Troublante histoire (D)

Les Carmagoles (5/5)

Le lendemain matin Madame Tibérotte se plaignait de douleur dans l’œsophage. On  lui avait administré un produit dans son goutte à goutte, lequel s’avérait au petit matin fort dangereux.

Avec l’autorisation de son chef, Éric s’était rendu dans la loge de la concierge afin de récupérer le coffret marron dont sa tante lui avait parlé. Mais hélas il avait fallu se rendre à l’évidence il avait disparu, emporté dans la fouille systématique du mystérieux voleur. C’était le retour aux suppositions et autres supputations de la police.

  • Que pouvait bien contenir ce coffre ?

Selon ce qu’en avait dit la tante d’Éric, ce coffre contenait vingt mille €uros, une reconnaissance de dette de deux millions d’€ d’un certain Monsieur Fauchet ou Fouchet, Éric n’avait pas bien compris et surtout sa tante ne lui avait rien dit d’autre le concernant. Des bons du trésor, un lingot d’or, et surtout la fameuse recette des Carmagoles ; celle que tout le monde recherchait.

Qui avait mis la main dessus ? Ce Monsieur F ? Cette gamine délurée qui voulait louer l’appartement du fils de Carmagole, un autre homme. Personne n’avait la réponse. La pauvre concierge était dans l’impossibilité de répondre à leurs questions. On ignorait si elle allait s’en sortir ; son état s’aggravait d’heure en heure. Pourquoi avait-elle voulue jouer seule dans un monde bien noir ?

Le chef de la brigade est réveillé en pleine nuit, il a de grosses gouttes de transpiration qui lui tombe de son front, il vient de réaliser qu’il a oublié de mettre un de ses hommes en faction devant la porte de la tante d’Eric. Il ne va pas y aller lui-même, il va appeler le petit Ludo et demain il avisera pour les tours de garde. Aussitôt dit aussitôt fait, mais moins d’une heure plus tard c’est le coup du sort, il est rattrapé par les évènements. Le petit Ludo vient de le rappeler Madame la concierge a disparue. Personne ne l’a vu sortir ni sur un chariot, ni en marchant ; la vidéo surveillance ne donne rien, on ne voit qu’une infirmière, qui, son poste terminé regagne sa clio jaune.

Le lendemain, personne n’a retrouvé la  concierge, à croire qu’elle s’est volatilisée dans la nature. Éric ne sait rien, chez elle, elle n’a pas donné signe de vie, chez son employeur pas mieux. Disparue corps et bien. C’est à y perdre son latin.

Tout le monde se perds en conjoncture, a-t-elle pris la poudre d’escampette, a-t-elle été enlevé ? Nul ne peut répondre aux questions que tous se posent ?

Les semaines passent interminable, la concierge s’est volatilisée, plus personne n’a eu de ses nouvelles, jusquà ce matin 10 décembre où Éric son neveu a reçu un drôle de courrier.

Comme tous les matins avant de prendre son travail Éric va à sa boîte à lettres récupérer son courrier, ce matin il est intrigué par une lettre rose, qui peut bien lui envoyer pareille missive. De plus une odeur de lilas s’en échappe. Il l’ouvre à l’aide de son coupe-papier afin de ne pas l’abimer, il en sort trois cartes postales la première a été écrite des Îles Maldives, elle est  signé d’une amie qui vous veut du bien. La seconde vient des Seychelles, dessus il y a un rébus qu’il s’applique à déchiffrer, il comprend que c’est sa tante qui lui envoie un message mais ne voit pas ce qu’elle fait si loin. Quant à la troisième elle vient d’un petit village du Centre de la France. Cette dernière a été oblitérée et ne date pas d’aujourd’hui. La date qu’il arrive à lire avec sa loupe est du 10/12/1945 ; qui a bien pu l’écrire ? Il est question de la disparition d’un enfant qui a eu lieu pendant ses jours troubles. Etrange, pourquoi sa tante a en sa possession pareille courrier, pourquoi lui l’adresse-t-elle ? Et surtout qu’est-ce qu’elle fait là-bas aux Seychelles. Mais la fameuse lettre rose contient d’autres feuillets très minces. Il les consultera ce soir. Tout en roulant il se demande s’il doit en informer ses chefs. Pour l’instant il attendra et avisera, personne ne peut savoir que sa tante ou une personne la représentant lui aurai adressé cette missive.

