Suite 12

Je suis en Pause jusqu’au 21 mai, mais vous aurez la suite, à bientôt, je programme.

 

Tout en cheminant dans la forêt, Gilles met son frère au courant de ce qu’il peut lui dire dans le cadre de son enquête. Puis il se tait et songe qu’il y a beaucoup de zones d’ombre, mais aussi il a plusieurs pistes, hélas pour Jules toutes mènent à son père. Où il y a un homme qui prends un malin plaisir à brouiller les pistes, ou alors ils ont vu ce qu’il ne fallait pas voir ou c’est son père qui a tué sa femme ainsi que le type de la rivière, quant au kidnapping, son frère pourra peut-être éclairer sa lanterne. Mais que ce soit la maman, le fils ou le père tous y sont mêlés, et le gamin lui cache sûrement quelques choses, oseras t il lui faire confiance ? Ce soir il navigue à vue. Il espère qu’encourager par Aubin, dès demain, Jules lui dira ce qui l’a fait la nuit ou avec Paulo ils sont sortis. Il en touchera deux mots à son frère, ce soir dans sa chambre, mais brusquement il se souvient que Marie Caroline a demandé à ses futurs beaux-parents d’accueillir son jeune frère, et ses parents n’écoutant que leur bon cœur ont de suite dit oui. Il lui faudra donc discuter avec son frère sans la présence de Jules. De plus demain ce sont les grandes vacances qui commencent, les gamins devront veiller à ne pas trop s’éloigner du village tant que les affaires ne sont pas résolus, il sent que cela va être fort difficile. Car tous les gamins du village, l’été vont dans la forêt.

Lorsque Jules attends dans le couloir étroit l’arrivée de l’inspecteur, il est anxieux, il vient de se faire remonter les bretelles d’abord par sa sœur aînée, puis par son instituteur, tous deux sont d’accord, il lui faut dire la vérité, sinon tout le monde aura des problèmes de plus Gilles comprendra lui a assuré sa sœur, il sait que tu as vécu des horreurs, mais lui cacher certains faits peut permettre à l’assassin ou les assassins de commettre d’autres forfaitures. Car personne ne sait si c’est une seule personne qui a commis à la fois l’enlèvement d’Aubin et à la fois les deux crimes, donc Jules se sent assis entre deux chaises, à la fois dire la vérité, mais aussi trahir la parole donnée à son père, possible qu’il puisse dire une partie des choses tout en cachant qu’il a rencontré son père. Pour l’instant, l’attente se prolonge, où est passé Gilles, il lui a promis ce matin au petit déjeuner qu’il fallait qu’il soit à l’heure. Mais lui se permettait d’être je ne sais où, ce qui agaçait au plus haut point le jeune garçon. Enfin, le voilà, il a la mine sombre, ça promet pense intérieurement Jules. Qu’as-t-il encore découvert pense le jeune garçon ?

–       Jules, il me faut ta totale confiance, quoi que tu me dises, ni je te maintiendrais en garde à vue, ni je te punirais. J’ai été élevé dans le respect de tous. Ton père si il avait pu t’élever ne t’aurais jamais battu comme plâtre, Marie Caroline m’a raconté ce que ton beau-père t’as fait subir, à partir d’aujourd’hui et ce, jusqu’à ce que ton père soit lavé de tout soupçons, tu n’auras plus rien à craindre de ton beau-père, il n’a plus aucun droit sur toi. C’est ta sœur et moi qui nous occuperons de toi ?

Pendant que Gilles lui dit tout cela, le jeune adolescent se sent mal à l’aise, il se tortille sur sa chaise, il entend que son père ne lui aurait pas fait de mal contrairement à l’amant de sa mère, car ils n’ont jamais été marié, lui comme il a été naïf il les a crû quand ils lui le disaient, surtout son beau-père qui lui assurait avoir autorité sur lui. Mais le discours que son beau-frère lui fait est beau, c’est certainement pour l’amadouer, il veut qu’il lui conte tout sans émettre aucun détail. Il est toujours dans le questionnement et ne sait si ses paroles sont celles de la sagesse ou si il lui les dit pour lui laisser croire qu’il n’en tiendra pas compte et du coup il lui tend un piège, si c’est le cas ce serait un véritable guet-apens.

