Shana face à un choix 17

✈️ Transition vers Bamako – même jour, 23h55

Un petit avion militaire affrété par la coopération franco-malienne se pose sur la piste latérale de l’aéroport. Thomas a envoyé un duo de confiance, accompagné de Léonard. Mission : fouiller discrètement la clinique, récupérer des fichiers, vérifier s’il y a d’autres enfants “effacés”.Trouvez qui est cet enfant…

Le bureau est modeste, mais climatisé. Des diplômes trônent au mur, des photos avec des ONG européennes. Le Dr Boubakar, la soixantaine, affable, masque toute rigidité derrière une politesse lourde.

Dr Boubakar (souriant) : Messieurs-dames, que puis-je faire pour vous ? Je ne refuse jamais l’aide à mes collègues de Dakar… surtout quand ça vient du Capitaine Diallo.

Léna (d’un ton doux) : Nous menons une vérification administrative discrète. Un acte de naissance mal enregistré, qui pourrait provenir de votre établissement. Un nourrisson, il y a environ 15 mois.Elle tend une copie du faux acte et une photo du bébé.

Boubakar les regarde, puis sourit encore… mais son regard change.

Dr Boubakar : Ce bébé n’est jamais né ici.

Léonard : Vous êtes sûr ? Son dossier est lié à une fausse déclaration sénégalaise, mais il pourrait venir d’ici.

Dr Boubakar (coupant) : Capitaine, je suis médecin, pas greffier.Nos archives sont à jour. Et je ne vois pas l’intérêt d’ouvrir les dossiers de patients pour un enfant qui n’a jamais mis les pieds dans cette clinique.

Léna, promue officier du renseignement grâce à Thomas ne se fourvoie pas et dit d’une voix ferme mais polie : Vous refusez l’accès aux archives ?

Boubakar (ferme) : Sans mandat officiel d’un juge malien, oui. Il se lève, leur tend la main.

Léonard et Léna : Au revoir Docteur

Boubakar : Je suis désolé. Je vous souhaite bon courage. Mais je ne peux pas vous aider davantage.

C’est une fin de non recevoir. Qu’à cela ne tienne, ils viendront de nuit. Léna étant inexpérimentée restera à l’ambassade. Il est inutile d’être trop nombreux. Léonard a été envoyé par Paris, c’est un soldat Sous officier chargé au Mali des écoutes secrètes. Côté discrétion Thomas s’en porte garant à 1000/100. Il a récupéré une infirmière avec qui il a eu une aventure. Mais Léna envoie un sms discret à Thomas et Léonard reçoit un ordre. Il est obligé d’emmener Léna. Il.la regarde mais ne dit mot.

L’infirmière, jeune femme visiblement inquiète, a laissé une porte arrière entrouverte. Léonard désactive temporairement le système de surveillance rudimentaire.

Dans le sous-sol, un bureau d’archives à moitié numérique, à moitié papier. Fichiers dans des boîtes métalliques, index Excel sur un vieil ordinateur.

Léonard : Cherche les entrées entre mars et mai l’année dernière. Prénoms masculins. Naissance sans suivi médical complet. Bingo. Regarde celui-ci :
“Naissance non enregistrée

Infirmière et Léna : L’enfant est né ici. Mais il a été “sorti” sans être déclaré.

Léonard : Et regarde la note manuscrite :
“Patient transféré à la demande du contact/ Afrique via Europe, nom de code ALPHA-21.”

Léna : Qu’est-ce que c’est, ça, ALPHA-21 ?

Léonard (zoomant sur le fichier numérique) : Une mention codée dans un tableau, lié à l’aide médicale étrangère.
Mais ce n’est ni l’Union Européenne, ni une ONG. Peut-être que c’est le nom d’un hôpital mais en langage codé. J’envoie le tout à Thomas il en fera bon usage.

-Dans quelle filière ce petit garçon a été mis ?

