Il y a dix ans, la vie avait mal commencé pour toi. Abandonné à seulement deux mois, avec tes trois frères et ta petite sœur, tu ne savais pas encore que ton destin allait croiser le mien.
Mais quand nos regards se sont rencontrés, j’ai su que nous ne nous quitterions plus.
On t’a appelé Milka, à cause de tes trois couleurs chocolat, un nom aussi doux que ton caractère. Toi, le « bébé d’amour » qui avait été délaissé, tu as passé le reste de ta vie à nous prouver que tu n’étais que sagesse et tendresse.
Pendant dix ans, tu as été le plus merveilleux des compagnons. Tu as fêté tes dix ans en juillet dernier, et même si cette tumeur au cerveau t’a emporté ce matin, elle n’effacera jamais la trace que tu laisses.
Tu es passé de ce chiot vulnérable à un grand sage, toujours prêt pour un câlin, toujours présent pour nous rassurer.
Mon beau Milka, merci d’avoir partagé ton chemin avec le mien. Tu as commencé ta vie sans famille, mais tu l’as terminée entouré d’un amour immense. Tu vas terriblement nous manquer.
Ton souvenir restera aussi doux que les couleurs de ton pelage.
Elisa est une jeune fille de quinze ans elle habite au coeur d’une petite bourgade appelée Peisey-Nancroix, la seule fille entourée de frères qui l’ont initié à leurs jeux et sports. C’est une skieuse accomplie, elle fait du parapente avec l’aîné de ses frères et de l’escalade avec le plus jeune de quatre ans de plus qu’elle.
Elle s’est toujours sentie chez elle dans les montagnes. Les vastes panoramas, les crêtes déchiquetées, et les vallées verdoyantes étaient pour elle une seconde nature.Ce jour-là, en colère contre ses parents, elle avait choisi de fuir la demeure familiale ainsi que des rires goguenards de ses frères. À cela s’était ajouté le courroux de son père, sa mère prof de violon donnait ses cours et n’étaient pas au courant de la dernière de ses enfants.
Elisa en colère fit claquer la porte et décide en l’espace de cinq minutes de faire peur à ses frères et surtout à vos père. Elle va partir et va se réfugier dans ce monde qu’elle aime tant.
Tout en marchant d’un bon pas elle entend encore le rire de son aîné lorsque dans une colère froide son père lui avait ordonné de monter dans sa chambre non sans lui avoir supprimé son smartphone avec lequel sur les réseaux sociaux elle avait noué une idylle avec un jeune homme qui aux dires de son frère était un adulte plutôt qu’un jeune de son âge.
C’était la réflexion de José qui avait mis le feu au poudre. La montée était difficile, mais elle se sentait invincible, ses mains agrippant les prises froides de la roche, ses pieds s’installant avec précision sur chaque recoin, enfin libre !
Tout en montant elle se souvenait du baiser brûlant que lui avait donné Mohand son amoureux. Quelle malchance que juste à ce moment elle avait vu sur le trottoir d’en face son frère ainé. Prise de panique elle s’était enfuie.
Au fur et à mesure qu’Elisa s’élevait, les paysages qui l’entouraient prenaient des teintes éclatantes. Le soleil, bien que voilé par de légers nuages, illuminait les sapins qui bordaient le sentier. Les fleurs sauvages, éclatantes de couleurs, parsemaient le sol, tandis qu’un ruisseau dévalait les pentes, murmurant des secrets oubliés.
Plus haut, les sommets majestueux, drapés de neige, se dressaient comme des gardiens silencieux, prêts à accueillir les rêveurs. Mais la colère aveuglait Élisa. Les nuages, d’abord discrets, s’épaississaient, s’accumulant comme une ombre menaçante. Ignorant les signes de l’orage qui s’annonçait, elle poursuivit son ascension. Soudain, un grondement sourd résonna au loin. Elle hésita, mais la pulsion de la montée était plus forte.
C’est alors qu’un éclair déchira le ciel, suivi d’un fracas assourdissant. Le sol se mit à vibrer sous ses pieds, et, déséquilibrée, elle lâcha la paroi.La chute fut brève mais terrifiante. Élisa s’écrasa sur une plateforme rocheuse plus bas, perdant connaissance sous le choc.
Lorsque le premier éclair zébra le ciel, José ébéniste qui travaillait dans son atelier non loin de la demeure familiale regarde sa montre et s’étonne que sa jeune sœur qu’il avait vu partir avec son sac sur le dos son piolet accroché à l’arrière ne soit pas de retour. Elle connaît tout comme ses frères les dangers de la montagne par mauvais temps.
Il range ses outils , au second coup de tonnerre qui se propage plusieurs fois en montagne, il est inquiet. Elisa n’a plus son téléphone son père lui l’a confisqué, il ne peut l’appeler. Sous une pluie battante il se précipite dans les ruelles déjà envahis d’eau, lorsqu’il voit venir à sa rencontre le maire du village. Il semble inquiet mais esquisse un signe lorsque José le croise :
Votre sœur a disparue, votre petit frère vient d’alerter la brigade afin qu’un peloton de gendarmerie monte. Connaissez-vous les lieux où votre sœur aurait pu aller ?
