Suite 8

Bonjour à vous tous!

J’espère que vous ne trouverez pas que l’histoire s’éternise, mais j’en ai écrit trois fois ce que vous en avez lu actuellement, et, je n’ai pas terminé le polar… Pour l’instant je vois que vous suivez et que vous attendez la suite, donc je n’ai aucun scrupule à vous laisser mes écrits.

 

 

Pendant ce temps, Jules et Paulo ignorant tout de ce qui se trame en forêt, arrivent à la maison du Brigadier alors que 6 h sonne au clocher voisin. Ils se glissent doucement dans leur chambre, après avoir repoussé le volet qu’ils avaient maintenus avec une ficelle, la fenêtre est entrebâillée, ils ne leur reste qu’à pénétrer dans la chambre, mais tout ne se passe pas comme prévu. Joseph, le père de Paulo les attend, assis sur le lit de son fils. Il est déjà habillé en gendarme, il a l’air fort mécontent. Mais comme le reste de la famille dort, il leur dit de se coucher et qu’ils en reparleraient à son retour. Les deux enfants ne disent mots, ils se couchent tout habillé, après avoir ôtés leurs chaussures. Paulo attend que son père ai quitté leur domicile pour prendre son service et appelle Jules, il leur faut un alibi, sinon tous les deux auront de gros problèmes avec les gendarmes.

–       Jules, nous devons nous accorder pour donner la même version de notre escapade de cette nuit. Pour l’heure à laquelle nous sommes partis nous en savons rien, d’accord ?

–       Oui, mais qu’allons-nous dire ? Nous ne pouvons pas parler de ma mère, encore moins de mon père, ni de cette personne qui nous suivait. Dire que nous sommes allés chez moi, me paraît dangereux. Surtout si ma mère est retrouvée ce matin. Mon dieu que faire ?

–       Réfléchissons chacun de notre côté et nous nous le dirons en allant sur le chemin de l’école.

–       Oui, car j’ai sommeil.

–       Tu sais Jules, maintenant que Papa est partis, il ne reste même pas une heure avant que nous nous levions, on ne devrait pas dormir mais réfléchir.

Mais le pauvre Paulo parle dans le vide, car Jules est épuisé par ce qu’il vient de vivre, en quelques heures toute sa vie a basculée, il vient de retrouver son père, mais sa mère ne reviendra plus.

Pour l’instant il dort, mais ce n’est pas un bon sommeil, il parle et dis des mots sans suite, Paulo se fait du souci, il ne faudrait pas qu’il ait fait comme le vieux de la rivière qui, après avoir vu son fils se noyer était devenu fou. Faut-il le secouer et le réveiller ? Ou bien le laisser dormir encore quelques minutes, il faut qu’ils aient tous les deux une longue conversation avant que son père ne les interroge. Sinon, Paulo ne sait pas ce qu’il risque de se passer. Paulo ne dira rien concernant le père de son ami. Il sait qu’il n’a pas tué la mère de Jules, il était bien trop bouleversé quand il a appris ce qui s ‘était passé. Mais qui ? Il sent que Jules en sait plus long qu’il lui en a dit ? Mais que sais-t-il que lui, Paulo n’a pas appris par les bruits des commères ou en écoutant son père. Aurait-il vu l’assassin du type de la rivière. En réfléchissant bien, Paulo sait qu’il a raison, mais alors qu’as vu Aubin ? 

Et pourquoi Jules dort chez lui, alors qu’Aubin a disparu ? Il lui demandera tout cela lorsqu’il se réveillera. Pour l’instant il le laisse dormir, il semble épuisé, sur son visage il y a de grandes marbrures noires, il faudra qu’il les enlève avant de passer à table pour prendre le petit déjeuner, il ne veut pas que sa mère pose des questions, surtout qu’elle saura qu’il s’est passé d’étranges événements dès que son père sera de retour.

–       Alors fainéants, que faîtes-vous à dormir, vous avez passé la nuit à courir les filles que vous ne pouvez-vous lever ?

–       Non ! Murmure Paulo en émergeant du sommeil dans lequel il cauchemardait.

–       Bonjour Madame, dit Jules !

–       Allez levez-vous, il est temps, un brin de toilette tous les deux, et hop je vous attends en bas, et dépêchez-vous, le Maître d’école n’attend pas.

