Une disparition étrange (version enfants)

Main dans la main ils avancent et partent vers la forêt. La vie continue malgré la disparition de Salade la jeune ponette qui devait mettre bât pour hier et qui n’a toujours pas réapparu au domicile des parents de Camille. Elle part avec le copain de son frère car il lui a dit avoir vu  quelques choses vers la ferme d’en haut. Camille espère qu’il ne s’est pas trompé.Peut-être aurait-elle dû en informer sa maman qu’elle s’en allait, pourvu qu’elle ne la cherche pas, car après la ponette ce serait terrible pour eux. Mais Camille est encore jeune et assez insouciante comme tous les enfants de son âge. Et puis en compagnie de Paulo, elle ne craint rien, c’est un grand.

Le chemin s’étire et s’élève petit à petit, ils dépassent la vieille ferme abandonnée, puis la cascade de la tour d’argent ainsi nommé à cause des pierres qui brillent sous le soleil certains soirs d’été. Le chemin est de plus en plus difficile et escarpé, jamais Salade n’a pu l’emprunter pense la fillette. Elle portait son bébé et elle était vraiment pleine, c’était le moment et sa ponette savait qu’elle était dans une gentille maison, Camille ne comprend vraiment plus rien. A moins qu’il se soit produit un incident, voir un accident et que personne n’est osé lui le dire, mais alors pourquoi avoir appelé les gendarmes. Que sait donc de si secret l’ami Paulo pour ne pas oser en parler à ses parents. Petit à petit Camille s’angoisse et regrette de s’être laissé emmener par le pote de Jeantou. Mais maintenant il est trop tard. Le soleil darde des rayons de soleil de plus en plus chaud sur les deux enfants, ni l’un ni l’autre ne s’en soucient et pourtant ils savent tous les deux qu’il est dangereux de se promener sans chapeau lorsqu’il n’est pas loin de midi. Enfin au loin voici la ferme du haut, normalement à cette saison on y entend des cris d’enfants, mais là tout est silencieux, seul le gazouillis du petit ruisseau fait écho aux buses qui tournent aux cieux tout là-haut. Camille ne voit pas Salade et Paulo commence à être de plus en plus rouge, Camille ne comprend  pas si il est en colère et surtout elle n’en voit pas la raison, ou si le soleil lui monte à la tête, elle même a fort chaud et soudain elle lâche la main de son copain et se précipite pour boire l’eau vers le petit torrent qui descend de la montagne. Paulo la laisse faire, car lui a vraiment chaud, il rentre dans la cour du petit chalet, car c’est ainsi que les gens la nomment désormais cette ancienne ferme. Il tombe de tout son long au pied des marches et Camille pendant ce temps se dirige vers l’abri des chevaux qui jadis paissaient paisiblement dans ces lieux.

Sa ponette est là et veille sur son bébé qui est effectivement né. Camille ne comprend pas qui l’a amené ici, et toute à sa joie ne se préoccupe pas de l’absence de Paulo. Elle chante et pleure, rit aussi, sautille, puis elle s’asseoit et les contemple tous les deux, elle est émerveillé par la couleur du petit. Il est blanc comme la neige, jamais elle n’avait vu un bébé aussi beau. Salade quant à elle est noire et son bébé  est tout blanc quelle surprise pour la petite fille!

Elle se souvient que lorsque son papa lui a offert Salade, son frère pensait l’appeler Réglisse mais Camille est fort obstinée avait préféré Salade et son frère s’était moqué d’elle en lui disant, je n’ai jamais vu de ponette verte. Quand elle va lui dire que le bébé est tout blanc il va lui proposer de drôles de prénoms….Elle sourit et sait qu’ils vont se chipoter, mais ce n’est pas grave car ils sont heureux tous les deux entourés de tous les animaux dont leur papa et leur maman s’occupent.

Tout à coup elle écoute et scrute le bas du chemin, elle s’étonne que Paulo ne l’aie pas accompagné, que fait-il? La maison a souvent des touristes et cette année elle semble bien abandonnée, pourvu que Paulo n’est pas fait de betises et maintenant comment faire pour ramener à la maison la maman et son bébé. Paulo est plein de ressource elle va aller lui le demander.

