Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Assassinée ce sont ces mots qui résonnaient dans ma tête toute la journée de ce jeudi. Mais quelle folie avait atteint le cerveau de « l’enfant roi » ainsi surnommé par le grand-père le Maître tout puissant des Mines de Béthune et du Nord en général. Adulé par son père qui était en train de mourir, choyé par Cécile qui se croyait investi d’un rôle qu’on lui avait poussé à prendre. Câliné par sa mère qui était fier d’avoir pu enfin donner un héritier à la couronne de la famille de Bougainvilliers. Puis elle le savait ce serait le seul, la fortune lui reviendrait. C’est ainsi que Cécile entrevoyait la lecture du testament mais les prochains jours allaient lui donner tort.

Vendredi nous sommes allées toutes les deux faire des emplettes en ville. On a rencontré Madame de Machin chose comme la surnommait Annabelle. Elle est tombée sous le charme de Cécile enfin nous ne l’avons point contrarié car elle s’adressait à moi. Comme quoi nous étions des copies conformes et si un doute subsistait dans la tête du vieux c’était impossible. C’était bien elle que le mari de notre mère avait laissé et de Bougainvilliers l’avait arraché des bras de cette femme qui soit -disant il avait aimé à la folie. Je ne veux pas revenir sur le passé, il va y avoir un procès, la date est fixée, l’an prochain en mars 1961 tout sera règlé.

J’espère que le nombre de femmes violées ne va pas augmenter à la vitesse où lors de notre séjour nous en avons déjà comptabilisé trois pour le neveu mais trente pour notre vieux. Et sûrement beaucoup qui se cachait et qui craignait d’un époux qui ne comprendrait pas.

Un des maris d’une femme d’une quarantaine d’années, était allé déposer sa fille à l’orphelinat et il avait battu sa femme et mis à la porte quand il avait su que sa Gertrude était allé déposer plainte pour viol commis sur sa femme un an plus tot. Triple peine pour cette femme. Charles avait réussi à récupérer l’enfant et avait proposé à la mère de s’installer chez eux, afin d’être la lingère de sa femme. J’avais vu cette personne se jeter aux pieds de notre frère et lui les embrasser. Au moment j’avais trouvé ce geste excessif mais avec du recul je le comprenais. Elle était sauvé des griffes de l’autre. Quant à son époux, Charles l’avait signalé à la gendarmerie. Le gars était en prison, il serait juger pour abandon de famille. On devrait plutôt le punir pour avoir battu sa femme. Se faire violer n’est pas de la faute de la victime mais pour certains d’entre eux c’est que leurs femmes l’ont cherché. Comme c’est triste.

En rentrant le soir nous sommes fatiguées, les talons hauts par cette chaleur c’est une horreur. Puis circuler jambes nues c’est honteux. Donc nous étions réduites à porter nos bas avec nos porte-jarretelles. Si j’avais pu me mettre jambes nues j’aurais pris des ballerines plates. J’aurais pu sauter danser mais non il faut tenir son rang dans la haute Société du Mâconnais. C’est lassant. J’espère que Stéphane ne m’imposera pas des tenues vestimentaires digne de nos grands-parents.

Ce soir j’apprends par un télégramme que Stéphane et son ami vont arriver dans les heures qui suivent. Je saute de joie ce qui fait rire Cécile. Et surtout nous allons jouer avec mon chéri. Pour le dîner je passe la même tenue que Cécile, même chaussure, un collier acheté cet après-midi dans un monoprix avec un bracelet complète notre tenue estivale.

Sur la tête Annabelle a réussi à nous faire un chignon, les cheveux de Cécile ont eu plus de mal à tenir car ils sont plus courts que les miens. Allongée dans des transats avec sur le nez une paire de lunettes car seule la couleur de nos yeux nous trahirait.

Ceux de Cécile était bleu mais comme disait père il y a une pointe d’améthyste . Oui quand Cécile était en colère ses yeux viraient au « presque violet ». Quant au mien c’était un savant mélange de bleu et de vert avec pour ne pas faire de jaloux père disait. Claire a les yeux couleur émeraude. Ces demoiselles ont des joyaux à la place des yeux.