Tout en roulant et au vu de ce que cette enveloppe contenant sa tante était une bonne comédienne, elle avait parlé d’un homme bizarre qui rodait autour d’elle, puis on avait découvert que son goutte à goutte ne contenait pas du glucose mais un médicament d’origine inconnu, ensuite elle râlait, il avait pensé que le lendemain sa tante serai décédée, mais le lendemain elle avait disparue, aux dires des médecins elle avait été enlevée car elle ne pouvait pas au vu du produit administré  être sorti par elle-même de la chambre, elle avait obligatoirement un complice pour Éric, un kidnappeur pour ses chefs. Sa tante avait tout organisé maintenant il en était certain. Décidément à qui se confier si même une femme d’une cinquantaine d’années se jouaient de lui puis des forces de police.

Mais pourquoi la mettait-elle dans la confidence, qu’est-ce que tout cela pouvait bien cacher ? Avant d’aller travailler il lui faut consulter les autres papiers, mais hélas c’est peine perdue il lui faut un matériel qu’il n’a pas dans sa voiture, ce sont des microfilms. Au bureau j’emprunterais le lecteur et de cette façon ce soir j’en prendrais connaissance. Comme je fais beaucoup de généalogie je l’utilise assez souvent. Une fois de plus ou de moins, peu importe.

La journée s’écoule sans aucune anicroche, rapidement le soir je consigne dans le livre mon emprunt et me précipite à mon domicile afin de consulter ce que m’a envoyé ma tante.

Mes premières découvertes me prennent rapidement la tête ce sont des suites de chiffres accrochés les uns aux autres qui me laissent dubitatif. Ma tante a dû récupérer un tas de papier chez elle, elle me les envoie pensant que je pourrais l’aider, mais je n’en comprends ni le sens ni la raison pour laquelle, elle me les a adressé.

On n’est bien loin de la mort de ce jeune homme et je me demande même si cela a un rapport entre les deux affaires. Sa tante d’une part, le meurtre du jeune homme, qu’est-ce qui les relie, en dehors des Carmagoles il ne voit rien de probant. Que viennent faire ces gâteaux avec ces micro films, et cette disparition d’enfant qu’elle en est le fil conducteur ? 

Un casse-tête dont il se serai bien passé. Pourquoi avoir ms une recette sur des micros films, qui a voulu s’en emparer, de qui se cachait-on ?

Il étale devant lui une grande feuille et a noté les noms de ceux qui sont concernés, leur date de naissance quand il les connait, le lieu où ils sont nés.

En haut la date de la première carmagole c’est le 1 er janvier 1920, car Éric est persuadé que ce sont bien ces fameux gâteaux qui sont à l’origine de tout cet imbroglio. Que contenait la première mignardise ? Du massepain puis une ganache de chocolat le tout enrobé de meringue, mais Éric sent qu’il y a un loup, la recette ressemble mais ce n’est pas vraiment la recette. Aussi après un temps de réflexion il voit que le changement s’est opéré après 1945, il ne sait pas ce que cette découverte va lui apporter. Comment les gens de l’époque se sont-ils fait berner ? On était dans des moments troubles, on n’avait pas tous les produits, possible qu’ils aient décidés de les faire ainsi par raison de commodités et de prix. Éric met côte à côte les deux recettes et il faut bien se rendre à l’évidence il  se retrouve bien face à deux choses différentes. Actuellement seules les pâtisseries Carmagoles ont le droit de la vendre. Dès le lendemain matin, Éric qui est de congés va faire le tour des pâtisseries voisines, il y a bien deux carmagoles en vente sur le marché, il décide de se rendre sur la côte pour le vérifier, et là c’est la recette de 1945 qui est vendue y compris dans les pâtisseries qui ont le logo carmagole. Il ne veut pas lancer une polémique, mais il doit savoir si les gérants de cette pâtisserie sont au courant de leur bévue. D’un pas résolu il entre dans le commerce et demande  à parler à celui qui fait les gâteaux et autres viennoiseries.

  • Bonjour Monsieur en quoi puis-je vous être utile ?
  • Je suis un descendant de la famille Carmagole et j’aurai aimé comprendre la raison pour laquelle vous avez à la fois le logo et la raison pour laquelle votre gâteau ne correspond pas à la recette originale.
  • Première nouvelle ! Quelle est la différence ?
  • C’est entre le massepain
  • Leur cuisson ?
  • Non !
  • Alors quoi ?

