campa quoi ?
  • Arrêtez de répéter mes paroles vous avez bien compris.
  • Non je n’ai pas tout compris mais ce que je sais c’est que je dormais et que vous m’avez réveillé, je commence le travail à 9 h et j’aimerais bien être en forme pour mon travail.
  • Dans quel département êtes-vous ?
  • Dans le Lot à Rocamadour
  • Oui, en effet cela complique les choses ;
  • Quelles choses
  • Avez-vous une moto ?
  • Oui !
  • Une Yamaha Roadster 125 cm 3
  • Non
  • Quoi alors ?
  • Une Yamaha Tmax 530 DX 530 cm3 noir et les roues je les ai repeintes en jaune, mais pourquoi me demandez-vous cela à 3 h du matin ?
  • Quelle est votre immatriculation
  • Et puis quoi encore ?

Bertrand excédé baille à s’en décrocher la mâchoire et raccroche brutalement. Son téléphone vibre à nouveau mais il ne l’entend pas il s’est endormi du plus profond sommeil et, rien ne va le réveiller jusqu’à ce qu’il entende frapper des coups sourds à sa porte.

Il jette un œil à son réveil il est 5 h du matin, décidément il ne sera pas tranquille cette nuit, qui lui en veut ? Qui vient faire ce barouf à sa porte ? Il enfile rapidement un short et descend quatre à quatre  ses escaliers et jette un œil par la baie vitrée. Il voit dans la rue un gyrophare, décidément la police lui en veut. S’ils ce sont déplacés depuis Argenteuil c’est que l’’affaire est grave.

Quand il ouvre la porte il voit son oncle qui a une mine déconfite ;

  • Excuse-moi Bertrand mais tu peux nous laisser entrer ?
  • Oui, il ne voit pas ce qu’il pourrait faire d’autres ; il y a deux autres gendarmes dans son jardin, ce sont ses parents qui vont apprécier à leur retour de voyage, ils piétinent les fleurs de sa mère, mais il ne va pas leur  faire une remontrance, il fait entrer son oncle et le commandant José Le Breton que lui présente son oncle.

Après avoir écouté le récit du Commandant, Bertrand est pale comme un linge, il est abasourdis, une moto portant son immatriculation a été vu devant le Campanile d’Argenteuil, elle a faussé compagnie aux policiers qui l’ont prise en chasse et a disparu. A l’hôtel un riche Saoudien proche parent de l’Emir a été découvert mort, ses bijoux, son argent en liquide ses diverses cartes de crédit tout a disparu et particulièrement des perles qu’il devait remettre à un grand bijoutier de la place Vendôme.

Les deux autres gendarmes arrivent et disent qu’il n’y a pas de moto là où Bertrand l’avait mise. Bertrand se lève et hurle :

On me l’a volé ce n’est pas possible, je suis rentré hier au soir de la faculté avec, et je l’ai mise au même endroit où tous les soirs je l’entrepose.

Où la mettez-vous ?

Dans la remise au fond du jardin ?

Ah !

Les deux gendarmes repartent et quand ils reviennent ils ont un grand sourire, la moto est bien là.

Bertrand est soulagé mais rien ne va se passer comme prévu. Il pensait qu’ils allaient le laisser tranquille ; mais il faut les suivre jusqu’à  Gramat pour signer sa déposition et éventuellement porter plainte contre X pour usurpation de sa plaque minéralogique.

Mais vous avez vu l’heure, je ne pourrais pas y aller ce soir après la fac, car là j’aimerais bien prendre un peu de repos, je me suis couché tare, réveillé à 3 h du matin puis à nouveau à 5 h, il est six heures si je pouvais dormir un peu cela me permettrait d’être en forme pour mes partielles.

  • Venez à 10 h tout à l’heure
  • Non, je viens de vous dire que je ne pouvais pas je passe des partielles
  • A quelle heure pouvez-vous venir ?
  • Vers 17 h
  • Non, c’est trop tard, finalement il est préférable que vous nous accompagner et nous vous ramènerons à la faculté de ?
  • Lettres, mais j’ai ma moto,
  • Non, elle vient d’être mise sous scellé
  • Quoi ? Mais je n’ai rien fait
  • C’est pour l’enquête, il faut que les policiers d’Argenteuil viennent sur place vérifier que ce n’est pas votre moto qui a servis lors de ce cambriolage suivis d’un meurtre.
  • Vous, vous fichez de moi, je n’aurai pas pu être à la fois à Argenteuil et à Rocamadour. C’est complètement idiot votre raisonnement.
  • Soyez poli jeune homme.

