Un passé bien encombrant. ( 10 )


Ça sort de la bouche des enfants

Charlotte es-tu là, Charlotte, Papa et moi nous te cherchons de partout.
Bastien je suis cachée, fait attention si grand-mère revient elle te punira sois en certain.
Ne t’inquiètes pas, Papa est devant la porte il nous attend.
Comment Papa a compris que j’étais là ?


Tout en lui parlant je m’extrais de ma cachette. Je vois à sa tête qu’il ne pensait pas que je serais cachée là.


Papa m’a dit, le seul endroit où ta sœur doit être c’est dans la chambre de votre Maman.
Eh bien il est hyper doué. Mais toi tu ignorais que l’on avait pas le droit d’y aller vu que tu étais dans un semi coma.
J’ai tout entendu.


Cela ne m’étonne pas de Bastien, il est malin. Mais il faut se dépêcher je vois la voiture de grand-père remontée l’allée.

Vite sortons , mais mon téléphone vibre dans ma poche. Tant pis si c’est Joseph il laissera un message. Ouf je suis dans le couloir, papa referme la porte et nous entraîne dans sa chambre. Il met un doigt sur ses lèvres, nous ne devons pas dire un mot. Nous allons l’écouter, il a plein de choses à nous dire. Moi aussi j’ai plein de choses à lui confier et surtout à lui montrer. Mais je vais sagement écouter ce que mon Papa va nous révéler.


Mes enfants je vais être obligé de partir, nous devions auparavant aller voir mes parents mais mon patron m’a confié une mission.
Laquelle Papa intervient Bastien ?
Je vois Papa hésité, puis, il nous dit:

 » Je vous ai toujours dit que j’étais photographe. Je l’étais effectivement mais pas comme je vous l’ai présenté.
Pourtant tu ramenais bien des photos de la nature.
C’était une couverture
C’est quoi ?
Je suis un gendarme
Tu pars en mission Papa
Oui Bastien, comment l’as-tu deviné ?
C’est Joseph qui me l’a dit, son papa est aussi dans l’armée.
Bon voilà, vous allez m’écouter attentivement. Les parents de votre Maman sont tristes car on ne sait pas ce qu’est devenue votre Maman. Ne dites rien, je vous ai laissé entendre qu’elle était morte, mais je repars en Afrique j’ai eu de ses nouvelles.
Par le détective
De quoi parles-tu Charlotte ?
Joseph vient de m’appeler, Grand-père a engagé un détective pour chercher Maman.
Mince ce n’était pas prévu. Bon ce n’est pas grave, j’en fais mon affaire.
Qu’est -ce que tu veux dire Papa ? Tu ne vas pas le tuer ?
Voyons Bastien je ne suis pas un assassin. Que se passe-t-il Charlotte ? Que veux-tu me dire ?
Je fouille dans ma poche, je sors la lettre. Papa au départ se méprend, il croit que c’est moi qui lui la donne pour lorsqu’il aura retrouvé Maman.
C’est une lettre de notre Maman pour sa Maman. Je l’ai trouvé dans le fond d’un tiroir.
Cette lettre elle a dû l’écrire il y aura bientôt dix ans. Elle est venue chez ses parents avec toi Bastien, tu avais à peine trois ans. Elle t’attendais, Charlotte, et comme la mission était trop loin et dans un pays hostile aux intérêts de la France. J’ai préféré qu’elle soit chez ses parents.


Peux-tu l’ouvrir Papa ?
C’est pour ta Grand-mère
Mais Papa, elle va me punir car je suis rentrée dans la chambre de notre Maman.
Tu me la laisse, je ne pars que cette nuit. Je réfléchis et je vous tiens au courant.

Soudain dans le couloir la voix de Grand-mère se fait entendre :


Bastien, Charlotte venez voir Grand -père vous a rapporté une surprise.


