Evènement!

Bonjour à Tous,

 

Je reviens de vacances et d’anniversaires et à nouveau je ne serais pas présente sur vos blogs ni sur le mien pour vivre un événement.  Ce samedi je présente mon recueil de poèmes (le second) lors d’une animation florale sur mon village où je suis invitée à lire quelques uns de mes poèmes parlant de fleurs. Je ne puis présenter le dernier il n’est pas complètement terminé.

En vue de cette préparation et pour écrire un où deux poèmes célébrant cette journée je ne puis me consacrer à vous tous.

 

Dès lundi je vous rendrais compte de ce moment qui sera je n’en doute pas, fort intéressant à défaut de dire fabuleux, mais je vais attendre pour en donner des adjectifs plus significatifs.

 

A Bientôt et bien amicalement

 

EvaJoe

L’appât (suite de l’Inconnu du 7 h 12 )

Ni une ni deux, je ne réfléchis pas et je réponds à sa petite annonce, je ne vais pas lui donner des illusions, il faut que je sois directe :

Partie sans laisser d’adresse, oubliez-moi !

Signée la vierge effarouchée de 7 h 12

Avec cette annonce il verra que je ne cherche pas à le rencontrer et surtout si c’est lui qui sait où je loge il sera en planque devant mon appartement et abandonnera bien vite. Je passe le reste de la journée en oubliant cette annonce, Clément ne rentre pas ce soir, donc je serais seule et libre de mes mouvements, mais ni je retournerais sur Paris, ni je vais me rendre à l’adresse que je ne connais pas, puisque je n’ai pas ouvert l’enveloppe, je vais téléphoner à mon patron pour lui dire que je m’accorde quelques vacances  dans la maison de campagne d’un ami d’enfance vers Evreux, il a aussi mon numéro de téléphone temporaire. Mais comment envoyé l’annonce pour qu’elle paraisse demain matin, zut il faut que je la poste, car je ne fais confiance à personne et je n’aie nullement envie de demander au voisin de Clément, bien qu’il soit beau garçon, je ne vais pas m’aventurer à faire connaître ma présence à qui que ce soit. Je détiens des secrets trop importants pour m’exposer et exposer qui que ce soit, surtout si ce sont des inconnus. Dois-je parler à mon Boss de cette lettre anonyme. Il ne me renverra pas, je le sais, après tout j’étais bien célibataire, puisque j’ai divorcé, mais Hugo existe bel et bien, il est tout petit et je dois lui manquer énormément. En parler avec  Pierre, et qui sait il pourrait organiser une rencontre, je n’ai pas vu mon bébé  depuis le début de mon nouveau travail et là je suis en manque et lui me réclame comme maman me l ‘a dit.

Je téléphone à mon Boss, il me répond immédiatement, mon numéro n’est pas caché, il me semble préoccupé, mais dès que je parle de la lettre anonyme, l’intonation de sa voix se modifie et il est attentif. Il me pose différentes questions et finalement me donne rendez-vous à Chantilly devant l’hippodrome, je lui téléphonerais  dès que je serais sur place. Je m’arrête au village voisin, c’est plus petit que Chantilly et plus anonyme pour envoyer ma réponse à l’annonce du journal. J’ai laissé un petit mot à mon ami d’enfance, remis la clef à sa place et pris ma valise et je suis partie à l’adresse indiquée. J’avale rapidement les 60 kilomètres qui me séparent de cette jolie ville de l’Oise. J’attends comme convenu dix minutes et après une première sonnerie et avoir raccroché, il me répond et m’indique une impasse et me décris la petite maison où il se trouve. C’est à l’extérieur de la ville et pas très loin du grand canal. Je dépasse le château et m’enfonce dans la forêt. Enfin voilà l’impasse, c’est sur un chemin de terre. Si je ne venais pas trouver mon Boss je ne serais pas très tranquille. Je passe mon appel téléphonique depuis ma voiture lorsque je vois arriver un homme sur un cheval. Il s’arrête à ma hauteur, c’est un garde forestier et me demande si je suis perdue. Je bredouille que j’attends mon amoureux, c’est ce que je devais répondre si je croisais une personne. Il rigole et s’éloigne. Ouf ! Il est parti. Mon boss me rappelle et me dit de me rendre à la maison qui se trouve un peu plus haut sur le chemin, je dois monter à pieds, laisser ma valise dans la voiture, fermer ma voiture et prendre tous papiers pouvant me relier à qui que ce soit, famille, amis, relations, travail.