Nous entendons au loin la voiture de Stéphane, on dirait plutôt un char d’assaut qu’une voiture. Elle fait un bruit bizarre sa jolie traction achetée après la guerre par son père à un ami FFI. Maintenant elle est plus voiture de collection, c’est sûrement la raison de ce bruit. Derrière la traction il y a une Panhard bleu, voilà pourquoi on entendait ce bruit. Ces messieurs ont de l’argent a dépensé a émis notre Père. Mais cela se comprenait son ami venait de Marseille et il ne pouvait pas laisser sa voiture dans la cour de la préfecture.

  • – Mon amour où te caches-tu hurle mon fiancé.
  • Dans un accord parfait nous crions:
  • – Je suis là.

Et là j’entends Jules dire :

  • – Chic, moi aussi j’en ai une.
  • – Touche pas à mon amour
  • – Mais la reconnais-tu lui dit Jules
  • – Bien entendu que je ne risque pas de me tromper, la voilà ma douce Claire.

Et boum , Stéphane se dirige vers Cécile. Vite arrêtons le danger surtout que je vois père s’avancer vers nous. Je dis d’une petite voix toute triste tu te trompes c’est moi Claire celle que tu as dans tes bras est Cécile ma soeur.

Cecile qui était dans les bras de Stéphane se retrouve projeté au sol. Heureusement que Jules a le temps de la rattraper, nous avons évité un drame. Lorsque père arrive à notre hauteur il nous sermonne en nous disant :

  • – Arrêtez vos enfantillages cela suffit.
  • Oui Père nous n’en menions pas large.

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Enfin nous voilà dans nos terres comme le dit si bien Annabelle, la vie devrait reprendre son cours normal. Loin des turpitudes imposées par cette famille de dingue dont Cécile et moi en sont les dignes représentantes. Il faudra vivre avec cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes.

Comme dit Cécile en y regardant de près à part notre demi-frère qui lui a servi de père en toute bonne foi, Charles et le jumeau d’Artémis, nous ne voyons personne qui soit digne de nous. Pourtant on peut avoir quelques défauts, mais tous les garçons issus de cette branche sont plus que fous. Comme je l’ai dit à Chantal veille bien sur ton petit gars et ne lui dit jamais qui est son père. Où si tu lui dis,attend qu’il soit plus grand.

Enfin voici la demeure de père, nous avons déjà un télégramme. Il est de Charles. Il a fait vite. Que dit-il à Père ? Allons-nous être informé ?

A ma chère femme, à vous père et mère et mes petites sœurs chéries,

J’ai une très mauvaise nouvelle à vous apprendre. Madame De Bougainvilliers a été assassinée. Tout porte à croire que c’est son rejeton qui a commis ce meurtre. Quant à lui il est introuvable.

Bien entendu que le télégramme n’était pas rédigé aussi simple. Là c’est Père qui nous en a dit l’essentiel. Pour le reste il n’est pas rentré dans les détails. Les télégrammes c’est bien mais tous ses mots qui ne servent pas à la cohérence du texte m’ont toujours agacé. A la place des points il est écrit STOP. Bref Charles en avait tellement écrit qu’il avait truffé son texte de stop comme nous l’a dit Annabelle.

Nous en avons ri dans la maison de Grand-père alors que le corps de la mère adoptive de Cécile n’est pas encore froid, ce matin en me levant j’en ai un peu honte

J’espère que ma soeurette ne m’en voudra pas. Elle était chamboulé. Avec du recul j’ai peur de sa réaction. Mais faut dire qu’Annabelle imitant Charles qu’elle a toujours adoré n’a pas son pareille pour faire le clown. Et ces deux-là ont toujours été complices. Maintenant qu’ils sont marié c’est encore plus la symbiose.

Père renvoie Annabelle plus tôt que prévu à Béthune et le pire il veut que Cécile accomplisse son devoir et soit présente aux obsèques de sa mère adoptive. Elle a eu beau supplier, crier, gémir , Père est resté inflexible. Jusqu’à ce que l’on débarque dans sa vie elle chérissait la seule mère qui l’a élevé. Elle n’en a ni à rougir ni à la haïr. C’est par ses mots que Père l’a fait fléchir.