Disparue répète José… Elle ne peut pas faire le mont Pourri…
Avez-vous téléphoné aux gardiens du refuge ?Oui, mais elle n’y est pas. Au refuge il y a des alpinistes chevronnés, dès que l’orage s’arrête, Peter nous a promis d’envoyer une équipe.José songeait à sa sœur, elle n’était pas équipé pour aller jusqu’au sommet. De plus elle n’a que quinze ans et nullement le droit de partir seul.
Les coups de tonnerre étaient de plus en plus fort. Le peloton de gendarmerie accompagné de José partent sous une pluie battante. D’abord en voiture jusqu’à Plan Peisey, le ciel est d’un blanc laiteux, quelques flocons tourbillonnent alors que l’on entend le tonnerre grondé, afin de se rapprocher du lieu où pourrait se trouver la jeune sœur de José.
Pour ce dernier, le jeune gendarme qui conduit lui semble familier, il verra à la descente s’il le connait. Entre temps il a averti son père qui n’a pas dit un mot. Mais a dû se précipiter pour récupérer leur mère. Il imagine les regrets de son père.
Les paysages qui entouraient le village, bien que majestueux, prenaient une tournure sombre alors que la tempête continuait de rugir. Les torrents d’eau dévalaient des pentes, et le vent hurlait dans les arbres. Le peloton de gendarmerie avec leur jeep se trouve rapidement aux pieds de la paroi rocheuse.Avec de puissantes jumelles ils scrutent la paroi. Le chef de groupe, celui qui conduisait la voiture s’approche de José et lui propose de s’habiller en conséquence s’il veut rejoindre sa sœur. José est abasourdi celui que sa sœur embrassait est gendarme dans le groupe d’intervention des secours en montagne. Il ne dit rien , l’autre l’observe et lui demande quelles sombres pensées traversent son esprit.
Vous appelez-vous Mohand ?
Non pourquoi ?
Pour rien !
Je vois bien que quelque chose vous tracasse, si ça peut vous consoler mon petit frère se nomme Mohand.
Quel âge a -t-il ?
Il aura 18 ans après demain, en quoi mon frère vous intéresse lui demande-t-il tout en commençant la montée.
Si vous allez chercher ma soeur c’est en partie à cause de votre frère et de mon père.
Lorsque nous aurons retrouvé votre sœur en pleine forme vous me raconterez toute l’histoire. Pour l’heure je suis en opération sauvetage. Est-ce que vous êtes en état de nous accompagner ?
Oui bien entendu je suis guide de Haute Montagne.
Il ferait la jonction sur la plate forme à cinq cent mètres du restaurant avec le groupe qui allait arriver en provenance du restaurant d’altitude.Il y avait bien un chemin qui serpentait au travers, mais José était formel , sa soeur adorait grimper à mains nues sur cette portion. Le groupe conduit par un guide Suisse et qui venait du refuge les rejoindrait au même endroit.Tous connaissait ce lieu qui servait de bivouac aux groupes qui apprenait l’escalade. Cela permettait aux nouvelles recrues de se perfectionner, c’était facile pour ceux qui connaissaient la roche. Ils terminaient leur cours par une nuit au refuge.
Les montagnes, bien qu’imposantes, avaient aussi un cœur, un cœur qui battait au rythme de la solidarité et de l’amitié.La tempête s’éloigna, laissant place à un ciel dégagé. La roche humide est encore glissante mais tous ceux qui montent ont su dompter la montagne.Les sauveteurs, conscients de l’urgence de la situation, avancent avec précaution sur les sentiers escarpés. La première équipe, composée de Medhi, plus un villageois guide en haute montagne ainsi que de deux gendarmes membres expérimentés, se dirigent vers la plateforme depuis la vallée par la paroi Nord qui se nomme Feclaz Jean du nom du grand-père de José. Ils scrutent les environs pour repérer des indices de la présence de la jeune fille.
La seconde équipe, également composée de José et deux sauveteurs, emprunte un chemin parallèle à l’ouest, utilisant leurs cris et sifflets pour se signaler mutuellement tout en recherchant un signe de vie.
Pendant ce temps, la troisième équipe, partie du refuge, descend avec détermination. Ils sont en communication radio constante, partageant des informations sur leur progression et les zones déjà explorés.Alors que les équipes s’approchent de la plateforme rocheuse depuis différentes directions, l’angoisse grandit. Les sauveteurs ne savent pas qu’à quelques mètres de là, la jeune fille est toujours inconsciente, allongée sur la surface froide et dure de la roche. Le vent souffle, apportant avec lui des sons de la nature environnante, mais aucun des sauveteurs ne peut encore entendre les battements de son cœur.
Soudain, alors que les deux équipes de la vallée se rapprochent de leur point de rencontre, l’un des membres de la première équipe aperçoit une silhouette au sol. « Regardez, là-bas ! » s’exclame-t-il en pointant du doigt. Les autres se retournent et, réalisant que cela pourrait être la jeune fille, ils accourent vers elle, le cœur battant.Ensemble, ils se précipitent sur la plateforme, tandis que la troisième équipe, maintenant à proximité, entend les cris et se joint à l’effort. Ils se rassemblent autour de la jeune fille, vérifiant ses signes vitaux et appelant les secours pour une évacuation d’urgence par hélicoptère.La tension de ces moments cruciaux laisse place à un sentiment d’espoir. Ils savent qu’ils doivent agir vite pour lui apporter les soins nécessaires. La vie de cette jeune fille dépend maintenant de leur professionnalisme et de leur détermination.