Tous les deux avalent rapidement le grand bol de lait, ils prennent chacun une tartine, passent leurs besaces sur l’épaule et partent en direction de l’école du village. Paulo est en 7ième et Jules en 8ième, nos CM1 et CM2 de maintenant. En chemin ils mettent au point leurs réponses si le brigadier les interroge comme dit Paulo d’un ton dur, là il sait que ce ne sera pas son père qu’il aura en face de lui mais le chef de la brigade, certainement assisté d’un de ses hommes. Et fils ou copains il n’aura pas droit à un régime de faveur, les questions vont pleuvoir et s’entrecouper, il ne les laissera pas lui compter des sornettes, il faut que cela sonne vrai. Enfin voici l’école, il y a un attroupement devant la porte, que ce passe-t-il encore pensent les deux enfants. Mais plus ils approchent plus ils comprennent que la mort de Madame Petiot est déjà connu d’une grande partie du village. Lorsque Jules apparaît en compagnie de son copain, la foule agglutinée devant l’école se tait, certaines mères se signent. Toutes laissent passer les deux enfants sans vraiment les regarder, assez ennuyés de la tournure que prennent les événements, puis un cri dans la foule :

–       Fils d’assassin !  Ton père a kidnappé Aubin, et maintenant ta mère a disparue, apparemment elle a accouché, et le bébé a disparu ainsi que ta mère, et toi tu es là, il t’a donc épargné..

Un grand silence suit ses mots hurlés par la vieille de l’épicerie qui ne porte pas Jules et sa famille dans son cœur. Jules fait deux pas en avant et s’effondre sur le trottoir complètement anéantis par les mots de haine qu’il vient d’entendre. C’est le maître d’école qui relève le jeune garçon, fait taire la foule, et fait rentrer les autres enfants dans la cour. Puis il allonge Jules sur un banc dans sa classe et demande à Paulo de lui mettre de l’eau fraîche sur le visage. Puis, il dit à ses élèves de ne faire aucun bruit qui puisse blesser Jules, et leur dit qu’il va revenir.

Il se dirige rapidement vers le bureau du directeur, ce dernier est en compagnie du père de Paulo, ils écoutent attentivement les derniers évènements de la nuit et de la journée d’hier, et sont fort étonnés que Paulo et Jules soient rentré ce matin vers 6 h. Ils ne savent quoi penser, mais compte tenu de ce qui vient de se passer devant l’école, le brigadier préfère éloigner les villageois avant d’interroger son fils et son copain, surtout que celui-là semble mal en point. Le maître de Jules regagne sa classe à grandes enjambées, et voit que Jules a repris un peu des couleurs. Il lui dit que sa petite sœur va bien, et qu’elle est en nourrice chez la mère d’un de ses camarades de classe. Par contre, il ne peut rien dire concernant sa maman. Jules éclate en sanglot, mais devant le regard noir de Paulo il se tait, il ne dira rien, mais il faut que lui aussi se taise. Surtout que les événements se précipitent, le brigadier suivit de son escouade entre dans la classe et demande au maître de lui laisser emmener son fils et Jules. Les autres enfants en ignorent la raison, mais personne ne pose la question que tout le monde a sur les lèvres.

Le brigadier trouve que Jules a un comportement étrange, il a les yeux dans le vide et ne prononce aucune parole. Il a beau l’interroger le gamin est muet. Mais quand il rejoint son second il apprend que son fils a la même attitude, par contre il n’a pas le regard égaré de son copain. Jules a dû être salement secoué pense le brigadier, entendre les horreurs de l’épicière n’a pas dû arranger le gamin. Pourvu qu’il se remette rapidement, mais auparavant il lui faut savoir ce qu’ils faisaient dehors cette nuit, car les deux gamins ignorent qu’il les attendait depuis plus de minuit. Il pense qu’il a dû entendre le volet grincé, mais il ne les a pas vu dehors, ce qui fait qu’il les a attendu dans la chambre de son fils plus de 6 h il a dû somnoler. Dans la nuit il se souvient avoir entendu la cloche du château sonné. Quelle en serait la raison, deux fois en deux jours c’est beaucoup pour une cloche qui n’avait pas sonné pendant 11 ans. Cela lui fait penser à la guerre, pendant l’occupation et qu’il était dans la résistance, la cloche c’était un signe de ralliement pour prévenir d’un danger. Qui avait eu connaissance de cette consigne, hormis les résistants, mais il ne restait que lui, sauf bien entendu Pierrot, mais pourquoi l’aurait-il sonné ? Aurait-il vu quelques choses d’étranges. Notre pauvre brigadier ne trouvait aucune réponse à ces questions.