Heureusement que le frère de mon père accompagne le Breton car je pense que je serais sorti de chez moi avec les mains menottés, quel idiot ce type.

 

A suivre …

  •  

Lumières sur la lande (1/9)

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  • Je n’en sais rien, et croyez-moi, certes j’aurais dû vous avertir que je partais en famille mais je n’ai jamais fuis mes responsabilités.

Gladys est dubitative, ces mots sonnent vrais, mais il y a un mais son père qui n’a pas donné signe de vie depuis plus de vingt ans, sa prétendue agression, l’odeur de la pipe, le vieux loup de mer…Il y a trop de coïncidence dans cette affaire st surtout il y a deux meurtres voire trois, car cet homme dans le jardin de Gwen a pu seulement être ôté à leurs yeux, mais bien mort. Qui est derrière tout cela et pourquoi ? Et ces paquets mystérieux, à qui peuvent-ils appartenir ? A Irma, au père d’André ? A qui ? C’est à s’arracher les cheveux dans cette enquête. Gladys a tout noté sur un calepin, elle a résolu d’autres affaires, mais là, elle est seule, André son chef est  au cœur de tout ça, alors il va lui falloir plancher des heures durant, voire des nuits. Mais cela ne lui fait pas peur. Elle y arrivera où elle ne fera pas honneur à son père ancien gendarme qui suit de près tous ses exploits, mais qui ne lui a jamais fait de cadeaux.

Ce bout de terre sur laquelle il y a quelques mois elle est revenue, sa lande, ses ajoncs, sa vie, sa jeunesse tout remonte en elle et la traverse comme un mauvais présage, comme si les feux sur la lande qui selon l’histoire de leur village la ramène à ses ancêtres qui attiraient les bateaux sur la crique et pillaient leurs marchandises, tout cela lui remonte à la mémoire. Puis après l’histoire se continue pendant la dernière guerre, où là la crique où l’on a retrouvé Irma servait à l’embarquement des résistants vers l’Angleterre et le grand-père d’André, le bruit a toujours couru qu’il avait dénoncé, mais personne n’a réussis à le prouver. Il est six pieds sous terre. Il n’y a pas de similitude avec les faits qui se déroulent chez eux, mais du passé parfois on peut s’en servir et comprendre le présent.Dans son village il y a des haines, des non- dits. Il y a, mais Gladys perdue dans ss pensées sursautent en entendant le jeune aspirant crier:

  • Il y a une prise d’otages !

Aussitôt c’est le branlebas le combat, chacun s’affaire, puis le capitaine crie : « appelez le négociateur » Gladys s’exécute et appelle, maintenant il faut savoir qui est le preneur d’otages, où il est et surtout quelles sont ses revendications. Quand Gladys entend son nom, elle regarde André et se jette sur lui en proie à une rage terrible.

  • Tu nous prends pour des idiots ? C’est toi qui a tout manigancé, vraiment capitaine vous me décevez, je vous ai toujours admiré. Je me souvenais de vous en tant que jeune homme faisant partis de notre bande de copains et lorsque j’ai su que je serais sous vos ordres comme j’étais fière, aujourd’hui, j’ai honte de vous avoir accordez ma confiance.
  • Qui est le preneur d’otages, Gladys je suis toujours la même personne. Qui sont les otages ?
  • C’est votre père, enfin celui que vous nous avez désignés comme l’étant, et il a en otage, votre femme, vos filles et Gwen, cela vous va, vous êtes content ?
  • Oh ! Ma femme, mes filles ! Mais pourquoi ? Pourquoi ?

Gladys remarque que sa détresse n’est pas feinte, il serait donc innocent, mais ce n’est pas le moment de s’appesantir dessus. Le capitaine emmène André dans une cellule et le laisse. Il tambourine et crie :

  • Emmenez-moi, je peux vous aider, ne me laissez pas seul, c’est ma petite famille. Capitaine je vous en prie, je peux vous aider.