Ma voiture me sert rarement et il n’y a rien dedans, même pas de quoi manger, la photo de mon fils est dans mon portefeuille et comme je ne dois pas l’avoir sur moi, je vais donc mettre sa photo dans ma ceinture secrète que je me suis fait faire par ma mère il y a quelques semaines. Je ne pense pas que mon Boss va me fouiller. De plus cette ceinture tient ma jupe. J’ai un rire jaune, je n’ai  nullement envie de mettre mon fils en avant, ni de l’exposer. Mon patron sait qu’il existe, il n’a rien dit, mais a de suite voulu me rencontrer. Mon téléphone est mis sur vibreur le temps que je traverse le terre-plein à découvert avant d’arriver à la bicoque. Car à mes yeux c’est une cabane pour la chasse, de maisons je ne vois pas. Je pousse le portillon vermoulu et m’engage dans l’allée menant à ce chalet de guingois.

Soudain j’entends un rire cristallin et vois débouler un petit bonhomme, c’est Hugo. Je ne comprends pas sa présence, mais j’avoue que je suis soulagée en le voyant, je le trouve grandis, il a toujours ses beaux yeux, et son regard me donne envie de pleurer, mais je ne dois pas paraître faible aux yeux de ceux qui nous observent, car j’en suis certaine il y a des yeux posés sur nous. Il parle de plus en plus bien et il me dit que Mamie nous attend en compagnie d’un Monsieur, mais ajoute-t-il ce n’est pas mon papa. Tu étais avec papa hier, il me dit que non, et c’est par lui que j’apprends qu’ils sont là depuis longtemps, mais longtemps à cinq ans cela n’a pas la même valeur que pour les adultes. Ma maman a dû arriver hier quand je lui ai dit de partir, mais c’est tout de même étrange qu’elle soit là.

L’explication ne va pas tarder car la porte s’ouvre devant mon Boss, il ne me sourit pas, il a l’air sérieux, voir même ennuyé.

Entrez Edith, votre maman et votre papa sont là, je vais vous expliquer.

J’apprends que depuis le départ il a su que j’avais des parents et un fils qui vivait entre son père et moi en garde alternée. Aussi depuis cette date ils avaient été mis sous protection quand à mon ex-mari il voyait Hugo en terrain neutre pour ne pas mettre la vie de qui que ce soit en danger. Je me sens rougir en voyant que mon secret que je croyais si bien garder était connu de toute l’équipe du bureau d’étude. Apparemment  je ne suis pas désavouée par l’équipe, il trouve que c’était humain que de vouloir protéger sans en parler ma petite famille, mais une enquête sur moi, menée en haut lieu leur avait tout dévoilé, compte tenu que j’étais une perle pour le travail, il ne m’avait rien dit jusqu’à ce que je les prévienne, enfin, j’entends bien, que j’avais reçu cette lettre anonyme.

Pierre, mon Boss me dit que je ne dois plus être cachottière et que je dois tout lui dire, même mes secrets les plus intimes. Je suis rouge comme une pivoine, je ne vais pas lui parler de mes annonces au journal. J’aurais l’air d’être une parfaite idiote. Clément n’est pas un espion, ni son voisin, une enquête a déjà été diligenté auprès d’eux. Le garde forestier est un de nos gardes, il a dû bien rire devant ma réponse, mais je pense que l’heure est plus grave que je ne pensais et c’est ce que je vais entendre qui va me rendre fort nerveuse et même angoissée.

Mai 2014 copyright EvaJoe

L’inconnu du 7 h 12 (suite)

UNE ANNONCE DE TROP (suite)

 

Rapidement je mets l’enveloppe dans ma poche et prends place à mon bureau, toute la matinée je fais mon travail efficacement, mais à la pause je me souviens de l’enveloppe. Les consignes sont claires, l’ouvrir que si on accepte de se conformer à la lettre à ne pas travailler tout le temps que vont durer les recherches, afin qu’à notre retour, les filatures ne reprennent plus. Lui laisser croire que j’ai changé de lieux de vie, ce qui ne veut pas dire du reste que ce n’est pas ce qui risque de m’arriver, si ce Monsieur disparaissait.

Je mange mon repas à même mon bureau, et je décide de rentrer chez moi plus tôt que prévu et de réfléchir à la décision que je vais prendre. Ma petite voiture blanche est toujours à sa place, je quitte rapidement le bureau d’étude et décide de rentrer sur Paris en voiture, cela m’évitera de me retrouver à la gare, et il n’est pas certain que cet homme m’ai réellement suivis, et il est bien possible qu’il ne connaît pas mon appartement. La route m’a parue longue, mais il est vrai que je n’ai pas l’habitude de venir en voiture, mais me voilà dans les faubourgs de Paris et  j’entre dans les files de véhicules qui sont sur le périphérique. Enfin, me voici dans ma rue. J’attends un instant et je ne vois personne. Je descends de mon véhicule, prends mon sac où se trouve l’enveloppe, et me dirige vers mon petit immeuble. C’est à ce moment-là que je vois une silhouette se détacher du mur, affolée je cours vers le magasin le plus proche, j’entre, la vendeuse me regarde d’un drôle d’air. Je tremble comme une feuille, une peur irraisonnée m’a saisie, je prends rapidement un vêtement et demande où se trouve les cabines d’essayage, elle me les montre du doigt et continue de parler à une cliente. J’entre, tire le rideau, m’assois et éclate en sanglot. Je ne sais combien de temps j’ai sangloté, mais soudain une voix se fait entendre :

« Madame, allez-vous bien ?

