Suite 11

Ce matin Aubin et Jean se promenaient dans la forêt, ils devaient rapporter pour leur maman quelques baies sauvages pour améliorer la salade de fruits qui trôneraient sur la table pour les fiançailles de son frère et de sa promise qu’il allait présenter le samedi même. Soudain un bruit étrange s’était fait entendre, le chemin pierreux permettait d’entendre n’importe quelles personnes qui venaient à leur rencontre. Aubin connaissait  la forêt comme sa poche, mais le bruit qu’il entendait n’était pas coutumier. C’était un bruit de ferraille comme si une personne marchait en traînant les pieds et que sa semelle était mal ressemelée. Bizarre, mais bon il y avait tant de gens qui l’arpentait la forêt que cela ne l’avait pas fait fuir. Mais au détour du chemin qu’elle ne fut pas sa surprise de se trouver nez à nez avec un inconnu qui se cachait sous les pans de sa houppelande qu’il avait ramené sur son visage. A la main une longue baguette, qui ressemblait aussi bien à un bâton de marche qu’à un bâton pour mener les vaches aux champs. Sans un mot ce type s’était rué sur eux, avait fait lâcher la main de Jean en lui tapant violement dessus. Puis il avait poussé le petit et il avait heurté une pierre et avait dû s’évanouir, c’est du moins ce qu’Aubin se souvenait maintenant qu’il était enfermé dans cette pièce froide et humide. Lui venait juste de se réveiller il était attaché au mur par une chaîne qui était passée dans un anneau, il avait bien essayé de tirer dessus mais l’anneau tenait bien au mur. Il lui semblait que c’était la cloche du château qui l’avait réveillé quelques heures auparavant, depuis il n’y avait aucun bruit, même pas le pas caractéristique de son ravisseur. Depuis il savait qu’il avait été pris à la place de Jules, et, Aubin pensait  

que cela avait un rapport avec le père de Jules, mais l’autre s’était bien gardé de montrer son visage. Lui, Aubin, n’essayerait pas de le voir car il en était certain il ne donnerait pas cher de sa peau, il était préférable qu’il ignore jusqu’à son identité, cela lui permettrait de rester vivant. Il était persuadé qu’il se trouvait dans les oubliettes du château, car lorsque à moitié groggy il l’avait plus poussé que porté, il avait reconnu le bruit caractéristique de la grande porte en bois, puis la vieille bibliothèque avait tourné sur elle-même, cet homme qui connaissait aussi bien le château était peut-être le châtelain lui-même, voir un de ses domestiques, donc un habitant du village, pourtant personne ne les confondait Jules et lui, étrange ! Il ne restait plus que le châtelain ou un de ses hommes de main. Car Aubin savait par Jules qu’il y avait eu complot onze ans plus tôt, même son père le disait. Alors pourquoi cherchait-on à enlever Jules, que pouvait-il savoir ? Avait-il vu quelques choses, si c’était le cas il ne leur l’avait jamais confié, mais possible que lui ne le sache pas, ou alors il possédait un papier et l’autre voulait lui tirer les vers du nez. Notre Aubin en était là de ses réflexions quand le bruit caractéristique des chaussures de son kidnappeur ont retentis dans les escaliers. Vite, Aubin reprends sa position allongée, et va lui laisser croire qu’il dort encore. Ce matin il l’a entendu maugréer : « zut j’ai dû abuser sur la drogue ». Pendant qu’il fait celui qui dort, l’autre le laisse tranquille, mais hélas, Aubin va vite se rendre compte que le sommeil est terminé, l’autre le secoue comme un vieux prunier, tout en lui disant :

–       Sale gosse ouvre les yeux, et dis-moi où je peux trouver ton copain le Jules au Pierrot.

–       Chez lui, je n’en sais rien moi, mais qu’est-ce que je fais là, lorsque mon père saura qui vous êtes, je ne donne pas cher de votre peau. Vous allez passer un sale quart d’heure.