Il semble à Éric que le Monsieur n’a pas l’air content qu’il puisse lui faire la leçon, mais il doit être un peu trop à l’affût du moindre problème, il lui faut se détendre, ce n’est pas une enquête c’est juste un moment de détente qui lui permet d’être un fin limier.

  • Alors ? Monsieur j’attends,
  • C’est le massepain dans la recette initiale il ne vient pas recouvrir le gâteau c’est la meringue qui le recouvre d’où parfois le changement de couleurs dans les gâteaux qui sont mises en vente de nos jours. Or les vôtres ont toujours la couleur du massepain.
  • Montrez-moi votre recette ?
  • Non, vous devez juste me dire comment cette recette vous a été transmises, pour le reste vous ferez comme vous voudrez mais je pense que l’on vous demandera d’ôter le logo.

Le pâtissier semble abasourdi, mais il ne dit rien, il sait qu’il a repris la recette de son beau-père qui la tenait d’une des filles de feu Monsieur Carmagole, et ce juste fin 1945.

Lorsqu’Éric s’en va il voit bien que tout tourne autour de cette année de fin de guerre. Il songe que les filles auraient pu avoir une recette, les garçons une autre, mais tout cela lui parait loufoque et improbable. Sous une même dénomination on n’a pas deux recettes, il y en a forcément une qui n’est pas la bonne mais pour l’instant il ne peut pas le déterminer, mais il espère qu’avec ce fouillis de papier qu’il a en sa possession il va découvrir le fil conducteur qui va le mener vers celui ou celle qui détient la vérité.

La voilà : la nouvelle année

dig

 

Elle pointe son nez

Avec grâce et beauté

La nouvelle année

Laissant l’autre

Sur le bas-côté.

 

Elle se fait belle

La voici avec son voile de traîne

Munie de tous ses atours

Elle fait le tour

De toute la terre.

Ici, elle offre ses voeux

De bonheur

De santé

Délaissant les abîmes

Elle gravie les cimes.

Paix, santé et  bonheur

J’offre de bons coeurs

Prenez, prenez dans ma hotte

C’est mon offre

Pour cette nouvelle année.

A tous mes amis blogueurs j’offre mes meilleurs vœux

Troublante histoire / C

Les Carmagoles (4/5)

 

  • Ton arrivée inopinée est un soulagement, car je ne l’aurai pas vu et jamais je n’aurai su que l’on s’introduisait chez moi en mon absence.
  • Je pense que c’est une coïncidence, as-tu vu de qui il s’agit  ?
  • Non ? Nous la connaissons ?
  • Oui, nous l’avons rencontrés lors de la visite du logement de Steph .
  • Ah c’est donc la concierge, mais alors la nôtre doit être en cheville avec elle, car pour s’introduire chez moi il faut tout de même en posséder la clef. Fouille là !
  • Tiens la voici ta clef, mais elle doit avoir de sacrés secrets elle a deux téléphones, un qui est sur vibreur dans la poche de sa veste et l’autre dans son sac mais celui-ci est éteint. Appelle la concierge on va la faire parler, elle doit bien connaître la raison de sa venue ici.

 

Me faire parler demande  Rose, qui ne voyant pas revenir son amie a pris l’ascenseur. Oh mais vous avez tué cette dame ?

  • Vous la connaissez ?
  • Non mais je l’ai déjà rencontré pour une formation de concierges.
  • Et cela vous a donné le droit de lui confier ma clef, qu’est-elle venue fureter chez moi, que cherche-t-elle ?
  • Elle avait appris l’existence de vos toiles et avait envie de les voir, ce n’était pas bien grave, et elle n’était pas censé rester fort longtemps. Or cela fait plus de deux heures qu’elle est chez vous, aussi je suis venue aux nouvelles, je pense que l’on ferait bien d’appeler la police, vous pouvez toujours dire qu’elle est entrée dans votre appartement en votre absence. De plus elle est évanouie depuis pas mal de temps nous devrions appeler le SAMU.
  • Le SAMU vous voulez rire, je vais la réveiller, et aussitôt dit, aussitôt fait, il verse un seau d’eau sur la pauvre concierge qui éructe, tousse, éternue et se relève.