Après un long silence, ou l’inspecteur prépare son carnet de cuir rouge ou il prend ses notes lors de tout interrogatoire, il invite Jules à répondre à ses questions. Il voit bien que le gamin est en proie à des doutes qui le laissent avec un mal être terrible, et, surtout il vient de perdre sa maman, pour un jeune garçon ce doit être dur, mais, lui, en tant qu’officier de justice est chargé de l’affaire et dans ce cas, trouvé des preuves lui permettrait d’arrêter assez vite celui ou ceux qui ont commis ces crimes. Mais là ou tout cela se complique, c’est que Jules sera demain son beau-frère, sa future femme veut qu’il s’en occupe mais en douceur, sans le brusquer. C’est tout un art il va falloir agir avec tact et doigté, être ferme mais tenir compte de sa peine. Le mieux c’est qu’il puisse tout lui dire même si cela n’est pas facile. Il a même peur que le juge lui retire l’enquête, déjà que le père de Paulo a été mis sur la touche, vu son degré de parenté avec Paulo, avec Pierrot qu’il connaît très bien, n’était-il pas tous les deux dans un réseau de Résistance ici à la croix du détour ? Son propre père à Gilles en faisait partis il était radio, et il y avait aussi le vieux Comte. Ce qu’en savait Gilles c’est que fin 1943, un gars du village avait trahis le groupe, les allemands avaient tendu un coup de filet, Pierrot, son père et le brigadier avait échappé à la rafle. Par contre le Comte, sa femme, son fils cadet, le Père de Pierrot et d’autres gars du village avait été pris. Seul le fils du Comte était revenu, il n’avait jamais reparlé. Seul son frère aîné l’attendait, leur petite sœur Marie-Suzanne personne n’avait su ce qu’elle était devenue. 

Il lui faut arrêter de songer à ce qu’il risque de lui arriver si le Juge apprend que Jules sera demain son beau-frère, et surtout tirer un trait sur le passé, mais comme sa future femme et comme le brigadier ils se demandent si le tout ne serait pas lier à une espèce de vengeance. Mais pour l’instant il lui faut poser les bonnes questions à Jules :

–       Viens Jules, nous allons parler tous les deux.

–       Vous ne pouvez pas me laisser tranquille j’ai perdu ma mère cette nuit, je ne sais pas où est mon père, ma sœur m’a grondé comme si j’avais vu je ne sais quoi, je n’ai rien vu.

–       Jules, tu dois tout me dire, je vais te faciliter le travail. En sortant de la ferme de ton beau-père tu t’es dirigé accompagné de Paulo vers le château ?

–       Oui

–       Et, ensuite ? As-tu entendu quelques choses ou vu un homme s’enfuir ?

–       Non, rien.

–       Qu’as-tu fait ?

–       Rien, je n’ai rien fait, Paulo non plus, j’ai juste vu en arrivant qu’il y avait un corps par terre, et à sa jupe longue et surtout à sa couleur, j’ai compris que c’était ma mère.

–       En était tu certain ? Beaucoup de femmes au village portent ce genre de jupe ; Tu t’es approché d’elle ?

–       Oui, mais je n’ai pas supporté ce que je voyais, aussi je me suis enfui et avec Paulo on a entendu un bruit étrange alors on s’est caché dans l’appentis ou le Comte, autrefois rangeait son bois.

–       Et après ?

–       Lorsqu’on a vu que rien ne se passait, on a pensé Paulo et moi que c’était la peur qui nous jouait des tours, mais on s’est endormis, on était tellement fatigué, quand on s’est réveillé c’était le jour qui se levait, aussi on s’est dépêché de rentrer.

–       Tu n’as donc vu personne ?

–       Je n’ai vu Personne !

–       Étrange, Paulo ne m’a pas donné la même version des faits ? Tu es bien certain que tu n’as pas croisé un individu ?

–       Paulo était devant moi à un moment, possible qu’il est vu quelques choses ou quelqu’un que, moi je n’ai pas vu.

–       Bon, si j’ai besoin de toi, je te ferais signe, ou bien si tu as oublié quelques choses tu me le diras, on se verra ce soir.

–       Ça marche !

 

J’ai une ID!

Pour la Communauté des Nuls

Faire un texte en rime tout en suivant l’alphabet, nous en sommes à la lettre D

 

 

 

Lorsque Barnabé se renditcompte qu’il ne  pouvait accéder

A l’appartement de son amie Amédée

de son petit nom Dédée

il a tourné les talons d’un air déci

Il n’avait aucune idée

De plus il se sentait dépossé

car il lui avait prêté ses BD.

 

C’est d’un ton sacca

Qu’elle lui les as tailla 

Barnabé l’a envoyé balader

et a réussis à se barricader

car il la trouvait folle, il a réussis à la persuader

de retourner se pommader

pour enfin la téléguider

et en la regardant de haut l’intimider.

 

Depuis elle se sent embrigader 

Elle refuse de se laisser guider

Par Barnabé qui veut la liquider!

 

Vite il lui faut prendre la poudre d’escampettE

 