–       Ferme-là vermine ou alors tu vas tâter de mon bâton.

Aubin en a tâté et son petit frère aussi, il demande à cet homme sans foi ni loi :

–       Qu’est-ce qu’il est arrivé à mon petit frère, il n’a que 6 ans, ce n’est pas bien grand.

–       Je n’en sais rien, et de toutes façons je m’en fiche pas mal, déjà toi tu me gênes.

–       Mais je ne vous ai rien demandé, c’est vous qui m’avez amené là !

–       En effet mais je voulais l’autre chenapan de Jules ; ce petit de rien du tout !

–       C’est un enfant comme moi, je ne vous permets pas de tenir des propos pareils sale mec !

Le pauvre Aubin aurait mieux fait de se taire, car l’autre ne l’entend pas de cette oreille et il lui assène un grand coup de bâton sur la tête, lui, qui avait eu le droit de se relever oscille et s’effondre telle une poupée de chiffons. Bien lui en a pris, car à ce moment-là venant de l’extérieur il y a un grand remue-ménage, le kidnappeur regarde par le soupirail et voit que la maréchaussée a envahie son terrain de jeu. Quand il avait découvert la belle Germaine Viricel, il avait eu l’envie de prendre ses jambes à son cou, car il avait déjà commis un acte répréhensible, mais un meurtre cela ne l’intéressait pas. Qui avait pu jouer sur ces plates-bandes. Cela avait dû se passer avant minuit, car la cloche avait sonnée, un tintement lugubre, semblable au glas, qui avait actionné cette cloche qui tenait par l’opération du Saint-Esprit ? Si c’était Raymonde, elle l’avait payé cher, si c’était  son meurtrier il devait être loin à l’heure qu’il était. Depuis qu’il avait découvert son corps, personne n’était venue ce qui lui avait fait dire que les bruits de pas entendus cette nuit, étaient peut-être celles de l’assassin revenu sur les lieux vérifié si le drame était consommé. Sauf qu’il l’avait vu un peu plus tôt, étonné qu’il soit là, car, ne le disait-on pas mort ? Ce n’était nullement dans son intérêt d’aller le dire aux gendarmes, on lui demanderait rapidement ce qu’il faisait là. Et, sauf pour sauver sa peau il se tairait à tout jamais, ou alors il ferait porter les soupçons sur le seul assassin que tout le monde connaissait le père Petiot. Mais pour l’instant il lui fallait se débarrasser du gamin ou le mieux se serait de le détacher, et advienne ce qu’il pourra, si le gamin est malin il s’en sortirait, dans le cas contraire il va errer longtemps dans les dédales du château. Et, lorsque les flics le retrouveront, s’ils le retrouvent il sera mort depuis fort longtemps. Quant à lui, il ne doit pas rester là. Il connait beaucoup de cachettes dans ce château, enfants il y a joué assez souvent avec les gamins du village et ceux du château. Il ricane, s’il savait les autres. 

Tout en regardant par le soupirail il aperçoit un homme, grand, il ne lui est pas inconnu Tiens, il ressemble étrangement au fils Gros, ce doit être l’aîné, cette vermine qu’il hait ! Il serait donc inspecteur, il a pris le bon chemin, lui !  Et bien il ne vaut mieux pas traîner dans les parages car Gilles  connaît le château aussi bien que lui. Vite fuyons.