« Oui, je m’excuse, je vais sortir

« Prenez votre temps !

Ouf, elle ne s’est rendu compte de rien, je verrais bien en sortant. Je règle mon achat et sors en même temps qu’une dame qui est ma voisine, je ne l’avais pas reconnue, elle, et moi  nous faisons quelques pas ensemble, elle me demande si je vais bien, je la connais elle vit seule et a une petite fille. Je lui dis que j’ai des soucis dans mon travail, et nous marchons toutes les deux vers notre logement. Devant la porte il n’y a personne, j’ai dû rêver, mais je vais rapidement déchanter. Toutes les deux nous nous attardons vers les boîtes à lettres, j’ai du courrier, une longue enveloppe de papier kraft, bizarre je ne connais pas cette écriture, mais je ne dis mots, et prends l’ascenseur, pendant que ma voisine discute avec le concierge.

Qui a bien pu m’écrire ? J’entre chez moi et de suite je m’aperçois que quelqu’un a pénétré dans mon home. A première vue il n’y a rien de déplacer mais je sens une odeur de cigarette où plutôt de pipe. Or je ne fume pas et mon frère ne fume que des blondes, ce n’est donc pas lui qui serait passé en coup de vent. On a donc pénétré chez moi, je dois savoir qui est venu, le concierge n’ouvre à personne en notre absence et  il a bien fallu que la dites personne passe devant lui, voir est la possibilité de se faire ouvrir la porte à code. J’oublie momentanément la lettre qui m’intrigue et je téléphone au concierge, il a dû terminer sa discussion avec ma voisine du dessus. En effet il me répond assez rapidement.

– Que puis-je faire pour vous Mademoiselle ?

–  Est-ce que mon frère est passé ?

–  Non, mais un Monsieur m’a demandé si vous étiez rentré

– Et que lui avez-vous répondu ?

– Que le mardi vous rentriez fort tard.

-Où se trouvait ce Monsieur, au téléphone ou s’est-il présenter à la porte.

– Au téléphone, pourquoi vous avez été importuné ?

– Il me semble que je paye assez cher pour que vous évitiez de raconter ma vie privée à des inconnus.

– Je me le tiendrais pour dit, Mademoiselle, veuillez m’excuser.

Et sur cette dernière tirade je raccroche dans une colère noire. Si j’étais rentré directement au lieu de m’affoler comme une bleue j’aurais empêché cette homme de pénétrer chez moi, mais j’ai fait ma fofolle et il en a profité pour entrer chez moi, mais qui a pu lui fournir mes clefs, ou plutôt comment as-t-il su que j’habitais dans cet arrondissement. Je me perds en conjoncture de toutes sortes, lorsque le téléphone sonne, j’attends, cela s’arrête, reprends deux fois, s’arrête à nouveau. C’est mon chef, nous avons ce code pour nous téléphoner, cela évite les mauvaises surprises. Faut-il que je lui raconte tout ça, ou dois-je tout garder pour moi.

Finalement j’opte pour ne rien dire, après tout je ne sais qui sont ces gens et surtout si cela a un rapport avec mon nouveau travail. Cela peut-être n’importe qui, mon ex par exemple, ou le remplaçant de ma femme de ménage, mais je suis sceptique. Si c’était mon ex il m’aurait laissé un petit mot, or je n’ai rien trouvé.

Je décroche le téléphone et mon Boss me demande si j’ai pris ma décision, car il faut que dès demain matin au plus tard, je sois à l’adresse notée dans l’enveloppe. C’est à ce moment que je me souviens de la deuxième enveloppe. J’attrape mon sac tout en écoutant les recommandations de mon chef, je l’ouvre et en sors les deux enveloppes, celle du Ministère et celle de ma boîte à lettres. La dernière ne contient qu’une feuille de papier avec des lettres collées dessus. C’est une véritable lettre anonyme. Mais c’est surtout une lettre de menace.

FAIS ATTENTION AU PROJET 50, NOUS T’AVONS A L’ ŒIL, DANS QUELQUES JOURS TU AURAS DE NOS NOUVELLES ! EN ATTENDANT PAS UN MOT A QUI QUE CE SOIT ! SINON UN CERTAIN HUGO AURA DES PROBLEMES.