La pauvre femme semble hébétée, ne se souvient de rien, mais rapidement le mentor la colle sur une chaise et lui demande d’un ton virulent :

  • Que faisiez-vous chez moi ?
  • Moi ?
  • Oui, je ne vois personne à qui demander la même chose, que faisiez-vous chez moi en mon absence.
  • Je ne sais pas, je ne m’en souviens plus. Qui êtes-vous ?

Le peintre et la jeune fille ne sont point dupe, mais en l’état actuel des choses il va falloir se débarrasser de cette importune et le plus tôt sera le mieux. Ils poussent les deux femmes dans l’ascenseur et referment leur porte. Enfin ils sont seuls, pendant que les deux femmes descendent ils fouillent attentivement leur appartement et ne constatent aucun vol. De toutes façons elle n’aurait pu l’emporter ni le cacher, ils étaient arrivés à temps.

Pendant ce temps dans l’ascenseur, les deux concierges s’esclaffent, Marie leur a joué la comédie, mais Rose a des doutes sur la gentillesse inhabituelle de son locataire. Elle ignore ce que Marie a découvert dans les papiers du tué. Cette dernière doit être discrète sinon elle va attirer les regards de la police. Et, là n’est pas son but, elle aimerait bien récupérer cette somme rondelette pour se faire une existence dorée et pourquoi pas ne pas acheter une petite maison en bordure de sa rivière chérie. Elle ne pense pas un instant que cet argent ne lui revient pas. Elle quitte rapidement Rose et se rends dans une pharmacie pour récupérer des médicaments contre la douleur car elle a un tenace mal de tête et a envie d’être au calme pour réfléchir à ce qu’elle doit faire.

La nuit est plutôt calme jusqu’à ce cri glaçant qui résonne à nouveau dans la cage d’escaliers, personne n’ose ouvrir sa porte, car ils ne savent qui a crié et surtout qu’est-ce qu’il s’est passé. Seul le Monsieur du premier entrouvre sa porte, descend l’escalier en colimaçon et voit allongé de tout son long leur concierge, elle a une vilaine plaie à la tête mais elle gémit, elle n’est donc pas morte. Vite, il appelle les pompiers et attends auprès d’elle. Ses paroles sont indistinctes mais il entend le peintre est revenu, on va tous y passer, le septième a la réponse, les carmagoles c’est leurs fautes, cela lui semble fort compliqué, il lui conseille de se taire car il lui semble qu’elle s’agite davantage.

Les pompiers l’emmènent et chacun reprends ses occupations jusqu’à l’arrivée de la police. A part le cri de la concierge personne n’a vu d’inconnu, du reste la loge est restée grande ouverte et il faut bien constater les dégâts c’est un cambriolage qui a mal tourné, les pièces sont sans dessus dessous. Il faudra attendre que la concierge soit en état de répondre pour savoir si on lui a volé quelques choses. Mais ce qui intrigue le petit neveu c’est la mise en scène qui ressemble à celle du mort d’il y a trois jours. Mais ouf sa tante est vivante, un peu sonnée, mais elle sera bientôt remise sur pieds, dans la famille on a le crâne solide. Ses chefs ne lui ont pas demandés d’aller l’interroger mais il veut faire preuve de zèle et qui sait il en apprendra plus que si c’est un interrogatoire officiel.

Il attends dans le couloir car sa tante est allée passer une radio, il n’y a personne en faction devant sa porte, donc il ne leur semble pas que ces jours soit en danger sinon il y aurait un collègue se dit-il ?

Enfin la voici, elle a meilleure mine qu’il y a quatre heures, elle semble contente de le voir, elle lui sourit, elle a repris ses couleurs.

  • Mon petit je ne suis pas encore morte, tu venais t’en assurer,
  • Toujours le mot pour rire tatie ;
  • Je ne vais pas me lamenter sur mon sort, mais viens j’ai quelques choses à te dire.

Qu’a donc comme secret sa tante, car il faut se rendre  l’évidence elle a une tête qui en dit long, mais que va-t-il découvrir et pourrait-il le garder pour lui ? Il avisera selon les révélations qu’elle va lui faire.

Une fois allongée, la tête bien calée dans des oreillers, sa tante lui parait beaucoup plus fragile, mais ce n’est pas l’idée qu’elle va lui donner en l’écoutant lui révéler des secrets qui pourraient faire bondir l’enquête.