Le vent glacial s’engouffrent dans les anfractuosités de la montagne, amplifiant la tension palpable qui flottait dans l’air. Soudain, un bruit mécanique assourdissant, se rapprochait de la plateforme où Élisa, , était allongée, inconsciente, perdue entre la vie et la mort. Son visage était pâle, presque translucide, et le rouge vif du sang qui s’écoulait de sa tête contrastait avec la blancheur de la neige qui l’entourait. José, son frère, se tenait à quelques pas d’elle, figé par la peur et l’angoisse. Ses mains tremblaient alors qu’il luttait pour garder son calme, chaque battement de cœur de sa sœur résonnant dans son esprit comme un tambour de guerre. Il se souvenait des rires qu’ils avaient partagés, des secrets échangés dans le noir, des rêves qu’ils avaient tissés ensemble. Comment avait-on pu en arriver là ?
Le bruit de l’hélicoptère s’intensifie, et José lève les yeux, ses yeux embués de larmes, cherchant la silhouette de l’appareil. Quand il l’aperçut enfin, une lueur d’espoir illumina son visage soucieux. Les secouristes étaient en route. S’ils pouvaient juste arriver à temps, s’ils pouvaient la sauver.
Enfin l’hélicoptère est au-dessus, un des gendarmes envoie un filin par lequel José et Medhi fixent la civière sur laquelle repose la jeune sœur de José. Medhi invite José à accompagner sa soeur au CHU le plus proche. Ils s’étreignent et José disparaît dans les entrailles de l’oiseau venu sauver Élisa.
Si pour ces hommes le sauvetage est terminé, pour lui ce soir c’est différent, son jeune frère Mohand a embrassé la jeune Élisa, ce n’est pas si grave mais José a avoué à Medhi que son père était assez sévère avec sa sœur et que lui même en avait rajouté un peu, mais dans son esprit cela aurait dû se terminer autrement. Il s’en voulait car par sa petite phrase assassine il avait mis la vie de sa sœur en danger.Dans l’hélicoptère les secouristes continuent par des gestes précis à soulager sa sœur. Une minerve lui est posée, puis comme un murmure José entend un des secouristes lui dire :
C’est une bonne commotion cérébrale, je ne pense pas qu’il y est une fracture du crâne, le sang c’est une plaie qu’elle a dans le cuir chevelu, cela a saigné mais c’est superficiel . Devant le visage pâle de José et son mutisme Yohan lui tend une flasque et lui conseille d’en boire une petite rasade.
José apprécie c’est du génépi, cela le réchauffe et lui donne un coup de fouet. Il se ressaisi et peut se pencher au-dessus de sa sœur.
L’hélicoptère rejoint le CHU de Bourg Saint Maurice où elle serait bien soigné. Il appelle ses parents et ses frères pour les avertir qu’une équipe médicale attend Élisa à Bourg Saint Maurice. Dans le même temps il averti Medhi afin qu’il puisse faire ce qu’il lui a promis.
Cela fait plus de trois heures qu’Elisa est entre les mains des médecins lorsqu’arrive Medhi accompagné de son petit frère. José présente à ses parents Medhi comme l’homme de la situation qui a permis de retrouver leur enfant, dans la foulée Medhi dit à leur père qui il est, et la raison pour laquelle il est accompagné de son jeune frère. Ce dernier salue Monsieur et Madame Feclaz tout en ajoutant :
Je suis le petit ami d’Elisa mais avant on était juste des copains et petit à petit on s’est découvert plein de points communs, on s’est rapproché et lorsque votre fils aîné nous a vu, certes nous nous embrassons, mais c’était la première fois. Le soir même chacun de notre côté nous devions en parler moi à mon frère puisque c’est lui qui s’occupe de moi. Et votre fille à vous. Mais rien ne s’est passé comme prévu.
Monsieur Feclaz a les yeux qui vont tour à tour de Medhi à Mohand et regarde José d’un regard courroucé qui s’adoucit face au gendarme du peloton de haute montagne.
Nous en reparlerons plus tard jeune homme.
Merci mon Commandant d’avoir fait le nécessaire auprès de ma fille.
Ce n’est rien Monsieur je ferais ça pour tout le monde mais là c’était particulier surtout après que José m’a expliqué pour sa sœur.
Hélas je suis un impulsif, ma femme me le répète assez souvent, José m’assurait que votre frère était bien plus vieux, j’étais en colère contre ma fille j’ai fait n’importe quoi. J’ai vu rouge, alors que ce sont deux jeunes qui se sont rapprochés et qui s’aiment.
Je dois vous dire Monsieur que je vais avoir 18 ans samedi.
Nous en reparlerons jeune homme.
Merci Monsieur.
