Amours éphémères

L’abeille butina toutes les fleurs
sans jamais trouver âme soeur
Elle désirait ardemment
rencontré un amant.

Du crépuscule aux aurores
du pourpre à la pâleur
elle est épuisée
à ne  savoir quoi penser.

Aller contre dame nature
n’était pas une sinécure
elle ressentait chaque jour
la fuite de son amour

Je ne suis point sur terre
pour papillonner dans les airs
je dois trouver ma voie
pour te trouver toi.

Un jour dans ses contrés
un beau bourdon fit son entrée
il l’ effleura de ses ailes
et partit courtiser d’autres belles

L’ insecte en fut frustré
d’être délaissé
elle profita de sa faiblesse
pour le piquer en traîtresse.

Je ne suis pas bourdon
pour subir cet affront
je reprends mon chemin
je te laisse à ton destin.

Au matin nous l’ avons retrouvée
 pendue à la toile d’araignée
Il n’y a pas de fin heureuse
pour notre abeille amoureuse.

Village au fond de la vallée

 

 

Dans le village enrubanné de neige

je vois ces volutes de fumée

s’enrouler dans les nuages

en une folle farandole

ils batifolent au firmament

en des serpentins de couleurs.

Le village se blotti

au fond de la vallée

et se donne aux sommets

auréolés de rose

par ce beau soleil couchant.

Dans les rêves des cascades

figés dans la glace

imaginez les marmottes 

se mirant l’été

ou le berger boit

et se rafraîchit à sa source

l’on rêve du son cristallin

des cloches de  nos alpages.

Ce sont les souvenirs d’été

qui assourdisse nos pensées

Ici, tout est figé

l’hiver envahit tout.

La neige a mis son lourd manteau

nous sommes  oubliés de tous

mais la chaleur de l’âtre

éveille les souvenirs

entends tu les chants d’autrefois

montés aux cieux en ce  Noël.

 

 

Tranquillité

 

 

L’on voit monter dans la brume

le village blotti au fond de la vallée,

personne, seules les cheminées fument

pas un pas, aucune voiture c’est immaculée.

 

Le murmure de la cascade s’est figée

la route est bordée de meringues glacées.

 

Dans l’or blanc se profile un renard

c’est une vie dans ce grand espace

 il file sans croiser de montagnards

 dans le ciel tournent deux rapaces.

 

Puis, soudain le village se réveille

satiné de lumière sous le soleil.

 

Le pépiement gai des oiseaux

la glace que l’on casse dans le seau.


Les enfants  jouent dans la  poudreuse

et passent une journée délicieuse.


Ce village de carte postale

s’endort paisiblement

il oublie le froid glacial

je réprime  un doux bâillement.

 









L'incompréhension

Elle est là, insidieuse,
a nous pourrir la vie
c’est une vicieuse
elle est partout
se glisse en nous.
Un grand froid nous envahi
à ne plus en dormir la nuit.
Notre coeur bat la chamade
la tête serrée dans un étau
nous voici en rade
sans un mot.

Parmi nos connaissances
il y a ceux qui s’en balance
mais les plus mesquins
sont les donneurs de leçons
il suffit de les écouter
et nous perdons pieds.
Les marrons du feu
ils récolteront
Quand tout sera terminé
il n’y aura plus d’amitiés.

Ils sont profiteurs
de toutes les formes de malheur
ils s’y complaisent
et sont à leur aise
n’écoutons pas les beaux parleurs
les empêcheurs de tourner en ronds
et autres encenseurs.
Voyons le bon côté des choses
faisons confiance
en la providence

Il y a aussi les vrais amis
ceux qui nous font toucher du doigt
ce que nous ne voyons pas
chez eux pas de mépris
juste une forte amitié
ils sont attentifs à nos joies
nos peines  et nos questions
toujours présents mais discret
ils sont  toujours à nos côtés
il suffit de les écouter.

Et puis n’oublions pas
celui qui nous met dans cet état
notre amour dont nous doutons
faisons  lui confiance
sans jouer l’indifférence
donnons une chance
à celui que nous aimons
prenons le temps d’en discuter
c’est la clef pour continuer
de nous aimer.

Si j'étais

Si j’étais un papillon
je me poserais sur ton épaule
et tu en aurais des frissons

Si j’étais une plume
je t’écrirais des je t’aimes
au clair de lune

Si j’étais un pinceau
je te peindrais nue
car j’aime ta peau

Si j’étais une fleur
j’effeuillerais ton coeur
comme  une marguerite

Si j’étais une rivière
je serai ton miroir
et tu te verrais en moi

Si j’étais le vent
j’essuierai tes larmes
et refleurirait ton sourire.

Si j’étais ta ligne d’horizon
tu serais mon firmament
et tu te noierais dans mon océan