  • Approche-toi le plus près possible, je veux que personne n’entende ce que j’ai à te dire. Mais fais-moi la promesse d’enquêter de ton côté et de ne rien dire à ton chef, le fils de Jules qui ne m’a pas trouvé à son goût quand j’étais jeune. Éric tombe des nues, son chef est le fils du meilleur ami d’enfance de sa tante, il n’avait pas remarqué que le nom était le même que Jules Deschamps. Pourtant son père et son cousin en parlait souvent du Jules, sa tante est une maline et elle voit tout ce que personne ne voit, elle fait attention à tous, cependant elle ne l’a croisé que l’autre jour comment l’a-t-elle découvert que c’était le fils de Jules. Ce n’est pas maintenant qu’elle va le lui raconter, il faut passer aux choses sérieuses, notamment le meurtre du petit Carmagole.
  • Une heure plus tard, Éric est inquiet sa tante est une drôle de bonne femme, elle détient des secrets énormes, elle est en danger si cela venait à se savoir, le pire c’est qu’elle fait n’importe quoi, aller s’introduire chez un suspect, qu’elle n’a pas daigné signaler à la justice. Et maintenant le voici au courant, il joue sa plaque, elle est marrante la tatie, elle rêve, il est obligé d’en faire part à ses chefs sinon il sera radié. Mais comment s’y prendre sans qu’ils aient l’impression que sa tante leur a caché des indices importants. Il lui faut prendre du recul et réfléchir.

Dès que sa femme a eu vent de ce que sa tante lui avait dit, elle l’a poussé à en rendre compte à ses supérieurs, il s’est rendu chez son chef et lui a exposé ce que sa tante avait dit dans son sommeil, auparavant il avait expliqué à sa tante qu’il ne pouvait pas faire autrement, aussi c’est ensemble qu’ils avaient mis ce stratagème en place.

Dans un sommeil comateux cette dernière lui avait laissé entendre qu’elle avait découvert des indices importants au cours de l’après-midi, raison pour laquelle elle avait osé aborder le mentor de l’ex copine à son locataire. Pour son chef cela tenait la route bien que l’histoire était fort embrouillé, mais cela tombait sous le sens vu que la dame était dans un état second. Mais quand ils décidèrent d’aller interroger la concierge, celle-ci était dans un coma beaucoup plus profond, ce qui allait retarder les investigations. Cela n’allait pas dans le sens du commissaire, les médecins semblaient perplexes, Madame Tiberotte n’avait rien qui laissait penser que sa blessure fut si grave, mais elle n’avait aucune réaction à tous les stimuli qu’ils avaient mis en place. Etrange ! Selon une infirmière elle avait paru agiter après avoir reçu la visite de son neveu, or de neveu elle en avait qu’un seul c’était Eric, qui était venu la voir et qui s’était fait passer pour son neveu ? A la description personne ne sut dire qui était cet individu, il aurait fallu le témoignage de Rose ou de la malade, pour comprendre que c’était Mr Fouchet.

Troublante histoire / B

Les carmagoles (3/5)

 

Une fois la petite partie et après avoir frotté les carreaux de sa loge, Madame Tiberotte s’était rendue dans sa chambre, avait soigneusement fermé la porte à clef, s’était agenouillé sur le côté, tiré le tapis qui était sous son lit. Sur celui-ci était déposé un coffre marron avec une petite serrure dorée. A son cou il y a une petite clef, elle défait son collier original, dédaigne la petite vierge et prends la clef, elle l’introduit dans la serrure, un petit déclic et le couvercle se soulève seul.

Méticuleusement elle passe un à un les papiers que lui avait confié le jeune du septième, vu que personne ne semble intéressé par cette mallette mais plus à son contenu elle s’est bien gardé d’en parler à qui que ce soit. Elle ne pense pas détenir une fortune. Pourtant quand elle se relève, elle est fébrile, à l’intérieur se trouve une reconnaissance de dettes d’un montant pharaonique. Mais il n’y a pas la recette des fameuses carmagoles. Elle referme soigneusement le coffre et décide de le changer de lieux, celui-là est facile à trouver, elle doit enquêter pour savoir qui est ce Monsieur Fouchet, elle connait tout de lui, son adresse, son numéro de téléphone. Il va falloir jouer fin, car l’autre a peut-être eu vent du décès du jeune homme, il ne faut pas qu’elle se jette dans la gueule du loup. Après avoir soigneusement planqué le coffre à un endroit connu d’elle seule, elle se précipite dans sa petite cuisine et cherche le bottin, elle trouve rapidement le nom et prénom de l’homme, la rue correspond parfaitement. Elle va pour l’appeler avec son téléphone, quand soudain elle se ravise et sort précipitamment de sa loge pour se rendre à la boutique du coin récupérer un téléphone prépayé, puis s’en retourne chez elle sans se méfier de cet homme étrange qui fait les cent pas dans la ruelle attenante.