C’est à ce moment que la porte du service de réanimation s’est ouvert.Le médecin chef de l’unité spéciale des blessés en montagne leur fait signe.Rapidement ils sont rassuré, Élisa est sorti de son coma, elle a juste un traumatisme crânien sans écoulement de sang à l’intérieur de la boîte crânienne. Elle est groggy et il faut que la douleur diminue. Le médecin ajoute qu’ils vont la garder en observation 48 heures. Ensuite un repos de huit jours et elle pourra repartir d’un bon pied.
Pouvons-nous voir notre Fille
Bien entendu par contre seulement deux personnes à la fois.
Au moment où le père d’Elisa et José va entrer dans le service, il se tourne vers Medhi et lui dit :
Votre frère et vous je vous invite à aller voir ma fille. Expliquez-lui que vous l’avez retrouvé par la voie Féclaz. Et quant à vous jeune homme vous avez ma bénédiction pour votre idylle naissante.
Maintenant Maman est pâle allongée sur une civière, dehors il y a Monsieur Maurice il a des menottes aux mains, les autres ce sont des hommes inconnus pour moi. Mais Papa a dit :
Si j’avais su que Maurice était à la tête de cet enlèvement, j’aurais pu me souvenir de cette maison. Mais j’étais persuadé que ma Belle-mère l’avait vendu. Du moins c’est ce qu’elle a toujours tenu comme propos. Et mon ami Joseph était leur complice je n’en reviens pas. Il m’a bien joué la comédie, je suis abasourdi, mais je pense que nous allons allé de découvertes en découvertes. J’ai bien peur d’affronter d’autres épreuves. Comment ma femme va pouvoir s’en remettre ? Je n’ai pas compris ses mots. C’était incohérent, est-ce que Charlotte a tout entendu ? Et ses types d’où viennent-ils ? Pour qui travaillaient-ils ? Qui était le commanditaire et surtout pour quelles raisons a-t-on arraché à sa famille, ma femme enceinte de 7 mois. Pourquoi cet enfant les gênait -il plus que les deux autres ? Pour moi dans l’état actuel des choses c’est une véritable énigme.
Je comprends pourquoi mon Papa est dans cet état, mais même si je n’ai pas tout compris, je vois que l’énigme de Papa tourne autour de Maman et de Monsieur Maurice. Maman quand elle croyait qu’on lui voulait du mal car Romain voulait lui faire une piqûre pour m’a-t-il dit soulager son cœur, je l’ai entendu murmurer :
Mais qui sont-ils ? Pourquoi maintenant ? Que leur ai-je fait ? Et Maurice l’ami d’enfance qui voulait m’épouser serait mon frère…
Maman que dis-tu ?
Mais Romain qui j’en suis sur à tout entendu m’avait attrapé comme un vulgaire sac de pommes de terre et éloigné de ma Maman. J’étais très en colère, mais il m’avait expliqué que ma Maman avait subi des choses tellement dures qu’elle racontait n’importe quoi.
Maintenant que nous roulons vers Mamounette je réfléchis et je suis certaine que ma maman a dit la vérité. Monsieur Maurice que ma grand- mère aimait bien était lui aussi son fils. Donc pour moi ce gros dégoûtant c’était mon oncle. J’en avais pas envie de ce sale type dans ma famille. Je n’ai rien formi de la nuit , la voiture me berce, mes yeux s’alourdissent.
Charlotte Charlotte
Quoi ? Où suis-je ?
Charlotte réveille toi, tu vas expliquer à l’inspecteur tout ce que tu as vu et entendu le temps où tu es restée avec ta maman. Essaye de ne rien oublier, mais ne t’inquiètes pas, Romain sera avec toi, tu n’as pas l’âge légal pour être seule. Et si tu oublies quelque chose Romain pourra t’aider. Est-ce que tu veux bien y aller ?
Oui
Je me frotte les yeux, j’ignore totalement où je suis, papa me tient la main, me donne un verre de lait chaud. Il est très attentionné. Je lui trouve une tête bizarre.
Papa ignore que lorsque je serais plus grande je veux être gendarme. Mais pour l’instant je ne suis que Charlotte une petite fille de dix ans trop délurée pour son âge a dit le copain d’Aurélien le fameux inspecteur de police. Celui qui faisait des ronds sur le sol comme moi lorsque je m’ennuie.
Il m’a demandé si je voulais répondre à toutes ses questions et il a ajouté si tu ne comprends pas un mot tu me demandes je t’expliquerai. Il me prend pour qui, je n’ai pas besoin d’explication pour décliner mon identité. Il est pire que mon prof de français. Par contre il n’a pas du tout rigolé quand je lui ai dit :
Je n’ai pas gardé les cochons avec Toi pour que tu me tutoies. À partir de maintenant vous me dites vous.
J’ai bien vu à sa tête qu’il était désarçonné, peut-être que j’aurais dû lui le dire ce verbe… Bastien lorsque Romain l’a raconté se fendait la pêche comme à son habitude. Mais Papa m’a fait les gros yeux tout en disant. C’est tout à fait toi ma fille. Bon alors j’ai eu raison. Ouf … Même Papounet et Aurélien ont ri. Quant à l’inspecteur, il n’était pas franchement content. Il a juste dit à mon Papa, cela ne m’étonne pas de ta fille on dirait ta femme au même âge.
Quel sac de nœuds ils se connaissent tous !