Mais personne ne lui répond, une prise d’otages c’est si rare tout au moins ici à Kermillaget. C’est sur le port que se déroule le drame. C’est sur le bateau du père d’André, un vieux chalutier qui sort rarement. Que veut-t-il ? Il va falloir tout le doigté du négociateur pour que tout se dénoue dans le calme et au mieux pour les 4 otages. Quatre femmes ! En dehors de la famille d’André il y a Gwen, quel lien les unit ?  A leur arrivée ils établissent un périmètre de sécurité afin d’éloigner les badauds qui ont envahis le port. Puis, chacun connait son rôle. Gladys va commencer à interpeller les otages pour voir si elles peuvent répondre et selon ce qu’elles vont dire, le négociateur jugera du degré de stress ou de folie du preneur d’otages. On lui passe un portevoix et après s’être concerté avec le négociateur elle interpelle les otages d’une voix sûre.

  • Gwen ! Gaële ! Vous m’entendez ?

Personne ne répond à ce premier appel, un léger flottement puis, Gladys sans se démonter interpelle l’homme par son prénom :

  • Duncan, je sais que c’est vous, permettez que je vous appelle par votre prénom ? Que voulez-vous ? Quel est votre but ?
  • Je veux voir mes fils !
  • Votre plus jeune fils va arriver, l’aîné est en mer quand à André il est, Gladys a un moment d’hésitation ; il n’est pas là !
  • Ne me prenez pas pour un demeuré je sais que vous l’avez mis aux arrêts, je veux le voir.
  • C’est à ce moment-là que choisis le négociateur pour intervenir :
    • Duncan je me nomme Philippe dorénavant vous ne discuterez qu’avec moi.
    • Philippe, vous n’êtes même pas de chez nous, que connaissez-vous à nos drames et nos joies, rien ! Passez-moi Gladys, je sais que c’est elle, je l’ai reconnu.
    • Vous n’avez pas à me donner des ordres, c’est moi qui mènent les négociations, Gladys n’est pas formé pour le faire.
    • Alors faîtes ce que vous voulez je ne répondrais plus à aucune de vos questions. Mais vous aurez la mort de mes otages sur la conscience.
    • Cela fait plus d’une heure que les négociations sont au point mort, Duncan ne dit plus rien, ne répond à aucune question. Erwan est arrivé le petit frère d’André, Thomas a été prévenu mais rien n’y fait il réclame André et Gladys. Cette dernière ne peut s’imposer, le capitaine du Guilvinec a appelé le négociateur, elle n’a jamais mené de négociations, disons officielle mais elle s’en sent capable, est-ce qu’elle doit  le demander, l’exiger, car il leur faut sortir de cet impasse. Mais elle sait qu’une négociation peut durer, mais qu’il faut éviter de rester dans une impasse. Ce Philippe, songe-t-elle n’est pas vraiment à la hauteur. Ses collègues le trouvent mou et un peu à côté. Il vient d’arriver de Paris, en riant un de ces collègues lui dit on l’a punit…Mais l’heure n’est pas à l’humour, il faut qu’elle s’impose, qui ne risque rien n’a rien. Elle s’approche du fameux Philippe.
      • Monsieur !
      • Vous pensez que je fais durer le plaisir, mais ne m’apprenez pas mon job je le connais, j’ai déjà de nombreuses négociations à mon actif et elles se sont toutes terminées.
      • Dans le sang ; Gladys se mord les lèvres, elle n’a pas pu s’en empêcher. Elle voit le négociateur vacillé, puis brutalement il lui saisit le bras et la secoue en lui vociférant ces quelques mots.
      • Je ne vous demande pas vos états de service, dégagez, vous gênez la négociation.
      • Je ne pense pas Monsieur, au contraire cela fait une heure que nous stagnons, pensez aux fillettes, elles sont jeunes, je pense que je connais mieux le terrain que vous et aussi les personnes concernées. Certes je n’ai pas de diplômes, ni votre savoir-faire mais tout est dans la manière de se comporter, si Duncan veut m’écouter je me dois de me proposer, si mes chefs pensent que je suis opportune je subirais leur blâme mais au moins j’aurais essayé.

      A ce moment-là on entend pleurer une des fillettes, aussi n’écoutant que son courage, Gladys se saisit du porte-voix et se déclare officiellement comme la seule personne qui va permettre à Duncan de sortir de l’impasse dans laquelle il s’est mis. Mais ce dernier la conspue et ne veut parler qu’à son fils. Pendant ce temps des hommes du GIGN ont pris position, ils n’attendent qu’un ordre et ils donneront l’assaut, mais Gladys et les gendarmes originaires du coin savent que les marins pêcheurs sont fort têtus et il leur faut retrouver le dialogue. Le capitaine donne l’ordre d’aller quérir André et de l’amener ici.

