Rêves de barques !

photo de Joëlle W

L’eau s’en est allé , laissant à découvert

Deux barques usées par le temps

Elles attendent figées espérant partir dans l’Univers

Pour filer dans le sillage des ans.

La crue les ont surprises dans leur silence éternel

Brutalisées, poussées, sans jamais casser leurs amarres

Les bateaux ont tenu bon sous la violence des flots

Il s’en est fallu de peu pour virer au cauchemar

Elles auraient pu se noyer sous la déferlante d’eau.

Toujours unies malgré les outrages du vent

Elles attendent la main du pêcheur pour les parer de couleurs

Afin de reprendre leur voyage en sa compagnie

Dans le courant voir passer la truite défiant le pêcheur

Puis le soir venu ensemble s’endormir au bord de la prairie.

Novembre 2023 Copyright

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Marie-Cecile n’a qu’une envie c’est y aller à reculons, comment le nommer ? Encore Grand-père ! Ce n’est pas possible elle ne peut pas l’appeler Papa. Heureusement que celui qu’elle appelait Papa est mort car apprendre aussi brutalement qu’en réalité c’était son demi-frère lui fait froid dans le dos.

Comme dit Charles c’est une situation machiavélique, ce vieux tordu était heureux quand il possédait une femme. Était-il conscient des dégâts qu’il a fait ?

Lorsque je suis entrée dans la salle où j’ai retrouvé celui qu’hier je nommais Grand-papa, j’ai perdu pieds et je me suis mise à pleurer. Le vieux en a profité pour me prendre dans ses bras, il me serrait si fort que je n’arrivais pas à me dégager. Le pire c’est lorsqu’il a essayé de m’embrasser sur la bouche. Il me disait tu es à moi, ta mère m’avait dit que je serais le premier à te déflorer.

J’ai hurlé, je lui ai vomi dessus puis je l’ai repoussé, je crois que j’avais à ce moment une force surhumaine. Il a reculé et m’a dit qu’il ne comprenait pas pourquoi je faisais pareil cirque.

J’ai crié au secours, à l’aide, heureusement que les gardiens sont intervenu je me demande s’il ne m’aurait pas violé sur la table.

  • Mais qu’a-t-il dit pour sa défense
  • Rien il ne faisait que rire. Il a dit au gardien. Elle aimait bien venir sur mes genoux autrefois.
  • C’était vrai
  • Il était mon grand-père mais ça fait bien longtemps que je ne me suis plus assise sur ces genoux.
  • Combien de temps ?
  • Au moins sept ans !
  • D’accord, je prends note
  • Pourquoi Maître Leroy me posez-vous toutes ces questions ?
  • Pour le contrer lors du procès si par hasard il disait vous concernant que vous étiez consentante.
  • Quelle horreur ! Moi consentante, cela faisait longtemps que j’entendais lorsque j’allais en ville.  » Faites attention jolie demoiselle votre grand-père est un sale type.
  • Un sale type ou un mot plus ordurier que vous n’osez point prononcé.
  • un salaud

Pauvre Marie-Cécile elle sanglotait lorsqu’à mon tour j’ai rejoint mon géniteur. Mais lorsque je suis revenue le vieux a cru que c’était Marie-Cécile.