Bastien et moi attendons notre Maman, c’est aujourd’hui qu’elle sort de l’hôpital. Nous ne sommes pas rentré chez ses parents, je n’en connais pas la raison. Nous sommes dans le chalet des parents de Papa. Pourtant Grand-mère a appelé plusieurs fois, et Bastien m’a même dit qu’elle était venue avec son chauffeur. Puis repartie avec l’inspecteur, depuis personne n’y a fait allusion. Et le chauffeur est même reparti tout seul, pour revenir avec Grand-père. Lui il.nous a pris dans ses bras et nous a juste dit : « n’oubliez jamais que je vous aime « . Ça aussi c’est un mystère. Il n’a pas voulu rester, il est allé selon Bastien à l’hôtel. Décidément je ne comprends plus rien du tout.
Un mois plus tard, Maman se remet doucement et ce soir Papa a dit à Papounet que notre mère sa femme était assez forte pour découvrir ce qu’ils avaient appris. Seulement au moment où je pense être convié à la table des grands, Papa me dit ce n’est pas pour toi. Va avec Maryline et Aurélien, demain je t’expliquerai tout.
Je suis en colère, j’ai vécu des choses dures, et, là ce soir alors que Bastien lui a le droit de rester on me puni….Et je n’ai pas envie de manger chez Aurélien et Maryline, ou tout au moins pas ce soir. Aussi quand ils arrivent je leur dit que Papa a oublié de les prévenir et que je vais assister aux révélations. Aurélien semble sceptique et Maryline ne me dit rien mais je suis sûre qu’elle aussi a des doutes. Ils mettent du temps avant de partir. Papa a dit à Bastien que sous aucun prétexte on devait venir les déranger. Ah voilà c’est juste un guetteur, lui non plus n’est pas dans le salon de Papounet…
Si j’avais su….Mais comme dit Papounet la curiosité est un vilain défaut. Et Papa m’a consolé, mais c’est moi qui vais vous raconter la raison pour laquelle le passé est revenu nous exploser à la tête.
J’ai écouté à la porte et ce que j’ai entendu m’a fait mal au cœur. Ma grand-mère Anne Marie est en prison, elle a organisé le kidnapping de sa propre fille. Mais comment peut-on faire ça à son propre enfant ?
Faut dire que je n’ai pas entendu la suite je me suis évanouie. En tombant j’ai basculé à l’avant et la porte c’est ouverte et je suis tombée aux pieds de mon oncle. Si cela n’avait pas été aussi dramatique cela aurait pu être un bon gag. Et ce n’est que plusieurs heures plus tard que Papa nous a tout expliqué.
Le kidnapping de votre Maman a été orchestré par celle que vous considérez comme votre Grand-mère.
il y a 50 ans Anne-Marie avait 15 ans, elle habitait la maison où nous avons trouvé votre Maman. C’était la fille unique de Paul et Marie. Hélas ses parents ne s’occupaient pas beaucoup d’elle. Elle faisait de nombreuses bêtises jusqu’au jour où vsa maman découvre que sa fille attend un bébé. Elle est bien trop jeune et sa mère l’emmène en Suisse où elle va terminer sa grossesse. Cinq mois plus tard elle accouche d’un petit garçon qu’elle appelle Maurice. Les amis de ses parents déposent l’enfant dans un orphelinat, mais la religieuse demande les noms et prénoms de la jeune mère.
Je croyais que l’on ne donnait pas les noms et prénoms dit Bastien
Et bien l’amie de votre arrière-grand-mère a laissé des renseignements…
C’est comme ça que Maurice a retrouvé sa mère
Tu as tout compris Margotte
Ce n’est pas difficile le bébé s’appelait Maurice, Maman a dit que Maurice était son frère.
Ah ma petite Charlotte c’est bien plus compliqué que ça.
Ah bon pourquoi ?
Tais-toi que l’on sache pourquoi
Je peux continuer mes enfants
Oui Papa
Dix années se sont écoulées. Anne Marie vivait à la propriété et côtoyait des jeunes gens dont votre grand-père et bien d’autres. Mais ce jeune homme plaisait bien à ses parents et c’est tout naturellement qu’elle l’a épousé. Il s’est écoulé cinq longues années et aucun enfant ne venait, votre Grand-mère était désespéré par ses années d’échec, de grossesse espérée et les fausses couches s’enchaînaient. Un jour elle fit part à votre grand-père de son secret. Elle lui avoua qu’en Suisse dans un orphelinat grandissait un fils qu’elle avait eu hors mariage. Comme votre Grand-père espérait lui aussi un enfant il fit des recherches et un jour il revint de Suisse avec deux enfants. L’aîné agé de 15 ans était Maurice. Quant au bébé votre grand-père en avait pas dit grand chose sauf que la petite fille se laissait mourir et que sa survie serait une famille aimante. Lui rêvait d’une petite fille, de cette manière ils auraient tous les deux un enfant. Anne Marie est tombé amoureuse de cette petite fille qui avait à peine deux mois. Elle a délaissé Maurice et c’est consacré à…
Zut Papa est obligé d’aller répondre au téléphone. Bastien et moi nous avons compris le bébé c’est notre Maman. Mais pourquoi elle l’a kidnappé. Enfin papa revient et il termine son récit. Il va vite. On passe la maternelle le CP, le collège, le lycée. Puis on arrive à la rencontre avec notre Papa.
