1960 : La vie tranquille de Louise chapitre 13
Louise Morel n’était plus une Morel depuis longtemps.Elle avait pris un autre nom, Louise Dervaux, le jour où elle avait épousé Étienne, un apprenti charpentier aux yeux clairs, qui ignorait tout de Paris, de ses canaux, de ses secrets.
Après la guerre, elle avait fui la capitale comme on quitte une maison en flammes : sans se retourner, pressée de respirer ailleurs.Elle s’était installée dans un petit village du Loir-et-Cher, une de ces communes où personne ne pose plus de questions que nécessaire.Elle eut trois fils :Roger, l’aîné, sérieux, appliqué, trop sensible pour son propre bien ;Henri, celui du milieu, le plus libre, toujours la valise prête ;Gilbert, le plus jeune, celui qui ressemblait le plus à Louise, avec un regard qui voyait derrière les choses.
Durant des années, Louise vécut comme elle l’avait toujours rêvé : dans le bruit du bois qu’on rabote, les cris des enfants dans le jardin, et les journées qui n’avaient rien de tragique.Mais parfois, surtout le soir, quand ses fils dormaient, elle touchait la cicatrice fine sur son poignet — une trace de ce qui s’était passé au bord du canal.Elle pensait alors à sa mère, à Paris, à sa tante, à ce qu’elle avait fui.Et elle prononçait toujours la même phrase, à mi-voix :
— Qu’ils soient loin. Qu’ils soient libres. Qu’aucune fille ne naisse sous ce nom.Le destin l’avait entendu. Louise ne donna naissance qu’à des garçons.
Le temps passa. Ses fils grandirent, prirent des chemins que Louise aurait été incapable de prévoir. Roger l’aîné partit pour Lyon en 1958, embauché dans une entreprise de transports routiers.Il épousa une institutrice douce, discrète, qui rêvait d’avoir une fille. Ils en eurent deux, mais la première ne survécut pas plus de trois jours.Ce fut sur la seconde, beaucoup plus tard, que reposerait toute la suite.
Henri le second choisit Marseille, attiré par le port, par la mer, par l’odeur du large.Il coupa un peu les ponts avec sa mère, comme si la distance était une nécessité vitale.Il eut deux garçons eux aussi — une lignée de fils qui semblait confirmer la volonté de Louise.
Gilbert le dernier resta à Paris. Contre toute attente.Il devint employé dans une administration sans histoire.Sa vie était si régulière que Louise en prit peur : elle craignait que le passé rouvre les yeux. Mais le pire ne vint pas de lui.
La transmission silencieuse 1963
Louise vieillit. Elle était devenue une femme silencieuse, aux cheveux gris tirés en chignon, aux mains noueuses comme des racines.Elle voyait moins souvent ses fils.La vie, simplement, faisait son travail. Roger, lors d’une de ses rares visites, posa un jour une photo sur la table de cuisine :une fillette de deux ans, blonde, aux yeux bleu clair.
— Maman, je te présente Emma, c’est ta petite fille. Louise approcha la photo, la regarda longtemps. Une fille.La première en ligne directe depuis elle.Elle sentit un froid remonter le long de sa colonne vertébrale.Un vertige ancien, oublié.
— Elle te ressemble, dit Roger, fier
— Oui… souffla Louise. Oui.
Mais Louise ne pouvait pas lui dire ce qu’elle voyait réellement :sur le visage innocent de cette enfant, le retour possible d’un héritage qu’elle avait tenté d’effacer.
Roger était méfiant , il ne dit pas à sa mère qu’ils avaient quitté Lyon, ils étaient de retour sur Paris. il l’adorait sa petite poupée blonde, aux fossettes délicieuses. Emma Morel, née dix ans après le plus jeune de ses frères.
A suivre…

Oups, EvaJoe… La malédiction va faire son retour et la petite Emma est en première ligne pour en payer le prix fort…
Mis qu’a donné l’enquête de Paul… Lui aussi a vieilli !
Bises – Zaza
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Et voilà, la petite Emma va prendre le relai de cet héritage. Mais quel héritage ? de qui vient-il ?
Et l’enquête qui avançait, elle en est où
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Pauvre petite Emme, hélas !!! Espérons mais, hein, Eva Joe !!! …
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emma dervaux ? pas emma Morel ?
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