  • Ah tu t’es changé, ta tenue est plus belle et du coup tu es plus aguichante.
  • Je ne suis pas Marie-Cécile, je suis Claire celle que votre chenapan de petit-fils a voulu assassiner.
  • C’est ton frère le chenapan
  • Permettez-moi de penser que vous faites erreur, ce type ne nous ressemble pas. Il est immonde. Et selon la mère de ma demi jumelle, il est bien de notre frère André. Vous ne l’avez pas vu au moment de sa naissance puisqu’ils étaient partis en Australie pour l’ouverture d’une mine. Mais hélas cela ne s’est pas passé comme ils espéraient et ils sont rentrés alors que votre petit fils avait tout juste 5 ans. Votre fils étant gravement malade c’est certain qu’en ce qui concerne Marie-Cecile c’est forcément votre fille, vous avez profité du désarroi de sa mère pour faire valoir vos droits de patrons tout puissant..
  • C’est cette garce qui vous a raconté ce bobard.
  • Peu importe qui m’en a fait part, vous avez profité de l’absence de son père pour en faire votre chose corvéable à souhait. Et voilà où il en est maintenant.
  • Claire, vous permettez que je vous appelle Claire.
  • Si cela vous chante, pourquoi pas ?
  • Tu me sembles plus docile que Charles
  • Les filles sont toujours dociles, mais n’allez pas croire que je vais accepter vos avances, moi je veux devenir peintre vous avez de l’argent, vous êtes mon père, je veux faire les beaux-arts à Paris donnez-moi une somme d’argent et je pourrais aller vivre le plus rapidement possible avec mon futur mari.
  • Toi tu me plais
  • Vous ne me connaissez pas, je suis une rebelle
  • Est-ce que tu pourrais me dire Papa ?
  • Il ne faut pas exagérer, vous avez pris ma mère de force, je ne l’ai même pas connu, elle est morte sur la route de l’exode et son mari nous a déposé devant une église. Donnez-moi une dote et j’accepte de porter votre nom, car moi je ne suis pas encore adoptée, alors puisque je suis votre fille je revendique de m’appeler Claire Stéphanie Thérèse de Bougainvilliers.
  • Juste un petit papa chéri, ce n’est pas si difficile.
  • Alors dites-moi pourquoi vous vouliez me faire assassiner ?
  • C’est ton neveu qui n’a pas compris, il a mal interprété mes paroles.
  • Que lui avez-vous dit ?
  • Que pour avoir ma fortune il devait tuer tous les bâtards qui étaient sur son chemin.
  • Ah parce que vous teniez une comptabilité de toutes les femmes qui étaient venu vous dire qu’elles attendaient un enfant par votre faute.
  • En quelques sortes
  • Il en a tué d’autres avant la tentative d’assassinat de ma belle-sœur ?

C’est un tout petit oui que j’ai entendu au moment où je sortais.

En racontant mon entrevue à mon frère et à ma jumelle ces deux derniers furent anéantis. Plus on apprenait des horreurs le concernant moins Charles avait envie de prendre sa place mais plus il pensait à ceux qui l’attendait dans le Nord et qui mettait tout leur espoir en lui. Il était tiraillé des deux côtés. Et Annabelle n’y mettait pas du sien.

En sortant de la prison j’aperçois mon amour il est en train de convoyer un prisonnier. Il demande à Maître Leroy d’attendre qu’il revienne. Ce dernier demande à Charles si je connais ce policier et Charles lui explique que nous nous sommes fiancés.

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Me voici dans un lieu mal famé, rien qu’en attendant à la porte de la prison je me suis senti mal à l’aise. Où est passé Maître Richard, j’avais cru comprendre qu’il serait à mes côtés, c’est bien ma veine je vais être obligé d’affronter mon géniteur seul.

Cela fait dix minutes que j’attends et personne ne m’a rejoint ni mon avocat qui m’accompagne bien que je ne sois pas accusé, ni l’autre. Je n’arrive pas à l’appeler Père et encore moins Papa. Mon seul père que j’appelais papa c’était le mari de Maman.

Enfin un bruit de clef que l’on agite, un verrou que l’on tire, voici Monsieur de Bougainvilliers qui entre. Il est menotté, cela me fait un choc, mais il n’a rien perdu de son port de tête. Il a un costume gris anthracite, une chemise blanche ouverte et même des souliers vernis. Dans sa poche un mouchoir vert. J’avoue qu’il est fort élégant, il me semble que c’est moi le prisonnier lorsque je me regarde.

