Images du canal

 

 

Le matin,  le ciel se farde de touches blanches

et le canal frissonne sous son manteau de glace

 l’ hiver les hérons se mirent sur sa carapace

observant l’eau  calme ou se cachent les tanches.

 

L’un  brise de son long bec effilé le roc de l’eau 

libérant de son carcan une carpe de belle grosseur

sous le regard goguenard de ce fier corbeau

notre oiseau s’en saisit et l’emporte tel un agresseur.

 

Seul, mais en cadence  il la dévore comme un rapace

oubliant en cet instant  sa famille affamée

puis dans une fugue hystérique disparaît dans son espace.

 

Lorsqu’au clocher voisin la cloche sonne l’angélus

en famille il revient près de chez  moi observer

sous la lumière de la lune éclairant la mousse

cet havre de paix ou la nature est préservée.

 

Ou vont ils lorsque la nuit prend possession du jour

nul ne les a suivit au pays de Morphée

mais demain dans l’aube froide ils seront de retour.



 




La nuit de Noël (suite 1)

 

 

Le père de Marek pousse son fils derrière une console de fruits et allume son briquet. Plus aucun bruit dans le magasin si ce
n’est un bruit étrange, l’on dirait même comme une mélopée, une chanson sifflée par plusieurs personnes. Comme tout cela est étrange. Tous les deux n’en croient pas leurs oreilles, pourquoi ce
bruit d’armes et maintenant ceci.

 

Yann se demande si ils peuvent s’avancer vers les caisses, d’autres personnes tapies ici ou là doivent se poser les mêmes
questions pensent ils… Il ne peut exposer la vie de son fils aussi après lui avoir fait maintes recommandations, Yann va seul vers le haut du magasin et là  il voit un remue ménage
incroyable, les vendeurs sont affolés, les jouets prennent la poudre d’escampette, ils suivent un homme de rouge vêtu, il semble agé  et
 sort par la porte, celle-ci s’ouvre alors que tout à l’heure tout était bloqué. Du petit dé au grand portique ils font un grand défilé
et se dirigent tous vers la grand rue où là comme par magie les fenêtres s’entrouvrent, des vivats
 
sont repris par une foule encore invisible quelques heures plus tôt. Marek et Yann leurs emplettes sous le bras emboîtent le pas à
ce groupe hétéroclite, à nouveau le bruit d’armes, mais cela fait rire son fils ce sont des pétards, c’est la nuit de Noël.

Il leur semble que le défilé est moins important qu’au départ du magasin, en effet ils ne se sont aperçus de rien, mais à chaque
maison éclairée, un jouet se recouvre par magie de papier cadeau et rentre par la cheminée. Yann et Marek habitent hors de la ville ils ne peuvent s’attarder, on les attend chez eux, alors d’un
petit signe de la main ils font coucou à quelques jeux qui auraient tellement fait plaisir au jeune garçon, mais il faut être économe, il a fait don de son argent à son père pour que le repas
soit plus important en cette nuit de Noël.

Les voilà partis en direction de leur petite maison, la route est en tournant tout le long et monte beaucoup, la neige s’est
remise à tomber, chacun pense que ce sera un beau Noël tout blanc, ni l’un ni l’autre ne disent mots, chacun est dans ses pensées. Son papa connaît bien la route mais la neige est épaisse, on ne
voit pas grand-chose, de plus l’essuie glace donne des signes de fatigue, il n’essuie plus et la neige colle de plus en plus. Il leur faut s’arrêter, déblayer la neige qui s’est mise sur la
vitre.