– A tout à l’heure ma Salade

La petite fille s’éloigne mais Salade voit bien que l’enfant qu’elle aussi aime énormément n’a pas vu l’essentiel la corde qui la relie à l’anneau en fer de la vieille écurie. 

Lorsque Camille arrive en contre-bas de l’écurie, elle voit Paulo allongé de tout son long au sol. Camille s’étonne qu’il se soit endormis ici, alors que midi ne devrait pas tarder à sonner au clocher du village d’en bas. Elle s’approche et lui crie ouh, mais rien n’y fait Paulo ne bouge pas. Elle passe sa main sur son front et s’aperçoit que ce dernier est brûlant, elle ne sait quoi penser lorsque tout à coup elle entend parler et voit  descendre du chemin de l’alpage deux jeunes adolescents qu’elle n’a jamais vu dans le coin. Certainement des touristes qui ont fait la randonnée du pic des trois Dents. Quand ils sont à sa hauteur ils l’apostrophent méchamment:

Qu’est-ce que tu fais là? Et qui es-tu et celui-ci il n’a pas encore compris qu’il ne devait pas se mêler de nos affaires.

Camille les regarde tour à tour et se met à pleurer. Mais les garçons se moquent d’elle et ne cherchent nullement à la consoler, ils lui disent de quitter les lieux immédiatement sinon ils vont la frapper, et le plus grand élève au-dessus de sa tête un bâton de marche. Camille abandonne Paulo,  et reprend rapidement le petit chemin escarpé et se tait à propos de Salade et du bébé. Vite il faut avertir son grand-frère et ses parents. Comme Paulo dort ils ne devraient pas s’en préoccuper ses deux enfants méchants. Elle ne sait plus quelle heure il est lorsqu’elle aperçoit la voiture des gendarmes à proximité de chez elle, ainsi qu’une dizaine d’amis , ils sont tous réunis dans le champ de Papa. Et, soudain elle entend un grand cri:

-La voilà,

 

 la fillette épuisée s’effondre!

 

A suivre

 

EvaJoe le 5 novembre 2014 Copyright

.

 

Une disparition étrange (suite)

Vous vous imaginez que la nuit fut longue et angoissante surtout pour la petite Camille, les parents quand à eux ne laissaient rien paraître devant les grands yeux pleins de larmes de leur enfant. La nuit fut longue pour Jeantou le grand-frère qui adorait sa petite sœur. Il a parcouru les champs, les ruisseaux y compris des lieux mal famés de la ville voisine, mais rien cette ponette s’est volatilisée. Il espère que des gens peu scrupuleux ne s’en sont pas emparés pour faire des expériences sur elle et son petit.

Toute la nuit ils ont répétés leurs faits et gestes des jours qui ont précédé la disparition de leur Salade bien aimée, qui est venu à la ferme? Qui ont-ils croisés d’inconnus? Mais rien, personne ne les a choqué, personne, aucun inconnu ne s’est présenté chez eux, tout du moins pendant qu’ils étaient là….Mais alors qui a découpé soigneusement le grillage? Et à quels moments? Et pourquoi?

Épuisés ils se sont endormis à l’endroit où ils étaient, sauf Camille que Papa a porté dans son lit. Sur son visage il y a encore les traces de  ses larmes. Pauvre enfant son poney c’est sa vie, mais les gens sans scrupule se moquent pas mal d’une petite fille qui vit dans une ferme et qui est adorable et sage. Après s’être concerté ils ont décidés de mener l’enquête eux-mêmes, tout au moins Jeantou qui connait beaucoup de monde, mais ils vont tout de même déposés plainte à la gendarmerie; ils ont des moyens plus grands que les leurs, mais ils ont bien peur que cela reste peine perdue, une ponette c’est moins important que les disparitions d’enfants.

La journée s’est étirée  sans qu’aucun élément ne soit venu les aider à comprendre, l’après-midi une escouade de gendarmes est venu faire les premières constatations, mais de nombreux pas autour de l’enclos compromettent déjà l’enquête.