La suite en E

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Suite 11

Ce matin Aubin et Jean se promenaient dans la forêt, ils devaient rapporter pour leur maman quelques baies sauvages pour améliorer la salade de fruits qui trôneraient sur la table pour les fiançailles de son frère et de sa promise qu’il allait présenter le samedi même. Soudain un bruit étrange s’était fait entendre, le chemin pierreux permettait d’entendre n’importe quelles personnes qui venaient à leur rencontre. Aubin connaissait  la forêt comme sa poche, mais le bruit qu’il entendait n’était pas coutumier. C’était un bruit de ferraille comme si une personne marchait en traînant les pieds et que sa semelle était mal ressemelée. Bizarre, mais bon il y avait tant de gens qui l’arpentait la forêt que cela ne l’avait pas fait fuir. Mais au détour du chemin qu’elle ne fut pas sa surprise de se trouver nez à nez avec un inconnu qui se cachait sous les pans de sa houppelande qu’il avait ramené sur son visage. A la main une longue baguette, qui ressemblait aussi bien à un bâton de marche qu’à un bâton pour mener les vaches aux champs. Sans un mot ce type s’était rué sur eux, avait fait lâcher la main de Jean en lui tapant violement dessus. Puis il avait poussé le petit et il avait heurté une pierre et avait dû s’évanouir, c’est du moins ce qu’Aubin se souvenait maintenant qu’il était enfermé dans cette pièce froide et humide. Lui venait juste de se réveiller il était attaché au mur par une chaîne qui était passée dans un anneau, il avait bien essayé de tirer dessus mais l’anneau tenait bien au mur. Il lui semblait que c’était la cloche du château qui l’avait réveillé quelques heures auparavant, depuis il n’y avait aucun bruit, même pas le pas caractéristique de son ravisseur. Depuis il savait qu’il avait été pris à la place de Jules, et, Aubin pensait  

que cela avait un rapport avec le père de Jules, mais l’autre s’était bien gardé de montrer son visage. Lui, Aubin, n’essayerait pas de le voir car il en était certain il ne donnerait pas cher de sa peau, il était préférable qu’il ignore jusqu’à son identité, cela lui permettrait de rester vivant. Il était persuadé qu’il se trouvait dans les oubliettes du château, car lorsque à moitié groggy il l’avait plus poussé que porté, il avait reconnu le bruit caractéristique de la grande porte en bois, puis la vieille bibliothèque avait tourné sur elle-même, cet homme qui connaissait aussi bien le château était peut-être le châtelain lui-même, voir un de ses domestiques, donc un habitant du village, pourtant personne ne les confondait Jules et lui, étrange ! Il ne restait plus que le châtelain ou un de ses hommes de main. Car Aubin savait par Jules qu’il y avait eu complot onze ans plus tôt, même son père le disait. Alors pourquoi cherchait-on à enlever Jules, que pouvait-il savoir ? Avait-il vu quelques choses, si c’était le cas il ne leur l’avait jamais confié, mais possible que lui ne le sache pas, ou alors il possédait un papier et l’autre voulait lui tirer les vers du nez. Notre Aubin en était là de ses réflexions quand le bruit caractéristique des chaussures de son kidnappeur ont retentis dans les escaliers. Vite, Aubin reprends sa position allongée, et va lui laisser croire qu’il dort encore. Ce matin il l’a entendu maugréer : « zut j’ai dû abuser sur la drogue ». Pendant qu’il fait celui qui dort, l’autre le laisse tranquille, mais hélas, Aubin va vite se rendre compte que le sommeil est terminé, l’autre le secoue comme un vieux prunier, tout en lui disant :

–       Sale gosse ouvre les yeux, et dis-moi où je peux trouver ton copain le Jules au Pierrot.

–       Chez lui, je n’en sais rien moi, mais qu’est-ce que je fais là, lorsque mon père saura qui vous êtes, je ne donne pas cher de votre peau. Vous allez passer un sale quart d’heure.

–       Ferme-là vermine ou alors tu vas tâter de mon bâton.

Aubin en a tâté et son petit frère aussi, il demande à cet homme sans foi ni loi :

–       Qu’est-ce qu’il est arrivé à mon petit frère, il n’a que 6 ans, ce n’est pas bien grand.

–       Je n’en sais rien, et de toutes façons je m’en fiche pas mal, déjà toi tu me gênes.

–       Mais je ne vous ai rien demandé, c’est vous qui m’avez amené là !

–       En effet mais je voulais l’autre chenapan de Jules ; ce petit de rien du tout !

–       C’est un enfant comme moi, je ne vous permets pas de tenir des propos pareils sale mec !