Léonard ne lui répond pas, il n’est même plus dans la piece. Léna entend un bruit de clef, étonnée elle avance vers la porte vitrée, et là oh stupeur elle voit l’agent de Thomas trousser la jeune infirmière, et la prendre comme un cavalier en rut, elle recule et s’éloigne, ne sachant que faire, elle continue de fouiller les papiers. Soudain elle aperçoit une photo d’une jeune femme blanche, elle compare avec le jeu de photos que lui a remis Thomas. Elle comprend rapidement qu’Edith est toujours mêlé à la disparition d’un des enfants. Elle tient dans ses bras un joli petit bébé métis. Qu’est devenu cet enfant ?

Leonard revient, il réajuste sa chemise dans son pantalon et dit à Léna :

— La curiosité est un vilain défaut, mais comme Thomas m’a vanté vos mérites je ne lui dirais rien.

— Et moi il m’a dit que vous étiez un chaud lapin, mais que cette mission était de la plus haute importance et que si vous portiez une seule main à un seul corps de femmes je devais vous signaler. Ce que je ferais en rentrant.

Je me retournais rapidement, le rire me gagnant devant la figure blême de Monsieur Léonard. J’y étais allée en force, le Commandant Thomas ne m’ayant fait aucune allusion à ce drôle de personnage.

Toutefois je suis bien obligée de lui montrer ma découverte. D’une part la photo d’Edith avec un bébé métis appelé X, car pour l’instant nous ignorons son âge, son prénom et éventuellement de qui il est l’enfant.

— Capitaine ou est passé Assia ?

Ce dernier semble assez ennuyé.

—Elle avait tellement peur qu’elle est partie.

— Après votre petite sauterie…

Le rire me saisit, j’hoquete en voyant la tête du Capitaine. Il est cramoisi. Je le laisse méditer mes paroles et m’éloigne, je viens d’entendre chuchoter, je pense que nous ne sommes plus seuls. Est-ce qu’Assia nous aurait vendu ? Je n’ai pas le temps de réfléchir, Léonard entends des pas dans le couloir.

J’ai juste le temps de déverrouiller un tiroir rouillé. Des chemises médicales. Aucune nomenclature claire. J’en ouvre une au hasard.

Léna (lisant) : “Naissance exceptionnelle – autorisation familiale signée par Sali D.”

Léonard l’interrompt il est pâle comme un mort : Je sais qui est Sali D c’est du lourd.

Léna : Qui est-ce ?

Léonard : Lis la suite

Léna : “Échange de nourrisson validé en urgence – statut diplomatique à respecter”…

Leonard : Diplomatique,… Mon œil …

….Nom du père biologique : non transcrit, nom de la mère Edith. / Nom du père symbolique utilisé : Sami K.

Sami et Edith sont les parents de substitution du bébé qui se trouve en France. Et l’enfant d’Edith et Sali est où ? Et qui est ce bébé, pourquoi Sami veut le récupérer.

Venez Léna, nous allons nous faire prendre.

Mais les papiers

J’ai tout photographié, laissons-les . Personne ne sera ennuyé.

Il.me donne la main, nous courrons. Ouf nous voici à l’extérieur. Assia est là. Nous repartons. Je ne sais toujours pas qui est ce Sali. Le saurais-je un jour ?

A suivre…

Copyright Juillet 2025

Shana face à un choix 14

La pièce est sobre. Table en métal, deux chaises. Une caméra braquée sur eux. Le Commandant Thomas entre, dépose son dossier, referme doucement la porte. Il ne s’assied pas tout de suite.Édith est assise, le regard fixe. Elle a encore des traces sur le visage. Une infirmière est passée. Elle a refusé les calmants.

— Je vais enregistrer, Edith. D’accord ? C’est pour votre protection autant que pour l’enquête.Elle hoche la tête.

— C’est vous, Thomas. Je vous fais confiance.Il s’assoit.

— Je ne suis pas là en ami. Vous le savez. Il me faut des faits. Pas des émotions.

Silence.

