La sirène

 

 

Surgie de nulle part

elle s’avance sur la plage

ses cheveux flottant au vent

elle arrive de loin

 des hauts fonds marins

elle glisse plutôt que marche

elle a un visage blanc

genre couleur lune

une jupe verte

tissée dans les algues

un coller de coquillage

et à ses oreilles 

des pendentifs merveilleux

fait de corail.

 

Sur la plage un morceau de verre

attire son regard

elle se penche

 le prends

se regarde

se mord les lèvres pour ne pas crier

du sang à sa bouche perle

elle s’en barbouille

et son visage devient rose 

et ses lèvres rouges.

 

A nouveau son regard se pose

sur ce miroir

ses cheveux embrouillés

ont des allures de mers en furie

et une couleur indéfinissable.

Ici ou là des reflets émeraude

mais rien de comparable

avec une chevelure.

Elle secoue la tête 

comme une pouliche rétive

et comme par magie

une tignasse couleur fauve apparaît.

 

Ses pieds nus s’impriment dans le sable

comme c’est étrange

ils effleurent à peine le sol

elle marche au dessus

sans s’enfoncer.

Brusquement elle écoute

attentive

 tout à coup elle relève sa jupe verte

court à perdre haleine

et disparaît dans l’immensité.

 

 

A suivre

 

 

 

 

 

 

 

Le phare

 

phare

 

 

 

 

Bout de terre sauvage

battue par les flots

se dresse comme un mirage

le phare au dessus de l’eau.

 

A son bord tel un capitaine

le gardien surveille l’océan

il lui semble être en quarantaine

loin de sa femme et ses enfants.

 

Lorsque les étoiles s’allument

il guide les navires

dans les vagues d’écume

pour éviter qu’ils chavirent.

 

Puis à l’aurore naissante

lorsque la nuit s’abîme

avec les vagues assourdissantes

il s’endort dans son havre maritime.

 

 Le veilleur de rêves est endormi

dans ses songes il voit sa terre

ou l’attends sa belle et ses petits

doucement dans ses bras les enserre.

Enfin!

 

 

Dans sa main elle tient une plume

ramassée hier dans la basse cour

tout près de la vieille enclume

Elle gisait là écrasée par la roue de secours.

 

Il lui suffisait de se baisser

de la prendre et s’en aller.

à peine en main elle s’était senti oppressé

elle ne l’avait pas volé.

 

Tout le monde allait comprendre 

demain  elle allait écrire ses rêves

il fallait juste attendre

et à son tour être une élève.

 

Désormais dans son école

elle sera comme tous les enfants

une jolie fillette , chez Madame Nicole

pour elle plus de faux-fuyant.

 

Elle dessinera à l’encre de chine

des lettres magiques

sans être une héroïne

si elle ne sait pas, ce ne sera pas tragique.

 

Sa plume dans sa poche

la voilà devant la bâtisse

il la dévisage, serait-elle moche

juste café au lait comme une métisse.

 

Elle franchit la haute grille

traverse sans voir personne

elle a mis ses belles espadrilles

elle que l’on dit polissonne.

 

Enfin elle était en France

pas un bruit dans la classe

quand elle a racontée sa longue errance

juste des larmes et aussi de l’angoisse.

 

De sa belle plume trempée dans l’encre

elle écrit désormais de beaux livres

auprès de l’océan elle a jeté son ancre

avec les siens plus besoin de survivre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le silence de la nuit.

 

 

Sortis de nulle part je vois des fantômes

agitant des chaînes

mais ressemblant à des hommes.

 

Je tombe dans un  trou noir

et me relève

pour à nouveau éviter de choir.

 

Je grimpe des murs lisses

mais n’atteint jamais le sommet

et brutalement arrive la police.

 

Je suis dans une prison

je clame mon innocence

je ressens la trahison.

 

Je me réveille en sursaut

j’ai fait  un cauchemar

affalée sur mes pinceaux.

 

 

Je poursuis des rêves chimériques

cela me griffent le visage 

comme un mot fin sur un générique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les jouets.

 

 

 

Étalés sur le plancher

là ou tu les as abandonné

ils ne vont pas se coucher.

Un soldat est bâillonne.

 

Devant un camion de pompier

pousse un boulier.

Que font ils dans cette course folle

En une longue farandole.

 

Les jouets font une sarabande

il y a même une télécommande

qui s’agite en tout sens

il flotte comme un suspens.

 

Des chuchotements au fond d’une malle

s’estompe sous le bruit d’une balle

qui saute de  plus en plus haut

et termine dans  un panier en un saut.

 

Petit à petit le calme revient

un chat ronronne sur un coussin.

Un enfant  arrive doucement

et choisis des jouets  aveuglément.

 

Demain il va courir

pour pouvoir les offrir.

à des enfants sans amour

qui rêveront à leur tour.