      • Papa
      • Ah tu te souviens que je suis ton père
      • Papa cela fait 20 ans que tu as disparu tu l’expliqueras où tu étais plus tard, mais libère les filles, ce sont tes petites filles, tu les aimeras j’en suis certain.
      • Non, elle me protège, je connais les méthodes de la gendarmerie, donc je ne veux pas qu’ils puissent donner l’assaut, mais je veux bien libérer la petite elle me gêne, tu vas donc monter à bord avec ton amie Gladys, tu récupéreras ta fille et en échange je prendrais la « bleue ».
      • Papa, Gladys est gendarme tu ne peux pas la prendre en otage.
      • Comme tu veux mon fils, je ne te rends pas ta pleurnicheuse.
      • Ta petite fille, mais tu ne sais même pas son âge.
      • Ce n’est pas parce que je ne vivais pas auprès de toi que j’ignorais ce que vous étiez devenu. Je sais qui est ta femme et l’âge de tes deux filles, je connais tes drames, la perte de ton petit garçon, je connais tout de votre vie, alors tes leçons de moral tu vois où tu peux te les mettre.
      • Papa reste correct, que veux-tu exactement ?
      • Tu viens chercher ta fille où je vais m’échouer sur un écueil, tu choisis quoi ?
      • N’aggrave pas ton cas, Papa !
      • Mon fils j’étais mort pour toi alors mourir au large des Glénans ne me dérangent pas, par contre tu peux dire adieu à ta petite vie tranquille.
      • Mais qu’ai-je fait papa pour que tu puisses m’en vouloir autant ?
      • Tu le sauras assez vite et là tu comprendras tout.

      Pendant ce temps Gladys se concerte avec ses chefs, et accepte de servir d’otages pour permettre que cette situation ne vire pas au drame. André à l’air sincère et il est complètement bouleversé par la tournure que prenne les évènements.

      • André, venez je suis d’accord, je vais monter à bord, et nous essayerons d’emmener votre fille aînée.
      • Vous savez Gladys j’ai des doutes, mon père m’en veut mais je ne vois pas de quoi ?
      • Possible qu’il y ait une sombre histoire qui remonte du temps de votre grand-père, j’ai pas mal réfléchis et je pense que tout prend sa source dans ces temps troublés.
      • Mais en quoi Gaële et Gwen y sont-elles mêlées ?
      • Gwen je ne sais pas mais Gaële, je pense avoir compris.
      • Ah pouvez-vous m’en dire davantage ?
      • Plus tard, Capitaine, plus tard, allons rejoindre votre père nous en apprendrons plus, enfin je l’espère.

      C’est à ce moment-là qu’apparait sur le pont, le père d’André tenant en respect sa belle-fille avec une arme pointée dans son dos, elle a dans ses bras la dernière de ses filles et elle titube. Rapidement André prend sa fille et pousse Gladys pour qu’elle puisse empêcher son père de le prendre pour cible. Mais rien ne se passe son père attrape Gaële par le bras et pousse sans ménagement Gladys dans les escaliers, cette dernière bascule et se cogne la tête. Tous disparaissent dans les escaliers et un grand silence s’abat sur le port.

    • Duncan se penche sur Gladys et la secoue mais elle n’ouvre pas les yeux, elle semble morte, Duncan ne s’apitoie nullement sur son sort et attache Gaële au côté de Gwen, quand à Gladys il ne s’en occupe nullement ce qui fait dire à sa belle-fille ces quelques mots :
      • Père,
      • Ne prononcez pas ces mots, vous n’êtes rien, vous m’entendez rien.

 

A suivre…..

Lumières sur la lande (1/8)

 

 

fort

 

Il précède Gladys et la laisse avec son capitaine qui attend à la porte. Il se rend auprès du médecin pour avoir son avis puis s’en va sans le rencontrer. Il va secouer ses hommes, il devrait déjà avoir trouvé des explications à tout cet embrouillaminis songe-t-il !