Quant à Camille elle est restée de longues heures assise sur les marches de la maison, elle ne comprend pas qui l’a punie, elle n’a rien fait de mal juste sourie au Monsieur de la forêt qui lui a dit aimé les animaux. Mais de cela elle n’en n’a rien dit à personne. Elle ne l’a pas suivis, papa lui l’a défendu, ne jamais parlé aux inconnus, mais lui ce n’est pas un inconnu, c’est Pierrot le commis qui travaillait avec Papa, si il est partis c’est qu’il a mal à sa jambe, papa le trouvait fort travailleur. C’est Camille qui l’a laissé entrer dans l’enclos, il voulait donner une carotte à Salade, ce n’est pas méchant, elle se dit ceci dans sa tête et à nouveau se met à pleurer, quand soudain elle s’entend appeler:

– Camille

– Oui

Viens me raconter ton chagrin!

C’est le meilleur copain de son frère, son « pote » comme Jeantou le nomme. Il lui fait signe, elle n’hésite pas et court se réfugier dans ses bras. Que lui a-t-il murmuré à l’oreille pour que la fillette lui donne la main et s’en aille avec lui…Le saura-t-on?

 

A suivre copyright 

©

Le 24/10/2014

 

 

(j’ai une autre version mais pour les enfants, je la mettrais si vous le désirez plus tard)

Conciliabules

La journée s’étire lentement, jamais elle ne m’a paru aussi longue, mon père s’éloigne de moi chaque fois que je m’approche de lui, décidément il l’aurait mieux fait de rester avec maman, car je trouve son attitude perturbante. Quant au faux Wladimir, il est sortis dès midi et il est plus de 18 h il n’est pas réapparu. Que fait-il en ce moment, vraiment je me le demande. 

Je prépare le repas car bien entendu je dois m’y coller, évidemment je suis la seule femme, mais demain je me vengerais je les laisserais faire le repas, je prétexterais une migraine, j’en souris car je n’ai jamais de migraines, mais bon je jouerais là-dessus, cela sera plausible.

La porte d’entrée claque, c’est le sosie de mon mari, car de plus en plus je le ressens, ce n’est pas lui, il a son aura, ses manières mais c’est un piètre imitateur, mon père se serait donc laisser berner par ce sous fifre…Étrange, ou alors il est au courant….Je ne lève pas le nez de mon livre, il passe tout près de moi sûrement pour que je relève la tête mais je ne bouge ni le pieds, ni un cil. Il en sera quitte pour faire son rapport à mon père. Peu à peu j’entends des éclats de voix qui me parviennent par la porte entrouverte. Mon père est dans une colère comme il lui arrive rarement, qu’as donc fait de mal mon faux mari. Je me le demande encore plus de deux heures plus tard, mon père ne décolère pas et a refusé de manger à table, du coup j’ai décliné moi aussi et je me suis servie le repas dans ma chambre. Je n’ai nullement envie de me trouver en tête à tête avec mon ex, si vraiment c’est lui, ce que je doute. Puis, prise d’une idée je me glisse dans la chambre de papa, mais il n’est pas là, étrange je ne l’ai pas entendu quitter la maison. Où se trouve-t-il en ce moment. Sa voiture est toujours dans la cour, un froid m’envahi, je me pose de nombreuses questions, décidément rien ne se passe comme prévu. Et pour me conforter dans ce malaise je sens comme une présence dans la maison, et non des moindres, qui essaye de me faire peur? Je suis aguerrie à toutes sortes de choses mais là cela se complique. Dans l’anfractuosité de la porte de la grange j’aperçois mon inconnu, je sursaute, lui ne me voit pas, comment est-il entré dans la propriété, les bras m’en tombent, moi qui avait préparé mon message, je ne sais quoi penser. Bien entendu il disait qu’il allait me retrouver, mais je ne crois pas à ce hasard, je pense que tout était voulu dès le départ. Aurait-on voulu m’éloigner de mon travail, gênerais-je? Mais qui? Un seul nom me vient aux lèvres: Pierre!

Il attend quelqu’un j’en mettrais ma main au feu, mais qui. Au même moment je vois une ombre qui se déplace vers la haie qui est limitrophe avec nos voisins dont les enfants sont fort bruyant. Cette silhouette semble se cacher j’essaye de me hausser sur la pointe des pieds lorsque la voix de Wladimir résonne dans le salon.

–            Alors chérie tu épies, penses-tu que je ne te cerne pas?

–            De quoi parles-tu? Je regarde les gamins qui se baignent

–          Mais bien sûr, vas tu es aussi bête qu’autrefois.