A suivre…

Un passé bien encombrant. ( 9 )

Le tiroir secret

Vite je décroche sans regarder qui me téléphone, c’est un appel de l’Afrique. C’est mon ami Joseph. Il est très excité. Je ne comprends rien de ce qu’il me raconte. Mais je n’ose pas élever la voix, je ne sais pas si la sonnerie à alerté ma grand-mère ou sa femme de chambre.
Finalement je saisis au passage qu’un homme bizarre est venu les voir, pendant deux jours de suite. Il a posé des questions à son père, puis à sa mère ainsi qu’à toute sa famille, y compris lui. Je lui demande qui c’était. Et en quoi était-il bizarre? Étrange, Joseph me répond que c’est mon grand-père qui a demandé à un drôle d’homme habillé avec une veste et un pantalon rose et noir à carreaux d’enquêter pour connaître les raisons de la disparition de sa fille. Pourtant Bastien m’a dit que notre Maman était morte. Je ne comprends pas pourquoi mon grand-père met son nez partout. Un bruit de verre cassé ou de je ne sais quoi met brutalement fin à notre conversation.

Il est drôlement habillé cet homme, Joseph m’a dit que tout le monde riait quand ils ont vu cet homme. Il avait de la sueur qui coulait sur ses lunettes, à la main un grand mouchoir blanc, il faisait que quitter ses lunettes, s’essuyer et dès qu’il les avaient remis il recommencait. Il venait de France. C’était un détective privé. J’en parlerai à Papa. Il faut que je continue mes recherches. Je met mon téléphone sur vibreur, on ne sait jamais si Joseph me rappelle.

Je sors de la poche de mon short la petite clef et je vais essayer d’ouvrir le tiroir de la petite commode qui se trouve sur le bureau de maman. Je l’introduit dans le tiroir et surprise cela ouvre un compartiment. Mais il n’y a rien, mais lorsque je met ma main à l’intérieur le fond bascule et je trouve une lettre. Dessus il est écrit à remettre à maman. Je regarde partout je ne trouve plus rien du tout. Pourquoi ma grand-mère ne l’a pas ouverte. Je la glisse dans la poche de mon short.J’entends a nouveau des pas dans le couloir. Vite je referme le tiroir mais il ne veut plus se refermer. Tant pis. Je me précipite sous le lit car la chef tourne à nouveau dans la serrure. Qui peut bien entrer à nouveau?

A suivre…

Un passé bien encombrant. (8 )

Charlotte

Mon grand-père vient de sortir, je vais pouvoir en profiter pour me promener dans la maison où a vécu notre maman. Dans le couloir qui mène aux chambres j’ai vu la femme de ménage sortir d’une des chambres et je pense que c’est celle où Maman devait dormir. J’ai juste eu le temps de me cacher dans la bibliothèque ou Mamie nous a dit que nous pouvions aller pour prendre des livres. La femme était très en colère, elle avait oublié la clef. Il faut que je me dépêche d’aller voir cette chambre où Papy nous a interdit d

La porte n’est pas fermée à clefs, j’entre et la chambre est plongée dans le noir. J’allume la lampe de mon téléphone et au début je ne vois pas grand chose. Puis mes yeux s’habituent à la lumière.

C’est comme si il y avait une jeune fille qui avait cette chambre. Sur une chaise il y a un joli pull rose, il doit être en mohair il est tout doux. Je le met contre ma joue, les larmes m’arrivent aux yeux, il sent le parfum de Maman. Soudain j’entends des pas dans le couloir. Il faut que je me cache. J’ouvre la porte d’une armoire et je me glisse dedans. J’attends. C’est bien la femme de chambre elle est accompagnée de Mamie, pourvu qu’elle n’ouvre pas la porte.

je l’entend gronder sa femme de ménage,

  • Non seulement vous laissez la porte grande ouverte mais par-dessus le marché vous n’ouvrez pas le fenêtre. Si Agnès revenait demain elle détesterai avoir une chambre qui sent le renfermé. Ouvrez-moi les volets et d’ici trente minutes revenez fermer les fenêtres. Mais par pitié fermez à clefs.

J’entends la porte se refermer, la clef tourne dans la serrure. Me voilà enfermée, il faut que je me débrouille pour sortir de la chambre dès qu’elle aura le dos tourné. Je suis perdue, je pleure. Il faut que je téléphone à Papa.