J’ai suivi à la lettre les recommandations de Père. Ne prends pas un costume, met un pantalon normal une chemise de couleur, une veste noire, et oublie la cravate. N’oublie pas que tu espères recevoir la fortune qui te reviens. Ce que je m’en fiche de sa fortune et pire sa mine ne m’intéresse pas. Mais je songe à tous ceux qui nous ont aidé il y a tout juste un mois, je ne peux pas les décevoir et ordonner la fermeture de la mine, ou la revendre à un concurrent. De toutes façons les charbonnages de France reste propriétaire de tout ce qu’il sort de terre. Je ne serais que le directeur, si j’ai bien compris les explications de Michalak. Mais le vieux était le Patron de l’ensemble des Houillères. Vu mon âge il va falloir que je fasse mes preuves. Il ne va pas me signer un chèque en blanc. Faut pas que je rêve… Puis de toutes façons je préfère m’en aller que travailler en binôme avec lui. Enfin j’extrapole, lui m’observe.

Brutalement il m’attrape la main et me dit :

  • Charles, vous ne me reconnaissez pas ? Lorsque vous êtes né c’est moi qui vous ai tenu dans mes bras, une fois que votre mère vous a mis au monde, c’est moi qui ai choisi votre prénom, vous vous appelez Charles Etienne Marc. Marcelle était votre grand-mère maternelle. Je me doute que ce doit être un cataclysme dans votre vie de découvrir que celui qui était votre père ne vous ai rien, juste le mari de votre mère. Et ces mineurs qui travaillent pour moi des étrangers.
  • Et l’aîné de celle que je pensais être ma cousine est mon demi-frère. Combien d’enfants avez-vous semé dans votre vie ? Combien de femmes étaient consentantes ? Combien de femmes avez vous forcé, et refusé d’entendre leur non? Combien de viols avez-vous commis ? Vous n’êtes que mon géniteur, vous n’êtes rien d’autres à mes yeux. Ah si j’oubliais vous êtes un sale pervers et rien que pour tout cela j’irai à la tête des charbonnages de France. J’ essayerais d’améliorer la vie des mineurs du Nord.
  • Tu refuses mon héritage ?
  • Non pour accomplir mon travail je prends tout, votre nom, votre fortune votre mine tout.

Petit à petit je vois mon géniteur se ratatiner sur sa chaise. Il a perdu de sa morgue. Il s’est affaissé sur lui-même. Puis il se lève et me dit :

  • Dis à Marie-Cecile de venir me voir, je donnerais ma réponse à vos avocats une fois que j’aurais rencontré votre soeur, comment s’appelle -t-elle ? Si tu avais été une fille tu te serais appelé Claire.

Je ne lui répond pas il a le don pour tout salir, y compris ce que j’ai vécu avec ma mère. Pourtant ce prénom c’est moi qui l’ai choisi du haut de mes cinq ans. Était-ce lui qu’il me l’avait suggéré. Cela me met mal à l’aise. Je tambourine à la porte, le surveillant me demande qui mon père veut voir. Après le lui avoir dit je laisse rentrer Marie-Cécile.

Le récit de Marie Cécile

A suivre …

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Au souper on aurait pu entendre une mouche volée. Tout le repas s’est passé dans le silence. Seul.notre père s’entretenait avec Cécile. Et plus le repas avançait, plus elle était gênée. Nous n’avions aucun moyen de la rassurer. C’est Charles au moment du fromage qui s’est adressé à notre père en terme dont jamais je n’aurais pensé qu’il se permettrait de le faire.

  • Père veuillez laisser Marie-Cecile vous la bombardez de questions depuis une heure, je pense qu’elle a le droit de se rendre dans sa chambre et vous reprendrez votre conversation demain.
  • De quoi vous mêlez-vous Charles je suis encore le maître en cette demeure. Si vous voulez vous retirez dans vos appartements avec votre femme personne ne vous contraint à rester parmi nous.

De colère Charles se lève, tapote sur l’épaule de sa femme et lui dit :

  • Venez ma chère nous sommes congédié par notre cher père.
  • Un instant je vous prie mon amour, j’embrasse Maman et vous rejoint.