Je suis anéantie, ceux qui m’ont écrit me connaissent et surtout ils connaissent l’existence de mon fils. De plus pour pouvoir travailler au sein du bureau d’étude, une des conditions étaient d’être célibataire, je voulais le poste, aussi j’ai mentis. Et maintenant mon passé me rattrape. Je ne puis rien dire à mes supérieurs, et ceux qui me menacent me font aussi peur, que vais-je faire ?

Je ferme rapidement mes volets roulant, je prends une douche, je jette dans une valise quelques vêtements, je ferme tous les compteurs, prends mon sac, et me dirige vers l’ascenseur, mais je me ressaisis et monte chez ma voisine. Je lui laisse mes clefs, et lui annonce que je pars chez mes parents en Province pour quelques semaines, que je ne pense pas revenir et que mon ex viendra chercher mes affaires. Elle est désolée que je parte si rapidement mais je ne m’attarde pas, et file rapidement vers les garages où je récupère ma voiture personnelle, mon Boss viendra dans la semaine récupérer la voiture de la Société bidon qui nous sert de couverture. Je m’éloigne rapidement de Paris et m’arrête dans un motel en bordure de l’autoroute, je vais m’accorder un peu de répit avant d’être soumis à un interrogatoire en règle de ma hiérarchie dans la maison bleue. Je vais disparaître et faire la morte, je sais que j’ai 15 jours environ devant moi avant que l’on se mette à ma recherche. Et puis je veux voir si la semaine prochaine l’annonce va réapparaître et ce qui sera écrit dessus. Je me débarrasse de la puce de mon téléphone, plus rien ne doit me relier à mon travail. Ce sont les ordres. Mais je ne me rendrais pas tout de suite à l’adresse de l’enveloppe que je n’ai toujours pas ouverte.

C’est un bruit à ma porte qui me réveille, je regarde ma montre, il est déjà 8 h 30, j’ai bien dormis, malgré le bruit incessant des voitures sur l’autoroute, cela m’a bercé, bien qu’au début j’ai faillis quitter le motel. Je demande qui est là, en fait c’est la femme de ménage, je prends une douche rapidement et part tout en m’excusant auprès de cette femme. J’ai noué sur mes cheveux un foulard, je ne voudrais pas qu’elle fasse une description de moi si on venait à lui poser des questions. Je me sens un tantinet paranoïaque, mais il faut que je sois fort prudente. Après un petit café noir serré, je me suis arrêtée dans un bureau de tabac pour prendre une puce jetable, je vais pouvoir appeler maman et voir comment Hugo va, ensuite je leur conseillerais de partir dans notre maison de vacance avec papa jusqu’à ce que je les appelle à nouveau. Maman connait mon métier et pensera que je veux ne pas me faire de soucis pour elle, et non que c’est moi qui m’en fait mais la connaissant elle ne me posera aucune question. Lorsque j’aurais pris mes marques et si rien ne se passe d’ici là, alors je m’accorderais deux jours et j’irai les voir. Mais seulement si je suis certaine que je ne les expose pas. Une fois cette décision prise, je me sens pousser des ailes et je parcours plus de 100 kilomètres avant de m’arrêter chez un ancien ami de classe, qui ne me posera aucune question, de toutes façons il est loin, il est en déplacement aux Antilles, je lui téléphonerais ce soir pour lui demander son avis. Je sais où il met sa clef, et, aussitôt arrivée je regarde sous le pot de fleurs posé à même le sol, et effectivement la clef est ici. C’est une petite maisonnette qui servait à ses parents de maison de campagne jusque dans les années 80, depuis elle appartient à tous ceux qui ont envie de se faire une virée tranquille. En pleine semaine et à cette époque de l’année je ne pense pas que j’aurais de la visite et je serais tranquille pour réfléchir, et puis ce n’est qu’une question de jours.

Je sors les victuailles de ma voiture que j’ai apporté de Paris, et me fait rapidement une omelette, le tout arrosé d’un bon vin rouge. Dans le frigo, il y a des fruits, tiens quelqu’un serait donc venu les jours passés, je ne m’en inquiète pas du tout, fais un brin de ménage et passe dans le jardin où les chaises de jardin sont à l’extérieur. Encore une chose de bizarre, ceux qui sont venus auraient bien pu ranger. Je reprends mon journal et regarde plus attentivement les annonces, qu’ai-je loupé ? Possible que cette annonce n’était pas pour moi, mais alors pourquoi toutes ses coïncidences, et surtout quelle mouche lui a pris à mon écrivain en herbe pour m’apostropher de cette manière. A-t- eu peur de quelqu’un ? Ou alors il m’a confondu avec une autre ? J’en suis là de mes réflexions lorsque j’entends un chien aboyé et une touffe de poils me monte dessus, mais on dirait le chien de mon ami Clément.