Il pose une photo devant elle. Samir, à l’entrée du bois.

— Commençons par lui. Que voulait-il ?

Elle inspire.

— Il voulait… notre fils. Il croit que je lui ai « volé ». Mais ce n’est pas vrai.

— Vous étiez mariés ?

— Officiellement ? Non. Il m’a fait croire… Il m’a isolée. Battue. Et puis j’ai fui.Thomas l’interrompt, calmement.> — Il a dit autre chose. Devant les autres hommes. Il a parlé de “reprendre ce qui lui revient”. Pas qui, mais ce. Comme une monnaie d’échange.

Édith détourne les yeux.

— Je crois… je crois qu’il fait partie de quelque chose. Il m’a parlé de « faire pression » sur quelqu’un. Que ce gosse valait plus que ma vie.Thomas fixe son regard.

— Vous savez qui ?

Elle hésite. Tremble.

— Il n’a pas dit de nom. Juste… « Le père doit payer. »

— Mais le père… c’est lui.

Thomas ferme son dossier. Il sait qu’elle ne ment pas, mais elle ne sait pas tout non plus.

— Ou alors ce n’est pas son enfant.

Édith relève brusquement la tête.

— Quoi ?

Thomas penche la tête, presque avec douceur.

— Si vous étiez manipulée dès le départ, peut-être que le bébé n’était jamais qu’un pion. Une pièce placée dans votre vie. Et vous… vous ne seriez qu’un “contenant”.

Un silence effrayant tombe.Édith murmure :>

— Vous pensez qu’on m’a utilisée ?

— Je ne pense rien. Je rassemble. Et j’ai besoin que vous restiez forte. Lucide. Car si c’est vrai… vous n’étiez pas la cible finale. C’est l’enfant qu’ils veulent.

Elle serre les poings. Une larme coule, mais elle ne flanche pas.

— Alors je vais vous dire mais j’ai bien accouché, ou est mon bébé ?

Pour l’instant je n’en suis pas certain. Vous allez venir chez nous, Shana sera présente. Pour l’enfant nous allons voir avec le Colonel. Venez nous vous emmenons de suite.

Edith est plus que mal en point avec les hypothèses que j’ai émises. Mais je le dois à ce bébé.

A suivre…

Copyright Juillet 2025

Shana face à un choix 13

Boum !La porte arrière explose dans une gerbe de poussière. Le GIGN fond sur les lieux, en formation.

— GIGN ! NE BOUGEZ PAS !Les deux complices, surpris dans le couloir, sont neutralisés sans résistance. Un troisième homme tente de fuir par la cuisine mais est plaqué au sol en deux secondes.

Dans la pièce centrale du 1 er étage, Édith est ligotée à un radiateur. Elle est vive, consciente, mais très faible. Thomas s’avance aussitôt, coupant les liens.

— C’est fini, vous êtes sortie d’affaire. Mais Édith, paniquée, halète :

— Non… non… il n’est plus là. Samir. Il était là y’a deux minutes, puis il a pris son sac… il a dit « si ça pète, je saute. »

À cet instant, un cri à la radio.

— Fenêtre brisée côté nord ! FENÊTRE BRISÉE !Tous les opérateurs s’arrêtent. Un bruit sourd, métallique, vient de l’arrière du bâtiment. Et puis

Vroummmm !Un moteur hurle dans le petit matin, un véhicule file à toute allure sur le chemin de terre derrière la structure.Thomas se rue à la fenêtre. Trop tard : une voiture grise foncée — plus basse, plus rapide que les précédentes — s’éloigne à toute vitesse, zigzaguant entre les bosquets.

— Putain ! Il était là ! Il s’est jeté dans le vide ! Youcef , furieux, balance son casque contre le mur.

— Il avait prévu la brèche. Il savait. Quelqu’un l’a prévenu.Un gendarme s’approche de Thomas, le visage grave :

— Commandant… le principal suspect s’est échappé.

— Mais l’otage est sauve.