Cecile va partir en train et attendra l’ouverture du testament car il y aura forcément un testament et comme son demi-neveu est dans la nature et que sur les papiers il est écrit qu’elle est l’enfant légitime tout comme lui il faut qu’elle soit présente. Ne serait-ce que pour ceux qui aimaient son père qui n’était autre que son demi-frère. ? Le pauvre homme doit se retourner dans sa tombe comme a dit Mère ce matin. Et par ce fait Cécile s’est mise à sangloter à l’évocation de son papa qu’elle chérissait énormément.

Charles que j’ai eu au téléphone et fort content qu’Annabelle ne soit pas seule. Mais cela peut attendre à la fin de la semaine car l’oncle veut une autopsie. Certes elle a bien reçu une décharge de chevrotine, mais le premier médecin dit que cela ne pouvait pas la tuer. D’où cette autopsie, ce qui du reste était aussi l’avis de notre frère. Il a même fait un article sur le journal enjoignant notre neveu à se présenter au commissariat car lui disait-il tu aimais ta mère et je ne te vois pas la tuer. Pourtant au téléphone il m’a soutenu le contraire. Il a un langage de journaliste m’a dit Père.

Moi sa soeur j’en suis perturbée, mon frère n’a jamais eu double langage. Annabelle ne s’en émeut pas. Elle trouve ça normal. Il faut que le loup revienne à la bergerie. J’ose espérer que s’il se rend il ira directement en prison, car le savoir roder autour de ma famille me rend malade.

Père a convenu qu’effectivement cela ne servait à rien de précipiter les choses. Du coup Cécile était heureuse j’allais pouvoir lui présenter mon amour et elle rencontrerait son meilleur ami.

Comme j’avais hâte que mon fiancé revienne, enfin fiancé sans cérémonie mais ça n’allait pas tarder. Il fallait juste que tout ce bazar s’arrête. Mais là notre vie si calme basculait de jour en jour. A quand tout ce cirque allait disparaître ? Nous étions une drôle de famille et comme le disait à mère une de ses amies. :

  • – Très chère mais comment fait votre époux pour vivre aux côtés de cette famille tuyau de poêle ?

A suivre

Je dédie ce morceau à Zaza pour son titre qui est même repris par mes personnages 🤣🤣

A bientôt

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Il est à peine sept heures lorsque Chantal vient taper délicatement à notre porte, elle n’attend pas notre permission pour entrer.

Elle ouvre les persiennes, le soleil entre à flot dans la pièce. Ouf il fait beau. Elle hésite avant de me demander :

  • – Comme il m’est difficile dans vos belles chemises de nuit de savoir qui de vous est Claire …
  • – Où Cécile ajoute ma jumelle
  • – Effectivement , vous êtes ?
  • – Devinez lui dit-on d’une même voix.
  • – Vous êtes insupportables, je vais ne pas vous nommer juste vous faire part de ce que Monsieur de la Roche Vineuse m’a dit.
  • – Ah que vous a dit Père
  • – Claire, vous venez de vous trahir il.y a que vous qui appelez Monsieur : « Père ».
  • – En effet cette fois vous avez gagné. Alors dites nous tout.
  • – Il faut que vous rassemblez rapidement vos affaires , vous partez à huit heure précises. Il a même ajouté, habillées ou non elles partent.
  • – Et bien sortez chère Chantal, nous allons rapidement nous habiller, tout est prêt, puisque nous avons déjà mis nos bagages dans les voitures dès hier au soir. Par contre est-ce que la mère adoptive de Cécile nous accompagne ?
  • – Votre père ne m’en a rien dit. Certes il ne me considère pas comme la bonne à tout faire comme le vieux, mais il ne me fait pas ses confidences.
  • – Ce n’est pas grave nous le saurons bien assez tôt.

Tout en m’habillant je me demande si Cécile est heureuse, soit elle sera contrarié que Père lui impose sa mère, enfin celle qui s’est faites passer pour elle, soit elle sera soulagé qu’elle vienne et tout son contraire aussi. Elle a la tête que j’ai lorsque je suis dans mes pensées sombres. Voir son visage est parfois déconcertant. Car j’ai l’impression d’être moi et aussi Cécile. N’ayant jamais vécu ensemble, sauf lors de la gestation, et bien que nous soyons en symbiose totale, je me sens mal à l’aise en la regardant. Elle est beaucoup plus révoltée que moi par cette situation.