Edith, mais que fais-tu là ?  Je te croyais au bout du monde,

J’éclate de rire, car moi aussi je pensais cela de lui

Nous bavardons à bâtons rompus jusqu’à la tombée de la nuit, je ne lui ai rien dit de mes doutes, de mes peurs. Lui, m’a raconté la raison pour laquelle il était rentré plus tôt… Nous nous organisons pour la nuit, il prendra sa chambre d’adolescent et moi la chambre de sa sœur, puis nous dînons ensemble et nous bavardons encore longtemps. Il me semble que l’aube se levait lorsque nous avons décidés d’aller dormir. Quelques heures plus tard, je trouve un mot sur la table, « Fais comme chez toi, et je t’ai trouvé le journal ». En effet je lui ai dit que je cherchais une maison dans les parages et qu’il me fallait le journal, en chevalier servant il est allé me le chercher.

Je passe rapidement sur les titres, les faits divers et vais directement sur la page des annonces, toujours rien pour acheter une maison, mais par contre je suis à nouveau attirée par une annonce :

A ma belle inconnue, je t’ai volé un baiser, mais tu t’es enfuie comme une vierge effarouchée, je t’attendrais tous les jours à la gare du Nord, je t’espère.

Signé l’inconnu du 7 h 12

 

 

A suivre

 Mai 2014 copyright d’EvaJoe

L’inconnu du 7 heure 12

 

AMIS LECTEURS CECI N’ EST PAS MON HISTOIRE

Une nouvelle écrite à la première personne dont le titre général est :

 

UNE ANNONCE DE TROP

 

 

 

 

Comme tous les matins avant de prendre mon train à la gare du Nord, je m’affaire dans ma cuisine, le petit déjeuner est vite expédié, un café noir et bien serré, un toast à peine beurré, un verre de jus d’orange, et je sors de ma douche aussi vite que le TGV. Je me précipite à ma boîte à lettres, le journal est arrivé. Je parcours rapidement les titres et je vais aux annonces. Cela fait plus de deux mois que je cherche un pied-à-terre dans la campagne environnante. Mais rien ne pointe à l’horizon.

Et ce matin c’est encore la même déconvenue ! Puis, d’un regard distrait je continue ma lecture, en riant des recherches stupides des uns et des autres. Celui-là cherche une femme qui bondisse comme un moteur bien huilé. Pauvres gens, comme cela me semble désuet et pitoyable. Puis, tout-à-coup mon regard se pose sur une annonce inhabituelle dont les termes me laissent interloqués :

« Si tu te souviens de notre regard échangé à la gare du Nord ce mardi 15

Toi, la belle brune

aux yeux pétillants, tu avais un tailleur prune,

le journal sous le bras.

Nous nous sommes souris et nous avons continué notre route.

Rejoins moi ce mardi 22 et nous verrons où tout cela nous mènera.

Signé : l’inconnu de la gare du Nord. »

 

Le journal sous le bras, le tailleur prune, à n’en pas douter, cet inconnu s’adresse à moi. Oui, je me souviens de cet homme, nous nous sommes croisé, souri et puis mon train est arrivé et je n’ai même pas vu où il allait si il était resté sur le quai où partis comme moi. C’est cette annonce qui paraît ce mardi qui me le rappelle. De toutes façons je suis libre de mes actes et je peux le croiser à nouveau, je ne vais pas me jeter dans  ses bras, même si il était  un prince d’Orient. Je ris toute seule à ma remarque . J’imagine cet homme dans son pays, un turban sur la tête, genre maharadja. Pourquoi ai-je envie qu’il arrive d’ailleurs. Sûrement à cause de son teint cuivré, mais alors il avait des lentilles car je me souviens aussi de ces beaux yeux bleus. Bon, il est temps de filer, mon inconnu m’attend, et je me surprends à rire, et à l’espérer. En fait je vais travailler et mon RER n’attend pas les retardataires.

