Epices

Pour le coucou du haïku de Marie-Alice et Mamyllilou

Sur une photo de Marie-Alice

 

 

mélange odorant

couleur à couper le souffle

cardamone anis

 

 

 

Les belles photos de Sabine

 

paprika cumin

pour colombo antillais

papilles enflammées

 

d’écorce et de fleurs

sur la route des épices

coup de pouce aux mets

Cascade pile l'été, face l'hiver

 

Dévalant de roches en roches

Sans véritable accroche

Ton saut gracieux s’évade

En une belle cascade.

 

 

 En une nuit te voici emprisonnée par la glace

Tu as de drôles de forme, c’est la « classe »

Même les sapins se tiennent au garde à vous

Figés tels les gardiens du temple mais debout.

 

 

Non, non laisse moi rêver à tes chirats glissant

Lorsque jadis nous montions les escaladant

L’hiver tu es si sage tout encapuchonnée

Dans ce manteau blanc et glacée.

Les chirats

 

Lorsque sous le souffle de l’air nous asperge le ruisseau

Dans les anfractuosités des rochers se cachent les oiseaux

Ici où là se blottissent  les fraises des bois rougissantes

Sur nos jambes nues les fougères se font caressantes.

En déchirant les images de mon album

j’entrevois le soleil de l’été dans mon Royaume

Et sous ce nuage fondant je m’abreuve à ta source

 Lorsque meurt mon sommeil j’aperçois ta glace.

 

 

 

Les photos de l’hiver sont de Daniel un amoureux du Pilat (Parc régional du Pilat dans la Loire )

La première est le lien du site de Cyril Treveys (blog)

Les chirats face à la vallée du Rhône sont de l’office de tourisme du Pilat.

 

 

EvaJoe   ©

 

 

 

 

 

 

Un doux babillage

Sous le frisson d’une plume de lune passe doucement en ce soir tombant une créature tout de bleu vêtue mais glissant sur le sol tel un fantôme. Ses yeux d’un violet pervenche ourlés de longs cils vont faire frémir de bonheur le galant homme qui vînt à la croiser.

Il a su apprivoiser cette belle dame, chaque matin il a caressé son chagrin de ses doigts et bientôt sur son visage fleurit un beau sourire, lui est un charmeur, mais cette femme a une grâce merveilleuse et c’est ainsi qu’il  a succombé à cette enjôleuse.

Était-ce un présage mais dans la nuit qui a précédée ces évènements les valets avaient préparé la chambre nuptiale alors que les noces n’étaient point annoncé. Les gardes veillaient dans les jardins ou  des arbres bruissaient sous le vent laissant entendre un  gazouillis d’oiseaux amoureux. Un parfum de rose s’évanouit au passage de cette femme tandis que les myosotis se déguisent en Pierrot cherchant sa Colombine.

Le temps distille son bonheur en un goutte à goutte de couleur dans le grand alambic du jour.

 

Personne ne sait en ses contrées qui elle était, elle est arrivée à l’aube naissante et s’est évanouie au moment où le soleil a serti de diamant le ciel azuré. Il était  à peine midi et déjà le damoiseau était seul dans le grand lit à baldaquin.

 

Fin

 

EvaJoe le 23/02/2013

Jeux de société

Pour le coucou du haïku d’Alice et de Mamililou

avec la photo d’Eliane

des pions combattant

Sur un damier noir et blanc

perdant et gagnant

 

les lettres et les chiffres

font travailler le cerveau

seules les mains s’agitent

 

Le petit au bout

pourtant un jeu pour les grands

excuse moi je passe

 

les petits chevaux

tirent la queue en tire-bouchon

d’un jeu pas cochon.

Un rêve de papier

 

 

 

Le long des routes tapissées de maisons en voyage passe un bus à impériale, il emmène avec lui des rêves d’azur et des prairies verdoyantes, et l’on entend au loin sonner les cloches d’une petite chapelle, bruit insolite car devant nous s’étale un ruban noir comme un long serpentin de réglisse.

Il n’y a pas âme qui vive, juste ce véhicule d’un jaune soleil.

Dans un parc tapi sous des arbres en arceaux s’envolent des oiseaux qui sifflent des mélodies d’un autre âge. Sous le souffle des Dieux ils caressent de leurs ailes le frisson d’une flaque qui bientôt disparaîtra sous les rayons solaires. Et, brusquement il n’y a plus de bruit, seules, les roues de ce carrosse à impériale emmenant vers leurs destinées, ses passagers réveille la torpeur de cette campagne voilée d’une brume fondante.

Le temps distille ce bonheur à chaque tour de roue et invite ce véhicule étrange à s’arrêter aux pieds d’une clématite aux couleurs parme. Enfouis dans un jardin aux mille fleurs surgit une maison de poupée dessinée jadis par un amoureux empreint de contes des mille et une nuit.
Ainsi s’achève cet étrange balade où je me vois à la fois acteur et spectateur, entrer dans ce cottage, et, sans hésiter, je me dirige vers un bureau en acajou, m’assoit et, dans le bois d’un plumier gît une plume que jadis une pie m’avait offerte. Et…
Ce n’était qu’un rêve de papier, car brutalement j’entends :

Il est temps de te lever, c’est aujourd’hui que nous partons en voyage !

EvaJoe