La mer, gardienne des mémoires ! (2)

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Lou, juillet 1981

En repartant elle se souvenait de cet été, celui de ses dix-sept ans. La bande à Erwan se retrouvait sur la plage des Sables Blancs. Elle, cheveux noirs au vent, pieds nus était arrivée sur Névez au mois de juin pour passer des vacances chez sa Grand-mère. Erwan l’avait remarqué de suite. Elle était toujours entourée d’une pléiade de garçons et de filles. Mais Lou ne pensait qu’à ce jeune homme rencontré un soir de Fest-noz l’an passé. Ce n’était que pour lui que son coeur battait. Il lui avait écrit, cette année à nouveau il serait de retour.

Le mois de juillet venait de s’installer sur le Finistère. Les plages encore vides laissaient passer le vent salé, et le ciel se parait de nuances douces entre nuages et soleil. Lou venait de décrocher son bac scientifique, et cet été s’annonçait comme le premier sans les contraintes de l’école. L’an prochain elle irait en Angleterre poursuivre ses études.

Erwan, fils de militaire, observait souvent Lou avec une attention silencieuse. Il la remarquait depuis longtemps : ses cheveux noirs, mi-longs, qui bougeaient au rythme du vent, ses pieds nus, qu’elle laissait parfois glisser sur le sable ou l’herbe humide, son regard vif et curieux. Elle répondait simplement au prénom de Lou, sans jamais expliquer d’où venait cette originalité dans son allure.

Lou était métisse, arrivée de l’île de la Réunion, et vivait uniquement avec son père, gendarme. Ce dernier à la suite du décès de sa belle-mère était venu dès juin régler la succession, Françoise sa femme était décédée lorsque Lou avait dix ans. Elle était fille unique.

Sa vie était simple, discrète, rythmée par les routines de son père et les sorties avec ses amis. Mais il y avait en elle quelque chose de singulier, une liberté qu’on devinait dans chacun de ses gestes, une façon de se fondre dans le monde tout en restant à part.

Erwan la regardait marcher sur le sable, ses pieds effleurant l’eau turquoise ou l’herbe des dunes, et il sentait qu’elle portait déjà quelque chose d’intime et de secret, un mélange d’espoir et de mélancolie qu’il ne comprenait pas encore.

C’est le soir du 14 juillet qu’Erwan en voyant le bel homme auprès de Lou eu son rêve brisé. Ces deux-là étaient sur un petit nuage. Ils s’aimaient.

Année 1985

Quatre ans avaient passé depuis ce matin ensoleillé en Bretagne. Sur la côte ouest de l’Irlande, là où les falaises plongent dans l’Atlantique et où les plages sont rares et sauvages, un randonneur marchait seul, sac au dos, le visage rougi par le vent. Il avait quitté Galway avant l’aube et suivait un sentier escarpé qui serpentait le long de la mer.

La brume du matin donnait au paysage un aspect irréel : les vagues frappaient les rochers avec un bruit sourd et régulier, et le sable noir semblait absorber toute couleur.

Soudain, quelque chose attira son regard. Entre deux rochers, à moitié recouverte par le sable humide, une bouteille de verre vert brillait sous les rayons de l’aube. Intrigué, il s’agenouilla et la ramassa. Le bouchon de liège tenait encore, scellé d’une cire rouge.

Il secoua légèrement la bouteille et entendit le cliquetis d’un objet métallique à l’intérieur. Curieux, il sortit un couteau et fit sauter le bouchon. Un ruban blanc glissa sur le sable, suivi d’une boucle d’oreille en or, fine et délicate. Puis il déplia le morceau de papier soigneusement plié.Les mots étaient simples, mais étrangement puissants :

« À celui qui m’a promis de revenir.J’attends encore, là où la mer finit.Si tu lis ceci, appelle-moi.Peut-être que le temps nous aura rendus étrangers,mais la mer, elle, se souvient toujours. » Lou

En dessous, un numéro de téléphone français :

02 98 82 20 80

Le randonneur resta figé. Le papier tremblait dans sa main. Il ne connaissait pas cette fille, ne savait rien d’elle, et pourtant, quelque chose dans ce message le frappa au cœur. Le ton, la solitude, l’urgence silencieuse… tout lui semblait réel, trop réel pour être un simple jeu.

Sans réfléchir, il sortit son carnet et nota le numéro. Une idée s’imposa, irrésistible : il devait appeler. Mais avant cela, il leva les yeux vers l’océan. La mer avait ramené cette bouteille jusqu’à lui, au bout de son monde. Qui l’avait lancée ? Qui l’attendait ? Et pourquoi ce numéro semblait-il contenir plus qu’un simple appel ?

Il remit la bouteille dans son sac, le cœur battant. Ce qu’il allait entreprendre, il le sentait, ne serait pas un simple appel. C’était le début d’une quête, obscure et troublante, qui le conduirait peut-être… là où la mer avait voulu qu’il aille.

A suivre…

La mer , gardienne des mémoires !

