Shana face à un choix 12

— Possible maltraitance, murmure Morel, la nouvelle recrue du groupe de Thomas.

— Le suspect principal est sûrement là. Femme retenue. Elle sort une photo froissée d’Édith, imprimée depuis le fichier transmis par le Colonel

— Cible prioritaire : extraction de l’otage en vie. On n’engage pas tant que le GO n’est pas donné par le parquet. C’est Thomas qui fait passer le message à ses hommes selon un code défini à l’avance.

Un gendarme tend une main vers un sac plastique : un morceau de carrosserie noire, brûlée.

— Nous l’avons retrouvé dans les ronces à cent mètres au sud. Traces de la voiture noire. Thomas est sceptique, la Golf était à 200 mètres, ils l’ont perdu , le temps qui s’est écoulé ne permet pas que la voiture est brulee. C’est pour donner le change. Il en fait part au Colonel, celui-ci approuve le raisonnement du Commandant.

Son lieutenant Joris confirme par contre que c’est le bon endroit :

— Ici il y a des cellules, Ce n’est plus une cache : c’est une prison. Et on n’a pas le temps de réfléchir Commandant.

— L’effet de surprise doit être total mais nous devons recevoir les images de Teddy avant de foncer tête baissée dans un piège.

— Entièrement d’accord Chef, revoilà le drône : voyons ce que tu as dans le ventre :

Les murs sont nus, moisis, couverts de graffitis. Une ampoule pend du plafond, nue, haletante. Une porte métallique bat faiblement à cause du vent. On voit Édith attachée à une chaise, les poignets enflés par les liens en plastique trop serrés. Le visage tuméfié. Les lèvres fendues. Elle halète à peine.

Un homme lui tourne autour, comme une bête en cage. Il a perdu patience depuis des heures.

— T’as menti à tout le monde, hein ?— Même à moi. Tu m’as volé mon fils.

Thomas échange un regard avec le Colonel, le type masqué est donc Samir.

Édith garde les yeux baissés. Elle sait qu’il ne faut pas répondre quand il tremble.

— Il était à toi, et moi, je suis quoi ? Un pion ?— Tu pensais que je serais mort, c’est ça ? Que tu pouvais effacer mon nom de l’histoire ?

Il s’approche, brutalement. Sa main claque sur la joue d’Édith. La chaise tangue. Les deux hommes encagoulés dans l’ombre ne réagissent pas. Ils montent la garde, mais l’un d’eux tourne la tête. Il est mal à l’aise. Samir hurle, dans un murmure tranchant :

— Tu vas me dire où il est. Tu vas parler. Et après… je jure sur ma mère que tu ne ressortiras pas vivante d’ici si tu me fais perdre ce gosse. Il sort une photo chiffonnée : celle du bébé. Il la colle contre le visage d’Édith.

— Regarde-le. Tu crois qu’ils vont le protéger ? Tu crois qu’un colonel de gendarmerie va risquer sa carrière pour toi ? Hein ?

Edith pleure… Thomas serre les poings. Ils attendent le feu vert du Procureur. Il sera bientôt six heures, encore quelques minutes, puis l’interrogatoire reprend

— Tu sais ce qu’ils veulent, eux ? C’est pas l’enfant. C’est ce qu’il représente. Et toi, t’es rien dans cette équation.

Édith relève la tête. Une goutte de sang coule de son nez.

— Il est plus en sécurité loin de toi que près de moi.

Samir la fixe. Un silence. Il se tourne, et balance un coup de pied dans une table, qui explose en bois éclaté. Un des hommes masqués murmure, tendu :

— On a pas le droit de la tuer, Samir.Il se retourne, les yeux fous.

— Mais j’ai le droit de la briser.

Le Procureur vient de donner le Top du départ, Thomas sait que le moment décisif est enfin arrivé.

Le ciel commence à pâlir. Le silence est total, lourd. La structure du bâtiment craque doucement, vieillie par l’humidité. Une voix très basse dans l’oreillette de Thomas.

— Entrée sécurisée. Positions prêtes. Vert sur tous les angles.

Thomas regarde la silhouette du bâtiment à travers ses jumelles. Puis il parle, calme, direct :

— Pas de bavure. Extraction rapide.— L’otage, c’est la demi-sœur de ma femme. Mais c’est pas pour ça qu’on est là.— On est là parce qu’ils ont touché à une innocente. Et parce qu’ils ont mis un bébé en jeu.Il fait un signe. Une main levée. Compte :

— Trois. Deux… Un.

💥 Explosion contrôlée de la porte arrière.Les six opérateurs s’engouffrent comme un seul corps.

— GIGN ! À terre ! À terre ! Un des hommes encagoulés dégaine, mais le flash-ball aller le fauche avant qu’il puisse viser. L’autre se rend aussitôt, mains en l’air.