Son numéro est enregistré , c’est Bastien qui me l’a mis. Elle revient que dans trente minutes, j’ai le temps de faire le tour de la pièce. La chambre est très belle. On dirait une bonbonnière rose. Le lit a un grand voile blanc, on dirait un lit de château. Le bois du lit est d’un beau marron. Il y a un bureau avec une glace, un miroir, des brosses, du rouge à lèvres et même du mascara. Deux tiroirs font un est fermé à clef. L’autre est entrouvert. Il y a un foulard vert et un blanc. Eux aussi sentent le parfum de Maman.

Sur l’étagère un gros paquet de photos en noir et blanc, au sol un drôle d’objet, je ne sais pas ce que c’est. On dirait un panier comme un entonnoir en paille. Je vais le prendre en photo. Bastien me dira ce que c’est. En le soulevant j’ai fait tomber deux clefs. Une petite qui doit ouvrir le tiroir fermé à clefs. L’autre on dirait que c’est celle de la porte car elle ressemble à celle de ma chambre.

Personne n’est rentrée et pourtant je sens comme une présence , soudain un bruit de pas dans le couloir. Je n’ai que le temps de me glisser sous le lit derrière le jupon qui cache le sommier. Quelqu’un traverse la chambre, s’étonne que le panier ne soit pas à sa place. Puis dit je m’en fiche. Sort et ferme la porte à double tour.

Me voilà prisonnière. J’allume le plafonnier, et sort de ma poche la petite clef. A ce moment mon téléphone sonne.

A suivre…

Un passé bien encombrant. ( 7 )

Nous voici arrivés, Marie me demande une chose impossible aidé Paul notre gendre à sortir ses bagages de son véhicule. Je le fais tout en maugréant dans ma moustache. Paul a dû m’entendre car au moment où je m’approche de lui il.me demande si je ne vais pas salir mes mains au contact de ses valises styles  » Brousse ». Que me veut cette ironie après huit ans où ses nouvelles étaient plus que rare. Enfin six ans depuis la disparition de notre fille.

Disparue, j’ai toujours eu des doutes, c’est lui qui l’a tué et il a fait disparaitre le corps, notre fille n’était pas idiote, et encore moins suicidaire, non c’est lui le chasseur de tête qui l’a tué, personne ne m’enlèvera ça de la tête. Ce n’est pas ce qui a manqué dans les années passées les assassins. Bon voilà qui est fait, Monsieur a la chambre de sa femme. C’est Marie qui l’a voulu, je n’ai rien dit, ne voulant ni polémiquer ni rentrer en conflit avec ma femme.

J’ai mis les bagages de chacun des enfants dans les pièces que leur grand-mère leur a choisi. Bastien est dans la chambre que j’occupais étant enfant. Quant à Charlotte elle est dans la chambre de sa tante, la soeur aînée de sa mère. Je vais emmener Bastien faire le tour de ma propriété mais lorsque je frappe à sa chambre, il dort, son père est à son chevet. Je rebrousse chemin et je ne demande rien. Une main m’attrape par l’épaule et j’entends Paul me dire :

  • Que voulez-vous ?
  • Emmener Bastien se promener
  • A quel endroit ?
  • Dans mes vignes
  • Je ne pense pas qu’il sera intéressé.
  • Permettez-moi d’en juger personnellement
  • Ne vous inquiétez pas ce sera lui qui décidera

Il m’agace mon gendre avec ses allures de gentleman farmer. Tiens que fait Charlotte à tourner en rond entre sa chambre et celle de son frère. Bien, voilà Marie qui me cherche il est temps de crever l’abcès. Je fais un sourire à Charlotte et je rejoins Marie. Elle a sa mine des jours sombres.