Sa maman ne voulait pas de ce galopin qui était le fils de son cuisinier, elle préférait que Maurice son fils épouse notre maman, de cette manière le Domaine de Bourgogne restait dans la famille. Mais Maman s’est mariée avec notre père et ils ont acceptés un poste en Afrique. Mais notre Maman poussé à la fois par Maurice et notre père a cherché à savoir qui était ses vrais parents. Catastrophe pour notre Grand-père, il ne l’avait pas ramené de Suisse c’était une amie de Grand-mère qui venait d’accoucher et Bon papa était son père.
Bastien m’a dit tu as compris. Il me prend pour une oie blanche. Bien sûr que j’ai tout compris. Mon Grand-père était le vrai Papa de notre Maman. Le reste ne m’intéresse pas.
Et c’est à partir de là que le drame s’est noué. Nous vivions notre vie tranquille en Afrique, le Domaine viticole resterait dans la famille puisque Bon Papa avait une fille à lui. Robert n’était pas son fils. Et Anne Marie a pensé faire disparaitre la seule fille qu’elle avait aimé, aidé par Maurice qui voulait devenir le propriétaire du Domaine. Faire disparaitre sa sœur avait été un jeu facile. Joseph le copain Africain de Papa était devenu un espion. Il avait crû aux mensonges de Maurice. Papa dit qu’il est tombé dans un piège machiavélique. Son copain a enlevé notre Maman en lui racontant que sa fille Charlotte avait été transporté à l’hôpital. La suite on ne l’a pas vraiment su. Mais un avion sanitaire avait ramené notre maman et on l’avait enfermé dans les caves de la demeure de sa mère adoptive. Maurice venait tous les jours , elle devait renoncer aux domaines en sa faveur. Mais elle ne voulait pas car elle savait que nous pourrions la retrouver, notre papa était un gendarme.
Ce que Bastien et moi ne comprenons pas c’est pourquoi cette femme est venue nous chercher en Afrique. Notre Papa n’était pas intéressé par le domaine viticole ni notre Maman. C’était peut-être ma faute car j’avais dit à Bon Papa un jour c’est moi qui régnera sur ton Domaine.
Charlotte, je dois rêver c’est impossible, ma petite sauvageonne, ma fille adorée c’est bien toi.
Oui Maman, mais que t’es -t-il arrivée ? Jamais tu ne vas pouvoir monter sur la table et passer au travers du soupirail.
Si tu es là c’est que tu n’es pas seule, qui t’accompagne.
Attends Maman je dois les prévenir que tu es là
Je monte sur la table et attache au montant du soupirail le foulard blanc que m’a donné le copain d’Aurélien. C’est à ce moment que j’entends frapper à la porte. C’est mon Tonton, il tourne la clef dans la serrure, ouvre la porte, entre et la referme à clef. De son sac il sort une grosse lampe qu’il allume sans la diriger vers ma Maman. Je le vois s’approcher d’elle et lui dire :
Tout le monde est là. Ton amour, ton beau-père tes copains d’enfance y compris Fabrice. Comme Charlotte a mis le foulard blanc et qu’il le guettait, il a déjà dû appeler la gendarmerie et ils vont rentrer en force. Qui te garde ? La sorcière n’est pas là.
Non, elle ne salit pas ses jolies mains, elle donne juste des ordres.
Mais elle existe vraiment cette sorcière pour que mon Tonton et Maman en parlent comme si tous les deux la connaissait. Je me demande bien qui cela peut-il être ? Romain sort de son sac à dos un jogging pour ma petite Maman chérie. Il est noir. Comme elle est pied nue il lui met des chaussettes et des baskets. Il aide à se lever mais hélas elle est bien trop faible. Elle retombe sur le lit. Il sort une trousse métallique, il me demande de prendre la grosse lampe et de l’approcher de la cuisse de Maman. Il sort une seringue, il y met un liquide dedans et au travers de son pantalon il enfonce l’aiguille. Maman lui demande ce qu’il fait.
Ne t’inquiètes pas, cela va te donner un coup de fouet, hélas les effets ne vont pas durer longtemps. Il faut que tu suives Charlotte elle va t’emmener dans la salle de jeux où nous avons fait notre boom il y a quelques années. Charlotte écoute-moi tu vas aider ta Maman à aller là où nous étions il y a déjà deux heures. Tu cherches un endroit pour vous cacher. Il y a une grande armoire, elle est vide vous pouvez vous dissimuler dedans toutes les deux. Tu prendras des coussins pour que ta Maman soit bien. Et surtout voici la clef, tu fermes soigneusement la porte de l’intérieur. Et tu attends que je t’appelle pour sortir. Cela risque d’être un peu long. Cela dépend de la résistance que nous allons trouvée.