Thomas et Youcef montent directement au premier étage. Dans une pièce fermée à clé, un cri :

— Reculez ou je la tue ! J’AI RIEN À PERDRE !

C’est Samir.

Thomas s’approche, le regard froid. Il sait qu’Édith est juste derrière cette porte. Il parle calmement, à travers le bois.

— Samir, écoute-moi. Tu n’as plus le contrôle.— Ouvre cette porte. Tu es encerclé. Tu ne sors pas vivant si tu fais une connerie.

Aucune réponse. Puis un bruit sourd. Boum.

Thomas hurle :

— Assaut immédiat ! GO GO !

A suivre…

Copyright Juillet 2025

Shana face à un choix 11

Puis les recoupements se poursuivent, deux gendarmes sont partis en forêt de Fontainebleau pour rencontrer le garde forestier.

Pendant ce temps les images sont passé une par une et soudain :

—Regardez ça. On a la même voiture noire repérée par une caméra de vidéosurveillance à la sortie d’un centre commercial en banlieue ouest, 40 minutes après l’enlèvement de la jeune femme Edith.

Le colonel lit les premières lignes du rapport.

— Ça confirme ce qu’on pense : ils circulent en cercles, jamais très loin, mais jamais deux fois au même endroit.

Un analyste informatique lève la tête :

— On a un deuxième hit, colonel. La même plaque — ou presque — a été flashée par un radar automatique près d’un échangeur périphérique, mais la voiture est bien visible c’est une Golf noire, l’immatriculation donnée par le premier témoin est en partie vraie. De toutes façons c’est une voiture volée il n’ y a aucun doute là-dessus.

— Qu’importe, essayé de la repérer sur plusieurs vidéos surveillances, elle ne s’est pas volatilisée dans la nature, elle doit bien se planquer quelques parts. Ajoute le Colonel qui met tout son savoir faire au service de ses hommes.

Le GIGN attends les ordres et est prêt au combat. Il en va de la vie d’une femme. Quant à Samir son rôle n’est toujours pas claire. Mais quelques éléments de l’enquête donne à penser qu’il a dû s’entourer de barbouzes pour récupérer son fils de n’importe quelles manières. La preuve Myriam en a fait les frais.

Thomas regarde lui aussi, même si Edith est agaçante c’est tout de même la demi-sœur de Shana, puis là il faut lui sauver la vie. A condition qu’elle soit bien dans cette voiture qui file à vive allure.

— Ils cherchent une sortie. Et ils testent nos angles morts. Ce n’est pas de ce côté qu’il y a un ancien Centre de détention pour jeunes délinquants, abandonné depuis un peu plus d’un an.

La voiture noire a défié les radars, et elle a disparu des champs de capture des caméras. L’idée de Thomas fait écho dans la tête du Colonel. Il demande à deux techniciens de regarder vers la sortie, mais il n’y a pas la moindre voiture noire. C’est un coup de chance qui va permettre au Colonel et Procureur de retrouver la trace des fuyards. En effet toutes les patrouilles sont au courant que l’on recherche une Golf noire immatriculée 95-QF-.2. Il manque deux chiffres, mais s’il y a signalement d’une Golf noire portant cette immatriculation partielle c’est forcément celle que l’on recherche. C’est la BAC de Nanterre qui repère le comportement étrange d’un conducteur, il a le visage dissimulé sous une capuche. Ils prennent en chasse le véhicule et communique immédiatement au Procureur chargé de cette chasse à l’homme d’envergure. Sur la caméra on voit nettement la voiture :

Les pneus crissent dans le virage. Une Golf noire fonce à pleine vitesse sur l’avenue désertée, les phares éteints. Derrière la voiture banalisée de la BAC tente de les suivre, puis appelle le QG de la gendarmerie ou le GIGN est prêt à l’action.

Ici unité 418. En poursuite active. Golf noire, vitres teintées, plaque incomplète : 95-QF-42*. Refuse d’obtempérer. Direction : zone logistique nord.

En visionnant le véhicule, Thomas fait une découverte importante, la plaque est celle de la voiture de Myriam, il distingue clairement le dernier chiffre 421. Il l’a taquinait souvent en lui demandant si elle l’avait gagné en jouant au 421. Et comme sa voiture est une Golf noire, c’est forcément la sienne. Mais il a beau l’appeler personne ne répond chez Alain et Myriam. Au vu de l’heure il n’insiste pas.

— Reçu 418, dit la radio. Appui mobile en route. Blocage prévu à l’échangeur de l’ancien Centre d’appels.

Dans la voiture des policiers :

— Tu reconnais ce coin, Chass ?

— C’est un foutu labyrinthe. S’ils tournent à gauche, on les perd entre les entrepôts.