Ce n’est que le soir et fort tard qu’Aubin a repris ses esprits, hélas il n’a pas entendu les vas et viens des gendarmes, aussi, quand il s’aperçoit qu’il est seul mais libre, il commence par crier, mais personne ne lui répond, et pour cause il est seul, tout le monde a regagné le village. Il se lève et fais attention car sa cellule est voutée et à un endroit c’est plus bas Pourvu que la porte ne soit pas fermée, et pourquoi l’autre a disparu et laissé libre de ses mouvements. Son ravisseur ignore qu’avec ses copains il s’est baladé dans ses lieux tout l’été dernier. Mais qui sait, c’est possible que ce soit un piège, méfiance, méfiance ! Tout en se dirigeant vers la porte vers la liberté, Aubin réfléchit à la manière dont il va pouvoir se libérer et rentrer chez lui, il ne faut surtout pas qu’il se trompe de côté, en effet l’an passé ils s’étaient rendu compte lui et ses copains qu’il y avait pas mal de cellules, et si il partait dans le sens contraire, il n’était pas près de gagner la sortie. De plus il lui fallait être méfiant, car l’autre lui avait peut-être réservé quelques surprises, et retomber dans un guet-apens ne le réjouissais pas trop. Au moment de s’engager, dans les méandres du couloir, il entend un sifflement, une sorte de cris de ralliement, étrange, qui est à l’extérieur, comme avec ses copains ils font le cri de la tourterelle, il s’approche le plus près du soupirail qu’il aperçoit quelques mètres plus haut, hélas il n’y a pas de chaises ou de tables pour se hisser à la hauteur de cette petite fenêtre. Tant pis Aubin roucoule une fois puis attends, un silence et à nouveau deux fois. Et, là surprise on lui répond, puis des chuchotements se font entendre, et une voix qu’il reconnaîtrait entre mille, c’est son ami Jules :

–       Aubin, c’est toi ?

–       Oui, je suis en bas, un dingue m‘a enfermé, méfie-toi, c’est toi qu’il recherche.

–       Ne t’inquiètes pas, je ne suis pas seul, attends ne bouge pas nous descendons.

Aubin entends une cavalcade dans les escaliers menant aux oubliettes, puis la voix de Jules criant :

–       Venez c’est par ici j’en suis sûr, je connais, n’est-ce pas Paulo que nous savons où trouver notre copain ?

–       Bien sûr Gilles, venez c’est de ce côté.

Aubin n’en croit pas ses oreilles, Gilles, son frère Gilles a quitté sa sacrosainte ville de Lyon pour venir à sa recherche ; bientôt il va remercier l’étranger de l’avoir kidnappé. Cette journée est à marquer d’une pierre blanche, comme ses parents doivent être heureux et, ce soir la famille sera à nouveau réunie.

–       Aubin, enfin !

–       Gilles, oh comme je suis heureux que tu sois venu à ma recherche

–       Tu sais Aubin, il faut remercier tes deux amis, sans eux je ne serais jamais venu par ici.

–       Merci mes Amis, merci !

Jules et Paulo sont un peu décontenancé devant les éloges du frère d’Aubin, alors qu’eux deux lui ont caché une partie de la vérité concernant la maman de Jules, mais comment faire pour réparer et comment ne pas se sentir pris dans l’engrenage de choses qu’ils ne maîtrisent pas du tout. Ils se regardent du coin de l’œil, Pierrot laissera faire Jules, il ne peut s’en mêler. Jules se demande où se cache son père, il ne l’a pas vu dans la cabane, et, heureusement, car les flics l’ont investis. Chaque parcelle a été passée au peigne fin, pourvu que son père ait bien pensé de ne pas laisser un seul indice qui puisse leur permettre de lui mettre la main dessus. Même si Jules ne connait pas vraiment son père, il pense qu’il est assez malin pour éviter de se faire reprendre avant que toutes ces affaires soient élucidées. 

Suite 10

Pendant ce temps dans les locaux de la gendarmerie il y a une âpre discussion entre les gendarmes du village et ceux du Puy, enfin celui du Puy car à part sa femme qui n’est pas gendarme, il est venu seul. Le juge lui a donné carte blanche, il est donc seul capitaine à bord, les autres sont sous ses ordres, ce qui du reste fait râler le Brigadier-chef qui n’aime plus être commandé. Mais le jeune inspecteur s’en rends compte rapidement de la mauvaise volonté du brigadier-chef, et, au lieu de se le mettre à dos, il lui fait une fleur.