C’est bien la première fois qu’il me parle, et encore il ne m’a jamais tenu de propos pareils, de plus en plus étrange. Même au pire de notre vie de couple, il ne m’a jamais dit que j’étais bête, au contraire il m’a toujours trouvé trop intelligente et capable du pire comme du meilleur, aussi ses propos sonnent encore plus faux. Je l’observe en coin et il détourne son regard, il me semble même inquiet.

Je dois me faire des idées, mais plus tard je ne serais pas rassurée par la conversation que j’allais surprendre. La journée se passe à ne rien faire, j’aurais du aller me promener comme mon père me l’avait suggéré mais j’attends quelques choses, je ne sais quoi et rien ne vient. C’est long l’oisiveté, moi qui n’ai jamais connu cela, ma vie jusqu’à ’à la semaine passée était trépidante, jamais un temps mort, ici c’est lugubre.

Je m’allonge sur le transat avec un livre, et, lorsque j’ouvre à nouveau les yeux, la nuit est lentement descendue, je frissonne, je me lève et le dirige vers le patio où je vois de la lumière, mais au moment où je vais pour pousser la porte j’entends des mots qui m’intriguent.

–          Vous savez Monsieur il va falloir tout lui expliquer

–          Hervé, je préfère que Pierre l’informe

–          Alors si vous comptez sur lui il y a encore de l’eau à couler sous les ponts.

–          Mais par contre vous devriez lui dire en ce qui vous concerne

–          Que je ne suis pas son mari, elle le sait ce sont des choses que l’on sent quand on a vécu ensemble.

–          Oui, cela mais aussi ce que j’ai pressentis.

–          Je….

J’ai dû faire du bruit car je n’entends pas la suite de la conversation et lorsque je pousse le rideau, l’inconnu lit un courrier et mon père a disparu.

Je fais celle qui n’a rien entendu et vais me chercher l’en-cas que ces Messieurs m’ont préparé, je monte dans ma chambre après avoir embrassé mon père qui a le regard fuyant. L’atmosphère est de plus en plus lourde, j’espère que demain les nouvelles seront meilleurs, car je n’ai pas vraiment envie d’attendre un hypothétique drame.

La lendemain matin, le journal est sur la desserte et la maison est vide, aucune voiture à l’extérieur à part la mienne. Je me saisis du journal et lit les annonces, il y en a deux.

La première m’intrigue :

« L’ogre a été décapité ! La forêt n’est pas sûre ! Prenez la poudre d’escampette ! Je vous aime…..RV. »

Quant à la seconde, elle est pire :

« Pierre retenu prisonnier, rejoignez-nous à la seconde adresse. « 

Si mon inconnu avait un lien quelconque avec mon boulot, je le saurais, mais tout de même ce n’est pas le cas. Et pourtant j’ai un sursaut en voyant la signature : RV ! Serait-ce possible que les deux affaires soient lié, mais alors ?

A ce moment j’entends la porte d’entrée se refermer avec fracas, il faut que je fuis car il me semble avoir compris, vite passons à la bibliothèque, j’ai les clefs de ma voiture, mon sac à main et une somme d’argent. La bibliothèque tourne je suis de l’autre côté, mais ou suis-je ? Je distingue rien , mais aperçois le bout incandescent d’une cigarette. Je sens une odeur d’après-rasage et une main se pose sur ma bouche.

 

A suivre

Interrogation

Il maugrée dans sa barbe un merde sonnant et tonitruant et tourne les talons. Mais c’est à ce moment-là que mon père fait son entrée par la même porte secrète dans le mur, la bibliothèque tourne sur elle-même et Wladimir lui dit :

-Enfin vous voilà, mais vous ne m’aviez pas dit que c’était votre fille que je devais garder. Croyez-vous que ce soit une bonne idée ?

Là ! Les bras m’en tombent, c’est lui que j’ai eu au téléphone  ce matin, comment cela se fait-il que je n’ai pas reconnu sa voix. Et je me demande ce que veut dire cet imbroglio ; d’un côté Pierre le suspecte et de l’autre mon père lui demande de me surveiller. Avec lui, la garde étroite va vite virer au cauchemar. Il va me faire du chantage et vouloir reprendre sa place de mari, mais il n’en sera pas question. Pendant que mes pensées vagabondent, mon père entre et me serre dans ses bras en me disant :

–          Ouf, tout va bien, il ne t’est rien arrivé de fâcheux !