  • Que veux-tu ma chère Marie?
  • Arrête, ne joue pas au grand papa gâteau, laisse Bastien découvrir le domaine, quant à Charlotte c’est autant ta petite fille que tes autres petits enfants. Je sais très bien que pour toi seuls les garçons sont les successeurs.
  • Marie ne me catalogue pas, chez nous la propriété se donne de père en fils. Je n’ai pas eu de fils c’est donc mon petit-fils qui reprendra le flambeau.
  • Si tu n’avais pas été si autoritaire la mère de Bastien aurait pu être ta digne représentante, mais Monsieur a des principes.
  • Je suis le seul Maître ici et on doit faire ce que je dis.
  • En attendant que Bastien te remplace tu ferais bien d’être aimable avec Paul.
  • Lui c’est une autre affaire, pour ma petite-fille j’essaye mais lui c’est un assassin.
  • Arrête c’est impossible qu’il ai fait disparaitre notre fille. Déjà enfant elle n’en faisait qu’à sa tête, Paul.lui avait déconseillé de se rendre au souk. Que s’est-il passé ? Hélas nous le saurons jamais.
  • Maintenant que mes petits-enfants ont quittés l’Afrique j’ai lancé une enquête avec un détective privé.
  • Espérons que nous aurons des nouvelles.

A suivre…

Un passé bien encombrant. ( 6 )

De nos jours…

Marie est douée elle circule entre le flot de véhicules et nous arrivons sans encombres à Saint-Exupéry. Au terminal deux leur avion en provenance d’Orly est annoncé pour dix heures quinze, il est dix heures douze, bel exploit de ma femme. Nous avons trouvé une place pour se garer, nous avons récupérer un chariot pour les bagages et nous attendons nos petits enfants.

Marie m’a fait la leçon, Paul sera présent, il va même passer une nuit chez nous. Je dois bien me tenir sinon Marie dans l’intimité sera en colère. Elle me connait si bien, cela fait cinquante ans que nous sommes marié. Mais lui qui a emmené ma fille en Afrique et l’a laissé mourir je lui en veut à mort. Il aurait dû être plus vigilant, même si Marie me dit que ce n’est pas sa faute. Je lui en veut terriblement.

Enfin les voilà c’est Charlotte qui marche devant son père et Bastien est dans un fauteuil roulant, mon dieu, ils ne m’ont rien dit. J’espère qu’il va pouvoir marcher à nouveau cet enfant. Marie le tapote le bras, d’y a-t-il encore? Ah c’est la gamine qui me tend les bras, je la serre mais le coeur n’y est pas, tout est gâché, ce type me rappelle tant de mauvais souvenirs. Et cette gamine m’agace à réclamer un bisou. Je lui le fait comprendre en la repoussant. Elle semble interloqué et finalement elle se met à pleurer. Paul se précipite vers elle et la console. Le regard qu’il me jette laisse présager rien de bon.

Bastien se lève embrasse sa grand-mère et me tend la main, c’est horrible pour moi, ce gamin est aussi dédaigneux que son père, mais il me dit :

  • Comme tu viens de repousser Charlotte je suppose que tu préfères une bonne poignée de main à des embrassades. Bonjour Grand-père, tu n’as pas changé.
  • Bonjour

Que veut dire Bastien , je suis toujours ce vieux con ou je n’ai pas vieilli. Enfin nous verrons ça plus tard. Paul me salue du bout des lèvres, il semble furibond. Il cajole la petite et discute avec Marie. Voici leurs valises ils sont chargé comme des bourricots. Paul récupère un autre chariot à bagages et met tout son bazar dessus.

Marie pousse Bastien qui est encore faible, moi le chariot à bagages des enfants et Paul le sien. Nous apprenons qu’il a loué une voiture car il compte bien emmené les petits chez ses parents une semaine. Nous apprenons que même si nous en avons la garde il y a une clause qui veut que les enfants séjournent aussi chez ses parents. Il nous met devant le fait accompli. Mais ce sera une semaine pour les vacances de quinze jours et un mois pour les grandes vacances. Je vois les yeux de Marie aussi je ne dis mots.

Bastien et Charlotte sont monté dans la voiture de leur père, Marie va pouvoir me gronder. Je l’écouterais sans rien dire mais je n’en penserais rien comme elle. Le retour est glacial. Marie roule prudemment suivi de Paul. Aucun reproche, rien le silence est encore pire que sa colère. Quand elle va exploser il.y aura des étincelles.

A suivre….