Les eaux troubles du Canal Saint-Martin

1943 : La course contre le temps (12)

La nuit était tombée sur Paris.
Paul Devernay longeait le canal, le dossier de son père serré contre lui. Chaque reflet sur l’eau semblait murmurer les noms des disparues : Madeleine, Marguerite, Clara… Louise.

Il savait que chaque jour perdu pouvait coûter la vie à d’autres filles de la famille.
Le temps n’était pas de son côté.

Arrivé devant un vieil atelier de couture abandonné, il poussa la porte grinçante.
Le lieu sentait la poussière et la rouille. Sur un bureau branlant, des morceaux de tissu jauni et quelques aiguilles rouillées. Il fit une inspection détaillée, ne laissant rien au hasard.
Et là, sous un vieux tapis, il trouva un carnet de couture appartenant à Clara — génération 3.

Les pages, couvertes de dessins et de notes en marge, portaient un symbole répétitif : un cercle brisé, le même qu’avait remarqué son père dans ses notes.
À côté, une phrase griffonnée :

“Le canal garde tout. La clé est dans la broderie.”

Paul sentit son cœur battre plus fort.
— La clé… murmura-t-il.

Il sortit rapidement une loupe et examina les broderies : certains motifs reproduisaient un schéma précis, presque géométrique, qui révélait un emplacement sur les quais — là où la prochaine génération pourrait être en danger.

À peine eut-il compris que des pas précipités résonnaient derrière lui.
Un individu masqué surgit, cherchant à le surprendre. Paul esquiva de justesse et s’enfuit dans la brume, le carnet sous le bras.

Il savait désormais que le cycle n’était pas rompu et que les filles de la famille étaient toujours menacées.
Mais il avait une piste. Une seule chance de sauver la génération suivante : trouver la broderie cachée et comprendre son code avant qu’il ne soit trop tard.

Dehors, le canal reflétait la lune, immobile et silencieux.
Paul serra le carnet contre sa poitrine : il venait de détecter le fil invisible qui reliait toutes les disparitions depuis Madeleine.

Il n’avait plus une minute à perdre. A pas pressés il rentre chez lui où l’attend sa femme et leur fils aîné.

En rentrant il donne la page du carnet arraché et demande à sa chère femme de lui dire ce que veux dire cette phrase:

Pour ceux qui reprendront l’enq il faut protéger illes nées aussi bien chez les fils Mor que l filles. Les aînées transmettront toujours. endre aux nièces.TENTION ( souligné trois fois)

le ca..et est dans mon bu..eau

Pour ceux qui reprendront l’enquête il faut protéger ( les ) filles nées aussi bien chez les fils Morel que les filles. Les aînées transmettront toujours. Étendre aux nièces. ATTENTION

Le carnet est dans mon bureau.

— Quel bureau ? J’espère que c’est dans celui qui était chez lui. Si c’est au Commissariat c’est raté ils ont tout jeté il y a un an.

— Penses-tu que ton père aurait laissé son petit carnet au Commissariat ? Il a forcément laissé chez lui.

— C’est bizarre il avait dit à Bertin qu’il l’emmenait dans son barda.

— Émile

— Oui Papa

— Tu n’as pas trouvé un carnet rouge dans le bureau de ton grand-père.

— Où ? Car des tiroirs il y en a pleins et même un secret.

— Emmeline chérie, veille à ce qu’il ne casse pas tout. Je repars au boulot.

A suivre

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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