Thomas hoche la tête… les yeux fixés sur la forêt.

Une caravane blanche transformée en PC mobile bourdonne d’activités. Cartes dépliées, radios grésillantes, Thomas fixe les écrans avec le visage fermé. Il n’a pas dit un mot depuis 20 minutes.La radio claque brusquement :

— PC, ici standard 95. On vient de recevoir un appel anonyme. Transfert direct, priorité 1. Un homme dit avoir vu “le type de la télé” entrer dans un bâtiment vers 6h05.Thomas décroche aussitôt.

— Allô. Commandant Thomas à l’appareil. Parlez.La voix au bout du fil est calme, masquée par un modificateur vocal, mais distinctement adulte, éduquée.

— Il est pas loin. Vous l’avez loupé de peu. Il a changé de bagnole à Saint-Vrain. Renault Talisman noire, plaques fausses.— Il est reparti vers le sud. Il a une adresse, un point de chute. C’est pas lui le chef, vous le savez, non ?

Thomas serre le combiné.>

— Qui êtes-vous ?

Silence. Puis la voix ajoute :

— Je le connais. Je l’ai vu faire des choses qu’on efface pas. Mais c’est pas pour lui que j’appelle. C’est pour l’enfant.

—Oui et … Continuez…

— Il veut le reprendre. Et s’il échoue, quelqu’un d’autre le fera.Un léger bruit de fond : vent ? Train ? Puis le clic froid de la ligne qui coupe.Thomas reste un instant figé.

Léna la jeune standardiste qui fait ses classes est servis. Elle se précipite vers Thomas. Celui-là, voyant son expression lui demande :

— Une piste ?

— Mieux. Une alerte.

— Samir bouge encore. Des gendarmes en faction devant la caserne l’ont vu rôder , puis ils l’ont suivis une fois qu’il a vu les manoeuvres dans la cour. Ils vous font dire qu’il a serré la main de deux types qu’ils ont réussis à prendre en photo. Le Sergent Poisard va vous les envoyer.

— Merci Léna, à la gendarmerie on commence par le B A ba et là c’est précis votre compte rendu. Vous ferez un bon gendarme.

— Merci mon Commandant

— Je vais attendre ses fameuses photos, mais je m’aperçois qu’il ne renonce pas. Il va chercher le bébé. Il le veut à tout prix. Ce bébé est mieux avec sa mère. Puis se tournant vers Buisson son second , il lui dit :

— On n’a plus le luxe de réagir après. Cette fois, on doit le devancer. Et penser comme lui.

Léna arrive sa tablette à la main:

— Le Gendarme n’a pas réussi à vous envoyer les photos, il me les a fait parvenir sur ma tablette.

— Avez-vous un câble Léna, je vais télécharger les photos sur mon ordinateur.

— Oui mon Commandant, j’ai tout apporté.

— Parfait on va voir qui Samir a bien pu rencontrer. J’agrandis le premier type. Un homme, lunettes de soleil remontées dans les cheveux, veste kaki, posture neutre. Il ne parle pas, observe. En retrait tiens mais lui c’est le premier témoin. Il en savait beaucoup, c’était un coup monté, possible qu’il.pensait apprendre où était l’enfant.

Thomas se fige.

— Je le connais, son voisin , c’est Mounir Rachidi. Un ancien éducateur, viré du foyer il y a cinq ans, où nous avons retrouvé Edith. On l’a revu plus tard dans plusieurs procédures de garde contestées. Il jouait les conciliateurs… Mais il manipulait les mères isolées. Buisson relève les yeux, surpris.

— Il bossait dans le social ?

— Il a surtout trouvé sa place dans les marges du système. Il connaît les rouages, les tribunaux, les failles. Il accompagne, il conseille… mais à sens unique.— Et il déteste les institutions. Il s’est mis à « aider » des pères en litige, souvent violents.

Léna affiche un rapport :

— Il est apparu dans une enquête classée sur une disparition d’enfant, justement. Il avait « aidé » le père à faire pression sur la mère. La justice n’a rien pu prouver.