Le téléphone est posé sur sa table, elle a un instant d’hésitation, puis elle se décide enfin et fait le numéro qu’elle a soigneusement noté sur un papier.

Une sonnerie, puis deux puis trois, puis une dizaine, elle va raccrocher lorsqu’elle entend un raclement de gorge et une voix caverneuse lui répondre :

  • Allo qui est à l’appareil ?
  • Je suis la mère de Mr Ludo

A ce moment-là un grand bruit se fait entendre puis, plus rien, elle a beau crié, allo, allo, personne ne lui répond. Elle raccroche et décide de se rendre sur place, elle veut en avoir le cœur net. Elle prend sa voiture, dans son sac à main elle a pris la reconnaissance de dette et elle se rend au domicile de cet homme. Elle met plus d’un quart d’heure avant de réussir à trouver une place, enfin la voici garé ; soudain son regard est attiré par le mentor de la petite, il fait le trottoir, il a l’air affolé. Elle va en avoir le cœur net, elle prend son téléphone et rappelle Monsieur Fouchet, si c’est lui il décrochera son téléphone, dans le cas contraire, elle attendra son départ.

  • Allo ici la mère de Ludo ne raccrochez pas ? Je vous vois, vous connaissez la raison de mon appel et aussi de ma venue.

Effectivement le fameux Mr Fouchet est le mentor de la chérie du fils de Carmagole, qu’est-ce que c’est que cette embrouille, pense-t-elle ? Enfin il daigne lui répondre.

  • Que me voulez-vous ?
  • L’argent !
  • Comment le savez-vous ?
  • J’ai en ma possession votre reconnaissance de dette, demain même heure, vous déposerez dans la poubelle qui se trouve derrière vous la moitié de la somme, pour le reste, j’aviserais.
  • Demain c’est trop tôt !
  • Je suppose que vous avez un bon travail, mon fils m’a parlé de vous, alors n’attendez pas trop car je mets mon avocat sur le coup et ce n’est pas un million que vous me donnerez mais le double plus les intérêts. Vous auriez déjà dû lui rendre la somme. J’en connais un rayon sur vous, y compris que vous connaissez la fiancée de mon gamin.
  • La fiancée de qui ?
  • De Ludo

A ce moment-là j’entends un éclat de rire, puis il a raccroché, je ne dis rien, attends pour voir ce qu’il va se passer, mais l’homme reçoit un autre appel téléphonique et il change de direction et vient à ma rencontre, vite je dois me plaquer contre mon siège, il n’en n’a pas après moi, c’est une coïncidence, il passe son chemin et monte vers le haut de la ville, je ne vais pas m’amuser à le suivre, je vais plutôt jeter un coup d’œil à son appartement, tout au moins voir si je pourrais m’introduire chez lui en son absence.

Me voici devant la porte cochère, c’est juste à ce moment-là que je vois Rose Perrin une amie concierge comme moi.

  • Ma Rose mais que fais-tu là ?
  • Marie je travaille ici depuis un mois,
  • Ah, allée de la Chaize,
  • Oui ? Tu viens voir qui ?
  • En fait j’ai eu des mots avec un de tes locataires ;
  • Oui ? Lequel ? Ne me dis pas que c’est le barbouilleur de toiles.
  • Et si c’est bien de lui qu’il s’agit ; tu le connais bien ?
  • Oui, mais méfie-toi de lui ce n’est pas un gentil, il ne t’aurait pas fait une toile par hasard ? Car tous les jours des gens défilent pour réclamer leur œuvre et Monsieur les congédie.
  • Effectivement, mais ce n’est pas à moi qu’il la doit c’est à la fille d’un de mes locataires. Tu n’aurais pas une clef ? Je vais aller voir s’il a le tableau chez lui.
  • Je veux bien mais ne t’attarde pas, donne-moi un numéro de téléphone et si je le vois rentrer tu sors et tu montes un étage plus haut et tu redescends, d’accord.
  • Tu fais sonner mon téléphone, mais je vais le mettre dans ma poche et en vibreur.