–          Pourquoi il y a quelques choses que je devrais savoir ?

Wladimir et mon père ont leur figure des mauvais jours, je crains le pire. Mais pour l’instant je suis dans les bras de mon père et Wladimir a un petit sourire ironique et il daigne enfin m’embrasser, tout en me murmurant :

–           Cela faisait longtemps que nous n’avons pas été aussi proches.

–          Remercie mon père, je pense que c’est à lui que tu dois avoir le bonheur de me revoir.

–          Non, Edith, c’est toi qu’il doit remercier, si tu n’avais pas eu l’idée d’intégrer ce projet, je ne pense pas que Wladimir serait ici.

–          Papa, tu sais très bien en quel terme nous nous sommes séparés tous les deux.

–          Oui, mais Wladimir est le meilleur garde du corps tu peux en convenir. C’est son nouveau métier, il fait dans la garde rapprochée, cela lui va comme un gant.

Mais de suite mon père met fin à cette conversation qui n’a pas lieu d’être, vu les circonstances. Et rapidement il me met au courant et m’explique qu’il s’est passé de drôles de choses pendant que j’attendais mes deux autres gardes du corps. Alors que la voiture s’éloignait en compagnie de mes parents et de mon fils, le chauffeur avait reçu un appel téléphonique de Pierre, lui intimant l’ordre d’empêcher mes parents de communiquer avec moi, de façon à ce que je sois facile à manipuler pour la suite des évènements. Le chauffeur ne s’était pas montré assez discret et mon père avait compris la conversation, aussi avait-il fait appel à mon ex-mari et un de ses amis pour venir les récupérer à la fameuse villa bleu qui, pour le malheur de Pierre était un lieu que mon père avait déjà utilisé il y avait quelques années. Ensuite il avait été facile pour Wladimir et Sergueï de venir les récupérer, ils avaient tout d’abord mis ma mère et notre fils en lieux sûr, embarqué le chauffeur pour un interrogatoire et ils étaient là pour m’aider dans la suite des évènements. Il nous fallait être vigilant car les deux gardes du corps allaient sûrement faire leur apparition et quant au reste il me fallait attendre le lendemain pour voir l’annonce. En mon for intérieur je pensais, pour voir les deux annonces.

Dans ma chambre je me prend à faire le point sur les évènements qui viennent de se dérouler sous les yeux, mon ex-mari, certes est bien là mais il y a comme quelques choses d’étrange, c’est lui sans être lui. Il a toujours son sourire charmeur, ses dents blanches bien alignées, sa mèche rebelle, ses yeux bleus gris qui peuvent être froid ou câlin, mais je ne sais ce qui me dérange. Il me semble qu’il est sa doublure, sa copie conforme, car au moment où il s’est penché sur moi pour m’embrasser je n’ai ni reconnu sa manière de faire et surtout son après rasage  dont en 15 ans de vie commune il n’a jamais changé, n’est pas le même.

Je n’ai jamais rien su de sa famille, avait-il des frères ? Des sœurs, ses parents au moment de notre rencontre étaient décédés. Il y a bien eu ce Sergueï dont mon père a fait allusion tantôt, mais c’était un vague cousin. Je m’endors non sans mal car toutes ses questions me viennent à la tête et forcément mon sommeil s’en ressent. Quelques heures plus tard je me réveille, le jour pointe à peine son nez, mais je sens le café et le pain grillé. Une bonne douche et me voici sur pieds. Le journal est posé sur la table et dans la cuisine se trouve deux autres hommes en compagnie de mon père, je me glisse derrière le paravent qui sépare le bureau de la cuisine et j’écoute les conciliabules qui sont mené par le plus grand des deux hommes.

–          Vous savez Monsieur, je me demande ce que va en penser le boss

–          Que m’importe !

–          Mais j’ai une idée, rentrez chez vous je double votre salaire et nous communiquerons à l’aide de ce téléphone, vous rendrez compte à votre chef, mais faîtes vous tout petit. Je surveillerais bien mieux ma fille, seul qu’avec vous deux, de plus vis-à-vis des voisins, un père et sa fille cela passera mieux.