Le pauvre Aubin aurait mieux fait de se taire, car l’autre ne l’entend pas de cette oreille et il lui assène un grand coup de bâton sur la tête, lui, qui avait eu le droit de se relever oscille et s’effondre telle une poupée de chiffons. Bien lui en a pris, car à ce moment-là venant de l’extérieur il y a un grand remue-ménage, le kidnappeur regarde par le soupirail et voit que la maréchaussée a envahie son terrain de jeu. Quand il avait découvert la belle Germaine Viricel, il avait eu l’envie de prendre ses jambes à son cou, car il avait déjà commis un acte répréhensible, mais un meurtre cela ne l’intéressait pas. Qui avait pu jouer sur ces plates-bandes. Cela avait dû se passer avant minuit, car la cloche avait sonnée, un tintement lugubre, semblable au glas, qui avait actionné cette cloche qui tenait par l’opération du Saint-Esprit ? Si c’était Raymonde, elle l’avait payé cher, si c’était  son meurtrier il devait être loin à l’heure qu’il était. Depuis qu’il avait découvert son corps, personne n’était venue ce qui lui avait fait dire que les bruits de pas entendus cette nuit, étaient peut-être celles de l’assassin revenu sur les lieux vérifié si le drame était consommé. Sauf qu’il l’avait vu un peu plus tôt, étonné qu’il soit là, car, ne le disait-on pas mort ? Ce n’était nullement dans son intérêt d’aller le dire aux gendarmes, on lui demanderait rapidement ce qu’il faisait là. Et, sauf pour sauver sa peau il se tairait à tout jamais, ou alors il ferait porter les soupçons sur le seul assassin que tout le monde connaissait le père Petiot. Mais pour l’instant il lui fallait se débarrasser du gamin ou le mieux se serait de le détacher, et advienne ce qu’il pourra, si le gamin est malin il s’en sortirait, dans le cas contraire il va errer longtemps dans les dédales du château. Et, lorsque les flics le retrouveront, s’ils le retrouvent il sera mort depuis fort longtemps. Quant à lui, il ne doit pas rester là. Il connait beaucoup de cachettes dans ce château, enfants il y a joué assez souvent avec les gamins du village et ceux du château. Il ricane, s’il savait les autres. 

Tout en regardant par le soupirail il aperçoit un homme, grand, il ne lui est pas inconnu Tiens, il ressemble étrangement au fils Gros, ce doit être l’aîné, cette vermine qu’il hait ! Il serait donc inspecteur, il a pris le bon chemin, lui !  Et bien il ne vaut mieux pas traîner dans les parages car Gilles  connaît le château aussi bien que lui. Vite fuyons.

Ce n’est que le soir et fort tard qu’Aubin a repris ses esprits, hélas il n’a pas entendu les vas et viens des gendarmes, aussi, quand il s’aperçoit qu’il est seul mais libre, il commence par crier, mais personne ne lui répond, et pour cause il est seul, tout le monde a regagné le village. Il se lève et fais attention car sa cellule est voutée et à un endroit c’est plus bas Pourvu que la porte ne soit pas fermée, et pourquoi l’autre a disparu et laissé libre de ses mouvements. Son ravisseur ignore qu’avec ses copains il s’est baladé dans ses lieux tout l’été dernier. Mais qui sait, c’est possible que ce soit un piège, méfiance, méfiance ! Tout en se dirigeant vers la porte vers la liberté, Aubin réfléchit à la manière dont il va pouvoir se libérer et rentrer chez lui, il ne faut surtout pas qu’il se trompe de côté, en effet l’an passé ils s’étaient rendu compte lui et ses copains qu’il y avait pas mal de cellules, et si il partait dans le sens contraire, il n’était pas près de gagner la sortie. De plus il lui fallait être méfiant, car l’autre lui avait peut-être réservé quelques surprises, et retomber dans un guet-apens ne le réjouissais pas trop. Au moment de s’engager, dans les méandres du couloir, il entend un sifflement, une sorte de cris de ralliement, étrange, qui est à l’extérieur, comme avec ses copains ils font le cri de la tourterelle, il s’approche le plus près du soupirail qu’il aperçoit quelques mètres plus haut, hélas il n’y a pas de chaises ou de tables pour se hisser à la hauteur de cette petite fenêtre. Tant pis Aubin roucoule une fois puis attends, un silence et à nouveau deux fois. Et, là surprise on lui répond, puis des chuchotements se font entendre, et une voix qu’il reconnaîtrait entre mille, c’est son ami Jules :

–       Aubin, c’est toi ?

–       Oui, je suis en bas, un dingue m‘a enfermé, méfie-toi, c’est toi qu’il recherche.

–       Ne t’inquiètes pas, je ne suis pas seul, attends ne bouge pas nous descendons.

Aubin entends une cavalcade dans les escaliers menant aux oubliettes, puis la voix de Jules criant :

–       Venez c’est par ici j’en suis sûr, je connais, n’est-ce pas Paulo que nous savons où trouver notre copain ?

–       Bien sûr Gilles, venez c’est de ce côté.

Aubin n’en croit pas ses oreilles, Gilles, son frère Gilles a quitté sa sacrosainte ville de Lyon pour venir à sa recherche ; bientôt il va remercier l’étranger de l’avoir kidnappé. Cette journée est à marquer d’une pierre blanche, comme ses parents doivent être heureux et, ce soir la famille sera à nouveau réunie.

–       Aubin, enfin !

–       Gilles, oh comme je suis heureux que tu sois venu à ma recherche

–       Tu sais Aubin, il faut remercier tes deux amis, sans eux je ne serais jamais venu par ici.

–       Merci mes Amis, merci !