Le vent soufflait depuis trois jours sans relâche. La mer avait grossi, grise et nerveuse, charriant des fragments de bois et d’algues, comme si elle refusait tout ce qu’on lui confiait.

Sur la plage des Sables Blancs, une jeune fille marchait lentement, tête baissée, les cheveux collés au visage. Dans sa main, une bouteille de verre vert pâle, polie par le temps, trouvée dans le grenier de son père. Elle l’avait nettoyée avec soin, essuyée longuement, comme si elle voulait qu’elle reflète fidèlement ce qu’elle y mettrait.

Elle sortit de la poche de son manteau trois choses :une boucle d’oreille en or, fine, presque effacée par l’usure ;un ruban blanc, noué mais légèrement déchiré ;et un morceau de papier plié en quatre, couvert d’une écriture serrée.Elle resta longtemps immobile, les yeux fixés sur le papier. Elle lut une dernière fois ces mots qu’elle avait griffonnés d’une main tremblante :

« À celui qui m’a promis de revenir.J’attends encore, là où la mer finit.Si tu lis ceci, appelle-moi.Peut-être que le temps nous aura rendu étrangers,mais la mer, elle, se souvient toujours.

Puis, tout en bas, un numéro de téléphone, écrit avec soin, comme pour conjurer l’effacement.Elle glissa le papier dans la bouteille, suivie de la boucle et du ruban. Elle la ferma avec un bouchon de liège, scellé à la cire.Le vent redoubla. La fille s’avança jusqu’à ce que l’eau lui lèche les genoux, leva la bouteille à hauteur du ciel, murmura quelque chose — un prénom peut-être — puis la lança de toutes ses forces.La bouteille disparut entre deux vagues.Elle resta là un moment, les bras pendants, avant de tourner le dos à l’océan.

A suivre…

Si la lande m’était contée

La vie a repris son cours, les abeilles bourdonnent autour des fleurs, attirées par leur nectar, tandis que les oiseaux chantent des mélodies joyeuses, célébrant la beauté éphémère de la nature et ce sauvetage.

Je vais plus loin, je m’ aventure sur les sentiers de la lande découvre un monde à part, où le temps semble s’arrêter. Les ajoncs, avec leurs épines acérées, rappellent la force de la nature, tandis que la douceur des fleurs de bruyère évoque la tendresse du paysage. Ensemble, ils tissent une harmonie fragile mais puissante, invitant chacun à s’arrêter, à contempler et à ressentir.

Un peu plus loin les ajoncs se mêlent à des arbres tordus, témoins des tempêtes passées. Ici, le silence règne, rompu uniquement par le souffle du vent. C’est un lieu de recueillement, de retrouvailles avec soi-même. En levant les yeux, on peut apercevoir des nuages qui dansent au-dessus de la lande, des formes éphémères qui évoquent des rêves oubliés.

La petite chapelle a fière allure entourée de ses couleurs violettes et jaunes. Ils font comme un patchwork. On ne sait qui des fleurs ou de la chapelle veillent sur l’autre. Ils ne font qu’un.

La lande bretonne est bien plus qu’un simple paysage ; c’est un appel à l’évasion. Elle invite les curieux à explorer ces vastes étendues, à se perdre dans ses couleurs et ses parfums, à laisser leurs pensées s’envoler avec les nuages. Chaque saison, chaque instant, offre une nouvelle palette, une nouvelle histoire à découvrir.

Alors, si vous cherchez un lieu où le temps s’arrête et où la beauté règne en maître, n’hésitez pas à vous aventurer sur la lande bretonne. Laissez les ajoncs et la bruyère vous accueillir, laissez-vous envoûter par leurs couleurs, et plongez dans cet océan de sensations qui ne demande qu’à être exploré. La lande est là, prête à vous révéler ses secrets, à vous offrir un moment de sérénité au cœur de la nature sauvage.

Le Finistère

Sur la carte de la France
Tu avances
Nez en avant
Face à l'océan
C'est là où la terre s'achève.
Sous le souffle du vent
La terre de Cornouaille
Donne à ses rochers
Des tailles fantasmagoriques
Rappelant les légendes
Du pays Celte en Armorique
Entre landes et océan
Du haut de ses falaises
Domine la pointe du Raz
En face d'elle
Emergeant tout juste
Voici l'île de Sein
Ici où là  des éperons rocheux
Se souviennent de sites fortifiés
Font vivre les légendes
De chemins, de promenades en sentier
Arrêtons-nous à Pont-Croix petite cité médiévale
C'est une halte obligée
Pour brutalement plongé
Au cœur du Moyen-Age
De la Pointe de Pen-Hir
En passant par les criques verdoyantes
Du Cap de la Chèvre
Nous voici au cœur de ce Finistère
Sauvage et authentique
N'oublions pas la pointe du Van
Non loin de la baie des Trépassés
Lieu envoutant
Les rochers ont des noms
Comme Merlin et Morgane
C'est ici que j'admire les flots déchainés.
Novembre 2017 copyright (Ecume sur un océan de mots)