La fuite de Louise Morel chapitre 13
La lampe à pétrole du couloir vacillait à chaque courant d’air.Louise observa un dernier instant les ombres des infirmières qui passaient de salle en salle.
— Il faut partir maintenant, murmura-t-elle pour elle-même. Son dossier, miraculeusement, portait la mention :AMNÉSIE PARTIELLE — À OBSERVER.
Un cadeau tombé du ciel. Ou un mensonge médical utile.Elle savait qu’on la croyait perdue, fragile, incapable d’expliquer ce qui s’était passé au bord du canal. Mais sa mémoire revenait par morceaux.Et les morceaux faisaient peur.
Elle glissa hors de son lit, pieds nus d’abord, puis enfila les sabots d’une infirmière laissés contre le mur. Elle avait une robe trop large — celle qu’on donne aux patientes qui n’ont plus d’identité immédiate. Dans la poche, son pouce frotta une petite pièce de cuivre trouée :le talisman que sa mère lui avait donné enfant.Elle se promit intérieurement : Maman doit savoir que je vis.
Elle longea le mur, évita les rondes, se glissa par la porte réservée aux livraisons.L’air glacé la gifla.Paris dormait à moitié, appuyé contre la peur.Il lui fallut une heure pour atteindre la rue de la Forge-Royale.
Devant la fenêtre du premier étage, elle frappa trois fois, comme autrefois.Une silhouette tira le rideau.
— Louise…?
La voix de sa mère s’étrangla.La porte s’ouvrit aussitôt.Sa mère la prit dans ses bras comme si elle tenait un fantôme revenu s’excuser.
— Je ne peux pas rester… dit Louise.
— On va t’aider, mon enfant. Qui te poursuit ?
— Je ne sais pas. Mais ils savent que j’ai vu quelque chose. Et ils ne me laisseront pas tranquille.Sa mère essuya ses joues du revers de sa manche.
— Va chez ta tante Madeleine, à Saint-Mandé. Elle ne pose jamais de questions. Louise hocha la tête.Elle resta seulement une heure dans l’appartement de son enfance : juste assez pour boire un bol de soupe, enfiler un manteau trop grand et récupérer une lettre que sa mère glissa dans sa poche.
Elle partit avant l’aube.Dans la rue silencieuse, elle n’osa pas se retourner.Par réflexe, mais aussi par instinct. Et parce qu’elle savait que la prochaine Morel menacée — comme celles d’avant — ce serait elle.
A suivre…

Quel courage elle a, d’être sur le chemin. Elle a beau ne pas se retourner … ouf !!!
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La mémoire de Louise revient. Elle sait qui exécute ces assassinats. Va-t-elle se faire aider de Paul pour comprendre cette malédiction et s’en débarrasser.
Bises et bon dimanche. Zaza.
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Elle risque rapidement sa vie. Elle a besoin de l’aide de Paul. Encore faut-il qu’elle ait confiance.
Mais pourquoi toutes les aînées. Pourquoi n’y a-t-il qu’elles qui puissent divulguer le secret.
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mais elle a quand même dû voir quelque chose
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