Thomas serre la mâchoire.

— Et maintenant il est là, en forêt, avec Samir. En train de couvrir une opération, pendant que l’autre appelle la cellule de crise pour nous enfumer.

Silence.

— Ce n’est pas un hasard. Samir a des relais. Pas des gangsters. Des gens qui savent comment contourner le système.

A suivre…

Copyright Juillet 2025

Shana face à un choix 12

— Possible maltraitance, murmure Morel, la nouvelle recrue du groupe de Thomas.

— Le suspect principal est sûrement là. Femme retenue. Elle sort une photo froissée d’Édith, imprimée depuis le fichier transmis par le Colonel

— Cible prioritaire : extraction de l’otage en vie. On n’engage pas tant que le GO n’est pas donné par le parquet. C’est Thomas qui fait passer le message à ses hommes selon un code défini à l’avance.

Un gendarme tend une main vers un sac plastique : un morceau de carrosserie noire, brûlée.

— Nous l’avons retrouvé dans les ronces à cent mètres au sud. Traces de la voiture noire. Thomas est sceptique, la Golf était à 200 mètres, ils l’ont perdu , le temps qui s’est écoulé ne permet pas que la voiture est brulee. C’est pour donner le change. Il en fait part au Colonel, celui-ci approuve le raisonnement du Commandant.

Son lieutenant Joris confirme par contre que c’est le bon endroit :

— Ici il y a des cellules, Ce n’est plus une cache : c’est une prison. Et on n’a pas le temps de réfléchir Commandant.

— L’effet de surprise doit être total mais nous devons recevoir les images de Teddy avant de foncer tête baissée dans un piège.

— Entièrement d’accord Chef, revoilà le drône : voyons ce que tu as dans le ventre :

Les murs sont nus, moisis, couverts de graffitis. Une ampoule pend du plafond, nue, haletante. Une porte métallique bat faiblement à cause du vent. On voit Édith attachée à une chaise, les poignets enflés par les liens en plastique trop serrés. Le visage tuméfié. Les lèvres fendues. Elle halète à peine.

Un homme lui tourne autour, comme une bête en cage. Il a perdu patience depuis des heures.

— T’as menti à tout le monde, hein ?— Même à moi. Tu m’as volé mon fils.

Thomas échange un regard avec le Colonel, le type masqué est donc Samir.

Édith garde les yeux baissés. Elle sait qu’il ne faut pas répondre quand il tremble.

— Il était à toi, et moi, je suis quoi ? Un pion ?— Tu pensais que je serais mort, c’est ça ? Que tu pouvais effacer mon nom de l’histoire ?

Il s’approche, brutalement. Sa main claque sur la joue d’Édith. La chaise tangue. Les deux hommes encagoulés dans l’ombre ne réagissent pas. Ils montent la garde, mais l’un d’eux tourne la tête. Il est mal à l’aise. Samir hurle, dans un murmure tranchant :

— Tu vas me dire où il est. Tu vas parler. Et après… je jure sur ma mère que tu ne ressortiras pas vivante d’ici si tu me fais perdre ce gosse. Il sort une photo chiffonnée : celle du bébé. Il la colle contre le visage d’Édith.

— Regarde-le. Tu crois qu’ils vont le protéger ? Tu crois qu’un colonel de gendarmerie va risquer sa carrière pour toi ? Hein ?

Edith pleure… Thomas serre les poings. Ils attendent le feu vert du Procureur. Il sera bientôt six heures, encore quelques minutes, puis l’interrogatoire reprend

— Tu sais ce qu’ils veulent, eux ? C’est pas l’enfant. C’est ce qu’il représente. Et toi, t’es rien dans cette équation.

Édith relève la tête. Une goutte de sang coule de son nez.

— Il est plus en sécurité loin de toi que près de moi.