Je dévale les escaliers quatre à quatre, je manque par deux fois de m’écraser en-dessous, mais me rétablis assez vite. Je suis souple et ce n’est pas ce petit exercice matinal qui va me  décourager, au contraire, je ne fais plus aucun sport depuis que j’ai intégré ce bureau d’étude et, je l’avoue cela me manque. Mais dès que je peux je vais marcher et je mets un point d’honneur à ne pas prendre le métro les jours où je reste sur Paris. Je connais tous les parcs, les petits comme les grands. Mais habiter hors de Paris me tente depuis plus  de six mois, et, en particulier depuis que j’ai commencé mes recherches. Bien entendu je serais obligé de me lever plus tôt mais la qualité de vie en sera meilleure. Mais pour l’instant mes recherches sont resté vaines et tout en courant pour attraper mon métro je songe à l’annonce. Bah, je verrais bien si le jeune homme est dans la gare. Voici mon arrêt, je descends et je suis la foule des travailleurs, personne ne se regarde chacun est déjà plongé dans sa vie,  celle de tous les jours. Nous sommes des êtres humains qui nous croisons, sans un regard, sauf moi qui suis une provinciale à la base et qui aime croiser un regard. Me voici sous la grande horloge, je guette mon train et attends, j’espère le revoir, je l’espère. Il est déjà 7 heures et des hommes il en est passé mais lui mon inconnu de 7 h 12, je ne l’ai pas vu, au moment où je m’engage sur le quai, car mon train est annoncé, je me heurte à un homme fort pressé, notre regard se croise, c’est lui. Il me sourit et ajoute :

« Désolé, je suis en retard, mais mardi prochain j’essaye d’arriver plus tôt, lisez le journal je vous tiendrais au courant, sur ce il m’embrasse à la commissure des lèvres et disparaît happé par la foule.

Je suis scandalisée, car ce n’est pas un sourire aussi beau soit-il qui lui permet d’être familier avec moi. Si j’avais tourné la tête à ce moment-là, il m’embrassait sur la bouche. Dans mon for intérieur peut-être que c’était ce que j’espérais. Pendant que mon train s’éloigne de Paris, je me remémore son regard et ce qui dégage de lui. Il va me falloir répondre à son annonce, je n’ai nullement envie de m’engager dans une affaire de cœur, un copain , certes je puis encore l’admettre mais un chéri, merci j’ai déjà donné et je ne suis pas prête à recommencer.

Me voici arrivé à destination, je descends les escaliers et regagne rapidement la petite voiture de fonction prêtée par mon coach. Au moment où mes yeux se posent sur le rétroviseur, il me semble voir s’éloigner mon inconnu de 7h 12, bizarre, ai-je rêvée ? Ou alors il a pris le même TER que moi ; mais il a bien vu que je suis montée dedans, on aurait pu discuter bien que le wagon était plein à craquer, mais cela ne change guère des jours précédents et aussi des jours à venir. C’est cette promiscuité que je ne supporte plus. Entre les odeurs d’ambre boisé, de lavande bon marché où d’Ungaro, je me sens mal et j’ai bien souvent le cœur au bord des lèvres. Je serais beaucoup mieux, ici dans cette ville, voir ailleurs au milieu de nulle part. Je possède une voiture de Société et je ne l’utilise que pour couvrir les 10 kilomètres qui me séparent de la gare, et je l’abandonne chaque soir n’ayant nullement envie de me retrouver dans les embouteillages de tous ceux qui reviennent sur la capitale où qui en partent. J’avoue que cela commence à me peser, mais j’en suis là de mes réflexions lorsque l’on tape à ma vitre, c’est mon inconnu, j’ouvre ma fenêtre souriante et là je suis stupéfaite il me parle grossièrement et m’invective car il veut ma place. Je bredouille des mots sans suite et m’éloigne. Tout en conduisant ma petite Clio, je réfléchis, obnubilé  par lui, aurais-je inconsciemment confondu mon inconnu avec ce malotru. J’ai sûrement raison et je suis arrivée devant la porte de mon bureau, porte anonyme parmi tant d’autres, mais là se cache toute une technologie que nos ennemis pourraient nous envier. Sans parler d’ennemis qui nous combattent, je veux parler des chasseurs de têtes, voire de projets. Derrière cette porte c’est secret défense.

Pierre, mon coach est là, comme chaque matin, il me serre la main, réajuste ses lunettes, refais le nœud de sa cravate et me propose un café, il ajoute sans sucre, noir et serré. Je souris, car maintenant il ne fait plus de gaffe. J’aime ce matin où nous nous retrouvons tous les deux pour parler de l’avancement de notre projet classé TOP SECRET. Les autres arrivent peu à peu et se joignent à nous pour la rituelle réunion. Nous échangeons tout d’abord sur la météo, puis la morosité de nos concitoyens, et ensuite c’est le moment du briefing, et nous repartons tous plancher sur notre travail. Je m’attarde auprès de mon supérieur hiérarchique, j’ai une question qui me taraude l’esprit ; il faut que je lui la pose sinon je passerais une très mauvaise journée.

