Un doux babillage

Sous le frisson d’une plume de lune passe doucement en ce soir tombant une créature tout de bleu vêtue mais glissant sur le sol tel un fantôme. Ses yeux d’un violet pervenche ourlés de longs cils vont faire frémir de bonheur le galant homme qui vînt à la croiser.

Il a su apprivoiser cette belle dame, chaque matin il a caressé son chagrin de ses doigts et bientôt sur son visage fleurit un beau sourire, lui est un charmeur, mais cette femme a une grâce merveilleuse et c’est ainsi qu’il  a succombé à cette enjôleuse.

Était-ce un présage mais dans la nuit qui a précédée ces évènements les valets avaient préparé la chambre nuptiale alors que les noces n’étaient point annoncé. Les gardes veillaient dans les jardins ou  des arbres bruissaient sous le vent laissant entendre un  gazouillis d’oiseaux amoureux. Un parfum de rose s’évanouit au passage de cette femme tandis que les myosotis se déguisent en Pierrot cherchant sa Colombine.

Le temps distille son bonheur en un goutte à goutte de couleur dans le grand alambic du jour.

 

Personne ne sait en ses contrées qui elle était, elle est arrivée à l’aube naissante et s’est évanouie au moment où le soleil a serti de diamant le ciel azuré. Il était  à peine midi et déjà le damoiseau était seul dans le grand lit à baldaquin.

 

Fin

 

EvaJoe le 23/02/2013

Jeux de société

Pour le coucou du haïku d’Alice et de Mamililou

avec la photo d’Eliane

des pions combattant

Sur un damier noir et blanc

perdant et gagnant

 

les lettres et les chiffres

font travailler le cerveau

seules les mains s’agitent

 

Le petit au bout

pourtant un jeu pour les grands

excuse moi je passe

 

les petits chevaux

tirent la queue en tire-bouchon

d’un jeu pas cochon.

Un rêve de papier

 

 

 

Le long des routes tapissées de maisons en voyage passe un bus à impériale, il emmène avec lui des rêves d’azur et des prairies verdoyantes, et l’on entend au loin sonner les cloches d’une petite chapelle, bruit insolite car devant nous s’étale un ruban noir comme un long serpentin de réglisse.

Il n’y a pas âme qui vive, juste ce véhicule d’un jaune soleil.

Dans un parc tapi sous des arbres en arceaux s’envolent des oiseaux qui sifflent des mélodies d’un autre âge. Sous le souffle des Dieux ils caressent de leurs ailes le frisson d’une flaque qui bientôt disparaîtra sous les rayons solaires. Et, brusquement il n’y a plus de bruit, seules, les roues de ce carrosse à impériale emmenant vers leurs destinées, ses passagers réveille la torpeur de cette campagne voilée d’une brume fondante.

Le temps distille ce bonheur à chaque tour de roue et invite ce véhicule étrange à s’arrêter aux pieds d’une clématite aux couleurs parme. Enfouis dans un jardin aux mille fleurs surgit une maison de poupée dessinée jadis par un amoureux empreint de contes des mille et une nuit.
Ainsi s’achève cet étrange balade où je me vois à la fois acteur et spectateur, entrer dans ce cottage, et, sans hésiter, je me dirige vers un bureau en acajou, m’assoit et, dans le bois d’un plumier gît une plume que jadis une pie m’avait offerte. Et…
Ce n’était qu’un rêve de papier, car brutalement j’entends :

Il est temps de te lever, c’est aujourd’hui que nous partons en voyage !

EvaJoe

Le bateau fantôme

Il glisse sur l’onde claire

Par une nuit sombre

Aucune lumière

Il avance telle une ombre.

 

Des chuchotements se font entendre

Des éclats de rire parfois

Mais l’oreille il faut tendre

Lorsqu’ il a passé le sous-bois.

 

Seul le clapotis de l’eau signale sa présence

Dans sa course contre le temps il est arrêté

Pourtant, ici, ce n’est pas un port de plaisance.

C’est une écluse, mais hélas elle est fermée.

 

La glace  a envahi le canal

Il n’y a plus âme qui vive

Le voici coincé dans le chenal.

 

Alors que l’aube pointe son nez

Elle a disparu la péniche

C’était un fantôme, j’ai dû rêver.

 

Nos amies les bêtes

Pour le coucou du haïku de Marie Alice et Mamilillou

 

Sur une idée et une photo de Plume avec l’aimable participation de Gazelle

 

 

un deux trois chiens chats

folâtrent sur la neige glacée

à pattes de velours.

 

 

minette dans le pré

avec sa grâce de gazelle

attends son heure

 

Un jour rencontra

la belle « Isis «  d’EvaJoe

folie dans les champs.