Samir la fixe. Un silence. Il se tourne, et balance un coup de pied dans une table, qui explose en bois éclaté. Un des hommes masqués murmure, tendu :

— On a pas le droit de la tuer, Samir.Il se retourne, les yeux fous.

— Mais j’ai le droit de la briser.

Le Procureur vient de donner le Top du départ, Thomas sait que le moment décisif est enfin arrivé.

Le ciel commence à pâlir. Le silence est total, lourd. La structure du bâtiment craque doucement, vieillie par l’humidité. Une voix très basse dans l’oreillette de Thomas.

— Entrée sécurisée. Positions prêtes. Vert sur tous les angles.

Thomas regarde la silhouette du bâtiment à travers ses jumelles. Puis il parle, calme, direct :

— Pas de bavure. Extraction rapide.— L’otage, c’est la demi-sœur de ma femme. Mais c’est pas pour ça qu’on est là.— On est là parce qu’ils ont touché à une innocente. Et parce qu’ils ont mis un bébé en jeu.Il fait un signe. Une main levée. Compte :

— Trois. Deux… Un.

💥 Explosion contrôlée de la porte arrière.Les six opérateurs s’engouffrent comme un seul corps.

— GIGN ! À terre ! À terre ! Un des hommes encagoulés dégaine, mais le flash-ball aller le fauche avant qu’il puisse viser. L’autre se rend aussitôt, mains en l’air.

Thomas et Youcef montent directement au premier étage. Dans une pièce fermée à clé, un cri :

— Reculez ou je la tue ! J’AI RIEN À PERDRE !

C’est Samir.

Thomas s’approche, le regard froid. Il sait qu’Édith est juste derrière cette porte. Il parle calmement, à travers le bois.

— Samir, écoute-moi. Tu n’as plus le contrôle.— Ouvre cette porte. Tu es encerclé. Tu ne sors pas vivant si tu fais une connerie.

Aucune réponse. Puis un bruit sourd. Boum.

Thomas hurle :

— Assaut immédiat ! GO GO !

A suivre…

Copyright Juillet 2025

Shana face à un choix 11

Puis les recoupements se poursuivent, deux gendarmes sont partis en forêt de Fontainebleau pour rencontrer le garde forestier.

Pendant ce temps les images sont passé une par une et soudain :

—Regardez ça. On a la même voiture noire repérée par une caméra de vidéosurveillance à la sortie d’un centre commercial en banlieue ouest, 40 minutes après l’enlèvement de la jeune femme Edith.

Le colonel lit les premières lignes du rapport.

— Ça confirme ce qu’on pense : ils circulent en cercles, jamais très loin, mais jamais deux fois au même endroit.

Un analyste informatique lève la tête :

— On a un deuxième hit, colonel. La même plaque — ou presque — a été flashée par un radar automatique près d’un échangeur périphérique, mais la voiture est bien visible c’est une Golf noire, l’immatriculation donnée par le premier témoin est en partie vraie. De toutes façons c’est une voiture volée il n’ y a aucun doute là-dessus.

— Qu’importe, essayé de la repérer sur plusieurs vidéos surveillances, elle ne s’est pas volatilisée dans la nature, elle doit bien se planquer quelques parts. Ajoute le Colonel qui met tout son savoir faire au service de ses hommes.

Le GIGN attends les ordres et est prêt au combat. Il en va de la vie d’une femme. Quant à Samir son rôle n’est toujours pas claire. Mais quelques éléments de l’enquête donne à penser qu’il a dû s’entourer de barbouzes pour récupérer son fils de n’importe quelles manières. La preuve Myriam en a fait les frais.

Thomas regarde lui aussi, même si Edith est agaçante c’est tout de même la demi-sœur de Shana, puis là il faut lui sauver la vie. A condition qu’elle soit bien dans cette voiture qui file à vive allure.

— Ils cherchent une sortie. Et ils testent nos angles morts. Ce n’est pas de ce côté qu’il y a un ancien Centre de détention pour jeunes délinquants, abandonné depuis un peu plus d’un an.