Sur ces bonnes paroles, Charles tourne les talons et nous quitte sans un mot ce qui chagrine énormément notre mère. Elle fait mine de se lever mais notre père lui intime l’ordre de rester assise. Et lui.interdit de suivre Charles. Il ajoute demain matin il sera revenu à de meilleures intentions. Je conçois qu’il soit chamboulé vu les évènements que vous venez de vivre. Mais l’insolence n’est pas toléré à ma table. Tenez-vous le pour dit Cécile et Claire.

La fin du repas se termine sans un mot. L’atmosphère est chargé comme un ciel d’orage. Personne ne s’attarde et nous prenons congés et nous nous dirigeons vers nos chambres.

Dans l’escalier nous croisons Charles et Annabelle qui vont dormir dans la chambre de Grand-père dans leur maison au milieu des vignes. Rose a fait la chambre ce matin. Comme je les comprends un jeune couple ne peut pas vivre dans la garçonnière de mon frère.

Au vu des cris de notre père, ce dernier ne doit pas être d’accord. Mais comme Charles me le dira au matin il est passé outre jusqu’à bousculé notre père. Ce dernier ne voulant pas entre en conflit avec sa fille et son époux s’est laissé convaincre. Je pense que notre mère y est pour quelques choses.

Le lendemain matin c’est en ambulance que Madame veuve André De Bougainvilliers est revenue. Avec Cécile nous avons transformé le petit boudoir de maman en une chambre fort accueillante.Elle n’aura pas à monter les escaliers pour accéder aux étages. Comme elle aime bien les roses je lui en ai cueillis un bouquet et l’ai mis sur la table basse. Marie Cécile m’a sauté au cou en me remerciant. Ce n’était pas grand chose mais si en plus cela faisait plaisir à cette jumelle qui me tombait du ciel j’en étais ravi.

Annabelle ne tarissait pas d’éloges sur son mari, mon frère en l’occurrence. Elle le comparaît avec le frère de Cécile et le surnommait le gougeat. Mais il n’était pas question qu’elle me parle de sa nuit de noce. Elle riait en me disant :

  • Je ne vais pas te le raconter dans le détail – elle insistait lourdement- arrête lui criais-je ! Je ne suis pas une oie blanche.

Puis Charles et Père sont rentrés de la vigne comme les meilleurs amis du monde, nous n’aurions pas assistés à cette scène la veille au soir nous aurions trouvé cela normal, mais là cela me semblait un tantinet suspect. Qu’est-ce qui avait pu faire changer d’avis mon frère ? Même Annabelle ne comprenait pas. Ton frère n’est pas versatile et encore moins mon époux. Il était remonté contre papa. Je me demande ce qu’il a pu lui promettre.

L’après-midi, nous avons rencontré les avocats de notre père et nous avons organisé notre rencontre avec notre géniteur. De mon avis ce ne fut pas une partie de plaisirs. Charles était buté. Apprendre qu’il était le fils chéri du vieux le démoralisait plus qu’autres choses.

Dans un premier temps Maître Richard nous a dit où se trouvait Monsieur De Bougainvilliers, il avait tenu tête aux gendarmes et du coup il était à l’isolement. Mais compte tenu des évènements nos avocats avaient plaidé notre cause auprès du juge d’instruction chargé de l’affaire. On avait obtenu un créneau horaire d’une heure. Compte tenu que Charles était le seul héritier reconnu par Monsieur De Bougainvilliers avec son petit fils, il rencontrerait son père en premier. Ensuite Cécile qui passait de petite fille à fille. Et enfin moi qui aux yeux de notre géniteur je le gênait terriblement puisqu’il avait tenté de m’ assassiner. C’est Annabelle qui en avait fait les frais .

La préparation fut des plus pénibles il ne fallait pas suivre notre idée mais en passer par des questions prévues en amont. Comme disait Charles s’il connait les questions il va exiger qu’on lui donne la réponse qu’il attend.

Il avait fallu pour Maître Richard en passer par ce qu’Etienne de Bougainvilliers voulait leur poser comme question sans avoir jamais la certitude qu’il.dise la vérité. Mais c’était le risque à courir.

