Le retour

 

 

 

Elle se souvenait de la raison exacte pour laquelle Marion, puis Maud avait quitté Tony et pour quelles raisons elles
avaient quittés toutes les deux la région. Sa grand –mère un beau matin avait dit que Léon était son demi-frère, personne n’en n’avait la preuve, mais tous les deux leur l’avaient révélés au
décès de Pierre le grand-père de Marion. Du vivant de grand-père il en avait été jamais question, tout au plus, Marion se souvenait que ses parents et son parrain voyaient d’un mauvais œil ses
fréquentations avec Tony, mais tant que c’était resté une amourette de vacance ils n’avaient rien dit, c’est lorsqu’elle avait dit : « quand nous serons adultes on se mariera
ensemble » que ses parents et sa grand-mère lui avaient fait cette révélation.

Jack en quittant Marion c’était bien rendu compte que sa cousine était troublée par l’apparition de Tony. La rencontre de
Tony le ramenait 15 ans plus tard lorsqu’il avait dit à ses parents que Sandra et lui allaient se marier. Son père s’était assis dans son fauteuil, la tête entre ses mains et lui avait dit
qu’elle était sa cousine au même titre que Marion, Maud, Magalie et Myriam. Bien entendu Tony ne comprenant pas avait fuis le domicile et rejoint Sandra auprès de la fontaine comme tous les soirs
d’été et elle était là en pleur, ne comprenant pas, il l’avait questionné et il l’avait appris de sa bouche toute leur histoire commune.

Son père venait de lui dire que lui vivant jamais elle n’épouserait Jack car il était son cousin germain, enfin demi
cousin, Antoinette sa grand-mère avait eu un fils, lui-même hors mariage et qu’en fait son grand père ce n’était pas Léon mais Pierre le grand-père de Jack. Abasourdie elle aussi, elle était
partie se réfugier dans la nature et c’est la raison pour laquelle tous deux s’étaient retrouvés. Il se souvient aussi être allé voir les parents de Tony et Sandra pour essayer de les convaincre
qu’être à moitié cousins n’étaient pas si grave, mais son père n’avait rien voulu savoir, de plus Sandra n’avait que 17 ans au moment des faits, elle allait avoir ses 18 ans que fin décembre.
Aussi tous les deux s’étaient donné rendez-vous après sa majorité, mais hélas rien ne s’était passé comme prévu. Dans les semaines qui avaient suivis cette révélation le père de Sandra fut nommé
hors de France et Sandra contrainte et forcée l’avait suivi. Depuis Jack n’avait eu aucune nouvelle,  même tout à l’heure il n’avait rien demandé à Tony et pourtant quand il avait vu il
avait tant espéré que de lui-même il lui donnerait des nouvelles de sa sœur. De plus il ignorait si Marion était au courant, et ne s’étant jamais confié sur sa relation avec Tony, il n’avait
jamais abordé ce sujet, mais au vu de son visage bouleversé il en avait conclu de lui-même qu’elle aussi, elle savait. Mais avait-elle la vraie version et non celle que ses parents lui avaient
donné. En arrivant sur Marseille, il chasse ses idées de sa tête et rejoint rapidement sa sœur qui est venue l’attendre pour l’emmener dans la villa de leurs parents sur Cassis. Il évitera de
parler de la rencontre avec Tony et se bornera à sa rencontre avec sa cousine pour la réfection du village. Son père il en est certain haussera les épaules car il a tiré un trait sur son village
de Haute Savoie, mais sa mère sera prête à les soutenir car elle a toujours regretté leur départ de la région quand lui et sa sœur était encore enfants.

Du reste c’est exactement comme Jack l’avait pensé que son séjour s’est passé, mais avec Manon ils ont réussis à joindre
la plupart de leurs cousins et cousines et tous ont approuvés leur rencontre au village de Bonne Maman. Si il a confié la raison à sa cousine Maud c’est parce qu’il voulait l’avertir qu’elle se
retrouverait face à Tony et qu’il ne voulait pas courir le risque d’un problème. Mais Maud est follement amoureuse de son Jérôme et elle a tiré un trait sur cet épisode malheureux, mais elle sera
présente avec son mari qui est charmé de retrouver la joyeuse bande de cousins et cousines de sa femme qu’il avait eu le temps de voir lors de leur mariage l’été dernier. N’ayant plus rien à
faire sur Marseille, il regagne Paris avec sa sœur qui ira loger chez Marion et ils rendront visite à leur association dans le courant de la semaine pour leur exposer leurs idées.