A la gendarmerie son équipe n’a pas chômée mais hélas il n’y a rien qui puisse les aiguiller vers tel ou tel piste, par contre André est là dans son bureau, il n’en mène pas large. Sa femme est aussi en garde à vue, il leur faut des explications, il en va de leur survie, si rien ne se passe, la gendarmerie de Kermilliget  fermera, ainsi en a décidé le Colonel. Aussi chacun s’active du mieux qu’il peut pour pouvoir conserver leur petite gendarmerie. Ils sont aidés en cela par une escouade de fins limiers, mais chez eux ils ont de bons officiers qui ont déjà résolus de nombreuses affaires. Et Gladys s’est surpassée ces derniers temps, les gars vont pouvoir compter sur elle. Elle n’est pas gradée mais elle n’a pas son pareil pour faire avouer les suspects, même si pour l’instant personne ne s’est trouvé devant pareille affaire. Mais il faut bien commencer un jour. Et ce jour aux dires du Colonel est enfin arrivé.

Le Colonel attend le retour de Gladys pour commencer l’interrogatoire d’André, mais auparavant il va aller cuisiner sa femme, dans des cas semblables les femmes lâchent souvent le morceau les premières.

  • Alors Madame Le François qu’avez-vous à nous dire sur votre fuite ?
  • Notre fuite ? Je ne comprends pas, nous nous rendions dans notre maison de famille, puis ne m’appelez pas Le François, je suis Madame Kerouan !
  • Comment ça ? Vous n’êtes pas marié, pourtant vos papiers que j’ai devant les yeux me prouvent le contraire.
  • Nous nous faisons appeler Kerouan, mon mari ne veut plus rien avoir avec son frère.
  • Mais Madame Le François on ne change pas de nom lorsque cela nous chante, mais laissons cela pour l’instant ? Je vous redemande pour quelles raisons vous êtes allés récupérer vos filles chez la nounou et vous êtes partis aussi vite alors qu’André n’est sortis de l’hôpital qu’il y a quelques heures…
  • Mais nous avons décidés de partir, André a besoin de se changer les idées.
  • Pour quelles raisons ? Ne me jouez pas la comédie, vos actes et vos paroles vous seront reprochés si ils s’avèrent que votre mari a enfreint la loi et à faillis à sa mission de gendarmes.

A ces mots Madame Le François pali et ne dit plus un mot jusqu’à l’arrivée de Gladys dans le bureau, mais elle a des renseignements a communiquer et elle ne peut le faire devant la femme d’André, surtout que depuis ce matin à l’hôpital, elle n’est plus en bon termes avec cette dernière.

  • Mon Colonel j’ai le début de la phrase, Soazic ne dit pas Lio, mais clio, ensuite elle m’a ajouté clio blanche c’est un oeuf cassé…Là je n’ai pas réussis à lui faire changer d’avis…Je vais me pencher sur cette drôle de phrases.
  • Un œuf cassé ou un neuf cassé, possible que ce soit sur la plaque minéralogique, que le chiffre neuf ne se voit pas en entier. Allez, nous allons d’abord interroger André, accompagnez-moi, puis selon comme cela va se passer je vous laisserai seule en sa compagnie, possible qu’il parle mieux.
  • Espérons car ce matin il m’a insulté lorsque je suis passée, je ne l’ai jamais vu dans cet état.
  • Insultée ? De quelles manières ? Expliquez-moi ça ?

Et pendant que Gladys lui raconte les évènements qui se sont passés lors de sa visite auprès d’André, l’aspirant gendarme appelle pour signaler qu’une voiture rouge orange a été retrouvée à moitié calcinée dans une ruelle derrière la capitainerie du Guilvinec. Si Gladys n’a pas vu la marque de la voiture elle est formelle elle était rouge. Mais les témoins l’ont vu, et la marque reste à définir mais il semblerait que ce soit une Aston Martin orange. Quant à l’immatriculation et bien les plaques ont été enlevées. La voiture va être remorquée vers la gendarmerie et l’équipe d’investigations va s’en occuper, celui qui osera passer au travers des mailles sera bien malin, mais tous pensent qu’ils trouveront rapidement, des voitures de cet envergure il ne doit pas y en avoir beaucoup dans le coin.

  • Gladys je vous laisse en compagnie d’André, dans nos locaux il ne va pas faire de zèle. Soyez fort attentive à la discussion, dîtes-lui qu’il n’est pas en garde à vue, tout au moins pour l’instant. Je vais renvoyer sa femme chez eux, mais je vais mettre un de mes hommes en faction devant leur domicile, je ne veux pas qu’elle s’échappe. Nous allons éclaircir cet évènement malheureux.