Mais qui a pu faire ça ? Ils n’ont pas retrouvé le beau-père, ils ont vu de longues traces de sang dans la maison du haut, est-ce celle de la mère ou de son amant, voire des deux, ont-ils été tués par le père de Jules, son meilleur ami autrefois ? Que s’est-il passer? Est-ce que Jules sait quelques choses sur les mœurs de son beau-père, ils se murmurent tant de choses qu’il ne sait ce qui est vrai ou faux.

–       Jules mon petit, es-tu allé chez toi en compagnie de Paulo cette nuit, si oui, pour quelles raisons ?

–       Je voulais prendre mon stylo plume que ma maman m’a offert pour mon anniversaire.

–       Que s’est-il passé chez toi ? As-tu croisé un rodeur ? As-tu vu ta maman, ton beau-père ?

–       Je n’ai vu personne, je suis montée dans la chambre de ma maman mais son lit n’était pas défait, il n’y avait personne, j’ai pensé que la sage-femme l’avait emmené voir le médecin.

–       Comment as-tu compris que ta petite sœur était née ?

–       Je n’ai rien compris à son absence, j’ai juste vu qu’elle n’était pas là, et maman n’aimait pas sortir seule la nuit, cela m’a fait penser que le moment où le bébé devait naître était arrivé. Et comme maman a fait de nombreuses fausses couches plus des enfants morts nés, j’avais entendu le médecin dire qu’il faudrait qu’elle accouche à son cabinet ou à l’hôpital.

–       Ah je comprends, mais qu’avez-vous fait pendant plus de six heures dans la nuit.

–       Nous nous sommes cachés, car nous avons entendu des brindilles craquées alors que nous étions sur le pas de la grange, les vaches meuglaient, elles sont pleines mon beau-père ne s’en est pas occupés. Je ne comprends pas la raison.

C’est exactement la réflexion que c’était faîtes le brigadier et, ce déjà hier au soir lorsqu’il avait constaté que l’autre s’était enfuis après son passage.

–       Tu vas rester en compagnie du gendarme Boiron, je vais voir si ton témoignage concorde avec celui de mon fils. Si tu as sommeil couche toi ici, tu n’es ni en prison ni retenu contre ton gré, je veux juste savoir ce qui s’est passé !

–       Monsieur ?

–       Oui Jules ! Que veux-tu ?

–       Ma mère ou est-elle ?

–       Nous n’en savons rien, juste qu’elle n’est ni chez toi, ni à l’hôpital, mes hommes la cherchent.

–       Ah !

Jules se tait, il ne doit pas laisser voir son désarroi, ni leur dire qu’il sait où elle se trouve, mais en y réfléchissant bien, il ne faut pas que sa mère reste seule couchée sur la pierre, ce n’est pas bien. Sa mère était une gentille maman, celui qui lui a fait ça devra payer. Mais Paulo ne veut pas être mêlé à ça, il lui a fait promettre de ne rien dire. Aussi il ne dira rien à personne.

 

 

Adieu la pluie, adieu les larmes!

Lorsqu’au soir d’une journée de grisaille

le ciel s’illumine de rouge et de jaune flamboyant

En repoussant vers l’infini la horde de ces tristes assaillants

pour qu’en refermant la page , les larmes soient pris en tenaille.

 

Des lambeaux de soleil déversent cette couleur

pour donner au ciel des allures de vainqueur

pourtant tout au long du jour ce ne fut que langueur

Mais le soir venu  la nature reprend de la valeur.

 

Vite oubliée la journée de pluie devant tant de splendeur

même si elle se moque de nous en disparaissant à notre regard

Elle se met à nu avec beaucoup d’impudeur.

 

Demain le temps virera au vent

puisque ce soir le ciel est incandescent.

Adieu la pluie, adieu les larmes, il en est finis le brouillard.

 

Copyright mai 2015 

 

 

En souvenir d’un poilu de Saône et Loire !

Pour la communauté de CLARAMICALEMENT : Il y a 100 ans

 

 

 

Fleury-devant-Douaumont (photo de l’Est Républicain)

 

Trois squelettes de soldats français ont été exhumés lors d’un chantier à Verdun (Meuse). Et la plaque d’un poilu de Colombier-en-Brionnais.

 

Mercredi sur le chantier de rénovation du mémorial de Verdun ont été découverts par hasard dans une couche de glaise noire à 2 m de profondeur les squelettes de trois soldats français de la Première Guerre mondiale, ainsi que de nombreux objets de leur équipement balles de fusil Lebel, casques Adrian, cartouchières, godillots…). Une plaque d’identification militaire se trouvait à proximité : celle d’un sergent de 35 ans originaire de Saône-et-Loire, Claude Fournier. Il avait été « tué à l’ennemi » le 4 août 1916 à Douaumont, près de Verdun.

