Anniversaire de mariage

Soixante ans de mariage
nous a réunis
les grands, les petits
Pour fêter dignement
vos noces de diamant
Nul trace de vos âges
Vous êtes comme hier
Notre mère, notre père.
Vous n’avez pas changés
A nos yeux émerveilles
Seuls nos âges
Nous rappellent le temps passé.
Quelle belle journée
Nous avons partagés
Sur le mur des photos
égrenaient votre vie
de votre mariage
aux derniers nés
de vos arrières petits enfants.

Imagination

Je pousse la porte vermoulue
Un silence pesant m’accueille
Je suis seule
je fais le tour des lieux
cette chapelle est abandonnée
depuis une éternité
c’est cocasse comme idée
Soudain j’ai l’impression
de ne plus être seule.
Je n’ai pas entendu la porte grincer
Étrange!
La femme est immobile
pensive.
Je n’ose la regarder
Elle semble écrasée par la misère
Je m’approche
la regarde discrètement
Quel visage!
Il est inoubliable.
Serein
En paix total
Sur ses joues un sillon
celui de ses larmes
Sûrement.
Je passe délicatement
mes doigts sur sa peau
c’est froid.
Je frissonne
L’air est irrespirable
dehors.
Quel contraste!
Je caresse doucement ses cheveux
Soudain
je sens le regard réprobateur
de mille yeux
dans la pénombre.
Ai-je commis un crime
Je scrute la demeure
il y a ça et là
des personnages
hauts en couleur
tous de noir vêtus
A nouveau mes yeux se portent
sur elle.
C’est une statue
une vierge à l’enfant
elle semble incongrue
dans ce lieux abandonné
Je sors
j’en suis certaine il y avait quelqu’un
Mais je ne l’ai point vu
ni entendu.
Il a juste posé son regard sur moi
Je l’ai ressentis.

Une femme discrète

A petit pas elle est entrée,
sa démarche n’est que grâce
elle n’a fait aucun bruit
juste un léger froissement de ses habits.
Elle s’est assise à tes côtés
avec son charme désuet,
tu étais là
attendant ton tour
chez ta  coiffeuse.

Tranquillement elle s’est assise
toute menue dans sa robe grise.
Discrètement tu l’as observé
ces cils étaient bien ourlés
tu lui as trouvé un air triste
mais paradoxalement elle riait
son regard velouté était délicieux
on y voyait le ciel bleu.
Son visage était sans pareil
c’était une merveille
Tout à coup elle te dis ceci
Que son mari était partis
juste deux mois auparavant.
Elle revenait sur des lieux de souvenirs
pour pouvoir les faire revivre
comme si elle les partageait avec son époux.
Il irradiait d’elle un bien être
mais son expression était lointaine.
Puis, toi tu t’en es allée
Et elle est restée
un petit signe de la main
un sourire à peine ébauché
vous vous êtes quittés.

les avocats

Ils sont dos à dos
pour un ultime face à face
Tous les deux avocats
et défendant leurs clients
l’un plaide la faute
l’autre se défends
ils usent de mots durs
pas orduriers juste néfaste
selon celui qui les reçoit.
On perçoit la rage
de l’un, et la tranquillité
de l’autre qui ne blesse pas
il se réfère aux juges
tout en argumentant
  il défend sa cliente.
Il connaît son dossier
et va à l’essentiel.
L’autre par des effets de manche
endort les uns et les autres.
A tout instant il fait référence
A la jurisprudence
et sort des textes
de derrière des fagots
comme si il avait déjà perdu la face.
Par moment cela avait
 les allures d’une farce
si ce n’était pas si grave
nous aurions pu en rire
Il n’y a pas eu de jugements
tout le monde se retrouve face à face
les avocats se sourient
se serrent la main.
Ainsi va la vie,
ennemi au cours d’un procès
 mais respectueux du travail de l’autre.
le délibéré aura lieu
pendant les vacances
il y aura un vaincu
et un vainqueur
personne ne le sait d’avance
même si des signes avant coureurs
nous laissent entrevoir l’issue.

Le roi virtuel

Il est roi d’un pays imaginaire
le voici aduler
par des serviteurs zélés
mais conspués
par ses amis de naguère

Il n’est pas fainéant
mais pas vigilant
par le bout du nez
il se fait mener
au fil du temps.

tu es un roi virtuel
dans un pays réel
tu te donnes des privilèges
alors qu’ils sont aboli
arrête ton manège.

Chaque soir  tu perds ton âme
et fait vivre des drames
en étant tour à tour
le don juan de belles courtisanes
qui errent dans ta cour

Un jour tu perdras tes ailes
Quand l’une d’elles
fera de toi
un mendiant de l’amour
pour la fin de tes jours

O roi de ta cour imaginaire
J’avoue que tu me sidères
au fil des années
tu as rétrogradé
tu n’es pas sincère.

Si il te suffit d’un trône
pour être un nanti
alors je t’en prie
ne fait pas l’aumône
reste dans cette vie.