Devant les arguments de mon père, les deux hommes se rangent vite à ses côtés, je vais attendre leur départ pour faire mon apparition, mais c’est sans compter sur Wladimir qui brutalement me met une main sur la bouche et m’intime l’ordre de ne pas crier. Je sens sa chaleur contre mon corps ainsi que sa virilité qui caresse le bas de mon dos. Je suis désarmée face à lui, il sent mon désarroi et resserre son étreinte, je me sens fondre dans ses bras. Mon Dieu il faut que je me ressaisisse sinon il va tirer profit de la situation. Qu’ai-je appris à l’école de police lorsqu’un adversaire nous ceinture, aussi mes réflexes reviennent en automatisme et je lui assène un coup de coude dans l’œil avant de l’envoyer valsé au sol. Sous le choc il reste étourdi et se relève non sans me glisser un « on se retrouvera ». J’hausse les épaules et le laisse partir. Après avoir remis un semblant d’ordre dans ma tenue vestimentaire je me glisse dans la cuisine où mon père imperturbable lit le journal, mon journal. Mais je ne bronche pas et attends qu’il en ait terminé pour m’en saisir. Je vois un sourire se dessiner sur les lèvres de Wladimir, qui de plus en plus m’intrigue. Je suis désormais persuadée que ce n’est pas lui. Tout dans sa manière de faire peut le laisser croire, mais tout à l’heure quand il m’a serré contre lui un détail infime m’a frappé, mais il faudrait qu’il me prenne à nouveau dans ses bras, ce dont je n’ai pas envie pour m’en assurer.

Après quelques paroles banales avec mon père, il me tend le journal et attend que j’en prenne possession, il me signale n’avoir rien vu concernant l’échange que Pierre doit faire avec moi, je soupire et me saisis du journal et je vais m’installer sur la terrasse.

 

Je tourne les pages lentement car je me sens observer et je ne veux pas que mon père ou l’autre, je le nomme ainsi car je sais désormais que ce n’est pas lui, m’observent, ils aimeraient savoir si Pierre m’a signalé quelques choses dans le bon déroulement de notre affaire. Dans les petites annonces il n’y a rien de Pierre, par contre mon inconnu m’a écrit, et là je sens la panique m’envahir, je dois maîtriser ma peur et me concentrer sur la réponse à apporter à ce texte étrange.

Votre fossette au menton me manque, je n’ai qu’une envie c’est vous serrer dans mes bras, bientôt cela sera possible, je le pressens, même si vous en doutez encore. Votre cachette je vais la découvrir, ce n’est qu’une question de temps. Votre corps s’enflammera sous mes baisers j’en suis convaincu. Répondez-moi…Sinon….

 

En colère je réponds ceci :

Si vous me menacer je pense que nous n’avons rien à faire ensemble. Je sais que je suis fascinée par vos yeux mais j’ai encore la tête sur les épaules.

Et je conclue par :

Attends votre prochain courrier si vous êtes tant attirer par moi, vous devez modérer vos ardeurs.

Une vierge qui n’en n’est pas une.

 

Quelques choses me chagrinent je ne sais pas ce que c’est mais ce malaise va me suivre une partie de la journée. Je pense que les yeux de celui que mon père me présente comme mon ex-mari et ceux de l’inconnu du 7 h 12 me perturbent énormément.

Mais pourquoi ?

 

A suivre

 

Je  programme la suite, vu que mes vacances approchent et vous pourrez suivre les aventures d’Edith et son inconnu du 7 h 12.

Suspission

Après avoir écouté Pierre, j’ai embrassé une dernière fois mon tout petit et je l’ai laissé partir avec mes parents, ce sont eux qui bénéficieront de la planque qui devaient me revenir. Personne ne me dit ou cela se trouve, et mes parents ignorent tout de ce lieux bien caché apparemment et connu que de la personne qui vient d’arriver et qui les prend tous les trois en charge. Je me sens mal, je vois la voiture qui s’éloigne, Pierre doit me confier d’autres choses et ensuite je serais seule, pour les commerçants je serais une dame qui se repose car j’ai été très malade, je vais pouvoir aller chercher mon journal et qui sait j’aurais peut-être une réponse de mon inconnu.

En-ai-je envie ? Je ne le sais, mais pour l’instant je dois répondre au feux roulant des questions de Pierre qui veut que je lui décrive soigneusement tout ce qui m’a paru bizarre au cours de ces deux semaines. Je conviens et lui sied gré qu’il a bien fait de ne pas parler devant mes parents, effectivement moins ils en sauront, moins ils me feront du mal, certes inconsciemment mais sait-on jamais ? De plus je protège de cette manière mon tout petit enfant, mon petit Hugo.

