✈️ Transition vers Bamako – même jour, 23h55
Un petit avion militaire affrété par la coopération franco-malienne se pose sur la piste latérale de l’aéroport. Thomas a envoyé un duo de confiance, accompagné de Léonard. Mission : fouiller discrètement la clinique, récupérer des fichiers, vérifier s’il y a d’autres enfants “effacés”.Trouvez qui est cet enfant…
Le bureau est modeste, mais climatisé. Des diplômes trônent au mur, des photos avec des ONG européennes. Le Dr Boubakar, la soixantaine, affable, masque toute rigidité derrière une politesse lourde.
Dr Boubakar (souriant) : Messieurs-dames, que puis-je faire pour vous ? Je ne refuse jamais l’aide à mes collègues de Dakar… surtout quand ça vient du Capitaine Diallo.
Léna (d’un ton doux) : Nous menons une vérification administrative discrète. Un acte de naissance mal enregistré, qui pourrait provenir de votre établissement. Un nourrisson, il y a environ 15 mois.Elle tend une copie du faux acte et une photo du bébé.
Boubakar les regarde, puis sourit encore… mais son regard change.
Dr Boubakar : Ce bébé n’est jamais né ici.
Léonard : Vous êtes sûr ? Son dossier est lié à une fausse déclaration sénégalaise, mais il pourrait venir d’ici.
Dr Boubakar (coupant) : Capitaine, je suis médecin, pas greffier.Nos archives sont à jour. Et je ne vois pas l’intérêt d’ouvrir les dossiers de patients pour un enfant qui n’a jamais mis les pieds dans cette clinique.
Léna, promue officier du renseignement grâce à Thomas ne se fourvoie pas et dit d’une voix ferme mais polie : Vous refusez l’accès aux archives ?
Boubakar (ferme) : Sans mandat officiel d’un juge malien, oui. Il se lève, leur tend la main.
Léonard et Léna : Au revoir Docteur
Boubakar : Je suis désolé. Je vous souhaite bon courage. Mais je ne peux pas vous aider davantage.
C’est une fin de non recevoir. Qu’à cela ne tienne, ils viendront de nuit. Léna étant inexpérimentée restera à l’ambassade. Il est inutile d’être trop nombreux. Léonard a été envoyé par Paris, c’est un soldat Sous officier chargé au Mali des écoutes secrètes. Côté discrétion Thomas s’en porte garant à 1000/100. Il a récupéré une infirmière avec qui il a eu une aventure. Mais Léna envoie un sms discret à Thomas et Léonard reçoit un ordre. Il est obligé d’emmener Léna. Il.la regarde mais ne dit mot.
L’infirmière, jeune femme visiblement inquiète, a laissé une porte arrière entrouverte. Léonard désactive temporairement le système de surveillance rudimentaire.
Dans le sous-sol, un bureau d’archives à moitié numérique, à moitié papier. Fichiers dans des boîtes métalliques, index Excel sur un vieil ordinateur.
Léonard : Cherche les entrées entre mars et mai l’année dernière. Prénoms masculins. Naissance sans suivi médical complet. Bingo. Regarde celui-ci :
“Naissance non enregistréeInfirmière et Léna : L’enfant est né ici. Mais il a été “sorti” sans être déclaré.
Léonard : Et regarde la note manuscrite :
“Patient transféré à la demande du contact/ Afrique via Europe, nom de code ALPHA-21.”Léna : Qu’est-ce que c’est, ça, ALPHA-21 ?
Léonard (zoomant sur le fichier numérique) : Une mention codée dans un tableau, lié à l’aide médicale étrangère.
Mais ce n’est ni l’Union Européenne, ni une ONG. Peut-être que c’est le nom d’un hôpital mais en langage codé. J’envoie le tout à Thomas il en fera bon usage.
-Dans quelle filière ce petit garçon a été mis ?
Léonard ne lui répond pas, il n’est même plus dans la piece. Léna entend un bruit de clef, étonnée elle avance vers la porte vitrée, et là oh stupeur elle voit l’agent de Thomas trousser la jeune infirmière, et la prendre comme un cavalier en rut, elle recule et s’éloigne, ne sachant que faire, elle continue de fouiller les papiers. Soudain elle aperçoit une photo d’une jeune femme blanche, elle compare avec le jeu de photos que lui a remis Thomas. Elle comprend rapidement qu’Edith est toujours mêlé à la disparition d’un des enfants. Elle tient dans ses bras un joli petit bébé métis. Qu’est devenu cet enfant ?
Leonard revient, il réajuste sa chemise dans son pantalon et dit à Léna :
— La curiosité est un vilain défaut, mais comme Thomas m’a vanté vos mérites je ne lui dirais rien.
— Et moi il m’a dit que vous étiez un chaud lapin, mais que cette mission était de la plus haute importance et que si vous portiez une seule main à un seul corps de femmes je devais vous signaler. Ce que je ferais en rentrant.
Je me retournais rapidement, le rire me gagnant devant la figure blême de Monsieur Léonard. J’y étais allée en force, le Commandant Thomas ne m’ayant fait aucune allusion à ce drôle de personnage.
Toutefois je suis bien obligée de lui montrer ma découverte. D’une part la photo d’Edith avec un bébé métis appelé X, car pour l’instant nous ignorons son âge, son prénom et éventuellement de qui il est l’enfant.
— Capitaine ou est passé Assia ?
Ce dernier semble assez ennuyé.
—Elle avait tellement peur qu’elle est partie.
— Après votre petite sauterie…
Le rire me saisit, j’hoquete en voyant la tête du Capitaine. Il est cramoisi. Je le laisse méditer mes paroles et m’éloigne, je viens d’entendre chuchoter, je pense que nous ne sommes plus seuls. Est-ce qu’Assia nous aurait vendu ? Je n’ai pas le temps de réfléchir, Léonard entends des pas dans le couloir.
J’ai juste le temps de déverrouiller un tiroir rouillé. Des chemises médicales. Aucune nomenclature claire. J’en ouvre une au hasard.
Léna (lisant) : “Naissance exceptionnelle – autorisation familiale signée par Sali D.”
Léonard l’interrompt il est pâle comme un mort : Je sais qui est Sali D c’est du lourd.
Léna : Qui est-ce ?
Léonard : Lis la suite
Léna : “Échange de nourrisson validé en urgence – statut diplomatique à respecter”…
Leonard : Diplomatique,… Mon œil …
….Nom du père biologique : non transcrit, nom de la mère Edith. / Nom du père symbolique utilisé : Sami K.
Sami et Edith sont les parents de substitution du bébé qui se trouve en France. Et l’enfant d’Edith et Sali est où ? Et qui est ce bébé, pourquoi Sami veut le récupérer.
Venez Léna, nous allons nous faire prendre.
Mais les papiers
J’ai tout photographié, laissons-les . Personne ne sera ennuyé.
Il.me donne la main, nous courrons. Ouf nous voici à l’extérieur. Assia est là. Nous repartons. Je ne sais toujours pas qui est ce Sali. Le saurais-je un jour ?
A suivre…
Copyright Juillet 2025