Sur sa fiche militaire, on apprend que Claude Fournier est né à Colombier-en-Brionnais le 27 novembre 1880 et qu’il appartenait au 134e régiment d’infanterie. Caserné en 1914 à Mâcon et Dijon, ce régiment fait partie de ceux qui ont pris part à la terrible bataille de Verdun. Au premier semestre 1916, le 134e R.I. combattait dans le secteur de Saint-Mihiel avant de migrer au début de l’été 1916 à 40 km au nord à Verdun et de combattre à partir d’août à Fleury-sous-Douaumont. C’est là que le sergent Claude Fournier perdit la vie. Son décès a forcément été remarqué pour être mentionné sur le journal du régiment puis pour être signalé à sa famille et sa commune. Ainsi Claude Fournier figure-t-il sur le monument aux morts de Colombier-en-Brionnais.

362 000 soldats français morts

La secrétaire de mairie de ce village nous apprend qu’il s’était marié à une certaine Jeanne Marguerite Beaudet à Fontaines-sur-Saône (69), mais ne dit pas s’ils eurent des enfants.

Le corps du sergent Fournier avait-il été inhumé ? Si ce n’est pas le cas (la mairie n’a pas enregistré de certificat de décès), il est probable que l’un des trois squelettes exhumés mercredi soit le sien. Parmi les 362 000 soldats français morts à la bataille de Verdun (du 21 février au 19 décembre 1916) sous le déluge de feu adverse, les historiens mentionnent régulièrement que de nombreux cadavres gisent encore sous la terre retournée par les obus avant que leurs camarades aient le temps de les transporter pour les inhumer. Si elles ne sont pas identifiées (par rapprochement d’ADN avec celui d’éventuels descendants) et réclamées, les dépouilles seront inhumées dans la nécropole nationale de Douaumont.

SOURCE LE JOURNAL DE SAÔNE ET LOIRE  ce 8 mai 2015

 

Plus de 100 ans après cette guerre  des corps sont retrouvé, comme ces jours-ci il était de Saône et Loire je l’ai mis à l’honneur sur mon blog. Le Journal de Saône et Loire l’a rapporté dans son édition du 8 mai 2015. 

 

Sur cette terre tu n’es plu

mais ton corps enfoui

A aujourd’hui à nos yeux resurgis

 

Voici un poème d’Arthur RIMBAUD 

C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

 

Je trouve que ce poème illustre la découverte de ces trois corps, l’un est peut-être mort ainsi.

 

Et ce poème d’un Poilu écrit pendant la bataille de Verdun, dont le texte du Journal de Saône et Loire fait mention

 

Toute la terre tremble,

Et le canon qui gronde.

Oui, je crois, il me semble

Que c’est la fin du monde.

Dans nos trous, on blasphème,

On ne croit plus au bon dieu.

Même les morts aux faces blêmes

Tendent leurs poings vers les cieux.

C’est la moisson de notre jeunesse.

On tue des gosses de vingt ans

Qui meurent là, sans une caresse,

Fauchés comme des fleurs de printemps.

A quand la fin de ce cauchemar.

On n’en peut plus; on en a marre.

Mais c’est dans un trou à Verdun

Que j’ai connu mon petit copain.

Comme l’amitié réchauffe le cœur !

On se déride; on n’a plus peur.

Et dans la boue de Verdun

Nous nous sommes serrés la main.

Prends mon bidon, un coup de pinard,

Rien de meilleur contre le cafard.

Et pourquoi conserver ces biens,

Puisque nous tous mourrons demain.

Et puis ensuite nos retrouvailles

Devant ta maison près du café.

On discutait de nos batailles

Et des copains qu’on a laissés.

Toujours dans notre petite causette:

Souville, Douaumont et La Caillette.

Mais je voyais dans tes yeux bleus,

Comme un reflet des cieux.

Tu es parti de bon matin,

Sachant bien sûr, l’étape dure.

Et puis quand on pense aller loin,

Il faut ménager sa monture.

Mais partant pour l’éternité

Au pays de l’égalité,

Tu aurais dû comme à Verdun,

Mon petit copain, me serrer la main.

Mais dis-lui bien, à Dieu le Père,

Puisque Verdun fut un enfer,

Qu’il te réserve au paradis

Une place pour toi et tes amis,

Et tous les combattants de la terre.