Du reste c’est par rapport au père d’Hugo que je vais être obligé de répondre. Moi qui espérait que j’y échapperais me voici au cœur d’une tourmente et je ne sais comment je vais pouvoir m’en défaire. Pierre accompagné de deux hommes aux mines que je trouve assez patibulaire s’assoient en face de moi. J’ai l’impression d’être une accusée, je me sens mal à l’aise, mais bon je n’ai commis aucune faute et ce n’est pas parce que mon ex est un fou que je vais me faire laminer par mes gardiens. Car deux d’entre eux resteront avec moi. Je les observe pendant qu’ils préparent la caméra, le micro et une mise en scène assez soignée. Puis les questions fusent ?

–          Comment se nomme votre ex-mari

–          Wladimir

–          Nationalité

–          Franco-Russe

–          Son métier

–          Chercheur

–          De quoi

–          Je ne sais pas

–          Comment ça ?

–          Nous n’en n’avons pas vraiment parlé

–          Dans quel domaine ?

–          Militaire

Là il y a comme un grand blanc, tous les trois sortent brutalement et me posent d’autres questions, mais je les ai attendus au moins vingt minutes, je me demandais à quelle sauce j’allais être mangé.

–          Votre mariage a eu lieu quand ?

–          le 18 juillet 2010

–          Civil Religieux

–          Les deux

–          A quel endroit

–          A Moscou

On doit entendre une mouche volée, Pierre est furieux et il me le montre en m’apostrophant vertement :

–          Vous auriez pu nous le dire dès le départ, nous ne serions pas dans cette mélasse et cette confusion.

–          Pourquoi ? Vous pensez que Wladimir m’a fait suivre, il n’est pas fou à ce point, il était juste violent avec moi, et de toutes façons lorsque nous vivions ensemble il n’a jamais su quelles études j’avais fait. Et à cette époque je n’envisageais pas de reprendre mon ancien travail. Nous avons eu Hugo assez rapidement et son salaire subvenait très bien pour nous trois. J’ai cherché du travail le jour où j’ai quitté mon mari, et j’en ai eu rapidement grâce à mes relations et c’est comme cela que j’ai intégré le projet 50. Wladimir s’occupe très bien d’Hugo si c’est lui qui est à l’origine de cette mascarade et de ses envois de lettres anonymes il sait très bien qu’à la moindre erreur il ne verra plus Hugo. De plus ce n’est pas un de ses amis qui était en planque devant mon domicile. Donc je pense que vous faîtes fausse route.

 

–          On verra, et ce n’est pas à vous de nous dire dans quels sens nous devons aller. Sur ce nous allons vous laissez et évitez pendant quelques temps de sortir, nous devons faire courir le bruit que vous êtes souffrante et que vous avez besoin de repos. Votre courrier vous suivra par des moyens connus de nous seuls, nous serons obligés de le lire.

–          Pourrais-je avoir le journal

–          Oui, mais c’était prévu, nous communiquerons avec vous par petites annonces.

Je ne bronche pas, car je ne veux pas me compromettre et après tout pourquoi je mêlerais cet inconnu à ses sous-entendus idiots et déplacés. De cette manière je n’ai nullement besoin de me justifier si je réponds aux annonces. Finalement j’apprends que demain j’aurais d’autres gardes du corps qui ne connaissent pas la raison de ma présence ici. Ouf ces deux-là me mettaient mal à l’aise.

Je vais me coucher et ma nuit se passe bien, le lendemain je suis seule avec Pierre il attend mes deux gardes du corps. Il me laisse un instant pour aller récupérer le courrier ainsi que le journal, et j’apprends à son retour qu’il me sera apporté tous les matins vers 8 h, ce qui me convient  à merveille. Nonchalamment je prends le journal et me met sur la terrasse et lit les titres, et quand Pierre répond au téléphone je vais droit aux petites annonces et je vois une réponse à mon dernier envoi.

A ma vierge effarouchée  du 7 h 12, je sais que vous avez quitté Paris, je vous retrouverais, vous me plaisez, que faire pour que je vous apprivoise ?

L’inconnu du 7h 12