Est-elle heureuse ? J’espère que dans notre propriété elle retrouvera son beau sourire et rencontrera tout comme moi son âme sœur.

Je suis tirée de mes pensées par la cloche qui n’a jamais sonné depuis notre arrivée. C’est ainsi que Monsieur de Bougainvilliers la faisait retentir tous les matins pour que son personnel sache qu’il était temps de se lever. Mais il n’était pas sept heures en ces temps-là mais cinq heures du matin comme nous l’avait bien raconté Paul.

Et bien qui est impatient me demande Cécile. Du temps de mon Grand, enfin tu sais cela signifiait que qui que ce soit pouvait se faire insulter de sotises ou frapper par lui.

Le vieux n’y allait pas de mains mortes il frappait sur la figure quiconque lui résistait. Hommes, femmes et enfants tous y passaient. Chantal une fois qu’elle était venue avec son fils né de son viol avec le vieux avait elle , reçu cinq coups de balais sur le dos car son fils avait volé en cuisine de belles fraises qui trainaient dans une soucoupe, quant au petit il l’avait fouetté devant tout le personnel en le traitant de « bâtard ». C’était arrivé alors que son fils n’avait même pas six ans. Depuis cette date elle n’avait jamais emmené le gamin au château comme tout le monde disait. De toutes façons même si à ce moment il avait été certains que les doutes du vieux étaient vérité, il aurait traité l’enfant de bâtard. À ses yeux les garçons c’étaient des rejets de la Société, les filles du potentiel bétail, pour assouvir ses envies et habitudes malsaines.

Nous voici dans la grande salle nous prenons en compagnie de mes parents adoptifs notre dernier déjeuner. Charles est là mais nous ne voyons pas Annabelle donc je suppose qu’elle va rester et nous allons nous coltiner Madame de Bougainvilliers. Quelle déception ! Pourquoi part-elle avec nous ? 

Ah voici Annabelle, pour la circonstance elle a mis un pantalon ce que Père déteste en temps habituel, mais pour faire de la route il le conçoit. Par contre en cours de route elle sera obligée d’enfiler une robe sinon elle sera contrainte de rester dans la voiture. En mille neuf cent soixante peu de femmes osaient transgresser l’ordre établi. Aux hommes les pantalons ou les shorts l’été. Les femmes n’étaient pas des hommes elles devaient rester en robes ou en jupes. Et chez ceux de la haute comme disait mon chéri c’était pire.

  • – Mesdemoiselles ce n’est pas le moment de rêver, nous avons plus de neuf cent kilomètres à parcourir. Deux jours nous serons nécessaires si nous pouvons partir avant huit heures trente je vous en serais fort reconnaissant.
  • – Est-ce que Madame de Bougainvilliers vient.
  • – Non

Je ne pose aucune autre question, Annabelle est verte , je me demande ce qu’elle a, j’en saurais d’avantage une fois en voiture. En effet il est à peine huit heure vingt lorsque nos deux voitures s’éloignent. Charles a longuement serré dans ses bras sa femme, puis il lui a remis sa valise d’infirmière et nous sommes partis.

Nous avions à peine fait trois cent mètres qu’Annabelle s’est arrêtée et est allée vomir. Ah voilà que ses vomissements la reprenait. Pourtant depuis son cinquième mois elle nous disait être bien mieux. Et bien nous allions faire un drôle de voyage.

Après à peine une heure de route nous voici arrêté par la police. Père va se garer et Annabelle en fait tout autant.

  • – Que ce passe-t-il ? Demande Père
  • – Êtes-vous accompagné par Madame de Bougainvilliers ?
  • – Non, nous aurions dû
  • – Pas du tout qu’allez-vous chercher ?
  • – Alors pourquoi êtes-vous à sa recherche
  • – Nous avons reçu l’ordre de rechercher une Bentley grise et une Peugeot dont la couleur n’était pas définie. Dans l’autre voiture qui s’y trouve ?
  • – Nos filles
  • – Et vous ignorez où est Madame André de Bougainvilliers.
  • – Non nous le savons
  • – Elle se trouve à Béthune dans la propriété des de Bougainvilliers.
  • – Helas nos confrères les gendarmes ont voulu l’arrêter cet elle a disparu.