Devant eux, la Golf pile brutalement, bifurque dans une rue de service, presque invisible. La BAC tente de suivre, mais une camionnette en travers de la route les oblige à freiner brutalement.

— Merde ! Freine ! Freine !

La voiture dérape, évite de justesse le choc.

— Il a un complice. C’est pas un hasard.

Ils ressortent sur une petite voie secondaire. Trop tard : la Golf a disparu. Juste des échos de moteur au loin… puis plus rien.Silence.Mariani jette un œil dans le rétro.

— Ils connaissent le terrain. C’est leur terrain.Chassaing tapote nerveusement le volant.

— Mais il a perdu en vitesse. Il veut pas fuir loin. Il cache quelque chose.

La radio crépite.

— 418, un drone a capté une signature thermique suspecte à 400 mètres de votre position. Envoie du live en cours. Sur leur écran intégré, une silhouette sort précipitamment de la Golf… et disparaît à pied derrière une zone clôturée.

— Bingo. Ils larguent les traces. Le drône est lancé, ils se nomment Teddy. Il survole une première fois le Centre désaffecté. Puis la voix de Morel troue l’aube naissante.

— Ici Morel, je confirme visuel sur la structure. Trois niveaux. Accès par l’arrière, portes rouillées. Un seul point de lumière au rez-de-chaussée.

Aucun mouvement extérieur. Silence total. Position stable depuis vingt minutes.

Derrière les arbres, accroupis dans les ronces, l’équipe tactique observe à la jumelle thermique.Un drone compact file au-dessus du bâtiment. Sur sa tablette, Buisson pointe du doigt :

— Deux signatures thermiques au nord-est, probablement des sentinelles. Une troisième silhouette bouge à l’intérieur. Geste brusque, projections.

— Ça crie.

La vie de l’otage est en danger, car le cri de douleur est net et précis c’est bien d’une femme qu’il s’agit.

A suivre…

Copyright Juillet 2025

Shana face à un choix 10

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Shana face à un choix 9

Julien roulait comme un fou, la jeep dans les tournants passaient sur deux roues. Enfin je vois un attroupement, des chevaux de frise sur la route et plus loin une voiture grise qui fume encore.

Ce n’est plus qu’un amas de tôles brûlantes et fumantes. A l’intérieur deux corps. Ils sont a l’avant, selon le légiste ce sont deux hommes. L’un a le visage avec une barbe fournie, l’autre est trapu et se distingue très bien.

La voiture a été incendié de l’extérieur. Il n’y avait pas d’autres corps. Au sol on voit nettement deux traces de roues. Deux véhicules ont stationné un court instant. Puis des pas avec des chaussures d’hommes genre

Armée

Oui Commandant, des chaussures comme portent vos hommes et toute l’armée française.

C’est le même dessin

Hélas !

Tout un stock de chaussures ont été volé il y a deux mois, cela ne veut pas dire qu’il y a un traître dans nos rangs n’exagérez pas.

Il y a un homme qui pourrait nous aider. Il était de l’autre côté, mais dois-je vous l’amener mon Commandant.

Oui

J’entendais le chant des merles lorsque soudain il s’interrompirrent brutalement, remplacé par un silence inquiet. Moi Martin j’ai baissé mes jumelles. Un peu plus bas, à travers les branchages, j’aperçois la fumée. Intrigué, j’ approche sans bruit. Le bois s’ouvrait sur un chemin forestier. Là, une fourgonnette grise était arrêtée, portière ouverte, flamme naissante sous le capot. Deux silhouettes étaient à terre, inertes.

À terre vous en êtes certain.

Oui Monsieur , oh pardon Capitaine .

À ce moment Julien intervient

Commandant ! Mr Darvel.

Ce n’est pas grave Julien, continuez Monsieur Darvel

Merci mon Commandant, moi et les grades je m’y perds un peu.

C’est bon dites moi Monsieur si vous vous adressez à moi. Continuez

Monsieur à vite des hommes au sol il y avait à côté, une autre voiture — une Renault Espace noire — moteur tournant. Je tremblais car à un moment donné mes jumelles ont fait un reflet sur l’Espace. Il y avait trois individus masqués qui s’activaient. L’un d’eux portait une femme inconsciente sur l’épaule. Ils la jetèrent dans le coffre comme un sac de linge. Un autre homme, plus petit, à la carrure nerveuse, remis les deux types au volant, versa de l’essence et jeta le jerrican dans les broussailles.

Cet homme avait-il des gants ?

Je ne sais pas car c’était un Africain.

L’avez-vous entendu parler? Avait-il un accent ?

Ne m’en demandez pas tant. Un accent du midi je connais mais un accent africain ça je ne connais pas, pour moi c’est pareil, que ce soit à l’Est ou à l’Ouest ça se ressemble tout. C’est à ce moment-là, lorsqu’il a allumé que j’ai reculé d’un pas, mais une branche a craquée sous mon pied.