Avant d’entrer dans le bureau du capitaine, Gladys trouve bizarre ce volteface du Colonel du Guilvinec ; elle ne le connait pas bien et ne le comprends pas du tout. Si André est coupable il serait préférable qu’elle soit accompagné de son capitaine, mais lui est resté auprès de la mère de ses amis. Au cas où elle est un éclair de lucidité, mais elle en doute. Quand elle déboule dans la pièce, André est prostré, elle ne connait pas la raison pour laquelle elle lui lance cette phrase, alors la clio blanche c’est un œuf cassé, tu savais à qui elle appartenait. André devient tour à tour blanc, rouge et ne sait quelle contenance prendre.

  • Vous avez retrouvé ma clio ?
  • Ta clio ! Ah mais que je suis bête, attends je reviens !

Et toute la gendarmerie entends Gladys claironné, je sais ce que veut dire la phrase c’est un œuf cassé, je sais à qui appartient la clio….

  • A qui ?
  • A André, enfin elle lui appartenait, il l’a vendue il y a quelques mois
  • A qui ?
  • A un pêcheur du Guilvinec, un vieux loup de mer qui sentait le tabac
  • Quel tabac ?
  • L’odeur sentis par André quand il s’est fait soit disant assommer sur la lande, de l’astra, oh je ne connais pas…
  • De l’Amsterdamer !
  • Oui c’est cela….

Mais le Colonel veut comprendre la phrase : «  c’est un œuf ou neuf cassé »

  • Il y a un chiffre 9 sur la plaque ?
  • Non seulement un neuf mais un 7 et un 1 d’où 7 1 9 (c’est un neuf) et les lettres à la fin sont KC. Soazic ne se moquait pas de nous,  elle avait compris à qui appartenait la voiture.
  • Ce pêcheur vous l’avez vu ?
  • Oui
  • Et ? Il ne vous rappelle personne ?
  • Maintenant que vous me le dîtes mon Colonel cela pourrait bien être le père d’André, à l’époque je lui avais trouvé un air de ressemblance, mais avec une barbe c’est difficile, plus les années. Puis il ne me regardait pas tant que ça et d’autres parts on ne menait pas d’enquête à ce moment-là, ou tout au moins celle-ci.
  • Et bien allons interroger votre capitaine !

Le Colonel fait à nouveau un retour en arrière et décide de participer à l’interrogatoire d’André. Celui-ci a compris que ces jours au sein de la gendarmerie dépendrait de ce qu’il savait et de ce qu’il allait pouvoir leur dire. La tête dans les mains il patiente, mais il n’en mène pas large, il n’a pas vu sa femme et ignore ce qu’elle a dit.

Il en est à ce stade-là quand la porte est à nouveau poussé et il relève la tête et fait face à ses chefs et à son amie Gladys, il va tout leur dire. C’est à Gladys que revient l’honneur de l’interroger, elle lui dit que c’est informel et selon ses réponses, c’est au Colonel que reviendra la décision finale. Il acquiesce et approuve, et ajoute :

  • Je n’ai pas faillis à mon devoir et je n’allais pas prévenir qui que ce soit. J’ai bien reçu un coup à la tête mais après avoir repris mes esprits, il m’a fallu du temps pour comprendre que je devais tout cela à mon père.
  • Donc vous saviez que votre père était vivant !
  • Je ne l’ai compris qu’après avoir entendu le bruit familier de grincement de la Clio blanche que j’avais entraperçu le jour où on m’a kidnappé. Car ce type comme tu l’avais fait judicieusement remarqué Gladys avait des allures de mon père. Mais je n’avais pas donné suite, j’ai juste assemblé les morceaux du puzzle.Passé le choc, il a fallu que je demande à ma femme de se rendre sur le port et de vérifier si le bateau de pêche du « vieux loup de mer» était rentré et devant sa réponse positive nous avons décidé, elle et moi de partir se balader avec notre bateau comme de simples touristes, la suite vous la savez.
  • Vous baladez pour aller où, si le bateau de votre acheteur était à quai.
  • Pour le suivre et savoir où il habitait, mais mon arrestation a tout fait capoter, nous voici revenu à la case départ.
  • Connais-tu un endroit où ton père aurait pu se cacher toutes ces années.
  • Au’ « Glénan»
  • Il y a une école de voile et des touristes qui y vont
  • Tu oublies le « Fort » de notre enfance
  • Quoi il se cachait dans notre cabane, mais là-bas c’est truffé d’écueils ! Il faut être un bon marin comme toi du reste, mais c’est vrai que j’ai toujours entendu dire que ton père était le meilleur. Mais as-tu vu ton père ? Et sais-tu qu’il a caché Yann.
  • Caché Yann ? Non je l’ignorais. Alors il a dérivé comme mon père 20 ans auparavant et il s’est retrouvé sur la même plage. Pourquoi mon père l’aurait séquestré ?
  • Et bien tu vas nous le dire ?