Plus tard , Père va se demander si elle n’était pas partie pendant la nuit. Car au petit déjeuner elle brillait par son absence.

A la pause déjeuner, Annabelle en a profité pour se rendre à une cabine téléphonique, hélas deux de ses pièces sont avalé. Père lui conseille de se rendre au PTT afin de lui téléphoner pendant le temps du repas pour être sûr qu’elle le trouvera.

Quand elle revient elle nous explique les derniers événements . Dès notre départ les gendarmes s’étaient présentés chez les Bougainvilliers pour arrêter Madame, cette dernière n’était pas dans sa chambre. Charles avait demandé aux pandores la raison de cette arrestation, car leur a-t-il dit cette femme au même titre que tant d’autres est une victime. Mais eux ne l’entendaient pas de cette manière. Elle avait aidé son fils à s’échapper de prison, personne ignorait si elle n’était pas sous l’emprise de son fils. Aussi le juge avait demandé son arrestation. Le brigadier chef avait demandé où nous étions et c’est ainsi que nous avions dû nous justifier, comme des voyous avaient ajouter Père.

C’est la première et dernière fois que je mets les pieds dans cette ville si triste. Ce qui avait fait rire Cécile. Mais devant le regard noir de Père celle s’était abstenue de surenchérir.

Le soir nous sommes arrivés sur Saumur, nous avons bien roulé. Nous nous arrêtons chez des amis de Père qui sont ravis de revoir Annabelle. Cécile et moi à priori nous ne les intéressons pas. Qu’importe on n’est pas vraiment de la famille de Père.

La nuit est belle nous sommes non loin du château c’est fort beau. L’ami de Père fait lui aussi du vin. Il a de belles vignes que nous visitons le lendemain avant de partir. Dans les rochers nous admirons quelques maisons troglodytes qui sont habité.

Vets les dix heures nous partons, mais Père s’arrête dans la ville pour connaître les derniers événements. Charles ne sait rien.

Alors nous repartons pour notre coin de Paradis non loin de Moulin-à-vent. J’ai de plus en plus hâte d’arriver. Heureusement la route est plus calme, Annabelle est toujours taciturne mais au moins elle ne vomit plus. Apparemment celle s’était disputée avec Charles. Et elle était contrariée.

A suivre….

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

  • – Disparu ? Elle n’a pas dû aller bien loin. A moins que son cher fils l’ai kidnappé…
  • – C’est un peu la raison de notre venue
  • – En quoi Mademoiselle Cécile de Bougainvilliers peut vous être utile ?
  • – Mère et fille sont souvent complice
  • – Justement ce n’est pas sa fille c’est juste .- … Sa belle-sœur.
  • – Ah mais nous n’en savions rien.
  • – Éviter de l’ ébruiter ce serait très bien
  • – Ce ne sont nullement nos intentions, nous sommes soumis à un droit de réserve.
  • – Alors quittez cette maison et enquêtez ailleurs. Sur ce bonne nuit Messieurs.

Père a réussi à mettre dehors un jovial gendarme et un jeune qui rougissait en nous regardant. Quant au troisième il tournait son képi assez ennuyé de la tournure que prenait les évènements.

Dans la chambre nous discutons Cécile et moi de la fuite de notre frère, heu demi-frère, mais comment dire, il est le petit fils de notre père donc c’est notre neveu. Pfff demi-neveu comme se plaît à le répéter Cécile. Peu importe c’est un être vil, exécrable, méchant. Il a sous des manières doucereuse toujours de mauvaises intentions. Il y a déjà deux plaintes pour agression sexuelle, mais nous avons bien peur qu’elles soient passées sous silence vu l’impact qu’à sur la Région Monsieur Artémis de Bougainvilliers. Les femmes n’osaient pas aller porter plainte, il a fallu que Charles les accompagne pour qu’elles se sentent moins perdues. Si le fils du patron les soutenait alors elles avaient eu raison de se faire connaître. D’autres suivront nous en sommes sûr. Car dans les corons les bruits courent… Et lorsque cela court c’est difficile d’endiguer la marée humaine.

Nous nous endormons après avoir papoter plus d’une heure après l’autorisation de Père. Mais en chuchotant on ne gênait personne.