Jules et Paulo sont un peu décontenancé devant les éloges du frère d’Aubin, alors qu’eux deux lui ont caché une partie de la vérité concernant la maman de Jules, mais comment faire pour réparer et comment ne pas se sentir pris dans l’engrenage de choses qu’ils ne maîtrisent pas du tout. Ils se regardent du coin de l’œil, Pierrot laissera faire Jules, il ne peut s’en mêler. Jules se demande où se cache son père, il ne l’a pas vu dans la cabane, et, heureusement, car les flics l’ont investis. Chaque parcelle a été passée au peigne fin, pourvu que son père ait bien pensé de ne pas laisser un seul indice qui puisse leur permettre de lui mettre la main dessus. Même si Jules ne connait pas vraiment son père, il pense qu’il est assez malin pour éviter de se faire reprendre avant que toutes ces affaires soient élucidées. 

Suite 10

Pendant ce temps dans les locaux de la gendarmerie il y a une âpre discussion entre les gendarmes du village et ceux du Puy, enfin celui du Puy car à part sa femme qui n’est pas gendarme, il est venu seul. Le juge lui a donné carte blanche, il est donc seul capitaine à bord, les autres sont sous ses ordres, ce qui du reste fait râler le Brigadier-chef qui n’aime plus être commandé. Mais le jeune inspecteur s’en rends compte rapidement de la mauvaise volonté du brigadier-chef, et, au lieu de se le mettre à dos, il lui fait une fleur.

–       Mon brave ami vous allez enquêter et relever tout ce qui vous parait suspect dans la mort de cet inconnu que vous prenez pour le Comte, mais j’ai entendu dire que vous émettiez quelques doutes, car à part la montre semblable à celle du mort d’il y a 11 ans, son visage est bouffis, et, il n’a pas la prestance du Comte que nous avons tous connus ; mais en 10 ans on peut changer, la preuve, regardez-moi, j’étais un vaurien, je suis inspecteur.

L’inspecteur émet un rire en cascade suivis de nombreux autres, cela détends au moins l’atmosphère qui était fort crispé. Puis il est temps de passer aux choses sérieuses. Un plan est étalé sur la table et l’on met des points de repères sur la direction qu’aurait pu prendre le mort. Cela les amène aux abords de la forêt, ce qui fait dire au brigadier que son fils et ses copains ont pu croiser le malheureux voire aussi l’assassin. Il ne s’est pas suicidé car il portait un hématome sur la tête, il n’a pas pu se le faire en tombant du pont. Qui a bien pu le jeter dans la rivière ou bien a –t-il essayé de fuir son assassin, en  s’échappant par la rivière, et qui sait possible qu’il est pris un malaise et ce soit noyé. Tout au moins c’est l’hypothèse de l’inspecteur confirmé en tout point par le brigadier-chef.

Mais cela ne leur dit pas qui est le mort, l’inspecteur armé d’un appareil photo a tiré le portrait du mort, et ils vont faire du porte à porte pour voir si un villageois ne le reconnaîtrait pas. Il met une récompense si on lui permet d’avancer cette enquête. C’est l’aspirant et un des sous-officiers qui vont s’en occuper. Puis le brigadier-chef va enquêter sur la mort de Madame Petiot et l’inspecteur s’occupera personnellement de la disparition de son frère, mais auparavant il va rencontrer les deux gamins qu’il vient de faire appeler. Car si comme le dit le père Viricel, le brigadier-chef ils ont vu beaucoup de choses mais ils se sont concertés pour ne rien dire. 

–       Ah vous voilà ! Mais qui êtes-vous ?

–       Le directeur d’école m’a demandé d’être l’avocat du petit Petiot, quand à votre fils je le prends sous mon aile avec votre accord Monsieur Viricel.

–       Si ces derniers n’ont rien à se reprocher, ils iront vite rejoindre leurs copains d’école, mais il ne faut pas qu’ils nous prennent pour des imbéciles. Tant qu’ils diront la vérité, ils n’auront pas de problèmes avec la justice, faîtes-le bien comprendre à vos clients Monsieur l’avocat.

–       Bon, Monsieur Paulo Viricel, entrez-donc ?

–       Paulo ? Avez-vous bien compris ce que j’attends de toi, j’aimerais que tu aies l’honnêteté de me dire ce que tu as fait au cours de la nuit dernière, où es-tu allé ? Etais-tu avec Jules ? Je t’écoute, à moins que ce soit ton avocat qui prenne la parole.

L’avocat et le jeune Paulo se concertent du regard, et Paulo après un moment d’hésitation narre à l’inspecteur et à son père qui prends des notes ce qu’ils ont fait cette nuit-là. Mais il cache le fait qu’ils sont allés au château, si Jules veut en parler ce sont ses affaires, lui ne veut pas être mêlés à cette boucherie. Il va en rêver toutes les nuits. Alors ce n’est pas le moment d’en rajouter. L’inspecteur lui demande s’il sait quelques choses à propos de la disparition d’Aubin.

–       Non, je n’étais pas avec Aubin, seul son petit frère y était, et c’est Jules qui a trouvé le petit Jean, il m’a dit qu’il était évanouis.

–       Bon, tu vois Paulo ce n’était pas difficile de dire la vérité, tu vas remplacer Jules sur le banc et si ce que dit Jules correspond avec ce que tu m’as dit, vous pourrez repartir en classe, dans le cas contraire, j’aviserais.