Au moment où Jack et Manon arrivent à l’appartement de Marion, ils voient sortir leur tante, cette dernière pleure, ni
l’un ni l’autre ne comprennent, elle passe à côté d’eux sans les voir. Ils se dépêchent de monter et trouvent Marion, elle est encore sur le seuil de sa porte et se dispute vivement avec son
père. Ne voulant se montrer, ils font mine de descendre mais leur oncle les aperçoit et leur dit :

En espérant mes chers neveux que vous pourrez faire comprendre à votre cousine dans quelle galère elle veut se mettre en
épousant Tony.

Tony si ça se trouve n’est pas mon cousin, Maman est dans l’impossibilité de me prouver la filiation, il n’y a rien qui le
prouve, ou tout au moins nous n’avons jamais mis la main sur un papier quelconque qui le prouverait.

Jack a le droit et le devoir d’interrompre sa cousine et son père en leur révélant la version du père de Tony. Une fois
qu’il les a mis au courant, il sent que son oncle et sa tante qui est revenue sont perplexe. Ils décident de faire des recherches car si cela se trouve ils ne sont même pas parents. De plus sa
mère Marie n’en n’a jamais fait cas et elle la dit que poussée par sa fille lorsque sa petite fille a parlé de mariage.

 Mais maman comment l’as-tu su ?

C’est Léon, un soir d’hiver lors d’une rencontre entre nos deux familles qui l’avait dévoilé Cela avait jeté un froid,
mais Papa en avait ri et cela en était resté là. Mes parents après la révélation de Léon nous ont réunis tous les 5 et nous ont dit de s’en tenir à la version suivante que Léon et Marie était
demi-frère et sœur.

Mais crièrent en chœur, Marion et Jack pourquoi accuser Bonne Maman et le grand-père de Tony alors qu’ils n’y étaient pour
rien.

Tous les deux avaient eu la même nourrice et cela pouvait se comprendre alors que de dire qu’Antoinette et grand-père
avaient fauté c’était jeté l’opprobre sur les deux familles et comme dans les villages tout le monde était plus ou moins parents, cela risquait de partager le village en deux. Cela aurait pu en
rester là si tous les deux vous ne vous etiez pas mis en tête d’aimer Tony et Sandra.

Mais si Bon Papa en a ri je pense qu’il y a autres choses, si ça se trouve ils ont voulu protéger Antoinette, et le
grand-père de Tony avait sûrement bu un peu trop du » vieux marc » pour tenir des propos pareils.

Je ne vois pas pourquoi nous aurions à payer vos fautes successives. Sur ce, je ne vous retiens pas.

Marion gentiment a mis à la porte ses parents tout en leur disant, si le 15 aout je revois Tony je me déclarerais et si
vous ne voulez pas assistés à mon mariage et bien tant pis pour vous. J’aurais dû être plus virulente il y a dix ans quand je vous l’avais dit, car aujourd’hui on ne serait pas là à se disputer,
si ça se trouve nous aurions déjà des enfants et tous les deux vous seriez grands-parents. Vous avez gâchés ma vie.

A ce moment-là, Jack est intervenu pour calmer les esprits et il a même fait l’effort de repartir avec son oncle et sa
tante assez chagrinés. En refermant la porte, Marion et Manon étaient assez mal, mais aux cours des jours qui suivirent, ni l’une ni l’autre n’ont fait allusion à cette soirée.

Huit jours plus tard, Jack est venu les chercher, ils se rendent à leur association de sauvegarde des villages. Jack au
cours de la semaine a fait part à deux ou trois de ses amis de son projet et il a reçu quelques dividendes pour parer aux premiers frais et la promesse que dès septembre ils seraient là pour
l’aider. Aussi, fort de ces aides précieuses il se sent en force face à « l’Asso ». Les voici réunis autour de la table et Marion faisant toute confiance à Jack le laisse exposer leurs
idées et projets. Un débat s’en est suivi et à la fin il a été décidé de voter, Trois projets ont été exposés ce soir-là et seuls deux seront retenus. Le village de  Jack pour le premier
projet, ensuite c’était un village en basse Ardèche et un autre village dans le Lubéron. A l’unanimité ils décident de voter à bulletin secret, seule Manon qui les a accompagnés ne votera
pas.