C’est une pluie fine puis de plus en plus forte qui va rythmer notre dernière journée dans ce coin de France triste. Même Cécile le reconnaît, depuis qu’elle a vu Mâcon , elle trouve la vie terne. Et encore dans le midi c’est encore plus lumineux ce sera les premiers mots qu’elle entendra de la bouche de Stéphane le meilleur ami de Nicolas lorsque nous serons de retour chez nous.

Le journal locale a lancé un avis de recherche pour toutes personnes susceptibles d’avoir vu l’homme figurant sur le portrait robot. On voit nettement le fils de Bougainvilliers mais leur honneur est sauf ils n’ont pas mis son nom.

En fin d’après-midi nous entendons la sonnerie du téléphone. Paul l’oncle de Chantal répond, nous l’entendons dire : Mais Madame que me dites-vous, je ne puis le faire, ce n’est pas possible je suis Paul le presque Majordome de Monsieur de Bougainvilliers. Je vous prie d’appeler Monsieur son frère, c’est lui qui désormais traite les affaires courantes.

Et il raccroche, il est rouge comme une tomate, il a l’air bien ennuyé, mais avec qui parlait-il ?

C’est Père qui lui donne la parole, mais Charles intervient et lui dit:

  • – Venez Paul, vous allez me raconter ce qu’il vient de se passer.
  • – Charles et nous ?
  • – Plus tard Mesdemoiselles

Charles joue à plein son rôle d’aîné des Bougainvilliers, il nous redira ce que Paul lui a dit.

Au bout de trente minutes il revient accompagné de Madame André de Bougainvilliers, la mère adoptive de Cécile. Elle est dans un piteux état. Sa robe est déchirée, elle n’a qu’une chaussure aux pieds, le visage tuméfié, elle pleure et on ne sait même pas de quelles manières faire tarir ses larmes. C’est Charles qui va nous raconter ce qu’il s’est passé car la pauvre femme est choquée.

Et il y a de quoi ? Notre demi-neveu, bien que ce nom me répugne et encore plus maintenant que nous connaissons le calvaire de la pauvre Madame de Bougainvilliers. Je disais donc notre moins que rien de demi neveu a poussé sa mère à commettre l’irréparable. Il lui avait demandé il y a deux jours de lui apporter une lime pour se limer les ongles. Monsieur est un dandy et même en prison sa mère pense qu’il ne veut pas se laisser aller. Elle lui apporte la lime qu’elle cache comme il lui a demandé dans une poche qu’elle s’est cousue sous sa jupe. Elle passe facilement et retrouve son fils dans une pièce assez grande. Le nom de Bougainvilliers est tellement célèbre et surtout il permet a des milliers de personnes de vivre que les geôliers ferment les yeux sur quelques petites entorses. Et ce jour-là, il a osé franchir la porte habillée avec la jupe de sa mère, un châle sur les épaules et un chemisier blanc. Auparavant il a contraint sa mère a se déshabiller, cette dernière avait suivi a la lettre les ordres de son fils chéri.

Lorsque Charles nous raconte son évasion à Jules, nous sommes abasourdies, il a osé faire ça. En fait je comprends très bien qu’à sa visite de la semaine passée il a demandé à sa mère de porter deux jupes deux chemisiers et une paire d’espadrilles qu’elle met lorsqu’elle va marcher. Elle les avait dans son sac et comme personne ne lui a rien demandé, les chaussures sont rentrés facilement en prison. Après pour Jules c’est un jeu d’enfants. Avec la lime il lui la met sur la veine jugulaire du cou et lui dit si :  » tu cries je te l’enfonce et tu vas mourir rapidement..Tu choisis cher Maman ou tu vis et on sort ensemble ou tu cries et tu meurs. La pauvre femme nous a dit Charles était toute tremblante et elle a fait ce que lui demandait son fils. Ils ont attendu le changement des matons et ils sont sortis tous les deux la tête haute par la grande porte.