–       Oui, Monsieur l’inspecteur, mais je vous ai dit la vérité.

Le pauvre Paulo se sent rougir jusqu’à la racine des cheveux, son corps est glacé et il se met à trembler. Mais son père intervient en disant que c’est trop d’émotion pour un gamin de son âge. Ouf ! Cela évite à Paulo d’autres questions que n’aurais pas manqué de lui poser l’inspecteur, il lui semble le connaître, il ressemble à quelqu’un, mais à qui ? Jules est fort physionomiste, il saura le lui dire. Puis c’est au tour de Jules, pourvu qu’il corrobore ses dires, mais que va-t-il dire pour sa mère, il n’en n’a pas reparlé avec lui, il attend, il verra bien.

–       Bonjour Jules, dis-moi ce que tu as fait pendant la nuit dernière, vu que le brigadier Viricel dit que vous avez été absents plus de six heures, vous êtes allés à la maraude ? Qu’avez-vous fait ? Raconte-nous ?

Pour l’instant il fait la description de ce qu’ils ont fait la nuit dernière, ce que lui a fait personnellement dans la ferme de son beau-père, qu’il s’est bien vite aperçu que sa mère n’était pas là, qu’il s’est demandé où elle était, et il leur dit avoir pensé que son bébé était né, mais qu’il y avait eu une complication, vu qu’elle ne dormait pas  dans son lit. Pour son beau-père ne pas le voir ne lui avait fait poser aucune question, car souvent la nuit il mettait des collets, et dormait pas souvent chez eux. Il avait une cabane proche de la Croix du détour, et parfois sa mère le récupérait là. C’était mieux pour lui, car cela lui évitait d’être frappé. L’inspecteur lève les yeux sur Jules et lui demande :

–       Ensuite, tu es allé au château, pour quelle raison ?

Il voit un moment de panique dans les yeux du gamin, aussi il se garde bien de lui crier après, au contraire il lui dit que sa sœur Marie Caroline serait fière de son petit frère à le voir aussi grand et capable de dire la vérité à son mari. Le regard de Jules s’assombris, l’inspecteur serai donc le mari de sa sœur. Pour une nouvelle s’en est une. Mais alors qui est l’inspecteur ? Et sans se démonter il apostrophe ce dernier.

–       Qui êtes-vous Monsieur mon beau-frère je vous connais ?

–       Oui, Jules je suis le frère aîné de ton camarade Aubin ;

–       Aubin ! Là je peux vous dire ce que je sais le concernant.

–       Dis-moi tu, je suis à la fois le grand-frère d’Aubin et le tien puisque j’aime ta sœur.

L’avocat refuse que Jules le tutoies et lui conseille de rester de l’autre côté de la barrière, et non comme de la famille de l’inspecteur. La loi et rien que la Loi, il n’y a que cela qui l’intéresse. L’inspecteur, pris en faute, grimace mais se tait. Le brigadier prend bonne note des déclarations de Jules, mais il est certain qu’il en sait plus concernant la mort de sa mère. Ils doivent tous les deux cachés autres choses, mais comment le découvrir ? Ils sont à la fois respectueux, mais ils doivent avoir peur de se faire kidnapper, aussi le brigadier ne dit mots, et laisse repartir les deux jeunes adolescents. Il fera sa petite enquête lui-même.

Mais revenons au moment où dans la forêt Aubin a hurlé

 

( Je ne voyais pas où arrêté mon texte, aussi je le fais au milieu d’une phrase, désolée…)  A suivre

Suite 9

Bon je continue…Bonne lecture!

 

Pendant ce temps le brigadier-chef a rejoint son fils qui est interrogé par son second, son fils a donné la même version des faits, à quelques détails près, ce qui fait dire à son père que ces deux-là se sont mis d’accord sur les réponses à donner. Lequel des deux va craquer en premier ? Possible que ce soit son fils, cette histoire est celle de son copain, ce n’est pas la sienne, pourquoi irait-il s’impliquer dans ce qu’il ignorait ?

–       Dis-moi Paulo, cela ne te dérange pas de te moquer de moi, tu sais ce qu’il arrive aux menteurs ?

–       Mais Papa, nous sommes bien allés dans la maison de Jules je ne te mens pas.

–       Et, vous êtes restés six heures dans la maison, vous n’avez même pas traient les vaches, cela vous aurait occupé, qu’avez-vous fait ensuite ?

–       On a discuté ;

–       Et bien Paulo, je vais te mettre en garde à vue et tant que tu ne m’auras pas donné la vraie version des faits tu resteras là.

–       Jules aussi,

–       Oui Jules aussi, mais il ne sera pas avec toi, ne rêve pas mon gars.

–       Allez emmenez-moi ce menteur hors de ma vue.