Aussitôt dit aussitôt fait, la clef à la main Madame Marie Tiberotte prend l’ascenseur, en montant elle glisse son téléphone personnel dans sa poche, mets le second dans son sac après l’avoir éteint. Elle introduit la clef dans la serrure et entre dans l’appartement qui sent un drôle d’odeur entre pipe froide et acétone avec un arrière-goût de moisi. Elle ne va pas traîner longtemps dans ces pièces car elle a déjà un haut le cœur. Elle passe de pièces en pièces sans vraiment s’arrêter, au mur il y a certes des toiles mais on dirait plus de vieilles croûtes. Même dans la cuisine il y a deux toiles une représente un saladier avec des pommes et à côté une bouteille de vin a moitié pleine, l’autre c’est une corbeille avec des bananes, cela ne casse pas une patte à un canard songe-t-elle ? Dans le salon il y a des peintures représentant des scènes de chasse, de pêche, c’est vieillot et moche. Mais plus loin il y a un petit atelier de peinture et là c’est totalement différent une femme nue offerte au regard a été peint sur la toile, la femme a un petit air de, mais au même moment elle sent contre sa cuisse vibrer le téléphone, vite elle referme précipitamment la porte et va vers l’entrée, hélas, une clef tourne dans la serrure, elle se dissimule comme elle peut,  entre la porte et le porte-manteau. La porte s’ouvre en grand, elle sent qu’elle est repoussée contre le mur, puis, des pas dans la pièce, elle va sortir, elle voit le mentor qui avance vers sa cuisine, dès qu’il disparaît à ses yeux, elle fonce vers la porte et là elle reçoit un coup de parapluie donnée par la personne qu’elle a entrevue en face d’elle. Elle s’effondre.

 

 

Troublante histoire/ A

Les Carmagoles ( chapitre 2/5)

 

 

Lorsque la police est arrivée la vie de l’immeuble en a été chamboulée ils couraient dans tous les sens, posaient des questions n’écoutaient pas les réponses, mais dans l’ensemble tout cela avait été mené de main de maître par le Commissaire et ses hommes. Son petit neveu, madame la concierge ne l‘avait retrouvé qu’au moment des interrogatoires ceux-ci avaient été menés tambour battant. Mais personne n’avait pu fournir de précieux indices à la police, Hervé de la Carmagole  avait été assassiné mais personne ne pouvait savoir s’il avait été tué dans l’entrée car tous avaient un alibi.

 

Il avait une plaie béante à la tête due à un objet contendant, rien n’avait été retrouvé à proximité, juste le cadavre de ce jeune étudiant.

Les langues allaient bon train mais cela n’aidaient en rien la police. Une semaine s’est écoulée sans que rien ne vienne changer le cours des choses, les policiers avaient fouillé de fond en comble l’appartement du jeune homme, rien ne supposait qu’il soit revenu après sa longue disparition. Il ne s’était pas volatilisé, une personne avait dû l’héberger qui l’avait ramené ? Et surtout pour quelle raison l’avait-on assassiné.

Que de questions laissées sans réponse. ?

La vie a repris son cours lentement, les traces de sang se sont estompées. Les enfants du cinquième jouaient toujours dans les escaliers et la concierge les dispute toujours mais ils la nargue en lui tirant la langue.

Son petit neveu lui avait donné des renseignements concernant l’enquête enfin jusque ce qu’il fallait. Les Carmagoles étaient à la recherche de la recette de leurs friandises qui avait été volée lors de l’assassinat du jeune étudiant. Enfin c’est ce que prétendait un de ses frères, mais la concierge était certaine que personne n’était venu au septième étage, elle possédait la clef car le jeune homme lui avait demandé menu petit travaux en son absence, et de ce fait personne n’avait fait main basse sur quoi que ce soit. Mais pourquoi allait-on croire une concierge ?