Une prière: honnie la guerre,

Et tous, nous nous serrerons la main,

En bons copains, en vrai copains.

 

Henri Joseph LALLIER 

(1891/1976)

Pour mon copain Marcel BOURGEOIS

Ancien du 147ème R.I.

 

 

 

Suite 7

Le bébé, il pense de suite à son arrivée, mais il est trop tôt, il ne devait pas naître ces jours. Mais il ne connait pas grands choses à tout cela, mais sait par contre que sa mère comme toutes les femmes du village devait accoucher chez eux. A moins que le médecin est été appelé car les autres naissances s’étaient mal déroulées, et un des frères de Jules s’était étranglés avec son cordon ombilical avant l’arrivée de la sage-femme.

Il quitte la maison, et accompagné de Paulo va vers le château, au fil des pas, Jules explique à Paulo ce qu’ils vont chercher là-bas. Son copain n’en croit pas ses oreilles de ce qu’il entend, il est un peu en colère contre Jules qui n’a pas osé lui le dire plus tôt, mais d’un autre côté qu’aurait-il fait, Lui ? Si son père avait été mis en prison pour un assassinat qu’il disait n’avoir pas commis. Aussi, tout en marchant le plus silencieusement du monde, il ne fait aucun reproche à son ami. Les voici à proximité des anciens murs qui entourent les pans du château, sauf quelques pièces mise à jour par les enfants ont subsisté, mais comme il est vivement conseillé de ne pas s’aventurer au-delà de la grande salle d’armes, les enfants du village ne connaissent pas tous les recoins, mais eux , en compagnie d’Aubin se sont déjà aventuré plus loin. Hélas, quand ils arrivent vers la lourde porte, ils voient une forme allongée sur le sol, l’abattant de la cloche a écrasée le visage d’une femme, tous les deux pensent que c’est une femme car elle a une longue jupe, mais Jules se met à trembler comme une feuille et vomit le souper qu’il a pris chez les parents de Paulo. 

–  Pau Paul Paulo  c’est c’est ma mère l!

Et, Jules éclate en sanglot, Paulo se penche sur la forme allongée sur le sol et vu que le visage est invisible car le battant de la cloche lui a écrasé le visage, ce n’est pas beau à voir, mais il ne sait si c’est la mère de son copain, mais si Jules le dit, il lui faut le croire. Mais que faire ? Avertir son père, là c’est certain il recevra une correction, son père n’est pas tendre, mais juste. Il ne sait que penser, quand soudain de l’intérieur il entend un drôle de bruit, c’est une personne qui claudique qui vient vers eux. Vite, il leur faut se cacher, il n’est pas question qu’ils restent ici. Il serait même temps de rentrer s’ils ne veulent pas se trouver dans une situation embarrassante. Il fait signe à Jules d’arrêter de pleurer et il le pousse vers une petite porte qui se trouve sur le côté. Autrefois le châtelain mettait du bois, mais là tout est vide. Ils se glissent tous les deux dedans, si Jules s’assoit, lui Paulo veut savoir qui peut sortir du château à cette heure avancée de la nuit. Quelle chance pense-t-il les nuages qui rendaient le ciel sombre, viennent de s’estomper et la pleine lune éclaire le décor. Le lourd battant s’entrouvre, et Paulo voit un homme assez grand, mince, qui, regarde de droite et de gauche, il semble à Paulo qu’il le voit car il regarde de ce côté, mais Paulo commence à trembler, car il comprend qui il voit, c’est le père de Jules ces deux-là on pourrait même les prendre pour des frères. Mais il est tellement abasourdi qu’il a laissé échapper un petit cri qui met la puce à l’oreille de celui que Paulo prend pour le père de son copain. En une grande enjambée, l’homme se trouve à hauteur de la remise qu’il ouvre brutalement. Les deux enfants sont tétanisés par la peur. Mais de suite, Jules et  l’homme qui lui ressemble se jettent dans les bras l’un de l’autre.

 

–       Jules que fais-tu là ?

–       Papa, oh papa si tu savais.

–       Savoir quoi ? Que tu te promènes la nuit et que tu ne dors pas dans ton lit. .Pourquoi as-tu quitté ton lit ?

–       Monsieur Petiot, ce que votre fils n’arrive pas à vous dire, c’est qu’il pense que sa mère est morte.

–       Morte ! Comment ça ?

–       Je l’ai vu dehors, l’ abattant de la cloche lui est tombé sur la tête, je n’ai pas regardé, quand j’ai reconnu sa longue jupe qu’elle avait cet après-midi je me suis effondré.