Après avoir pelletée la neige autour des roues, ils reprennent leur ascension dans une immensité laiteuse et cotonneuse, ils ne
voient rien à moins d’un mètre, Marek a le visage contre le pare brise et indique à son père ce qu’il peut voir. Et, tout à coup, il voit une lumière qui clignote, puis une autre, une allée
s’entrouvre devant eux, c’est bien le chemin qui traverse la forêt pense tout bas Yann, mais qui l’a éclairée de cette façon. Ce chemin est plus court, en temps ordinaire il est praticable mais
aujourd’hui il va y avoir beaucoup de neige, mais d’un autre côté se dit Marek si il est illuminé c’est qu’ils doivent passer par là ; aussi il dit à son père tourne Papa, son père n’hésite
pas une seconde et va dans le chemin si bien éclairé. Il roule depuis à peine dix minutes lorsqu’ils aperçoivent des ombres qui dansent, ce doit être la fatigue, qui peut être dehors à cette
heure, il fait froid, la neige colle de plus en plus et c’est la nuit de Noël. En approchant de la clairière qui est à peine cinq cent mètres de chez eux, ils entendent des chants, de très beaux
chants comme à la chorale se dit Marek, ils continuent de rouler et là il y a un grand sapin couché en travers du chemin. Leur maison est à trois cent mètres à peine, ils sont à une encablure de
leur chez eux, ils ne vont tout de même pas faire demi tour. Il va falloir trouver une solution. Dans un premier temps ils prennent chacun les cadeaux, les victuailles et les couches du bébé et
vont pour contourner le sapin quand …..

 

A suivre 

Le vieux cheval

 

      Mon amie Sabine, ma petite soeur des mots vient de relever un défi et  invitait qui le
voulait à en faire autant. Voici un petit texte inspiré par le canal qui est à ma porte avec son chemin de halage, (aujourd’hui sur certaine  portion , il est devenu une voie verte, belle
réhabilitation).

 

Les mots étaient les suivants:  cheval- chemin – château – chaton –
chaud – chinois – chez moi – chauve – chuchotement.

 

Le long du canal ou mes pensées voyagent

j’imagine ce cheval sur
ce chemin  de halage.

Lui, si frêle tire cette lourde embarcation,

et  suit son trajet sans aucune hésitation.

 

Il a envie de se reposer au bord de l’eau

et contempler le magnifique château 

Sur le bord d’une fenêtre 
un  
chaton  dort

il rêve et s’imagine volant tel  un condor.

 

A bord de la péniche vivent
des
 
Chinois 

venus du pays du soleil
levant 
chez moi 

Ils travaillent sous la 
houlette d’un 
chauve 

c’est un patron sympa et très brave.

 

Perdu dans ses pensées notre cheval

ne voit pas les  kilomètres qu’il avale

Enfin, voici Nantes et ses beaux gréements

là s’arrête son excursion au bord de l’océan.

 

Fatiguée la bête se laisse tomber sur la prairie

elle songe aux prés verts de sa  jolie métairie

Ses yeux petit à petit se ferment doucement

elle se souvient à son oreille des chuchotements.

 

Son maître, son ami lui murmure des mots

qui l’invite à rejoindre un pays plus chaud.

Il va repartir tout là bas chez  lui

dans la montagne du petit âne gris.




 





La nuit de Noël

 

C’est la veille de Noël par un soir ou il ne fait pas bon  mettre le nez dehors, le froid est glacial, il coupe les
mains et il n’est pas rare d’avoir au bout du nez un morceau de glace. Marek aide son père cette nuit là, il offre contre une modique somme un sapin de Noël qui illuminera qui l’entrée d’une
maison, qui un salon. Mais hélas qu’ont donc leurs arbres car peu de passants s’arrêtent. Tout au plus quelques uns d’entre eux leur jettent un coup d’œil et courent vite s’enfermer au
chaud.

C’est impensable que tous deux rentrent avec leur cargaison d’arbres il faut à tout prix les vendre sinon leur repas sera
maigre cette nuit de Noël, si il y en a un. Le père de Marek compte et recompte ses €uros, à peine 30 € que vont ils faire de cette modeste somme, à part acheter un litre de lait et de quoi
manger pour les petites sœurs de Marek, mais jamais il ne va pouvoir leur offrir un jouet. Sans parler du gaz à payer et des couches pour le bébé. Eux qui ont tout misé sur la vente des sapins.
Les autres vendeurs sont mieux lotis, leurs sapins blancs ou verts sont emportés, faut dire qu’ils sont grands. Mais pourtant l’oncle Mica les a incités à prendre que les petits disant qu’en
ville les gens n’ont pas de place et que de grands et larges sapins allaient leur rester sur les bras. Et, là médusés tous deux voyaient les sapins immenses s’en aller et les leurs rester. Quel
malheur le jeune garçon pense à leurs économies qui sont passées dans le gazole pour la vieille fourgonnette et s’ils ne vendent rien, elle va être bonne pour la ferraille car la réparer sera
impossible pour  Yann. Que faire se demande le jeune garçon ?