Ce lundi matin soit huit jours après la mort du petit jeune homme elle était allée ouvrir les volets de la grande pièce, la famille avait enlevé les meubles, elle s’était mise à frotter de fond en comble l’appartement afin de le proposer à un éventuel étudiant sans logement. Bien entendu que ce serai plus difficile vu l’époque à laquelle on était, les étudiants avaient tous un appartement, mais la chance avait joué en sa faveur. Deux jours plus tard une jeune fille l’avait abordé dans la rue :

  • Etes-vous Madame Tiberotte ?
  • Oui, que me voulez-vous ?
  • Vous avez bien un appartement vide dans votre immeuble ?
  • Oui, mais il faut passer par l’agence, moi je ne suis que la concierge.
  • Je sais mais est-ce que je peux le visiter ?
  • Quand aimeriez-vous le visiter ?
  • De suite ;
  • Venez dans une heure et je vous le laisserait visiter.

Cette jeune fille était fort polie mais il y avait quelques choses en elle qui la dérangeait mais elle n’arrivait pas à trouver ce qui clochait ; bah, elle verrait bien une fois la visite passée ce qui semblait la chagriner.

A 15 h tapante, la petite demoiselle était arrivée accompagné par un vieux Monsieur qu’elle lui avait présenté comme étant son mentor. Mentor ou pas cet homme lui déplaisait encore plus que la jeune fille, il avait le cheveu gras, un regard fuyant, la lèvre épaisse masquée à moitié par une moustache façon Hitler, le teint jaunâtre comme un homme qui boit, et surtout un gros nez rouge preuve de ce qu’elle avançait. La gamine était habillée comme ces jeunes qui trainent dans des vêtements amples cachant je ne sais quoi car elle n’avait que la peau sur les os. Elle portait un sarouel verdâtre, un béret d’une couleur aubergine, une espèce de boléro noir ; le tout avec un sac à provision de couleur bleue qu’elle tenait en bandoulière sur son épaule. Aux pieds des chaussures rouges qui lui faisaient penser aux chaussures de clowns qu’elle voyait naguère au cirque. Bref, elle se demandait qui était ses deux énergumènes et si c’était sage de les emmener dans un lieu qui avait déjà été témoin d’un drame, même s’il s’avérait que le jeune étudiant n’avait pas été agressé dans sa chambre.

De suite la visite de l’appartement avait encore alertée la concierge, ces deux-là connaissaient le mort ils en parlaient à voix haute sans se gêner. Ils furetaient dans tous les coins et recoins. Est-ce que par hasard ils voulaient habiter là pour mettre la main sur la fameuse recette ? Hélas, la sonnette de la loge lui rappelle qu’elle doit répondre, elle les laisse après tout il n’y a rien à voler la police a fait son travail sonder tous les murs rien il  n’y a rien. Elle leur demande juste de claquer la porte en sortant.

Ce n’est que deux heures plus tard que la jeune fille seule se présente à sa loge, et lui demande l’adresse de l’agence. Elle lui la donne en lui demandant toutefois où se trouve son mentor, elle rit, et ajoute il est partis, il va me servir de caution car je n’ai pas le rond.

Madame la concierge va s’aventurer sur le terrain qu’elle affectionne le plus tiré les vers du nez à une personne qui ne s’en doute pas. Elle excelle dans ce domaine. Elle l’invite à entrer chez elle pour lui remettre la carte de l’agence puis de fil en aiguille lui propose une boisson, la gamine assez délurée lui demande une bière, elle a ça dans son frigo. La petite refuse le verre et boit à même le goulot ; madame Rose rit sous cape, elle va vite tomber dans ses filets comme tous les autres, sauf l’étudiant du septième.

Lui elle n’avait jamais eu l’occasion de lui parler ouvertement, il la fuyait c’était un taciturne, aucun ami pendant les six mois qu’il avait passé là, ni filles, ni garçons, personne.

Une fois la causette faîtes la gamine s’en est retournée chez elle, espérant bien habiter ici dès la fin de la semaine. J’en sais plus sur elle, qu’elle en sait sur moi se dit Madame Tiberotte ; elle fait des études aux beaux-arts l’homme c’est un de ses profs. Elle connaissait le descendant du pâtissier, c’était son chéri, mais elle n’était jamais venue chez lui. Ils se retrouvaient plus facilement dans un café voire ailleurs, mais là elle était resté silencieuse. La petite était émue elle ne voulait pas en tirer profit. Elles n’avaient ni l’une ni l’autre abordé cette fameuse recette, mais elle n’était pas dupe, deux heures dans un appartement qui fait seulement 35 m2 c’est qu’ils avaient cherché. Pourquoi telle était la question ?