Au moment où Paulo est poussé vers la cellule de fortune qui équipe la petite gendarmerie, les gendarmes voient débarqué la patrouille qui vient de découvrir la mère Petiot, la maman de Jules. Vu le regard troublé que jette Paulo vers son père, ce dernier sait que son gamin était au courant. Que savent ces deux-là ? Il avisera plus tard, il lui faut aller constater sur place ce qui s’est réellement passé.

Plus d’une heure plus tard, le juge, le brigadier et ses collègues sont en grande discussion dans la gendarmerie. Il leur faut faire le point au vu des constatations d’usage qu’ils ont relevé sur les lieux. Une enquête va être menée par la brigade du Puy, eux ne seront pas relégués au second plan mais l’affaire est jugée trop grave pour être laissée en suspens et aux mains d’amateurs comme vient de leur signifier le haut commandement. Il faut dire que ce qui se passe dans le village est peu courant. Deux meurtres, cela ne fait aucun doute, deux disparitions et un homme en cavale. Deux gamins dont le fils du brigadier-chef qui en savent plus que ce qu’ils ont bien voulu leur en dire. Ils vont être interrogés par un inspecteur venus directement de Lyon, mais qui vient d’être muté à sa demande sur le Puy. C’est un fin limier aux dires du juge. On l’attend dans la soirée, en attendant les deux adolescents ont été mis chacun dans une pièce, l’un sanglote, l’autre dort, il 

semble complètement épuisé. Le plus âgé est le fils du brigadier, il a quinze ans, il sera interrogé le premier, il devrait craquer assez vite, mais rien n’est moins sûr.

–       Dîtes-moi Brigadier, votre fils vous a déjà mentis, ou il protège son copain, si tant et si bien qu’il ait besoin de le protéger, car je vois mal ce gamin tuer sa propre mère.

–       Ah non Monsieur le Juge, Jules n’a pu tuer sa mère, je l’ai vu hier soir quand je l’ai emmené chez moi pour qu’il puisse y passer la nuit.

–       Pour quelle raison l’avoir emmené ?

–       Je pense avoir bien fait car sa mère a été emmenée de force de sa maison au château, que ce serait-il passé s’il avait été présent dans la maison cette nuit ? Son beau-père le battait, c’est la raison pour laquelle je l’ai soustrait à ce monstre.

–       Son beau-père ne pourrait pas être l’assassin ?

–       Je ne sais pas !

–       Son père alors !

–       Non, Pierrot a eu une conduite exemplaire, je pense au contraire qu’il est revenu pour protéger sa femme et son fils.

–       Donc vous êtes certain qu’il n’a jamais tué le frère du Comte.

–       Voyons Monsieur le Juge vous savez bien que le frère du Comte n’a jamais été tué, et c’est pour cela que Pierrot est sorti de prison, mais pour les communs du mortel et en attendant que l’on comprenne qui était ce mort, il est dehors pour bonne conduite.

–       Vous prenez les villageois pour des imbéciles, le bruit court déjà en ville.

–       Oui, je sais, mais ce n’est pas à moi de les informer, attendons la suite des évènements.

Attendre vous n’avez que ce mot à la bouche vous les gens des campagnes, il faut agir et vite. Partez battre la forêt, prenez tous les hommes, je gère les deux gamins.

Le père de Paulo a un moment d’hésitation, laissez son fils avec le Juge, il n’a pas l’air de comprendre, cela ne se fait pas, il va de ce pas appeler un avocat pour veiller sur les deux enfants, mais c’est à ce moment-là qu’entre l’instituteur de son fils, suivis par le directeur de l’école du village.

–       Messieurs !

–       Nous venons voir nos élèves, ils sont sous notre responsabilité, tout au moins pour Jules, pour votre fils nous acceptons de vous le laisser, mais Jules nous l’emmenons.

–       Non, emmenez- les tous les deux !

Et, il va trouver l’inspecteur accompagné des deux hommes qui leur dit qu’ils ne sortiront pas sans avoir emmené les deux jeunes adolescents. Le juge y consent à condition qu’ils soient surveillés, il veut savoir éventuellement ce qu’ils ont vu. Ce que doute le père de l’un. Quant à l’autre il lui faudra trouver un lieu pour qu’il passe ses vacances, car le voici seul où presque dans la vie. Tant que son père n’est pas lavé de ces crimes, ils ne pourront vivre ensemble.

Lorsque la voiture de l’inspecteur se gare devant la gendarmerie nul ne sait qui est l’inspecteur, en effet lorsque ce dernier descend, il est accompagné d’une femme, Quand le brigadier la voit, il est  époustouflé, c’est la fille aînée de Pierrot, mais est-il possible qu’elle soit là pour mener l’enquête, et surtout est-ce qu’elle peut être là en tant qu’officier de police et fille d’un des suspects. Elle en a fait du chemin cette gamine pense en son for intérieur le brigadier. Chapeau Madame !

–       Bonjour ! Je vous présente Marie-Caroline, mais je pense que vous la connaissez, c’est ma femme !

–       En effet, Bonjour Marie Caroline, je ne pensais pas vous retrouver dans ces circonstances.

