Ils sursautent tous les deux. Le temps d’un souffle, ils restent immobiles, encore enlacés, comme suspendus entre deux mondes : celui qu’ils viennent de partager, et celui — bruyant, exigeant — de leur quotidien.
Un des jumeaux pleure.
Elle tourne la tête vers le couloir, le cœur déjà en alerte. Thomas la retient doucement, son regard plongé dans le sien.
— Je vais y aller, murmure-t-il.
Elle hoche la tête, émue. Elle le regarde se lever, attraper son caleçon à la volée, encore un peu maladroit, les cheveux en bataille, le dos nu.Il disparaît dans le couloir, et déjà le cri faiblit.
Il a cette manière de prendre Matis dans ses bras, de murmurer tout bas, qui rassure immédiatement. Elle l’entend chuchoter quelque chose de doux, puis le silence revient.
Elle se redresse un peu, ajuste la couverture sur elle. Son corps est encore parcouru de chaleur, mais son esprit est déjà ailleurs — là où l’attendent leurs enfants, leurs responsabilités, et cette étrange et belle alchimie entre fatigue, désir et amour.
Quand Thomas revient, le bébé contre lui, paisible, elle sourit.
— Il s’est rendormi ?
— Presque, dit-il. Il voulait juste être sûr qu’on était là. Il s’installe près d’elle, le petit blotti sur sa poitrine. Ils restent ainsi, tous les trois, dans le demi-jour du salon, enveloppés de chaleur humaine et de tendresse.
À peine le calme revenu, un second cri fend l’air, plus bref, plus impatient. L’autre jumeau. Matéo est l’écho parfait du premier.
Ils échangent un regard complice, presque résigné. Un sourire discret étire les lèvres de Thomas, tandis qu’elle soupire avec tendresse.
— C’était trop beau, murmure-t-elle en se glissant hors du canapé.Elle attrape sa robe, l’enfile à la hâte, traverse le salon pieds nus. L’appartement est silencieux, mais vivant. Un souffle d’enfance circule dans les murs, dans les nuits interrompues, dans ces instants volés à deux toujours rattrapés par quatre petites mains.
Dans la chambre des enfants, elle trouve leur second fils, les joues humides, les yeux brillants d’un demi-sommeil agité. Elle le prend contre elle, le berce doucement, sent son petit cœur battre vite contre sa poitrine.
— Chut… maman est là. Je suis là…
Il se blottit contre elle, déjà apaisé. Ses doigts minuscules s’accrochent à sa robe, comme un rappel : ne pars plus.
Quand elle revient dans le salon, Thomas a installé le premier jumeau dans un nid de coussins sur le tapis, un plaid sur les jambes, les paupières lourdes. Il relève les yeux vers elle, et son regard s’adoucit à la vue de leur deuxième fils dans ses bras.
Elle s’assoit à côté de lui. Ils sont maintenant quatre, enroulés dans ce salon qui porte encore la trace de leur élan amoureux, devenu refuge de famille.
Les enfants somnolent. Eux deux aussi.
Et dans cette nuit morcelée, imparfaite, bercée d’interruptions et d’amour brut, ils trouvent une forme de paix — éreintante, tendre, réelle.
Shana serre les dents. Elle regarde ses fils dormir dans leurs berceaux, puis :
— Thomas je pense à ce petit bébé qui se nomme Elijah, j’ai peur de ce qu’il va devenir. Que veux exactement Elise ? Tu as vu pour Maël lorsque Myriam et moi avons repris nos enfants, elle s’est enfuie ne voulant pas de cet enfant, alors que nous aurions pu lui obtenir le droit de lui le remettre.
— N’oublie pas qu’elle était mal. La perte de Noam et de Mila, la faisait pleurer des journées entières. Nous avons bien fait. Tu ne regrettes pas. Regarde comment ces deux-là dépendent de nos deux plus grands. Ils ont leurs rôles de grands soeurs et frères. Et comme ils sont fiers de leur donner le biberon.
Aux mots biberons Matis et Matéo dans un ensemble parfait se mettent à crier. Cela a au moins le mérite de voir ce qu’ils font lorsque ceux-ci hurlent. Une cascade dans l’escalier. Il est six heures du matin. Ils ont pratiquement fait leur nuit. Nos deux enfants arrivent chacun avec un biberon.
On essaye Maman de donner ce lait à Matis. Guigoz, ce n’est pas ton lait. Tu crois qu’il va l’accepter.
J’espère car je n’en ai plus ou juste pour les calmer la nuit comme celles qui vient de s’écouler. C’est la raison pour laquelle vous nous trouver dans le salon.
Mila pouffe de rire, mais lorsque Thomas lui demande la raison de ce rire. Elle pique un far et murmure rien car je n’ose pas te le dire.
Thomas amusé se doute que Mila aux vues de son âge ait compris, mais il ne laisse rien paraitre. Shana peut toujours en rediscuter ou laisser filer.
Leurs débats amoureux ne sont pas une affaire d’état. Par contre il y a des affaires urgentes à s’occuper.
Shana demande à Mila de s’asseoir sur le fauteuil et Maël en fait autant sur l’autre fauteuil. Chacun à sa manière pour donner le biberon. Maël le tient en hauteur et si c’est Mila qui lui donne, son frère refuse de le boire. Seul Matéo boit comme Mila lui donne son biberon.
Ce matin nous allons voir un pédiatre pour la visite du premier mois, c’est un ami d’Alain. Il a demandé à nous voir tous les quatres. Comme ce sont les vacances nous avons acceptés.
A suivre
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