Sur le chemin du retour ils chantent des chansons de leur enfance, leur projet a eu la majorité des voix, ils pourront
avoir une bonne somme pour commencer, il y aura du travail mais ils savent que demain les cris et les rires résonneront à nouveau dans le village de leur enfance.

 

Nous voici au matin du 15 aout, la veille Jack, Tony, Sandra et Marion ont tenu à se retrouver tous les quatre. Tony le
plus âgé avait appris par sa grand-mère son secret, mais comme il avait promis de ne jamais le révéler, il ne l’avait pas fait. Mais aujourd’hui cela met dans la peine deux familles et lui étant
amoureux de Marion et sa sœur de Jack, il faut leur révéler ce secret.

Antoinette était fort jeune lorsque ce grand malheur s’était abattu sur elle, elle s’était retrouvée enceinte après un
viol alors qu’elle avait à peine 15 ans. Son père quand il l’avait su était rentré dans une colère immense et comme il connaissait le papé il l’avait chargé de trouver un homme pour sa fille et
on l’avait marié de force à Léon qui aimait Bonne Maman. Votre Grand-mère était effectivement sa sœur de lait et comme ils avaient grandis ensemble ils étaient fort proches et avaient toujours
pensés qu’ils passeraient toute leur vie ensemble  mais le destin les avait éloigné. Votre grand-mère a de suite adopté celle qui allait devenir la femme de son Léon, elle l’a considérée
comme sa petite sœur et jamais elle ne lui a témoignée  de l’animosité, au contraire elle la aidé et même c’est elle qui l’a accouché quand tout le village leur tournait le dos. Puis, elle a
rencontré Pierre alors qu’il était dans un maquis sur le haut plateau mais cette histoire vous la connaissez. Ton père, Jack et mon père car grand-mère Antoinette avait eu un garçon ont été
élevés ensemble. Puis d’autres enfants étaient nés dans leurs deux familles, Léon a eu une fille et un garçon et son amie Marie après ses 4 garçons a réussie à son tour à avoir une fille et plus
tard ta maman Marion était tombé amoureuse de mon père et Léon voyant cela d’un assez mauvais œil avait brisé leur amour en leur tenant les propos que vous connaissez.

« Tu ne peux pas épouser Francine, c’est ta demi sœur, ta mère l’a eu avec Pierre »

Grand-mère Antoinette a toujours pensé que son mari était jaloux de Pierre car lui avait épousé la femme qu’il aimait et
tant qu’à faire ni ses enfants ni ses petits enfants auraient le droit d’épouser ses descendants. Aussi lorsqu’ à la réunion de famille alors qu’il avait bu, quand il a annoncé qu’ils étaient
frères et sœurs, personne n’a osé s’opposer à lui, car tout le monde savait qu’il piquait des colères énormes. Mais un deuxième destin fut brisé celui de mon père et de ta mère.

Mais pourquoi m’empêcher de me marier avec ta sœur, cela n’a pas de sens, elle est la fille de ta tante qui elle n’a rien
à voir avec ton père, c’est seulement sa demi-sœur.

En effet mais grand-père a toujours eu peur que l’histoire se renouvelle et il préférait que nous soyons amis et non
mariés. Mais maintenant, nos parents sont capables de passer outre et au vu des papiers que je leur ai remis à tous les quatre la semaine passée ils ne peuvent s’opposer à nos mariages. Pour le
reste de la famille ils vont se faire une joie d’assister à un double mariage. Laissons derrière nous ces vieilles histoires.

Mais Marion se sent mal à l’aise, elle aimerait savoir quelques choses mais se demande si sa question ne va pas mettre le
feu au poudre, allez, elle se lance, tant pis si sa question est incongrue.

Sait-on s’ils ont su qui avait violé ta grand-mère ?

En fait il n’y a jamais eu de viol, ma grand-mère avait dit ça pour éviter la colère de son père et s’il ne l’avait pas
frappé comme il l’aurait fait en temps ordinaire, il l’avait envoyé loin de lui pour éviter de voir le regard de ses voisins. Elle ne lui a jamais avoué la vérité, il est mort sans avoir revu sa
fille et sans connaître son petit-fils.

Mais alors dit Marion qui était l’amour d’Antoinette, te l’a-t-elle dit ?

Oui, c’était un jeune du village qui est mort plus tard lors des combats dans le maquis. Mais Grand-Mère Antoinette a été
très heureuse avec Grand-Père Léon.

