Un voile de tulle enrobe la forêt et laisse planer des rêves d’organdis et des myriades de tendresse neigeuse déposée délicatement sur les sapins de la ligne bleue des Vosges.

C’est là où meurent nos sommeils et tels des somnambules nous marchons dans les sentes brumeuses à la recherche du soleil qui avalera le brouillard alors que nos yeux ne se lassent pas de la beauté de ce paysage où flottent des voiles de mariée.
Ici se mélange la brume de nos mystères, donnant à mes mots des bruits ouatés pour que doucement ma plume s’en empare et s’égare sur des chemins de papier pour offrir des écrits enrubannées de voltige de brume cotonneuse qui tantôt se couvre pour laisser apparaître un lac irréel ou se découvre pour m’ offrir d’autres rêves.

Dans sa couleur délavée le ciel met en brillance les lavis de brume qui estompe les vallées. Les sommets se dandinent laissant apparaître leur rondeur en nous laissant imaginer que demain ils enfanteront d’une autre forêt.


La vigne attend son heure et et se laisse caresser par la brume matinale encore endormie de cet hiver qui n’en finit pas. Elle rêve de raisins rouges ou blancs qui demain empliront les barils de chêne. Des couleurs d’aquarelle se dessinent sous la toile des cieux et fuguent en une sarabande de mots en égrenant des rêves de silence.
EvaJoe 2013 ©
Photos [ prises en novembre 2011 ] ©