Je ne comprends absolument rien de ce que mon tonton me raconte. Mais je vais lui obéir au doigt et à l’oeil. Il.ne faut pas que je fasse de bêtises. J’ai retrouvé Maman, bien qu’elle ne soit pas en pleine forme, l’essentiel c’est qu’elle soit là. Mais tout est étrange, elle a disparue dans les souks en Afrique et on l’a retrouve en France dans les Pyrénées. Comment a-t-elle pu venir? Ses questions je me les pose alors que nous sommes Maman et moi dissimulés dans l’armoire. Maman a dit si les garçons ne viennent pas tout de suite on va bien vite nous retrouver. Je crois qu’elle délire. Qui sont les garçons dont elle parle ? Moi, elle m’a appelé Rosine, je ne l’ai pas contrarié mais ça ne me plaît pas qu’elle me confonde avec sa soeur vu qu’elle est morte il y a vingt ans. Mamie Anne-Marie en a parlé une fois à table, en me disant tu es aussi casse cou que la soeur de ta mère. Comme je ne l’ai jamais vue, ma Grand-mère m’a répondu elle est morte. Bastien m’a dit ce n’est pas casse cou qu’elle a voulu te dire mais casse c…le. Mais comme c’est un mot vulgaire notre Grand-mère ne va pas le prononcer. Si notre mère me dit Rosine, possible qu’elle ne soit pas morte, et que Grand-mère ait voulu dire qu’elle était morte à ses yeux. Voilà elle a dû partir il y a vingt ans, ou alors elle a fugué.
C’est à ce moment que j’entends des coups de feux. Maman me dit :
Ne me quitte pas Rosine, je t’ai retrouvé, enfin ils arrivent on va être sauvé.
Je n’ai pas le temps de répondre que j’entends des appels et des coups frappés à la porte. Je vais ouvrir et il y a pleins de gendarmes et mon Papa qui nous prends toutes les deux dans ses bras. Nous pleurons tous les trois.
Mes amours, c’est finis ce cauchemar, enfin nous allons pouvoir vivre heureux sans cette sorcière mais il va falloir qu’elle nous explique.
Papa mais qui est la sorcière ?
C’est ta Grand-mère Anne Marie.
Ma Grand-mère …
Oui, mais nous te raconterons tout. D’abord nous devons soigner ta Maman et rentrer rejoindre ma mère, et tes frères.
Mon père n’aime pas sa belle-mère de ça j’en suis certaine mais l’appeler la sorcière et dire à Fabrice le Commissaire de police qu’elle est l’instigatrice de l’enlèvement de sa propre fille, à dix ans c’est difficile de comprendre. Comment sa propre Maman a pu enlever sa fille alors qu’elle était enceinte, la ramener en France et l’enfermer dans le château. Ce n’était pas celui de la Belle au bois dormant. Cette femme je n’ose même pas l’appeler Grand-mère, il doit lui manquer une case comme dirait Bastien.
Les enfants nés des viols naissaient , mais dès que les femmes connaissaient leur état , elles venaient se plaindre à Monsieur de Bougainvilliers. Elles avaient interdiction de le dire sinon leurs maris, leurs fils auraient été bannis de leur maison et bien entendu ils auraient perdus leur emplois.
D’autres avaient préféré faire passer l’enfant, d’autres les avaient abandonnés. Ce n’est pas moins de vingt enfants tous âges confondus qui pouvaient prétendre à la fortune du vieux. Cela allait sur une période de trente ans. Des qu’il était arrivé les femmes avaient subi sa loi. Femmes de chambre, femmes de mineurs, ou jeunes filles et femmes croisées lors de soirées donnees dans la grande maison située hors de la ville. Toutes les couches de la Société étaient passées dans son lit. Voir même sur le sol et dans des lieux improbables du grand public. Ce qui avait paru étrange à Nicolas c’était le sexe des enfants. A part le fils de Chantal, toutes les autres étaient des filles. Mais seule Chantal n’avait rien dit de sa grossesse au vieux. Les autres étaient allé s’en plaindre. Après recherche tous les garçons avaient été déposé dès leur naissance à l’orphelinat de Lille. Par précaution il avait éloigné celles qui refusaient malgré tout d’abandonner leur enfant. Ce n’était pas ce qui manquait comme mines. D’autres avaient été jetés à la rue comme des malpropres. Pour tous les autres les mères devaient présenté leur enfant à la date anniversaire de leur naissance, le vieux dans son immense bonté leur offrant une pièce de cinq francs. La fortune du vieux amassé au fil des ans étaient colossales. Elle fut réparti entre tous les enfants vivants et connus et aussi pour les enfants abandonnés et dont la mère fut capable de donner des renseignements précieux. Une somme pour leur permettre de faire des études et une autre bloquée jusqu’à leur majorité. Quant à Charles, Claire, et Cécile, tous les trois soit majeurs soit en passe de l’être ils décidèrent d’unir leur fortune et d’acheter la grande maison afin d’en faire une partie un résidence pour les personnes âgées travaillant à la mine. Et l’autre partie serait un orphelinat pour tous les enfants abandonnés. Claire refusant même de toucher l’argent sale de ce vieux pervers. Le vieux échappe à la peine de mort réclamé par les avocats de Mariane, Charles et Claire et aussi celui de Cécile. fut condamné à la perpétuité au bagne de Cayenne. La sentence fut immédiate, c’est la seule chose que ce sont accordé les jumelles c’est le voir partir en tenue de bagnard, des boulets aux pieds enchaînés sous les huées des mineurs.