« Pensez-vous Pierre que l’Inde a toujours en tête notre projet  et pourrait soudoyer l’un d’entre nous comme cela s’est fait avant mon arrivée. »

« Pourquoi pensez-vous à cela Edith ? »

« Cela fait deux fois en une semaine que je croise un individu et je trouve cela bizarre, et ce matin il était à la gare. »

« Si vous pensez Edith que cet homme vous suis, il va falloir que pour quelques temps vous vous rendiez au pavillon bleu. « 

Sur ces mots il se lève, tire de sa poche une petite clef, ouvre un tiroir  et me tends une enveloppe fermée par un sceau rouge. Sans aucun mot je la prends, et il s’en va, me laissant seule face à mon enveloppe, dessus il est écrit »Ministère des Armées »

 

A SUIVRE………………….

Boomerang (fin)

Lorsque je redescends au salon, mon grand-père a dans ses bras le petit Victor

quand il me voit il me dit, je t’attendais Laurence

Je vais reprendre mon récit, je vais vous parler de votre maman

quand elle avait ton age Laurence, à quelques années près.

Car ces premières années elle avait été une enfant charmante

jusqu’à ce que nous changions de ville,

il faut que je vous dise que je changeais souvent j’étais dans l’armée.

C’est lorsque nous sommes sur Toulon que tout va basculer

mais nous en découvrirons les conséquences que quelques années plus tard.

Lorsque je suis muté à Toulon Edith, votre maman n’a pas encore 14 ans

elle aimait s’amuser, rire et plaire aux garçons,

elle était excellente à l’école et je pense que c’est la raison pour laquelle

nous n’avons rien vu arriver.

Rapidement elle avait trouvé une bande de copains et de copines

qui avaient à leur tête un jeune homme appelé Johnny, c’était le plus âgé

Il  avait 17 ans.

Une nuit Myriam a vu sa soeur enjamber la fenêtre, elle lui a dit:

« Ne inquiètes pas petite soeur, je serais de retour avant midi ».

Myriam avait 6 ans à l’époque, elle a plus vu cela comme un jeu plutôt qu’une fugue.

Cette première fois elle est pârtie avec son copain, ce fameux Johnny

et quand nous l’avons retrouvé elle ne parlait plus

elle avait perdue l’usage de la parole, nous n’avons pas su à l’époque ce qui c’était passé.

Grand-père a ce moment là essuie une larme et nous entendons pleurer notre tante.

Elle a mis plus d’un an avant de parler à nouveau

mais jamais elle n’a pu nous dire ce qui c’était passé

elle avait une amnésie partielle.

La seconde fois où elle a fugué, c’était 15 jours avant mon départ pour Nouméa

mais cette fois ci elle est rentrée au bout de deux jours comme si rien ne c’était passé.

Entre temps avec votre grand-mère nous avions décidé de nous expatrier

Ce que je n’avais jamais envisagé, mais il fallait que nous la coupions de cette bande

Mais hélas c’était sans compter sur Edith qui voulait rester en France

Et à la veille d’embarquer pour Nouméa, elle a disparue.

Avec beaucoup de chagrin je suis donc parti seul, laissant votre grand-mère

et ma seconde fille, elle devait me rejoindre dès qu’Edith serait revenue.

Mais le pire allait arriver, Edith est arrêtée suite au casse où son ami Johnny a été tué.

Elle n’avait rien fait, juste attendue dans la voiture

mais le juge pour enfants a donc décidé de la placé dans un foyer

et deux semaines avant ses dix huit ans elle a profité d’un moment d’inattention

pour se sauver et je n’ai eu de ses nouvelles

que lorsque à nouveau elle a fait la Une des journaux.

J’ai toujours pensé que je n’avais pas été à la hauteur,

et que j’aurais dû être plus sévère avec elle, surtout que mon père

qui est mort depuis, avait dit à Myriam; quelques coups de fouet

et les enfants marchent droit. Depuis ce jour Myriam a toujours pensé

que sa grande soeur aurait dû être fouetté

Aussi,et ce n’est pas pour l’excuser mais lorsqu’elle a vu qu’avec toi Lolo

cela recommençait, elle a fait sur toi ce qu’elle pensait que j’aurais dû faire à votre mère.

Au fur et à mesure que mon grand-père nous expliquait tout ces choses

qui ne correspondaient pas à notre maman, je comprenais l’attitude de Myriam.

Notre tante et notre grand-mère, à l’évocation du passé sanglotaient

Cela devait leur rappeler des moments fort douloureux,

mais cela ne nous expliquait pas où était notre maman.

Il fallait que notre grand-père se taise, papa devait bien savoir ce qui c’était passé pour notre Maman.

Mais notre grand-père voulait tout nous dire, aussi nous  nous sommes tous rapprochés

les uns des autres et nous avons écouté la suite de son récit.