Ils ont discutés toute la nuit et au petit matin ils accueillent leurs cousins et cousines, les petits enfants de Marie et
Pierre ainsi que les petits enfants de Léon et Antoinette car ils sont liés tous ensemble. C’est Jack qui prend la parole. Il revient un peu en arrière au temps où ils jouaient pendant les longs
mois d’été, ils sont tous tristes de voir que le village au fil du temps s’est dégradé mais enthousiasme à l’idée que vient de leur exposer leurs cousins et amis. Il y a plusieurs clients de Tony
qui s’associent à ce long projet ainsi que les petits enfants d’anciens villageois. Tony et Jack ont fait une longue enquête pour tous les retrouver. Voilà il faut trouver un nom pour leur projet
afin de pouvoir avoir des subventions, ils ont jusqu’à ce soir pour faire leurs propositions.

A la nuit tombée ils sont réunis autour d’un feu de camps et Marion à son tour prends la parole :

Après avoir examiné toutes vos propositions nous avons décidés à l’unanimité de prendre le nom qui revenait souvent ce
dont je vous remercie « Les amis de Marie et Léon », et Marion pense tout bas comme cela vous êtes réunis dans ce projet au-delà de la mort. Et personne ne vous en veut d’avoir
gardé un secret, même si pendant dix ans j’ai souffert de ne pouvoir épouser l’homme que j’aimais.

Puis Jack et Tony annoncent à tous que l’an prochain à la même date il y aura un double mariage dans la petite chapelle du
village, leur travail d’ici là aura bien avancé. Et c’est sous un tonnerre de vivats que tous se séparent en se donnant rendez-vous pour remettre en état la maison de Léon et Antoinette, quant à
la maison de Marie et Pierre elle s’est mieux conservée et Marion et Tony vont y habiter puisqu’ils ont décidés de rester dans leur village.

 

Fin

 

Marion

 

 

Lorsque Marion entend pleurer sa mère, elle se précipite à l’intérieur de la chambre, ouvre les volets et à son tour 
comprend, sa grand-mère a quitté le monde des vivants. Elle la regarde, elle la trouve belle dans la mort, son visage a l’ombre d’un sourire, elle est allée retrouver son « Pierrot « 
comme elle doit être heureuse. Elle prend sa mère dans ses bras, sanglotent un peu et se ressaisissent. Il faut vite qu’elles appellent les autres, en espérant qu’ils ne soient pas trop loin sur
la route. Pourvu que le frère de Marion n’est pas déjà pris son train. Marion lui téléphone rapidement et l’informe de ce qui vient de se passer, il se charge d’appeler son père et ses oncles,
comprenant que sa mère a d’autres choses à penser et lui dit qu’il rentre sur Paris et reviendra pour l’enterrement, il ne peut pas laisser son travail comme cela, il préfère faire ainsi, Marion
le comprend, elle-même, la petite dernière est encore en vacance, elle va épauler sa mère et après elle rentrera, quand les choses seront réglées. Pour l’instant elle est un peu sous le choc,
surtout lorsqu’après avoir téléphoné à son parrain elle l’entend dire, elle nous a fait un sale coup, elle a honte des propos de son oncle, elle ne le comprend pas mais elle n’insiste pas et le
laisse maugréer tout bas. Que doivent penser les jumeaux à peine âgés de 5ans devant les propos de leur papy se dit-elle.

Marion arrête la comtoise à l’heure approximative de la mort de sa grand-mère comme cette dernière lui l’avait demandé il
y a à peine quelques semaines quand avec sa petite fille elle avait évoqué son départ définitif de cette terre ou elle n’avait plus rien à faire puisqu’on lui imposait de partir de son chalet.
Marion la comprenait, du reste elle avait proposé à ses parents de rester avec Bonne Maman, mais son père s’y était opposé, mais aujourd’hui elle regrettait de ne pas lui avoir tenu tête. Surtout
qu’elle avait fêté ses 18ans il y avait une semaine. Qui sait pense-t-elle si elle avait dit à sa grand-mère qu’elle resterait avec elle l’hiver, possible qu’elle ne serait pas morte. En
attendant le médecin, elle en discute avec ses cousines qui elles aussi étaient resté pour dire au revoir à leur grand-mère, elles ne savent que lui dire mais repensent à leur journée et se
disent elles aussi que leur grand-mère a eu une belle mort et que dans un sens elle ne saurait jamais que ses fils étaient partis sans l’embrasser.