Charles et Annabelle sont resté jusqu’à ce qu’un nouveau directeur soit nommé. Mais deux jours après le départ du géniteur de Charles, Annabelle a accouché d’un joli petit garçon qu’elle a appelé Pierre et dix minutes plus tard naissaient la petite Amélie un peu plus chétive que son frère mais en bonne santé.
Après avoir supervisé le chantier de la grande maison, vu arriver les premiers orphelins, embrassés leur Oncle Stéphane, et permis à leur grands parents maternels d’avoir une chambre pour finir leurs jours ensemble, ils retournèrent vivre au grand air dans leurs vignes. Mais chaque été ils rendaient visite à Chantal qui vivait désormais dans une maison sur le grand domaine, son mari étant à la fois le concierge et le jardinier.
Une année s’est écoulée depuis le procès, la petite Margot n’a pas été inquiétée, elle est même là sur le Domaine et est toujours au service de Mademoiselle Cécile, cette dernière est à nouveau avec son Jules, il file le parfait amour. Le bébé né du viol a été confié à une famille qui ne pouvait pas avoir d’enfants. C’était un joli petit garçon que Cécile avait appeler Robert. De temps en temps elle se renseigne auprès des services sociaux pour voir comment il va, mais elle n’interfère pas dans sa famille. Du jour où il est parti à l’adoption elle a tiré un trait sur lui.
Aujourd’hui les cloches carillonnent car on célèbre le mariage de Nicolas et Claire. C’est aussi le jour anniversaire des jumelles. Elles ont vingt-et-un an. Jules est le témoin de Nicolas, Cécile le témoin de Claire. Sur leurs visages se lit le bonheur. Cécile aurait dû se marier en même temps, mais Claire lui a dit. Tu te maries en septembre et toi aussi tu auras un beau mariage. On fera deux fêtes .
Ce qu’elles se sont promis c’est d’avoir leur premier enfant en même temps ce qui a fait dire à Jules et Nicolas, ça ce n’est pas gagné.
Le lendemain une fois les flons flons éteints alors que la maison semblait endormi, un télégramme est arrivé. Il était adressé à Charles, Claire et Marie Cécile. Il avait été envoyé de Cayenne par le directeur du Bagne. On pouvait y lire ceci : » Nous avons le regret de vous annoncer le décès de Monsieur votre père décédé d’une crise cardiaque alors qu’il subissait sa punition à Cayenne sur la route Numéro 35 au km cent. Vous nous dites si vous voulez faire rapatrier son corps afin qu’il est des obsèques.
Charles a lu et a laissé tombé le télégramme au sol puis il est allé chez lui, il a téléphoné au jumeau de son géniteur en lui apprenant la nouvelle et demandé ce qu’il pensait faire.
Stephane de Bougainvilliers lui a répondu je m’occupe de tout. Quelques jours plus tard est arrivé un courrier où nous apprenions que son corps avait été laissé à Cayenne et enterré comme un indigent. Mais ce qui nous a le plus surpris c’est une petite clef ou notre oncle avait écrit, à moins que ce soit le vieux, à remettre à Claire et Cécile le jour de leur majorité.
Et dix jours plus tard arrivaient aux Domaines un gros colis, a l’intérieur un coffret, il y avait des bijoux, et une somme d’argent colossale en bons du trésor et le montant de lingots d’or qui se trouvaient cachés dans le mur de la chambre de notre géniteur. Ainsi qu’une vingtaine de Napoléon. Fallait-il rejeter cet argent ? Après mûre réflexion, nous nous sommes partagés la somme et mis de côté un petit magot pour le fils de Chantal pour lui permettre de poursuivre des études.
Ainsi va la vie loin de tout ce tumulte, Nicolas a été muté sur Lyon dans un grand commissariat, nous avons une jolie maison dans la campagne environnante et un bout de chou né le vingt-et-un juin pour nos vingt-deux ans car nous avons réussis avec ma jumelle à avoir un bébé le même jour. Mais si moi j’ai un garçon que j’ai appelé Laurent qui pesait 3 kg 750 Claire a une fille elle l’a appelé Laurence , elle pesait 2 kg six cent. Tous les deux vont très bien.
Cecile habite désormais à Marseille car Jules est un tout jeune Commissaire. Ils ont une luxueuse villa et sont aussi heureux que nous.
Nous n’avons pas changé notre nom Charles s’appelle De la Roche Vineuse moi j’ai pris le nom de Stéphane et Claire a refusé de garder le nom des Bougainvilliers, aussi Papa l’a reconnu et nous avons nous les filles le nom de notre époux mais au moins pour nos enfants nos parents sont ceux qui m’ont donnes toute leur affection et Cécile emmené pendant les vacances Laurence à son papy et sa mamie et elle joue avec les enfants de Charles et mon fils Laurent.
Quatre petits enfants vous avez ma chère amie qu’elle chance. Deux paires de jumeaux chez Charles et Claire. Non a répondu Maman seul Charles a eu des jumeaux. Les deux autres sont de mes deux filles. Gageons que la brave amie de Maman n’a rien du comprendre. Mais pour nous c’était une belle vie qui commençait. Enfin ! Il était temps.