— Un type a crié, un blanc

— Merde, du bruit ! lança l’un.

L’homme au jerrican fit un tour rapide des yeux, mais ne me vit pas. J’avais le cœur battant, je me suis accroupi derrière un tronc, en retenant ma respiration. Ils se sont sauvé rapidement, j’ai entendu les pneus crissés.

La voiture noire a fait demi-tour sur le chemin étroit et elle est partit dans un nuage de poussière. En s’éloignant, j’ai vu brièvement sa plaque :…95 QF… quelque chose. Je n’ai pas eu le temps de tout voir, mais ce fragment est resté gravé dans ma mémoire.

Je n’osais pas sortir de ma cachette j’ai attendu plusieurs longues minutes avant de sortir. La fourgonnette grise brûlait maintenant comme un brasier. J’ai saisit mon téléphone. J’ai dit :

— Allô, la police ? Je… je crois que j’ai vu quelque chose de grave. Très grave.

La femme avez-vous vu comment elle était ?

Martin : Oui. Petite, brune je dirais. Ils l’ont mise dans le coffre.

Comment était-elle habillée ?

Une robe fleurie dans les tons de vert et jaune, même j’ai eu honte pour la petite dame, sa robe tenait que d’un côté

Comment ça ?

Faut tout que je dise

Oui tout même ce qui vous semble horrible

Et bien j’ai vu les fesses de la dame,

Vous voulez dire qu’elle n’avait pas de sous-vêtements.

Je suppose

Julien intervient il voit que Thomas vient d’avoir un appel, les hommes avaient-ils des accents ? Les avez-vous entendu parler ? Leurs voix étaient-elles graves ?

Martin : Une voix grave, lente. L’autre plus nerveuse, comme un jeune genre cité, ils parlaient français, oui, mais avec une façon un peu… tranchante. Pas des gars du coin. Un parlait africain, je l’ai dit au Monsieur. Je connais le parler de l’Est de l’Afrique car j’étais dans une ONG en Ethiopie et en Erythrée.

Tholas en entendant ces mots est étonné, bizarre se dit-il comme Samir. J’espère que ce n’est pas un faux témoin. Il faut signe à ces deux hommes serre la main de Monsieur Darvel, Julien lui propose de le ramener à sa voiture, mais il décline l’invitation.

Thomas monte dans la jeep et passe un appel interne très bref. Suis le type dans le bois et tiens-moi au courant. Personne n’entend la réponse. Thomas attends ces acolytes et il repart sur les chapeaux de roues ce qui fait s’ esclaffer Julien.

— Tu dis de moi, mais toi mon Commandant vous allez nous jeter dans le fossé.

— Et si je freine tu vas atterrir dans le pare-brise, tu as oublié de mettre ta ceinture de sécurité.

— Excuse-moi je suis absorbé par les propos de Darvel

— Toi aussi alors nous sommes deux, en ce moment un petit groupe l’a pris en filature. Deux le suivent, deux sont le long de la route et deux sur l’autre chemin au cas où il change de route forestière.

— Bien vu mon Commandant.

Thomas (pensée) : Trois ravisseurs, deux morts, une femme enlevée, une tentative d’enlèvement d’enfant et maintenant, une plaque partielle. Y a autre chose là-dessous. Beaucoup plus gros que ce qu’on nous laisse croire. Les policiers pensaient à un banal accident mais ils n’ont pas entendu la version du dénommé Darvel. Celui-ci j’espère que mes hommes l’auront logé

Quatre à cinq heures plus tard le second de Thomas est de retour. Exténué mais porteur de bonnes nouvelles. Enfin si le fait que Darvel est un faux nom, mais leurs découvertes ne s’arrête pas là.

— Nous avons mis un traceur sur sa voiture. Et le gars est suivi en ce moment. Mais ce n’est pas tout nous avons entendu une drôle de conversation.

Ah oui laquelle ?

— Je l’ai enregistré, écoute.

— Allo ici Daniel, c’est vous Aïcha

— Non je ne rempile pas, c’est juste que j’ai croisé Samy

— Si je vous dit que c’est votre frère c’est que j’en suis certain.

— Au revoir

— Julien rentre à la caserne et essaye de comprendre ce que lui disait cette Aïcha. Cela m’intéresserait de le savoir. Donc il s’appelle Daniel et non Darel. C’est quoi son nom de famille ? Nous le saurons lorsque Matricon et Perbet seront revenus. Si sa boîte à lettres le mentionne.

— Tiens Lefèvre m’appelle. On rentre au bercail, ma famille m’attend.

— Mon Colonel, mes respects mon Colonel . Ah oui, espérons que les oiseaux sortiront du nid.

A suivre…

Copyright Juillet 2025