Fugitifs,

 

 

Visage d’enfants au regard perdu
Ni mots prononcés, ni sourire
Sous ces tentes c’est votre refuge
Votre vie c’est arrêtée là,
Fugitifs d’un pays
Dévasté par la guerre
Les crimes, le sang et les larmes
De jours en jours votre quotidien est drame.
Vous dormez à même la terre
Ici, il n’y a que souffrance
Il faut attendre des heures
Pour puiser de l’eau
Nauséabonde et croupie
La vie est dure ici,

Vous espérez retrouver un peu de dignité
Tous pourtant vous ont abandonnés.
Chaque  jour à son lot de malheur
Hier le petit de votre soeur
A fermé les yeux pour toujours
Aujourd’hui votre lait s’est tari
Qu’en sera-t-il demain?

Au loin on entend un bruit sourd
Un silence pesant s’abat sur le camp
A nouveau les soldats sont là
une à une les pauvres cabanes
Sont violées par les engins
Emportant tout sur leur passage
Les tentes à la hâte sont démontées
Disparus les maigres bagages
Vous marchez hagard
Vos yeux n’ont plus de regard.

Ou est cette terre d’asile?
Vous qui n’avez connu que l’exil.

 

 

Ecrit  le 3
mai 2007

Un pardon sans oubli,

 

 

Ai je dis un mot de trop

car je vous vois soucieuse

en cette matinée pluvieuse.

Tendez moi votre dos

je vous fais une intraveineuse

de mots choisis et merveilleux.

Ce ne sont pas des maux vénéneux

juste un mot à mot

comme les gouttes d’eau

celles de la pluie de ce matin

qui embellissent mon chemin.

 

Vous sentez vous offusqué

par mon rire trop haut perché

car je vois votre mine pincée

vous me semblez gêné

que je ne puisse pleurer.

Est-ce mon écriture

sans aucune rature

qui vous agace au plus haut point

et vous fait  montrer vos poings.

Prenez donc du recul

ne soyez pas ridicule.

 

je prends parfois un air

qui disparaît en un éclair

mais anéantit toute idée

de me taquiner ou de bouder.

J’aime jouer des mots

comme on joue du piano

je peux vous pardonner

vos mots insensés

mais n’y revenez pas

je ne le ferai pas deux fois.

car je n’oublierai pas.

 

 

 

 

 

 

En attendant l'été

 



Je contemple les eaux bleues
Qui baignent les côtes ensablées
Au reflet de quartz tropical
Dans le fracas des vagues
La frêle embarcation
Egarée sur la grande mer claire
A un battement d’ailes saccadées.
Un cri solitaire dans le bleu du matin
C’est un ilot à la dérive
Aux confins d’un monde
Etrange et inconnu.
Plus près je vois l’ombre d’un goéland
dans la blancheur de l’écume.
Une armada de nuages
Voguent dans le ciel azuré
Je regarde la frondaison d’un palmier
S’agiter dans l’air moite.
Je frissonne et reviens à la réalité.

 

 

ecrit en juillet 2006

Vague à l'âme

 

 

Je n’ai plus de mots

pour vous conter l’émoi

je n’ai que des maux

pour vous dire l’effroi.

 

Serait ce le froid

qui insulte ma plume

en lui laissant le droit

de se perdre dans la brume.

 

 

Je cherche au fond de moi

le pourquoi de ma peine

je suis aux abois

je pleure comme une fontaine.

 

J’écoute le silence

lui ne me blesse

mais il a l’insolence

de murmurer ôte ta tristesse.

 

 

J’ai écrit trois poèmes

avant d’écrire celui ci

parfois ma tête est bohème

et ma plume en souci.

 

Il suffit d’un sourire dans la vie

d’un regard, d’une main tendue

pour que ma plume court à l’infini

sur le papier , vous ne serez pas déçu.

 

Ils s’étaient envolés mes mots

  j’avais du vague à l’âme

ils gambadent à nouveau

prennent de la vigueur et s’enflamment.