La couleur de l'emploi

Bonjour,

 

Ma pause va bientôt se terminer, je finis les derniers ajustements de mon troisième recueil, ci-dessous en avant première un de mes textes. Pour ceux qui me connaissent ils comprendront de qui je parle

Il l’a enfin décroché son premier entretien 

Seul comme un grand et sans soutien 

Dans un magasin ou dans un bureau 

Qu’importe cela reste du boulot.

 

Celui qui attend assis près d’un collaborateur 

Répète dans sa tête son rôle appris par cœur, 

Il lui a dit pas une de plus minimum trente-cinq heures 

Assis sur une caisse le directeur lui parle du dur labeur.

 

 

Pour décrocher l’entretien on peut créer l’illusion 

Souffler du vent et faire l’‘adhésion 

Mais pour avoir la place il faut être bien sous tous rapports 

Ne pas faire avaler des couleuvres ni jouer l’imposteur.

 

 

Tout son beau projet vient de tomber par terre 

L’autre le prend de haut et le renvoie comme un prolétaire 

Pourtant il correspondait au travail, son profil avait été retenu 

Mais sa couleur l’a desservi, il avait pourtant une belle tenue. 

 

Chemise blanche, une jolie veste, sans cravate 

La prochaine fois il viendra en savates 

Possible qu’il passera pour un hurluberlu 

Mais au moins la cause sera entendue. 

 

Ils se sont bien gardés de faire une allusion 

Ni de savoir qui il était, quelle dérision ! 

Vous ne faîtes pas l’affaire, vous êtes hors-la-loi 

Juste parce qu’il n’avait pas la couleur de l’emploi.

 

L’annonce il la voit tous les quinze jours 

Pour eux c’est toujours le compte à rebours 

Ils chercheront longtemps leur perle rare

Il aurait pu faire l’affaire lui qui était noir.

 

Copyright EvaJoe novembre 2015

 

 

 

Ce 13 novembre

En prenant ma plume j’ai raturé les maux

Pour ne laisser que la substance des mots

Afin de semer l’amour sur notre terre

En faisant danser les lettres sans me taire.

 

Lorsque les poètes écrivent proses et vers

Ils s’indigent en voyant les pourfendeurs

Qui assassinent au nom de leur drôle de théorèmes

pour que l’on oublie nos  rêves et nos je t’aime.

 

Comment les faire sortir des pages de l’ignominie

qui les ont conduit droit à la barbarie

il n’y a pas de mots pour dire l’horreur

Mais il y en a tant pour vivre sans peur.

 

Assassins du normal nous devons les condamner

Car c’est notre Liberté qu’ils sont venu profaner.

Ils haïssent notre monde matériel

Et décident de nous soumettre à leur ciel.

 

Sur notre terre ancestrale celle des droits de l’homme

Repoussons la haine et vivons d’amour en notre royaume

En espérant que demain ne subsiste pas que les cendres

De ce funeste jour du  13 novembre.

 

A la croisée des routes!

 

Lorsqu’au point du jour enfle le bruit des armes

C’est notre humanité tout entière qui prend peur

Dans l’aube qui pointe son nez entendez-vous notre frayeur

voyez nos mains furtives essuyer nos larmes.

 

Sur nos routes d’égoïsme nous avons banalisé la vie

nous avons préféré être ce voyageur solitaire

qui ne regarde plus en arrière et qui n’est plus solidaire

Oublions ce replis sur soi il en va de notre survie.

 

A notre porte des gens sans foi ni loi

Ont voulu assassiner notre façon de vivre

Mais notre peuple a toujours su se relever et survivre.

 

Le toccin qui résonne fait frissonner les cœurs

En osant résister à leur barbarie

Nous affirmons  notre amour haut et fort

 

 

A tous ceux qui  ont été assassinés ce vendredi 13 novembre

A tous ceux qui souffrent dans leur chair

A toutes ces familles éprouvés par la mort d’enfants, de pères, de mères d’amis

A  nous tous enfin peuple de France.

 

A la haine offrons notre amour du vivre ensemble

Continuons de croquer la vie à pleine dents.

Restons debout, ensemble et fort!

Résistons!

 

EvaJoe ce 19/11/2015

 

 

France terre d'indifférence? Ou….

L’ombre de leurs maux assèchent nos larmes

et fait battre nos cœurs devant leur souffrance

Avons nous pour eux l’illusion d’une espérance

en donnant à nos mots la force des  armes.

 

La longue horde de ces voyageurs avec de maigres bagages

dans la nuit de cristal  marchent vers une terre d’asile

espérant qu’un jour ils pourront nous pardonner cette infamie indélébile

sans jamais oublier ceux qui sont morts accrochés au bastingage.

 

Devant la fugace image de cet enfant sur le sable blanc

Mort noyé en essayant de  capturer notre indifférence

pour enfin trouver la paix loin de cette terre de souffrance.

 

 

Lorsque des vagues humaines venus du nord de l’Europe déferlaient sur la France

En fuyant la guerre, les viols, la peur le mépris

Aurions-nous choisis la collaboration ou le maquis?

 

Copyright 05/09/2015

 

EvaJoe

 

 

 

 

 

 

 

Le mal!

Qu’importe le nom que tu lui donnes

Il est là mauvais et sournois

Il emporte la pensée et parfois le corps

Tu ne peux lui résister il s’engouffre en toi

En devenant un pantin dans ces bras

Quel qu’en soit l’instant.

 

C’est le mal qui vomit la douleur

qui ronge le cœur et envahit

qui détruit les peuples en recherche de Liberté.

Il porte le même nom il sait s’insinuer en toi

Te dévores et te laisses exsangue

tu perds tes repères et il  t’amoindrit.

 

Qu’il soit le mal de la douleur physique

ou celui de la douleur morale

Les deux s’entremêlent et tuent jusqu’à la joie de vivre.

 

Si l’un est la faute à pas de chance

L’autre est la faute à ceux qui ont de la chance

Les deux je les vomis car ils font l’homme à genoux.

 

Ecrit en pensant à ceux qui souffrent d’une douleur physique (je pense à la fille d’une amie ) et à ceux qui souffrent d’une douleur morale (je pourrais nommer tant de Pays, de peuple…Mais je pense que ce serait trop long à tous les écrire. Alors je n’en mettrais qu’un la Grèce, j’ai vu les larmes d’un homme et j’ai eu mal pour lui.