 

A peine Jules termine de parler à son père, que ce dernier se précipite à l’extérieur, il revient quelques instants plus tard tout aussi effondré que son fils. Lui aussi a reconnu sa femme, la mère de ses enfants. Mais ni son fils, ni lui ne peuvent aller lui donner une sépulture, tous les deux seront soupçonnés, quoique le fils de son ami le brigadier est là, que faire ? Il ne sait quoi penser. Et, c’est Paulo qui prend la parole le premier.

–       Monsieur Petiot vous avez fait attention à ne pas laisser de trace, car comme vous boitez et que mon père vous connaît bien, il pourrait croire que c’est vous qui avez tué votre…..Femme.

Il a eu du mal à le lui dire, mais le père de son ami comprend, et c’est à lui en tant qu’adulte de prendre en main les évènements qui viennent de se produire. Ni les enfants, ni lui-même ne savent ce qui s’est réellement passé, mais ce n’est pas le moment de rester dans les parages, bientôt le jour va se lever. Les enfants doivent retourner dormir. Toutefois il espère que son ami ne se sera pas rendu compte de la disparition des deux adolescents. Il ne peut pas dire à son fils qu’il sait la raison pour laquelle il est parti dormir chez Paulo, à coup sûr il serait pris pour l’assassin de sa femme, enfin les jeunes pourraient avoir des soupçons.

Repartez rapidement, je vais chercher une autre cachette !

–       Monsieur Petiot j’ai bien une idée pour que vous puissiez vous cacher !

–       Ah ! Où donc ?

–       Si Jules n’y voit pas d’inconvénient, nous avons fait une belle cabane dans les bois avec notre ami Aubin, nous allons vous y emmener, vous remonterez l’échelle, nous savons comment la récupérer, mais de toutes façons nous vous apporterons à manger. Samedi soir ce sont les vacances, nous nous débrouillerons chacun notre tour, mais j’espère que nous serons libre de nos mouvements.

–       Comment ça ?

–       Notre ami Aubin a été enlevé, et j’ai peur que Papa ne nous confine tous les deux dans la maison, mais nous avons plus d’un tour dans notre sac.

A ce moment, Jules se souvient qu’à quelques mètres gît sa mère, a-t-elle été assassinée, ou a-t-elle reçue la cloche qui ne tenait pas. Mais que faisait-elle ici ? Possible que son père lui ai donné rendez-vous, il lui faut le savoir.

–       Papa ?

–       Oui !

–       Est-ce toi qui as fait venir Maman, ici !

–       Non, je ne comprends pas ce qu’elle faisait ici !

Son papa ne dit pas à son fils qu’il a remarqué que son ex-femme avait sa jupe relevée et qu’elle avait de grandes marbrures de sang à l’intérieur des cuisses et le long des jambes, il ne sait si elle a accouchée ou si elle a été violée, voire les deux. Dans les deux cas ce serait horrible que l’enfant ait été enlevé. Mais par qui ?  Et si, en plus d’avoir reçu le battant de la cloche, on l’a violé, il ne comprend pas la raison et qui a pu faire cela. Deux morts en deux jours c’est énorme. Plus la disparition d’Aubin, ce dernier a dû voir une chose qu’il n’aurait pas dû voir. Sinon pourquoi cet enlèvement ?

–       Vite les enfants, allons-y ! le temps presse, la nuit commence à pâlir, l’aube ne va pas tarder, et vous risquez de vous faire surprendre par ton père, Paulo !