  • – Mais aucun des gardiens de prison ne se sont aperçus que dans la salle , leur prisonnier n’y était plus ? Intervient Cécile.
  • – Les geôliers venaient d’abord chercher le prisonnier, puis les visiteurs sortaient Ensuite après quelques minutes ou secondes ils ouvraient la porte et les visiteurs se mêlaient aux autres et sortaient. Les fouilles étant aléatoires jamais votre mère adoptive Cécile n’a été fouillée.
  • Père a demandé à Charles d’achever son récit car on avait tous les bagages à mettre dans les voitures.
  • Et Charles de continuer son récit :  » – Ensuite ils sont partis en voiture c’est Jules qui conduisait. Toujours sous la contrainte elle a remis de l’argent à ce chenapan mais elle a essayé de lui résister.
  • – Et elle s’est ramassé des claques.
  • – Ça suffit Annabelle, continue Charles
  • – Oui, en effet et même pire
  • – Pire que voulez-vous dire Charles ?
  • – Son propre fils a essayé de violer sa mère, puis devant ses hurlements il l’a frappé et il a disparu. Elle est restée prostrée des heures, les gendarmes sont venu, elle n’a pas ouvert, et finalement elle a pensé à vous père d’où son appel.
  • – Et que suis-je censé faire ?
  • – La protéger des griffes de son fils
  • – Charles nous partons demain à l’aube.
  • – Alors emmenez-là, en plus elle a une voiture et ça vous arrangerait bien.
  • Bonne soirée, la nuit porte conseille nous verrons demain.

Et nous voici tous bien ennuyés de la tournure qu’ont pris les évènements.

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

La mère adoptive de Cécile n’a pas desserré les dents lorsque nous avons sonné à la porte de sa demeure. Selon la femme de chambre de Cécile la visite au jeune Monsieur à la prison c’était fort mal.passé.

Pour Cécile cela ne l’étonnait pas outre mesure, son demi-frère était d’une arrogance du temps de sa superbe et si l’on peut dire de sa vie hors de prisons.

Sa mère avait été obligé de quitter la prison en catastrophe car il l’a maudissait. Décidément cette famille était hors norme. Pour Père lorsque nous lui avions raconté le soir venu, il était très ennuyé pour la mère adoptive de Cécile. Cette femme serait seule à présent. Un fils en prison, Cécile qui refusait de rester avec elle. Alors il fit une demande à Annabelle et cette dernière lui a promis qu’elle lui rendrait visite de temps en temps. Après tout les deux propriétés étaient mitoyennes et il n’y avait nul besoin de passer par la route. Si Madame de Bougainvilliers lui refusait sa porte elle respecterait sa volonté.

Mais Cécile avait une tout autre demande à demander à Père. Je lui marchais sur le pieds pour qu’elle le lui demande après-demain ce serait trop tard, en effet nous serions partie.

  • Monsieur de la Roche Vineuse j’aimerais bien que ma femme de chambre m’accompagne, ma mère lui a demandé de faire ses bagages, elle est seule et elle a toujours été à mon service. Les premiers sourires que j’ai vu ce sont les siens.
  • Comment pensez-vous la payer ?
  • Notre oncle nous a alloué à Claire et moi une petite somme afin que nous puissions nous inscrire dans une école privée sur Lyon pour pouvoir nous adonner à notre passion, le dessin.
  • Claire vous comptiez m’en parler à quels moments ?
  • Je viens juste de l’apprendre.
  • Finalement vous avez plaidé votre cause auprès de votre oncle et obtenu gain de cause.
  • Non ce n’est ni Claire ni moi…
  • C’est moi, Père
  • Vous Charles ?
  • Oui ! Mais au départ c’était uniquement pour moi, mes soeurs étant assez grandes pour s’adresser à mon père. Mais ce dernier a proposé non seulement d’allouer une somme à moi mais sur l’argent trouvé à la banque il l’a divisé en trois. Et à vrai dire je ne m’en étais pas rendu compte c’est énorme. Cécile aura largement de quoi payer sa femme de chambre pendant plus d’une année.
  • Et bien j’espère que ce n’est pas de l’argent sale
  • C’est difficile de le savoir, mais employons-le à une bonne cause.
  • Faites ce que vous voulez, Savez-vous Cécile à combien s’élèvent les gages de votre femme de chambre.
  • Depuis la mort de papa , Mère avait réduit de moitié son salaire, car le vieux grigou ne lui donnait de l’argent que par épisode. Mais ne vous inquiétez pas je pourrais aussi payer sa nourriture.
  • Ah oui et comment pensez-vous faire ?
  • Celui que j’appelais Grand-père me donnait chaque mois la bagatelle disait-il de 500 frs. Je n’y ait jamais touché, tout est à la banque. Seulement Maman refuse de m’accompagner pour en retirer l’argent.
  • Vous n’avez nullement besoin de retirer l’argent, je vais aller voir votre mère adoptive et changer la procuration par la mienne. Si elle s’y oppose et c’est encore son droit vous laisserez l’argent et je peux très bien nourrir cette personne gratuitement.
  • Merci Monsieur
  • Désormais appelez moi oncle et cela m’ira, ce Monsieur m’agace
  • Bien Oncle
  • C’est parfait.