Quelques jours plus tard ils sont tous réunis dans la petite chapelle pour un dernier adieu à leur aïeule, même le père de
Marion et son cousin du Québec sont là. Il y a eu un dernier débat pour savoir où ils allaient l’enterrer mais Marion et sa mère ont tenu bon, elle voulait rester dans son village et bien nous la
laisserons dans son cimetière au côté de Bon Papa Pierre. Pour éviter la polémique ses frères se sont inclinés. Ils ont fermé la maison et ils sont tous partis vaquer à leurs occupations en se
promettant de se revoir ici dans un an.

Aujourd’hui c’est le 14 juillet mais ce n’est pas un an après c’est dix ans plus tard, en effet ils sont revenus les deux
premières années puis, ils ont vidés la maison et petit à petit ils ont espacés leur déplacement dans ce village qui au fil des ans s’est dépeuplé totalement. Aujourd’hui Marion est de retour
avec un de ses cousins, la maison est glaciale mais ils ouvrent les volets et le soleil éclaire l’intérieur modeste ou ils ont vécus des vacances inoubliables lorsqu’ils étaient enfants. Au sol
une photo jaunie oubliée lors du dernier déménagement, ils se penchent dessus et à la vue de leurs bouilles d’enfants se souviennent de tout ce qu’ils ont vécu chez leur grand-mère adorée.

Que sont-ils venu faire après toutes ces années, ce village est vide d’habitants, ici ou là des maisons sont à moitié
écroulés, celle de leur grand-mère tient comme par magie mais il va falloir l’étayer, Jack qui est architecte va s’occuper de ça et après il leur faudra tirer des plans sur la comète. Voir par
quels bouts ils vont commencer. Car ils font partie d’une association qui a décidé de réhabiliter les vieux villages abandonnés et Marion et Jack ont de suite pensé à Mamie Marie qui serait
heureuse de voir que deux de ses petits enfants ont envie de le faire revivre. Ils sont là en éclaireurs pour dire quels sont les besoins de leur village et de voir à quelles portes ils vont
devoir frapper. Ils devisent tranquillement lorsqu’il voit arriver un promeneur, de loin ils ignorent qui il est, connu ou inconnu. Jack opte pour un randonneur qui va dormir dans une maison
abandonnée, ils ont vu en contre bas deux ou trois maisons plus ou moins habitées mais malgré tout en piteux état. Le promeneur ou plutôt randonneur car il a tout l’attirail pour une excursion en
montagne s’arrête à leur hauteur en disant :

Alors là je n’en crois pas mes yeux, mais que faîtes-vous là ?

Stupéfait, Marion et Jack l’observent, certes il ne leur paraît pas inconnu mais ne peuvent lui mettre un nom. Du reste ce
dernier éclate d’un rire franc et leur dit :

Ai-je tant changé que vous ne me reconnaissez pas ? Je suis le petit fils à Antoinette et Léon.

Marion se lève et se jette dans ses bras.

Cela fait 8 ans que l’on ne s’est pas vu, c’est la dernière année ou je suis venue, mais Jack pour toi cela date de l’enterrement de Grand-Mère.

Jack est tellement heureux de retrouver ici son copain d’antan, oui il a changé mais comme lui, ils ont quelques années de
plus mais quand il le revoit tout lui revient en mémoire, leurs jeux et la tartine de confiture de leurs grand-mères respectives. Quant à son grand-père Léon, c’était le frère de lait de Bonne
Maman Marie, ils avaient été sauvés par la »Mamé «  une mère nourricière. Tony parle de son grand-père, qui avait tant regretté de ne pas avoir embrassé sa grande sœur de lait,
surtout après avoir appris sa mort. Il l’avait suivis de six mois, comme si lui aussi avait regretté d’avoir quitté sa maison et ses montagnes.