Fallait -il dire Papa, Père, Monsieur mon père ou rien du tout. Pas un ne voulant faire pareil. On décide d’un commun accord que l’on avisera le moment venu.

Lrs trois enfants de Monsieur de Bougainvilliers n’ont d’abord qu’une question :

  • Pourquoi ? Êtes-vous malade ? Avez-vous songé à vous faire soigner ? Claire voulait savoir si elle était l’enfant de l’amour ou l’enfant d’un viol. Les deux avocats et Charles refusaient de lui laisser poser cette question.

Mais Claire s’y cramponne comme à la prunelle de ses yeux. Personne n’a pu la faire changer d’avis. Maître Leroy en a même informé notre père qui a dit comprendre sa benjamine.

A-t-il fait un testament ? Quel est le montant de sa fortune, mais les avocats s’y opposent, il n’est pas question de le lui faire dire. Charles y consent mais le connaissant je suis certaine qui lui l’a posera.

Il faut que nous, nous présentions à la prison à 14 h le jeudi 25 août muni de nos cartes d’identité. Normalement à 15 h 30 au plus tard, le sort de Charles sera clot.

Après il devra se préparer à affronter la pluie du Nord, les maisons aux briques rouges. La seule consolation qu’il a c’est qu’il va revoir la grande famille des Meignière. On les attend. Mais d’ici là il va potasser ses livres de cours. Le matin il est pendu au téléphone avec le directeur de la mine, son collègue Michka dont il.n’otera pas le travail. Lui chapotera les autres ingénieurs et l’ensemble des mineurs, du plus petit au plus haut placé.

Nous voici arrivé à la prison de Macon, une prison que pour les hommes. Ils sont plus de cinq cent. Mais Monsieur De Bougainvilliers est seul dans sa cellule par égard pour son rang. Son fils, quant à lui est avec le tout venant. Grandeur et décadence nous a dit Marie-Cécile. Elle donnerait 200 francs pour être une souris et s’introduire dans sa cellule. Elle trouve qu’après les méchanceté qu’elle a subi de sa part cela devrait lui mettre du plomb dans le cerveau.

Nous passons devant des femmes, yeux hagards, tête baissée portant de malheureux baluchons et triste à faire peur, elles viennent voir un frère, un fils, un mari, un oncle qu’importe c’est un jour de visite et tout le monde attend. Sauf nous, ça siffle, hurle, chahute, elles montrent leur colère comme je les comprends. Un coup de sifflet ramène un semblant de calme, j’entends :  » ça sent le pedigree, des dames de la haute qui viennent voir un beau Monsieur, puis le beau Monsieur a dû commettre un crime. Des ricanements accompagnent ces paroles proférées par des anciennes comme nous dit Maître Leroy. Je leur donnerais bien ma place car cela me chagrine de les voir triste mais encore virulentes.

Nous voici à l’entrée, on nous demande nos papiers, nous sommes fouilles, qu’elle humiliation, c’est la première et dernière fois que je viens dans cette promiscuité. Ça sent une odeur fade de cuisine, de sueur et même de WC. C’est inhumain. Mais je suis la file comme tout le monde . On arrive à une salle où s’entasse à chaque table un prisonnier qui attend ses visites. Nous on nous emmène plus loin dans une pièce minuscule où nous y laissons Charles. Il va falloir qu’il affronte son père. En attendant nous sommes assises sur de vulgaires bancs en bois.

A suivre…

Hum ! Une famille tuyau de poêle !

L’exclamation de Charles est si forte que notre Mère est saisi d’effroi. Charles l’a regarde et sort la tête haute en disant :

  • C’est ce que l’on va voir, moi dans l’antre des De Bougainvilliers, mais de qui se moque-t-on ?
  • Maman, Père pense nous envoyer dans le Nord, c’est moche, il fait froid et Charles sera obligé de se comporter en patron, je me demande comment il va faire, lui, qui n’aime pas commander.
  • Il fera comme les autres ma petite fille
  • Non
  • Pourquoi dis-tu ça, Claire. Ton frère se pliera aux regles que ton père lui dictera.