Nous nous sommes retiré afin d’aller voir les robes que Cécile nous avait rapporté car ce que nous n’avons pas dit au père d’Annabelle, c’est que la seconde Madame de Bougainvilliers nous avait refusé sa porte.

Lorsque nous rentrons dans notre chambre, il y a de quoi en prendre le vertige, il y a un nombre impressionnant de robes, de jupes toutes plus belles les unes que les autres. Sur mon lit il y a les robes qu’elle propose à Annabelle. Cette dernière fait son choix. Elle en essaye une, hum cela va être dure d’y rentrer dedans. Son ventre s’est arrondi et la robe est un peu étroite. Elle en pleure et nous dit que jamais elle ne pourra s’habiller pour cette réception.

C’est à ce moment que sa mère frappe et entre , elle vient lui proposer de l’emmener sur Béthune dans une maison de prêt-à-porter où se sert la mère de Cécile. D’où du reste vienne la plupart des robes de Cécile.

A nouveau Annabelle quitte son air de chien battu et part avec mère. A nous les jolies toilettes. Mais Cécile va me dégoûter de les porter car elle se rapporte à des événements de la vie de Cécile. Sur les dix robes seules deux vont me plaire. Les autres, elle les donnent aux femmes de chambre qui les ajusterons pour elles ou pour leurs filles. Certaines sont très simples. Elle les portait pour se rendre au lycée. Les robes de soirée quant à elles vont rejoindre le placard d’Annabelle, elle pourra les porter après avoir mis au monde son bébé.

La soirée se passe à une vitesse vertigineuse. Nous montons nous coucher lorsque nous entendons la cloche sonnée. Père s’étonne :

  • Il est tout de même vingt-deux heures qui peut venir à pareille heure ?

Joseph le majordome fait signe à notre père qui le suit. Quand il réapparaît il est accompagné par deux gendarmes, ils viennent s’entretenir avec Cécile au sujet de sa mère.

  • Elle a fait quoi ?
  • Est-ce que vous pouvez nous emmener dans un endroit plus tranquille pour que nous puissions nous entretenir avec Mademoiselle de Bougainvilliers.
  • Allons dans le bureau de Grand-père .

Ma jumelle a raison il.n’est pas questions d’étaler notre vie privée ni devant qui que ce soit ni devant les pandores.

  • Vous pouvez rester Monsieur de la Roche Vineuse, de toutes façons c’est préférable cette jeune personne est mineure.
  • Alors si vous n’y voyez pas d’inconvénients expliquez nous la raison de votre visite, il est plus de vingt-deux heures et j’aimerais bien aller me coucher.
  • Oui Monsieur je comprends mais c’est délicat à dire.
  • Faites-le, vous êtes bien venu pour lui le dire
  • Effectivement
  • Mademoiselle avez-vous vu votre mère aujourd’hui ?
  • Oui j’y étais tantôt avec ma belle-sœur et Claire
  • La jeune femme qui vous ressemble
  • Oui
  • Et votre mère
  • Elle ne m’a pas adressé la parole et elle a empêché mes belles-sœurs d’entrer
  • Elle était comment votre mère ?
  • Je ne l’ai pas vu, juste entendu s’en prendre à ma femme de chambre qu’elle a jeté dehors.
  • C’est tout
  • Oui pourquoi ?
  • Tout simplement parce qu’elle a aidé votre frère à s’enfuir de la prison.
  • S’enfuir !
  • Oui
  • Comment ?
  • Si nous le savions nous ne serions pas là à vous le demander.
  • Je n’ai pas vu mon frère, et ma mère s’est justifiée de quelles manières.
  • Votre mère a disparu…

A suivre…