Terre lointaine

J’emprunterais tes chemins pour enfin te retrouver

j’irai par monts, par vaux sur cette terre brulée

dans la chaleur ou le froid d’une nuit étoilée

je pense  ne pas te reconnaître car tu es éprouvé.

 

Sur ta peau je vois  les traces de ta peine

comme des cicatrices  creusant un fin  sillon

aspirer par le vent tu disparais en un tourbillon

sur ce chemin ocre sous cette voûte azuréenne.

 

Ici et là se mêlent tes maigres souvenirs

dans cette case au milieu de nulle part

assoiffé par le soleil qui pousse au départ

tu ne peux quitter ta terre, je dois choisir.

 

Couleur
menthe réglisse ainsi est l’amour

l’une vient du froid et d’un pays pluvieux

ici c’est rude mais le ciel est radieux

je suis à toi et je t’aimerais toujours.

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Reflet

 

 

Lorsqu’hier la lune  se mirait en tes eaux

le visage d’une nymphe se penchait sur toi

et son doux reflet appelait tes émois

en fendant d’une allure majestueuse tes flots.

 

Mais dans l’eau montante tout est illusoire

son corps penché découvre de belles formes

que le ressac dans un va et viens difforme

tout frissonne et tu t’évanouis dans le brouillard.

 

D’énormes nuages s’amoncellent à l’horizon

des larmes perlent au ciel et se noient ici bas

ta silhouette disparaît dans un dur combat

entre mer et ciel en une folle trahison.

 

Avant que la nuit s’achève tout est irréel

ta silhouette tremblote sous le vent

dès que le soleil apparaît au levant

le mirage dans l’eau a pris des ailes.

Bousculade dans ma tête

 

Lorsque la folie des mots se bousculent dans ma tête

 plus un bruit, je suis sourde même à une tempête.

 

Mais je suis sur un petit nuage car j’aime écrire.

 

Je divague, je rêve, c’est la frénésie de l’écriture

je laisse tout ce que je fais y compris des confitures.

 

Mais je vogue sur mes rimes car j’éprouve du plaisir.

 

Sans grimoire je m’affole, alors j’écris sur des confettis

j’en perds le sommeil et  même l’appétit.

 

Mais je me régale de mes mots pour vous les offrir.

 

Il me faut coucher mes pensées sinon elles vont s’envoler

et je ne puis me laisser aller à perdre la tête et batifoler.

 

Mais c’est une passion cela en est même un  beau loisir

 

 

Puis peu à peu le calme revient, j’ai le fil conducteur

j’écris la vie, le rire et même les pleurs.

 

Car j’aime vous faire vibrer et aussi vous séduire.

 

Je m’en saisis et doucement la douleur s’efface 

il était temps mais ils ont de l’ audace.

 

Mais cela vous permet de me lire.

La lanterne du monde

 

 
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C’est la lanterne du monde

elle éclaire nos nuits

en ce moment la voici ronde

c’est pour nous qu’elle luit.

 

Tantôt noire, pleine ou rousse

tu as de beaux atours

une très belle frimousse                     

mais tu t’estompes le jour.

 

Tu es le rêve des amoureux

depuis la nuit des temps

tu fais ce que tu veux

et les attire en un instant.

 

Parfois je baille à la lune

en mordillant ma plume

je joue à la dame brune

sans aucune amertume.

 

Tu es reine des mystères

lorsque sous les nuages

apparaît ta pale lumière

qui ne dit pas ton âge.

 

Au pays de ton imaginaire

tu te voiles d’ombre 

tu es le beau luminaire

de nos nuits les plus sombres.

 
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Sur l’océan tu festoies en un halo

comme  femme tu ensorcelles

en faisant  des ronds dans l’eau

toi la lune si  sensuelle.

 

 

Les secrets de la voie lactée

tu les  murmure aux poètes

et tu laisses miroiter

les beaux mots de cette cueillette.

Désirs de trêve

 

 

 

 

Sur un petit chemin aux pentes escarpés

volait une plume à la mine triste

elle cherchait de ci de là son encrier

devenu en quelques heures très égoïste.

 

D’un air goguenard l’encrier la regardait

sans lui elle n’était plus rien

mais je vous avoue qu’elle le méritait

elle lui avait fait perdre ses moyens.

 

Lui qui avait des encres de toutes couleurs

mais ne connaissait rien à la poésie

avait  tout mélangé pour son malheur

le jaune, le noir et même le gris.

 

Elle vit l’encrier vidé de l’âme des poèmes

pleurer toutes les larmes de ses yeux

en essayant de déclamer des je t’aimes

pour celle qui était partis sans un adieu.

 

Elle, qui riait d’une façon insolente

fut surprise de le voir ainsi

alors saisissant au ciel une étoile filante

en y mêlant ses pleurs lui les offrit.

 

Je vous demande pardon mon ami

l’un sans l’autre nous sommes perdu

c’est dit elle une vilaine symphonie

ne restons pas sur ce malentendu.

 

Depuis d’une seule main écrivent des rêves

des quatrains, alexandrins et même des vers

repoussent leurs démons par des désirs de trêves

en cachant leurs mots dans une pantoufle de vair.

 

Leurs rimes se relisent dans le silence de la nuit

et frôlent la peau de déesses imaginaires

qui s’évanouissent aux douze coups de minuit

pour laisser sur ce parchemin ces mots millénaires.