La voiture noire a défié les radars, et elle a disparu des champs de capture des caméras. L’idée de Thomas fait écho dans la tête du Colonel. Il demande à deux techniciens de regarder vers la sortie, mais il n’y a pas la moindre voiture noire. C’est un coup de chance qui va permettre au Colonel et Procureur de retrouver la trace des fuyards. En effet toutes les patrouilles sont au courant que l’on recherche une Golf noire immatriculée 95-QF-.2. Il manque deux chiffres, mais s’il y a signalement d’une Golf noire portant cette immatriculation partielle c’est forcément celle que l’on recherche. C’est la BAC de Nanterre qui repère le comportement étrange d’un conducteur, il a le visage dissimulé sous une capuche. Ils prennent en chasse le véhicule et communique immédiatement au Procureur chargé de cette chasse à l’homme d’envergure. Sur la caméra on voit nettement la voiture :

Les pneus crissent dans le virage. Une Golf noire fonce à pleine vitesse sur l’avenue désertée, les phares éteints. Derrière la voiture banalisée de la BAC tente de les suivre, puis appelle le QG de la gendarmerie ou le GIGN est prêt à l’action.

Ici unité 418. En poursuite active. Golf noire, vitres teintées, plaque incomplète : 95-QF-42*. Refuse d’obtempérer. Direction : zone logistique nord.

En visionnant le véhicule, Thomas fait une découverte importante, la plaque est celle de la voiture de Myriam, il distingue clairement le dernier chiffre 421. Il l’a taquinait souvent en lui demandant si elle l’avait gagné en jouant au 421. Et comme sa voiture est une Golf noire, c’est forcément la sienne. Mais il a beau l’appeler personne ne répond chez Alain et Myriam. Au vu de l’heure il n’insiste pas.

— Reçu 418, dit la radio. Appui mobile en route. Blocage prévu à l’échangeur de l’ancien Centre d’appels.

Dans la voiture des policiers :

— Tu reconnais ce coin, Chass ?

— C’est un foutu labyrinthe. S’ils tournent à gauche, on les perd entre les entrepôts.

Devant eux, la Golf pile brutalement, bifurque dans une rue de service, presque invisible. La BAC tente de suivre, mais une camionnette en travers de la route les oblige à freiner brutalement.

— Merde ! Freine ! Freine !

La voiture dérape, évite de justesse le choc.

— Il a un complice. C’est pas un hasard.

Ils ressortent sur une petite voie secondaire. Trop tard : la Golf a disparu. Juste des échos de moteur au loin… puis plus rien.Silence.Mariani jette un œil dans le rétro.

— Ils connaissent le terrain. C’est leur terrain.Chassaing tapote nerveusement le volant.

— Mais il a perdu en vitesse. Il veut pas fuir loin. Il cache quelque chose.

La radio crépite.

— 418, un drone a capté une signature thermique suspecte à 400 mètres de votre position. Envoie du live en cours. Sur leur écran intégré, une silhouette sort précipitamment de la Golf… et disparaît à pied derrière une zone clôturée.

— Bingo. Ils larguent les traces. Le drône est lancé, ils se nomment Teddy. Il survole une première fois le Centre désaffecté. Puis la voix de Morel troue l’aube naissante.

— Ici Morel, je confirme visuel sur la structure. Trois niveaux. Accès par l’arrière, portes rouillées. Un seul point de lumière au rez-de-chaussée.

Aucun mouvement extérieur. Silence total. Position stable depuis vingt minutes.

Derrière les arbres, accroupis dans les ronces, l’équipe tactique observe à la jumelle thermique.Un drone compact file au-dessus du bâtiment. Sur sa tablette, Buisson pointe du doigt :

— Deux signatures thermiques au nord-est, probablement des sentinelles. Une troisième silhouette bouge à l’intérieur. Geste brusque, projections.

— Ça crie.

La vie de l’otage est en danger, car le cri de douleur est net et précis c’est bien d’une femme qu’il s’agit.

A suivre…

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