–       Moi non plus Monsieur le Brigadier. Avez-vous reconnu mon époux ?

–       Ah je le connais, Non du tout ! Vous êtes qui ?

–       Au vu des circonstances je ne jouerais pas aux devinettes, je me présente Florian Gros !

–       Le grand-frère d’Aubin, ah j’ignorais votre promotion, mes félicitations. Je suis désolé pour votre frère.

–       Je reprends l’enquête de A jusqu’à Z, ainsi que toutes les autres enquêtes qui se greffent dessus. Je verrais mon petit beau-frère en temps et en heure. Ne vous inquiétez pas si le Juge m’a nommé sur « ces affaires » c’est uniquement parce que je connais la région comme ma poche, ainsi que tous ceux qui l’habitent ! Quand à mon frère il va nous falloir nous dépêcher si nous ne voulons pas qu’il subisse la même chose que l’inconnu de la rivière et Madame Petiot.

–       Est-ce que vous pensez loger dans les appartements attenants à la gendarmerie ?

–       Non, nous irons chez mes parents, et si l’enquête devait se prolonger nous aménagerons la ferme de mes beaux-parents.

–       Ah ! Je vois

–       Ah autres choses, c’est ma femme qui s’occupera de Jules pendant les vacances, mais auparavant je vous remercie d’avoir veillé sur lui. Sur ce nous vous quittons, je dois emmener ma femme chez mes parents. A plus tard mon brave.

Quand il voit à l’énoncé de ce surnom ridicule « mon brave » rire ses subalternes, le brigadier-chef attends le départ du Monsieur de la ville et les envoie vaquer à d’autres occupations, non sans leur crier d’éviter à l’avenir de ricaner. Ces collègues ne comprennent pas ce coup de sang. Il faut dire que cela fait trente-six heures, qu’il n’a pas fermé l’œil, aussi, compatissant, ils lui pardonnent sa colère.

Pendant que tout le monde vaque à ses occupations, Pierrot du haut de sa cachette réfléchit aux évènements qui viennent de se dérouler. Le jeune frère du Comte n’était pas mort, alors qui était ce macchabé retrouvé dans sa grange ? Il comprenait mieux la raison pour laquelle il avait été libéré, les matons le savaient, le juge aussi, si cela se trouve sa femme et le brigadier. Mais, alors pourquoi ne l’avait-on pas informé plutôt que de lui raconter des sornettes. Il était libéré selon son avocat pour bonne conduite, c’était vraiment risible, il n’avait pas toujours eu une bonne conduite lors de son emprisonnement. Maintenant tout devenait limpide comme l’eau de roche. Ils savaient !

Tout cela ne lui disait pas qui était le mort ? Un vagabond ou un ouvrier du Comte, les frères ne s’embarrassaient pas de principe il y a 11 ans. Il lui fallait réfléchir aux évènements de ces jours-ci. Premièrement le mort de la rivière était-ce le Comte, mais là aussi il n’y était pour rien, sauf d’avoir croisé sa route ; mais son fils Jules avait entendu vers le chemin du détour une dispute, il n’avait vu personne. Mais il était bien possible que ce dernier ne lui ait pas tout dit. Il en reparlerait avec lui dès que possible. Ensuite et quelques heures plus tard Aubin Gros avait été kidnappé, par qui et surtout pourquoi, à moins qu’il l’ait pris pour Jules, cela pouvait être plausible. Ces deux-là se ressemblaient : cheveux bruns ébouriffés, même taille, mais son fils avait les yeux sombres et Aubin les avaient bleus. L’autre n’avait pas dû faire attention. Mais encore la même question lancinante, qui était cet autre ? Ensuite venait l’assassinat de sa femme, qui  avait pu commettre ce crime ? Maurice ou le frère du Comte, les deux avaient été ses amants, l’un il y avait dix ans, l’autre ces dernières années. L’un aurait pu être jaloux de l’autre, mais lequel ? Puis, à la ferme il n’y avait pas eu lutte, elle l’avait suivis de son plein gré, sa Raymonde, quoique on avait pu effacer toutes traces, en revenant après avoir commis ce meurtre. Oui, c’était sûrement la raison, pourquoi n’y avait-il pas pensé plus tôt.

Il était aussi possible songeait Pierrot que ce fut un inconnu, il n’avait pas été présent ces dernières années, sa femme avait pu avoir d’autres amants. Elle n’était pas farouche, il en savait quelques choses, elle était encore fort belle, et, en y songeant Pierrot se met à pleurer. Il a été trop dur la seule fois où il l’avait revu, mais faut dire qu’enceinte jusqu’aux yeux elle se faisait prendre sur la table de la salle à manger par un de ses amants. Elle exagérait, mais maintenant, elle n’était plus là pour lui raconter ce qu’elle avait fait ces dernières années. Il était le coupable idéal, tout tournait autour de lui. Qui lui en voulait à ce point, et qu’elle en était la raison ? Il lui fallait le savoir, mais la première chose était de ne pas se faire prendre, et, surtout de protéger son fils.