A suivre…..

Lumières sur la lande (1/7)

 

bateau peche

 

Lorsque la gendarmerie est avisée que Gladys a eu un accident, chacun y va de sa réflexion c’est la loi des séries, mais un seul semble perplexe le Colonel car quelques heures plus tard, André ne lui a absolument rien dit concernant la visite de sa jeune gendarme. Il lui faut en avoir le cœur net, il va se rendre personnellement au domicile de son jeune capitaine pour à la fois prendre de ses nouvelles et aussi pour savoir ce que Gladys a eu le temps de lui dire. Ensuite il avisera, ces affaires prennent des tournures étranges, il va falloir qu’il se renseigne pour connaitre les précédentes affaires.

Accompagné d’un officier ils se rendent tous deux au domicile d’André, mais hélas ils trouvent porte close, les voisins interrogés leur signalent un fait étrange. André sa femme et leurs deux enfants sont montés dans un taxi il y a plus de deux heures. Un appel téléphonique aux taxis du Guilvinec et rapidement ils connaissent la destination de la famille. André a certes du repos mais il n’a jamais été question qu’il quitte son domicile. ils leur faut faire diligence pour les récupérer au port du Guilvinec où le bateau des Kérouans est au mouillage. Le colonel sent qu’il y a anguilles sous roche, André devait savoir que son père était vivant, il se dirigerait sur une des îles qu’il en mettrait sa main à couper. Il rappelle ses hommes et demandent à la brigade Maritime de les suivre à distance et discrètement et de n’intervenir qu’à sa demande. Puis il se rend au chevet de Gladys pour prendre de ses nouvelles et faire ouvrir une nouvelle enquête qui doit avoir des ramifications avec la précédente.

Quand il arrive à l’hôpital il apprend que le sort de la jeune Gladys est moins méchant que lors du tout premier bilan, aussi est-il fort heureux de la trouver allongée et très pale mais sans trop de bobos. Le médecin lui ayant confirmé qu’il y avait plus de peur que de mal il pensait pouvoir l’interroger mais une jeune infirmière l’en dissuade. Il a beau invoqué son grade, elle reste inflexible. Personne pendant les premières 24 h le Colonel exige de voir le médecin et il peut finalement se rendre à son chevet et son enquête va prendre une tournure des plus complexes. Jamais il n’aurait pu imaginer 48 h auparavant que l’un de ses hommes aient volontairement cachés et ce depuis des années des faits aussi graves. Car une fois que Gladys eut appris de son supérieur qu’André avait mis les voiles, elle vida son sac et se libéra du poids qui l’oppressait:

  • La famille d’André n’est pas originaire d’ici son grand-père est venu s’y établir après la seconde guerre mondiale. Ce sont des Normands, ils étaient de Caen, mais André quand il parle de cette période il est assez évasif. Son grand-père a tout de suite eu l’impression d’être chez lui, rapidement il a eu un bateau, et il a fait ce que le père d’André a toujours fait ainsi que son frère depuis la disparition ou plutôt la pseudo disparition de leur père. Ils sont devenus marins pécheurs. Son grand-père est mort de chagrin lorsque le corps de son fils ou prétendu tel a été retrouvé après des semaines sans savoir ce qu’il était devenu. A l’enterrement il s’est effondré et il a succombé à une crise cardiaque. Leur grand-mère était morte quelques semaines plus tôt. Normalement les deux frères auraient dû se rapprocher mais aux dires d’André, la disparition successive de leurs grands-parents et la mort de leur père les avaient au contraire éloignés. André et son frère ont été pris en charge par la grand-mère de Gwen qui était la meilleure amie de leur propre grand-mère. Les deux femmes étaient-elles liées par un secret, c’est bien possible, car tout ce qui tourne autour d’elles est une véritable tragédie.
  • Nous n’en savons rien Gladys, en l’état de l’enquête ce ne sont que des suppositions, nous allons nous atteler à une grande enquête. A-t-elle des ramifications avec les temps troubles d’après-guerre, je consulterais les registres de la gendarmerie pour voir s’il n’y avait rien autour du grand-père Le François. Du reste ce nom n’est pas breton….
  •  Laissons cela et passons aux meurtres d’il y a plus de 20 ans désormais. Il y a d’abord eu la mère d’André, je vous ai dit qu’elle était morte avant son époux, et bien c’est André qui l’a découverte, elle s’était ou on l’a pendue à la poutre de leur grange. C’est le grand-père qui n’a jamais voulu porter plainte, André se souvient seulement de la mise en garde de son père et de son grand-père de ne jamais dire ce qu’il avait vu. Mais un soir il y a une dizaine d’années il s’est querellé avec Yann à ce sujet, ce dernier lui affirmant que l’on avait fait taire sa grand-mère. Je me souviens de ce soir-là ils en étaient venus aux mains tous les deux. Et, c’est la raison pour laquelle André s’était délié de son secret en me parlant de meurtres ou de suicide il n’en savait pas grand choses mais apparemment il avait des doutes quant à la réelle cause de  sa mort. Puis il y a eu la mystérieuse disparition du père de Yann et Gwen, quelques jours après l’enterrement du père d’André.
  • Que faisait leur père à vos amis, car ils le sont bien?
  • En tous les cas à l’époque ils étaient mes amis, maintenant j’ai des doutes. C’était un peintre, un tantinet marginal, mais il aimait beaucoup ses enfants et aussi sa femme.
  • Le temps effacera les plaies, mais il nous faut tout comprendre. Donc il y a 20 ans selon les dires d’André et certainement des plus anciens des villageois, la Grand-mère Le François,  serait morte assassinée et le mari d’Irma aurait disparu.
  • Exactement chef!
  • Étrange, vraiment étrange… Et maintenant le père d’André serai vivant, alors que tout le monde l’avait crû mort en mer, il a séquestré le jeune Yann qui aurai réussis à s’évader. Puis nous avons la mort d’Irma mêlée de loin ou de prêt aux morts d’il y a 20 ans. André a fui, mais pourquoi il n’est pas responsable de ce fiasco. A moins que…
  • Qu’il soit au courant de tout….
  • Je ne vois que ça Gladys…Il sait quelques choses au sujet de sa grand-mère, d’Irma et de Yann et surtout il a paniqué en découvrant que nous étions au courant pour la fausse disparition de son père. Par contre l’a-t-il appris récemment ou le seulement depuis la disparition de Yann. As-t-il aidé à son enlèvement, as-t-il mis des indices sur la plage, il était bien placé en étant au sein de la gendarmerie. Tout cela est encore bien embrouillé, nous découvrirons la vérité, mais il nous faut enquêter officieusement sur les événements d’il y a 20 ans, car il n’y a personne qui nous a demandé de  rouvrir l’enquête, je vais aller voir Thomas, le jeune frère d’André pour lui demander de nous aider et savoir si ….

Mais à ce moment-là, le téléphone du Colonel sonne, il sort de la chambre et se dirige dans le couloir, Gladys entend de drôles de propos. Elle ne sait quoi penser.

  • Oui Capitaine que me dîtes-vous?
  • « Lio c’est un œuf cassé » ! Mais ce que dit cette femme est incompréhensible, attendez je vais en informer Gladys, peut-être qu’elle pourra nous donner une explication. Un instant.

Alors en revenant dans la chambre, le Colonel informe Gladys que la fille d’Irma, la mère de Gwen et Yann tient des propos incohérents, voici ce qu’elle dit à longueur de jours, en pleurant, elle veut nous dire quelques choses mais ce n’est pas compréhensible, quand vous irez mieux je vous demanderais d’aller la voir.

  • Mais mon Colonel nous discutons, mais je peux partir, le médecin a signé le papier de sortie. Où se trouve-t-elle?
  • Dans cet hôpital, venez je vous conduis jusqu’à elle, mais je vous laisserais avec le capitaine et vous viendrez me dire ce que vous comprenez. Avec le coup qu’elle a reçu sur la tête, je pense qu’elle a perdu la tête. Cela ne veut rien dire «  Lio c’est un œuf cassé » !

 

A suivre…

 

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