Tout ce petit monde se dirige vers la forêt, aucun des trois ne voit une ombre qui les suis, mais cette personne, a beau marché en prenant des précautions, le père de Jules sait immédiatement qu’ils sont suivis. Il se penche vers son fils et lui murmure quelques mots, puis fait de même pour Paulo. Aussitôt les enfants courent suivis par le père de Jules, mais plus difficilement il s’est blessé dernièrement et la douleur se fait ressentir, d’où cette manière de traîner la jambe. Arrivés à la Croix du détour, les deux enfants se dirigent vers le village et le père de Jules rejoint la cabane de son fils. Il sait où cette dernière se trouve, il y a dormis la nuit passée. C’est du reste ce qu’il a dit aux enfants, en plus de courir car ils étaient suivis. Mais auparavant il lui faut se cacher avant de se diriger directement vers la cabane, il veut en avoir le cœur net, savoir qui le suit. L’ombre se déplace lentement, il a dû se rendre compte que Pierrot l’avait berné. La lune joue à cache-cache avec les nuages, tantôt la forêt est sombre, tantôt on voit assez bien. C’est lors d’une éclaircie que Pierrot distingue le visage de son poursuivant. Pour lui, c’est un véritable revenant, dire qu’il a été accusé de sa mort et qu’il est là bien vivant. Il y a de quoi hurler, mais Pierrot se retient de le faire. Que fait-il dans la forêt ? Et, qui est mort à sa place ? L’énigme prend cette nuit une tournure différente. Il faudrait que son ami soit au courant, les enfants pourraient l’aider, il attend que l’autre parte et il regagne rapidement la forêt profonde et la cabane des enfants. Il se souvient comment le jeune frère du Comte tournait autour de sa femme avant qu’il soit accusé de l’avoir tué, bien entendu qu’il faisait un bon assassin, n’avait-il pas proféré la veille de sa mort que si il le voyait mettre ses sales pattes sur sa femme il le tuerait de ses propres mains. Quelle mauvaise idée il avait eu de s’en vanter au café où se trouvait Maurice qui depuis était devenu l’amant de sa femme, celui de la ferme du haut.

Suite 6

Il ne dit pas un mot, allonge Germaine à même le sol, lui fait relever les jambes en les posant sur deux chaises, il va même jusqu’à lui les attacher, mais il voit la terreur dans ses yeux, mais cela ne dure pas longtemps car la tête de l’enfant est déjà là, certes il n’a jamais mis au monde un enfant, mais il a vu sa mère accouchée de nombreuses fois. Germaine a poussé une seule fois, et l’enfant, une belle petite fille a failli heurtée le sol. Il l’a pris et mis sur le ventre de sa mère et maintenant il attend. Sans un mot, il lui a donné ce qu’elle réclamait, puis elle s’est relevée et a mis la fillette à son sein. Lui regardait sa montre, et attendait. Il regardait parfois par la fenêtre, avec son grand chapeau noir, sa houppelande de même couleur et sa barbe en broussaille, il y avait de quoi être terrorisé, Germaine n’osait plus le regarder, possible que la petite la protège, mais elle n’en n’était pas si sûre. Toutefois, il ne voulait pas de mal à l’enfant, car il avait accepté de l’aider. Mais quand à la suite elle tremblait. Quand soudain, il prend l’enfant de ses bras, le couche dans le berceau et demande à Germaine de passer son gilet et il la pousse vers la porte. Elle marche comme un automate, où l’emmène-t-elle ? Et surtout pourquoi est-il revenu ? Il va se venger, mais pourquoi maintenant, pourquoi ?

Comme convenu le brigadier arrive à la nuit tombée, il n’y a pas de bruit à la ferme du haut, aucune lumière, soudain un vagissement se fait entendre. Tiens l’enfant est né, mais pourquoi Germaine n’a pas allumé la lumière. Il pousse la porte qui est entrouverte, allume la bougie  et voit un enfant bien emmailloté, mais après avoir fait le tour de la maison il n’y a personne. Où est la mère ? Le père n’est ni en haut, ni à la grange où les vaches meuglent, Maurice n’est même pas venu les traire ; un de ses hommes prends l’enfant et l’emmène vers le médecin du village, voir si tout va bien, puis ils confieront le bébé à une nounou, en attendant que sa mère soit retrouvé. Ils sortent à l’extérieur et chacun leur tour donnent de la voix en appelant tantôt Maurice, tantôt Germaine, mais aucune réponse à leurs cris. Nuls ne sait où ces deux-là sont allés et pourquoi ont-ils laissé l’enfant. Ils espèrent que ce n’est pas le Pierrot qui est venu récupérer sa femme. Aurait-il assassiné le Grand Maurice, mais ou serait son corps ? Ils quittent la ferme et entendent le glas sonné, c’est la cloche du château, qui la sonne ? Cela résonne comme un mauvais présage. Il est temps de rentrer, ils verront demain.