Après avoir échangés tous leurs souvenirs d’enfance, Tony leur demande ce qu’ils font ici. Marion lui expose la situation
et le désir qu’ils ont tous les deux de réhabiliter le village de leur enfance, il est à son tour enthousiasmé, surtout que lui n’a pas quitté ses chères montagnes, il est guide de Haute
montagne, du reste il rentre d’une course avec un client et il lui avait parlé de ce village abandonné et il semblait intéressé. Tout en discutant ils voient arriver le randonneur. Il présente
ses amis et brièvement lui dit ce qu’ils ont envie de faire, ce dernier trouve cela formidable et leur laisse une adresse sur Paris et veut bien donner un coup de main, il a une entreprise de
travaux publics. Tony et son client quittent le village après en avoir fait le tour ainsi que Marion et son cousin ; mais eux deux vont au petit cimetière s’incliner sur la tombe de leurs
grands-parents et redescendent dans la vallée

Tous les deux trouvent triste d’avoir vu quelques  maisons effondrées, ils se souviennent des cris des enfants quand
ils venaient les deux mois d’été chez leurs grands-parents. Tous deux se disent que la tache va être immense, il va falloir se retrousser les manches. Marion a une idée et décide de faire une
grande réunion de famille pour que tous les cousins et cousines se retrouvent en aout comme autrefois et voient tous ensemble de quelles manières ils peuvent s’investir. Jack trouve son idée
forte intéressante et il décide d’envoyer les invitations. Ils se répartissent la bande de cousins et cousines, ceux qui sont mariés avec enfants viendront-ils, ils l’ignorent, mais ils vont leur
faire comprendre que si leurs conjoints ne peuvent venir qu’au moins les cousins en ligne directe viennent, c’est important. Et tous les deux décident de ne pas leur dévoiler la raison exacte
comme cela la surprise peut jouer en leur faveur.

 

Lorsque Marion reprend son TGV, elle est un peu chamboulée d’avoir retrouvé Tony c’était son amour d’enfance, ils ne se
sont pas vu depuis le 30 aout 2000 et le revoir devant la maison de sa grand-mère c’est fort étrange, car c’est là qu’elle l’avait quitté. Comme il est devenu beau, il a le visage buriné comme
tous les alpinistes et il est égal à lui-même. Elle a regardé si il avait un anneau à sa main, elle n’a rien vu, elle l’espère que lui n’a pas sentis son regard, comme elle serait gênée, même si
ils s’étaient promis de se retrouver. Cela ne s’était jamais fait, ils s’étaient revu mais elle traînait à l’époque avec son écologiste et lui trainait avec sa cousine Maud, puis Maud l’avait
laissé puisque l’été dernier elle avait épousé un parisien. Marion avait été plaqué par son utopiste et depuis était seule, son travail auprès des enfants handicapés la prenaient totalement et
elle n’avait pas songé au mariage, mais là d’avoir retrouvé Tony, elle était fort songeuse. Dans sa poche son téléphone vibre, elle regarde qui lui téléphone, c’est sa maman. Elles échangent des
nouvelles, Marion ne lui parle pas de sa rencontre avec Tony, elle ne veut pas affoler sa mère, et puis elle lui rappellerait cette histoire vieille de plus de vingt ans qui avait brisé sa
 vie. Pourvu que Jack ne le dise pas à ses parents, ils devaient se rendre chez eux sur la côte. Doit-elle l’appeler et lui dire de ne pas en faire allusion, mais alors il lui faudrait lui
faire cette révélation, et elle ignore s’il est au courant, Maud et Marion n’étant que ses cousines et sa sœur Manon n’a jamais succombé au charme de Tony.  Mais Jack, lui non plus ne s’est
jamais marié et Marion l’avait  souvent vu avec Sandra la petite sœur de Tony. Et, à ce moment, elle comprend pourquoi il lui a dit qu’il ne se marierait jamais, ne pouvant épouser la femme
qu’il aimait. 

Alors Marion comprend que Jack a eu aussi cette révélation, et elle fond en larmes…..

 

A suivre

Enfermé

Buvant ce breuvage

au goût amer

ton cri

résonne dans la nuit

emprisonnée dans ta souffrance

tu ne vois rien

c’est le néant.

La passion ne fleurit plus

il en est ainsi

j’ai fuis la cage dorée

ou j’étais enfermé

ton regard vert

frissonne

tu as compris

je franchis

la ligne d’horizon

c’était notre dernière dispute

je ne puis rester

mon amour

ma passion

vit sans moi

Adieu.

 

 

Complainte dans la nuit

 

A l’encre de ses mots

elle t’as ouvert son coeur

dans la nuit de tes maux

tu n’es plus vainqueur.

 

Tu découvres le clair-obscur

en pleurant son absence

détestant ce que cela te procure

tu cries devant ton impuissance.

 

A jamais disparaissent

tous ces temps heureux

tu vois elle te délaisse

tu en deviens peureux.