 

Soudain, une idée lui traverse l’esprit, il chante bien et connait de beaux chants de Noël, après tout c’est l’occasion.
Alors de sa belle voix cristalline il entonne « Mon beau sapin », d’abord rien ne se passe puis petit à petit un attroupement se forme devant l’étale de Yann et Marek. Des applaudissements
crépitent à la fin de la belle chanson, des cris aussi: encore, encore. Mais Marek ne s’en laisse pas compter il dit avant de chanter, je suis certain que parmi vous  il y en a qui n’ont pas
encore acheté de sapins, regardez ils ne prennent pas de place et ils sont coupés de ce matin et en plus nous les vendons si peu cher. Dans un premier temps rien ne se passe, puis Marek se remet
à chanter « Petit papa Noël » c’est même repris par deux petites filles et un petit garçon.

Pendant ce temps Yann vend ses arbres, un puis deux puis dix; son sourire revient, Marek a chanté pendant plus de deux
heures, quand il s’arrête, il reste un seul sapin, un rachitique, qu’à cela ne tienne ce sera le notre dit Yann au petit garçon.  Son père pleure de joie, ils vont pouvoir acheter de quoi
manger pour toute la famille et ramener un ou deux cadeaux pour les filles.

Au moment ou ils montent dans la  voiture poussive, ils voient arriver une vieille dame, elle leur fait signe, que
leur veut elle ? pensent-ils tous les deux. Mais au vu de son grand âge Marek sors de la voiture et s’avance vers elle. Otant son bonnet de fourrure il lui dit Bonjour fort poliment et lui
demande ce qu’elle veut.

– Petit j’aimerais un beau sapin, le plus grand que tu emmènes chez toi, le seul que tu n’as pas vendu, c’est celui là que je
veux.

Marek est interloqué comment sait elle que dans la voiture il leur reste un sapin et devant les larmes de la dame quand il lui
dit que c’est le sien Marek qui au fond de lui a bon cœur, dit à son papa, nous n’avons qu’à lui le donner. Le papa aurait bien aimé que la dame le lui paye mais devant la générosité de son fils,
il remet à la dame son dernier sapin qu’il pensait décorer et ramener chez eux. La femme les remercie, elle glisse dans la poche du petit garçon une pièce  en chocolat et s’en va.

Après avoir fait leurs emplettes et trouvé pour la plus petite de ses filles une poupée en chiffon et pour la grande un jeu de
mémoire, ils vont tous les deux acheter des victuailles. Pendant qu’ils déambulent dans le magasin brusquement les lumières s’éteignent, des coups de feu retentissent.

 

A suivre

Rêver de Toi

 

 

 

Accoudée à la table les yeux dans tes yeux je rêvais

tu degustais mes pensées et dans ton sourire je revoyais

tous tes désirs et tes folies de cette douce après midi

ou tous deux nous nous étions envolés  dans le  mitan du lit.

 

Je revoyais cette chambre avec son feu de bois

les rideaux blancs et la couette en duvet d’oie

sur la table de chevet datant d’un autre âge

trônaient ces deux coupes et son délicieux breuvage.

 

A ce jour j’ignorais que ton absence serai une blessure

et de ne plus te voir  me ferai gémir comme d’une morsure

lorsque tu t’en vas les heures s’égrainent doucement

je réprime mes larmes sinon je souffre cruellement.

 

Bientôt s’annonce ton retour et au seuil de ma porte

je t’ouvrirais mes bras pour que tu m’emportes.

Ensemble, nous galoperons dans cet univers enchanté

ou la folie de nos sens nous éloigne de notre passé.