Le brigadier en rentrant chez lui, ne sait que penser de tout ce qui vient d’arriver, il ne faut pas dire à Jules que sa mère a disparue et que le bébé est né. Il rentre et se tait, car il voit Jules jouer gentiment avec sa dernière fille. Ils passent à table et rapidement les enfants vont se coucher, demain ils retournent en classe. Pendant la veillée qu’il passe en compagnie de sa femme, il lui relate par le menu ce qu’il vient de découvrir à la ferme du haut. Elle, semble perplexe, c’est certainement un coup de ce bon à rien de Maurice, Germaine par le passé était sa meilleure amie, elle a changé depuis que son Pierrot a été condamné à 20 ans de prison, et il vient de sortir pour bonne conduite, ce qui était fort rare par ces temps. Il faut dire que le Pierrot même en vivant avec la Germaine portait de belles cornes, il n’avait jamais su si ses filles aînées étaient de lui. Seul Jules était son fils, le gamin lui ressemblait de trop. Puis dès que le père de Jules avait été enfermé, elle s’était mise à la colle avec le Maurice et depuis elle avait eu plusieurs fausses couches, la femme du brigadier avait toujours pensé que l’autre était un violent, comme tout un chacun elle avait vu au cours de ses dix ans le ventre de son amie s’arrondir et jamais aucun enfant n’était arrivé à terme. Comment celui-là avait pu arriver à vivre ? Cela était une énigme pour tout le village. Mais il fallait qu’elle soit attentive, des bruits couraient que le Maurice avait abusé de l’aînée du Pierrot et tenté de le faire sur la seconde. Pourvu que le bébé soit un garçon il se défendrait mieux qu’une fillette. Lorsqu’ils vont dormir, le couple, comme à leur habitude ouvre doucement les portes des chambres de leurs enfants, remonte un édredon, recouvre la plus jeune, et observe discrètement Jules qui dort comme tous les enfants de son âge d’un sommeil calme.

 

Mais dès que la porte se referme, Jules ouvre un œil, il n’arrive pas à dormir, mais il connaît les habitudes de sa mère, et il a compris lorsque les pas se sont fait plus lourds dans le couloir que les parents de Paulo avaient le même rituel. Il a regagné rapidement son lit, et calqué son rythme cardiaque à celui de son ami Paulo. Jules se demande ou le père de son copain peut cacher la clef de la maison, il aimerait tant savoir si ce ne se serait pas son père qui se cacherait dans le château, mais il lui faudrait des bougies pour voir dans les pièces sombres. Les voler, il n’y songe nullement, regagner la ferme du haut, oui c’est une solution, mais si son beau-père cuve, il peut ouvrir un œil, et là il ne donne pas cher de sa peau, déjà qu’il a un mal de chien depuis que ce fou l’a frappé. L’onguent appliqué par sa mère fait qu’illusion désormais, il faudrait qu’il se laisse examiner par le pharmacien ou le médecin du village, mais il est encore trop tôt. Il s’habille lentement, et au moment où il va prendre ses souliers ferrés à la main, Paulo se réveille. Il baille et s’étonne de voir Jules debout, il voit bien que le jour n’est pas encore levé.

–       Recouche-toi Paulo, je vais aller chez moi, j’ai oublié mes devoirs pour demain, mais toi rendors-toi.

–       Es-tu certain Jules que tu as oublié tes devoirs, tu m’as aidé à faire les miens tout à l’heure et j’ai bien vu que tu avais dans ta besace tous tes cahiers. Dis-moi plutôt ce que tu vas aller faire là-haut ?           

–       Ecoute, Paulo ne rends pas les choses plus difficiles, laisse-moi y aller seul, et, après je t’expliquerais.

–       Non, je t’accompagne, n’oublie pas que je suis fils de flic.

Cela fait sourire Jules, car il ne voit pas en quoi cela peut l’aider, mais après tout il est réveillé, il peut lui être utile, il sait surement où son père cache les clefs, ainsi que les bougies. En deux temps trois mouvements ils sont hors de la coquette maison où la famille du Brigadier loge. Ils montent lentement mais ils doivent faire attention à ne faire aucun bruit, ce n’est pas la peine de passer près des maisons où les chiens alerteraient leurs propriétaires. Ils se fondent avec le paysage, se glissent de ci-de-là et enfin voici la ferme du haut. De loin elle semble abandonnée, aucun bruit, tout le monde doit dormir. Paulo propose à Jules de faire le guet, quand à ce dernier il ouvre la porte qui n’est pas fermé à clefs, cela l’alerte et le fait redoubler de vigilance. Il y a une bougie sur la table, il l’allume à la mèche de la lampe à huile qui commence à s’amenuiser. Son beau-père n’est pas là, il aurait pris soin de la lumière. Car, il n’a jamais voulu avoir l’électricité, un vrai rustre ! Jules se décide à rafler le plus de bougies, et, au moment de sortir, il lui prend l’idée d’aller voir sa mère. Il monte l’escalier mais oh surprise, elle n’est pas là, son lit n’est pas défait. Étrange, où est-elle passée ?