J’ai préfèré tourner les talons et je suis partie à la recherche de mon frère, comme à son habitude il était dans les caves et inspectait le vin. Les chais c’était son domaine, le reste du temps il parcourait la vigne. Comment allait-il faire enfermer dans un bureau ou pire descendant dans les mines. Voilà un nouveau souci qui se profilait à l’horizon.

La journée se passe sans encombres et sur le soir voilà Père qui est de retour avec Cécile. Elle a la mine défaite et notre père a son regard froid , il garde sa colère mais ne va pas tarder à exploser. Qui va en faire les frais ?

Mais nous n’avons pas le temps de nos poser une question qu’il nous convoque tous dans son bureau. Mais auparavant il dit à Rose d’accompagner Mademoiselle Cécile dans la chambre verte. Et il ajoute :

  • Cecile le repas sera servi à 20 h ni avant ni après.Si vous n’êtes pas là à l’heure vous vous passerez de repas.
  • Bien Monsieur je serais là

Et nous la voyons prendre son bagage et suivre Rose la femme de chambre d’Annabelle.

Nous voici tous réunis dans le bureau de notre père, il a sa tête des mauvais jours.

  • Voici des nouvelles de Madame de Bougainvilliers elle s’en tire bien, elle n’a pas été opérée. Les pompiers étaient fort alarmistes. Une ambulance la ramènera dès demain chez nous. Et elle sera suivi par le Professeur Chain, le meilleur en orthopédie. D’ici un mois Charles et Annabelle iront dans le Nord en voiture ils accompagneront Madame de Bougainvilliers et Cécile. Et Charles tu offriras tes services. Mais auparavant tu seras obligé d’aller voir le vieux Bougainvilliers et tu lui diras que tu es Ingénieur des Mines, ce qui du reste est vrai. L’école d’Alès était réputé. Tu en es sorti avec ton diplôme mais au dernier moment tu as refusé de te présenter sur Montceau-les-Mines et tu as repris des études pour travailler à mes côtés
  • Au grand air Père, après avoir travaillé deux mois dans le Nord je n’ai pu me résoudre à y rester bien que mes racines m’attirent fortement. Mais la grisaille, la pluie m’ont pas donner envie d’y rester.
  • Eh bien va falloir t’y habituer car j’ai pris contact avec l’ingénieur actuel et il t’attend. Et apparemment tu le connais.
  • Quel est son nom ?
  • oh je ne m’en souviens pas, c’est à consonnance étrangère.
  • C’est sûrement Michka Swarovski.
  • Voila c’est lui, le connais-tu ?
  • Oui.il est sorti deuxième de notre promo.
  • Et bien tu n’auras qu’à récupérer les rennes et le tour sera joué.
  • Mais père je suis bien ici.
  • J’en suis sûr mais tu es l’aîné des enfants Bougainvilliers, tu as le diplôme. Tu n’as pas à discuter tu iras.

Charles ne dit rien mais il a les deux poings dans sa poche et le connaissant il doit en avoir les jointures écarlates. C’est Annabelle qui se met en colère après avoir écouté ce que son père disait.

  • Non Papa vous me traînerez par les cheveux mais je refuse d’aller dans le Nord. Non seulement il fait froid mais les villes se ressemblent tristes et grises. Je ne connais personne.
  • Tu es insolente, tu es marié tu suis ton mari il n’y a rien à dire de plus.

Annabelle baisse la tête. Et sors sans un mot ni à son mari ni à son père.

  • Annabelle a bien fait de partir j’allais la congédier. Claire et toi Charles je vous ai obtenu un parloir auprès de Mr de Bougainvilliers. Je ne pense pas que ce sera facile, vous serez accompagné par notre avocat il viendra vous voir demain pour que vous obtenez toutes les réponses vont vous aurez besoin pour faire une demande en paternité.
  • Mais je la refuse
  • Ne sois pas idiote Claire cela te fera une belle dote pour commencer ta vie avec Nicolas.

Devant cet argument sûrement bien préparé je me suis contentée de baisser la tête.

A suivre…