 

Doucement ses pas s’effacent

garde en toi son image

bientôt plus aucune trace

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La clinique des Myosotis

 

 

Dans la salle d’attente de la clinique les Myosotis il y a en cette après midi de septembre pas loin de 9 patientes qui
devisent tranquillement ou lisent des magasines.Deux d’entre elles papotent et piquent des fous rires. Lorsque la porte s’ouvre, Jeanne entre, nul ne la connaît. Toutes sont des habituées, mais
cette dernière est inconnue.Du reste, Jeanne sentant les regards fixés sur elle commence à éprouver une gêne.

Elle s’assoit et sort un livre de son sac et les conversations reprennent comme si le tic tac de l’après midi ne se souciait
plus de la nouvelle venue. Liliane et Rose en riant interpellent Jeanne. Alors lui disent elles:

– Vous êtes venu voir le bel homme.

Jeanne interloquée ne sait que dire.

– Qui est beau murmure t elle?

Les deux péronnelles éclatent de rire et ajoutent:

–  Vous n’êtes pas à la clinique des myosotis en vue de subir une liposuccion ou autres choses?

Jeanne sans se démonter les remet  à leur place en leur disant:

Il n’y a pas que les perruches qui ont besoin de conseils avisés et tout le monde ne se fait pas refaire les seins.

Les dîtes perruches se taisent sous l’affront et ne pipent mot jusqu’à l’arrivée de la secrétaire appelant l’une d’elle.

Liliane se retrouvant seule s’excuse auprès de Jeanne de leurs propos déplacés et veut la mettre en garde. Mais Jeanne assez en
colère ne l’entends pas ainsi.

– Au vu de vos propos de tout à l’heure qu’avez vous de si important à me dire 

 

Liliane se trouve rapidement en position de retrait devant le regard furibond de cette jeune femme. Et se confond une nouvelle
fois en excuse. Mais à l’autre bout de la salle d’attente, une femme d’un certain âge qui jusqu’à présent est restée silencieuse intervient à son tour et lui tint ces paroles:

 

‘Ce que n’ose vous dire cette dame , moi je vais vous le dire. Je ne porte aucun jugement sur vous mais je préfère vous avertir
, notre grand ponte est certes un excellent médecin mais hélas il a des a priori et le plus important c’est qu’il n’a pas sa langue dans sa poche, aussi il vaut mieux que vous soyez avertis de
ses manières de…

Elle cherche le mot le plus approprié et ne le trouvant pas lui lance,

– De rustre. 

A ces mots, Jeanne  a pâlie et se demande bien à quelle sauce le grand médecin va la manger. Ce qu’elle entend va la
bouleverser au plus haut point. Est il pensable que ce médecin dont elle a entendu parlé comme d’un homme sympathique soit le rustre que l’on vient de lui décrire. Que faire pense t elle,
elle se tord les mains, balbutie des mots sans suite et brutalement tourne les talons et s’enfuie.

 

Les femmes présentes dans la salle d’attente sont stupéfaites de la tournure des évènements, l’une d’entre elle apostrophe la
femme âgée en lui disant:

– A votre place je ne serai pas fière, qu’aviez vous besoin de lui dire ceci et comment le savez vous, pour ma part je le
trouve fort compétent et jamais un mot de plus que les autres.Vous avez du inventer ce que vous venez de dire.

– Je suis désolée que cette dame est réagie de cette manière mais ce que je viens de lui révéler je le sais car il y a une
dizaine d’années ce sont les propos que m’a tenu ce « mandarin ».

Un oh consterné se fait entendre et après un long moment de silence ou chacun digère les propos entendus Malika c’est son nom
va raconter une histoire incroyable.

Cela se passait il y a une dizaine d’année à l’Hôpital de « Trifouillis les oies », j’accompagnais ma fille pour une visite chez
un jeune endocrinologue lorsque surgit dans la salle d’attente pleine un homme d’une beauté à vous couper le souffle. Ma fille fut de suite subjugué par ce beau médecin, sans savoir que dans les
minutes qui allaient suivre elle serai anéantie. A ce moment là, la secrétaire nous appelle et nous voilà partis pour la consultation la plus pénible de ma vie, Dix ans après je m’en souviens
encore et c’est la raison pour laquelle j’ai voulu avertir cette jeune femme. Pas pour lui ôter ses illusions mais pour qu’elle soit préparé au choc.

 

 

A suivre