Il y a 5 ans alors que votre maman se préparait à sortir avec votre père

deux policiers s’étaient présenté à votre domicile

car on venait de découvrir que l’ADN de votre maman correspondait

avec l’ADN d’une jeune fille qui était impliqué dans le braquage d’une station service

où il y avait eu deux morts, la caissière et le pompiste

cela c’était passé à Toulon 30 ans auparavant.

Lorsque Grand-père éclate en sanglot on entendrait une mouche volée

Christophe et Papa se précipitent vers lui

et nous les filles nous soutenons notre grand-mère.

C’est à ce moment  que je m’aperçois que Myriam et mon petit frère ne sont plus là

Ils ont du sortir avec mon oncle et rejoindre ma tante et le bébé.

Je n’ose demander mais est-ce que maman a été emprisonné?

Mais je sens que c’est ça, et cela expliquerait ceci.

Mais pourquoi Maman a été confondu, pourquoi a-t-elle  eu son ADN de prélever.

C’est papa qui prends la parole et nous explique comment on en est arrivé là.

Vous savez que votre maman travaillait à l’hôpital des Enfants de Tours

elle était pédiatre et médecin chef, nous ne l’ignorions pas.

A la suite d’un vol dans l’enceinte de l’hôpital, tout le personnel

et les malades avaient été soumis à un test ADN

et, en comparant les ADN au fichier central ils ont fait cette découverte.

Bien entendu votre maman n’avait rien à voir avec le vol,

hélas c’était bien pire je pensais en moi-même.

Aussi, moi votre papa ai-je pris en mon âme et conscience la décision de ne rien vous dire

et j’ai fait du mieux que j’ai pu, les deux grands en internat et vous les plus petits dans ce foyer

où mon frère avait travaillé, il connaissait la directrice, cela c’est fait rapidement

Mais Papa, pourquoi Bob on m’a dit qu’il était adopté et pourquoi il ne faut plus l’appeler Bob.

Bob c’est le jeune homme qui  est mort par erreur à la station service

il était le petit frère de Johnny , et il savait quand la caisse était bien remplie

mais ce soir le casse a viré au cauchemar, son patron qui aurait du être absent

est revenu et a voulu tirer sur Johnny et c’est Bob qui c’est interposé

Mais, Papa cela ne m’explique pas, pourquoi on change le prénom de mon petit frère

C’est àcause de votre maman, elle ne veut plus entendre ce prénom

car, depuis son arrestation, tout lui est revenue.

Et comme son deuxième prénom est Philippe on peut aussi l’appeler ainsi.

Chris prends la parole pour demander à Papa:

Maman a été condamné à combien d’années de prison

7 ans, mais comme elle a fait deux ans de préventive

elle est depuis 3 ans au Baumette,

Son avocat pense qu’avec les remises de peine

et comme c’est une détenue exemplaire, elle devrait être libéré prochainement.

Papa voulait continuer son récit, mais nous n’avons rien voulu savoir

Pour nous c’était notre maman et ce qu’elle avait fait avant

on avait pas besoin d’en connaître les détails

Elle avait payé cher, puisque pour elle, ce sont ces enfants qui comptent le plus

bien entendu, nous savons que  notre maman c’est réconcilié avec nos grands parents

ainsi qu’avec sa soeur, ce n’est donc pas moi qui vais lui demander de s’en aller à Myriam.

Pour notre petit frère, nous attendrons le retour de maman pour savoir ce qui c’était passé

bien que nous nous en doutions.

Epilogue

Maman est là avec nous, pâle, amaigrie, mais heureuse, enfin elle a tous ses enfants auprès d’elle.

Cinq ans et demi  sans voir les grands

Dix-huit mois sans avoir pu voir grandir son bébé

 il n’aurait pas fallu que cela dure plus longtemps.

Pour Pierre-Victor maman nous a raconté qu’elle et papa s’était aimé au cours d’un parloir

et c’est ainsi que Pierre-Victor avait vu le jour. Et notre maman qui connaissait l’univers carcéral

avait préféré l’éloigner et confier ses premiers pas  à sa petite soeur Myriam

pendant les 18 mois qu’il lui restait à faire.

Papa est penché au-dessus d’elle et la couve du regard, toute cette histoire sordide est derrière nous.

Et, moi Laurence plus jamais je ne fuguerais car j’ai eu de la chance, mais celle-là, on ne la côtoie pas toujours.

Maintenant nous devons tourner la page, bien entendu, rien ne sera plus jamais comme avant !

Mais nous sommes jeunes et capables de dépasser ces événements tragiques

Et pour le petit Victor il le faut, il ne saura jamais ce qui s’est passé, nous l’avons promis.

Et puis il n’était pas encore né quand cela est arrivé, même pas conçu !