Une femme discrète

A petit pas elle est entrée,
sa démarche n’est que grâce
elle n’a fait aucun bruit
juste un léger froissement de ses habits.
Elle s’est assise à tes côtés
avec son charme désuet,
tu étais là
attendant ton tour
chez ta  coiffeuse.

Tranquillement elle s’est assise
toute menue dans sa robe grise.
Discrètement tu l’as observé
ces cils étaient bien ourlés
tu lui as trouvé un air triste
mais paradoxalement elle riait
son regard velouté était délicieux
on y voyait le ciel bleu.
Son visage était sans pareil
c’était une merveille
Tout à coup elle te dis ceci
Que son mari était partis
juste deux mois auparavant.
Elle revenait sur des lieux de souvenirs
pour pouvoir les faire revivre
comme si elle les partageait avec son époux.
Il irradiait d’elle un bien être
mais son expression était lointaine.
Puis, toi tu t’en es allée
Et elle est restée
un petit signe de la main
un sourire à peine ébauché
vous vous êtes quittés.

les avocats

Ils sont dos à dos
pour un ultime face à face
Tous les deux avocats
et défendant leurs clients
l’un plaide la faute
l’autre se défends
ils usent de mots durs
pas orduriers juste néfaste
selon celui qui les reçoit.
On perçoit la rage
de l’un, et la tranquillité
de l’autre qui ne blesse pas
il se réfère aux juges
tout en argumentant
  il défend sa cliente.
Il connaît son dossier
et va à l’essentiel.
L’autre par des effets de manche
endort les uns et les autres.
A tout instant il fait référence
A la jurisprudence
et sort des textes
de derrière des fagots
comme si il avait déjà perdu la face.
Par moment cela avait
 les allures d’une farce
si ce n’était pas si grave
nous aurions pu en rire
Il n’y a pas eu de jugements
tout le monde se retrouve face à face
les avocats se sourient
se serrent la main.
Ainsi va la vie,
ennemi au cours d’un procès
 mais respectueux du travail de l’autre.
le délibéré aura lieu
pendant les vacances
il y aura un vaincu
et un vainqueur
personne ne le sait d’avance
même si des signes avant coureurs
nous laissent entrevoir l’issue.

Le roi virtuel

Il est roi d’un pays imaginaire
le voici aduler
par des serviteurs zélés
mais conspués
par ses amis de naguère

Il n’est pas fainéant
mais pas vigilant
par le bout du nez
il se fait mener
au fil du temps.

tu es un roi virtuel
dans un pays réel
tu te donnes des privilèges
alors qu’ils sont aboli
arrête ton manège.

Chaque soir  tu perds ton âme
et fait vivre des drames
en étant tour à tour
le don juan de belles courtisanes
qui errent dans ta cour

Un jour tu perdras tes ailes
Quand l’une d’elles
fera de toi
un mendiant de l’amour
pour la fin de tes jours

O roi de ta cour imaginaire
J’avoue que tu me sidères
au fil des années
tu as rétrogradé
tu n’es pas sincère.

Si il te suffit d’un trône
pour être un nanti
alors je t’en prie
ne fait pas l’aumône
reste dans cette vie.

Amour et espoir

Allongée sur son lit
une douce torpeur l’envahit
il est partit
l’homme de sa vie.
Son corps gonflé
par le plaisir donné.
Sa peau frissonnante
et son âme frémissante
font d’elle
une femme languissante.

Elle est braise
sous ses assauts répétés
comme une belle fraise
à sa bouche assoiffée
tremblante de désirs
en lisant son plaisir.
Il partage les mêmes espérances
lorsque sa semence
chaude envahie son corps
pour demain vivre un autre bonheur.

Ses mains ne sont que caresses
son regard tendresse
les erreurs du passé
sont déjà oublié
ils vivent leur amour
au grand jour
font des folies
au fil des nuits
ils pensent à demain
et à leur futur bambin.

Mots doux

Mots doux retrouvés
sur un billet froissé
et abandonné
au fond d’une poche
il n’était pas moche
ce fiancé perdu
 il n’a pas perçu
 mon trop plein d’amour
ma soif de vie
mon désir, mes envies
il passait seulement
sans prendre le temps
de me connaître.
Il est resté à ma porte
sans oser la pousser
il vit avec ses regrets
je suis pleine d’espérance
nos chemins se sont croisés
nos errances  sont terminé.
C’ était juste des mots
sur ce papier jauni
je l’ai jeté
il s’est envolé.