–       Mon brave ami vous allez enquêter et relever tout ce qui vous parait suspect dans la mort de cet inconnu que vous prenez pour le Comte, mais j’ai entendu dire que vous émettiez quelques doutes, car à part la montre semblable à celle du mort d’il y a 11 ans, son visage est bouffis, et, il n’a pas la prestance du Comte que nous avons tous connus ; mais en 10 ans on peut changer, la preuve, regardez-moi, j’étais un vaurien, je suis inspecteur.

L’inspecteur émet un rire en cascade suivis de nombreux autres, cela détends au moins l’atmosphère qui était fort crispé. Puis il est temps de passer aux choses sérieuses. Un plan est étalé sur la table et l’on met des points de repères sur la direction qu’aurait pu prendre le mort. Cela les amène aux abords de la forêt, ce qui fait dire au brigadier que son fils et ses copains ont pu croiser le malheureux voire aussi l’assassin. Il ne s’est pas suicidé car il portait un hématome sur la tête, il n’a pas pu se le faire en tombant du pont. Qui a bien pu le jeter dans la rivière ou bien a –t-il essayé de fuir son assassin, en  s’échappant par la rivière, et qui sait possible qu’il est pris un malaise et ce soit noyé. Tout au moins c’est l’hypothèse de l’inspecteur confirmé en tout point par le brigadier-chef.

Mais cela ne leur dit pas qui est le mort, l’inspecteur armé d’un appareil photo a tiré le portrait du mort, et ils vont faire du porte à porte pour voir si un villageois ne le reconnaîtrait pas. Il met une récompense si on lui permet d’avancer cette enquête. C’est l’aspirant et un des sous-officiers qui vont s’en occuper. Puis le brigadier-chef va enquêter sur la mort de Madame Petiot et l’inspecteur s’occupera personnellement de la disparition de son frère, mais auparavant il va rencontrer les deux gamins qu’il vient de faire appeler. Car si comme le dit le père Viricel, le brigadier-chef ils ont vu beaucoup de choses mais ils se sont concertés pour ne rien dire. 

–       Ah vous voilà ! Mais qui êtes-vous ?

–       Le directeur d’école m’a demandé d’être l’avocat du petit Petiot, quand à votre fils je le prends sous mon aile avec votre accord Monsieur Viricel.

–       Si ces derniers n’ont rien à se reprocher, ils iront vite rejoindre leurs copains d’école, mais il ne faut pas qu’ils nous prennent pour des imbéciles. Tant qu’ils diront la vérité, ils n’auront pas de problèmes avec la justice, faîtes-le bien comprendre à vos clients Monsieur l’avocat.

–       Bon, Monsieur Paulo Viricel, entrez-donc ?

–       Paulo ? Avez-vous bien compris ce que j’attends de toi, j’aimerais que tu aies l’honnêteté de me dire ce que tu as fait au cours de la nuit dernière, où es-tu allé ? Etais-tu avec Jules ? Je t’écoute, à moins que ce soit ton avocat qui prenne la parole.

L’avocat et le jeune Paulo se concertent du regard, et Paulo après un moment d’hésitation narre à l’inspecteur et à son père qui prends des notes ce qu’ils ont fait cette nuit-là. Mais il cache le fait qu’ils sont allés au château, si Jules veut en parler ce sont ses affaires, lui ne veut pas être mêlés à cette boucherie. Il va en rêver toutes les nuits. Alors ce n’est pas le moment d’en rajouter. L’inspecteur lui demande s’il sait quelques choses à propos de la disparition d’Aubin.

–       Non, je n’étais pas avec Aubin, seul son petit frère y était, et c’est Jules qui a trouvé le petit Jean, il m’a dit qu’il était évanouis.

–       Bon, tu vois Paulo ce n’était pas difficile de dire la vérité, tu vas remplacer Jules sur le banc et si ce que dit Jules correspond avec ce que tu m’as dit, vous pourrez repartir en classe, dans le cas contraire, j’aviserais.

–       Oui, Monsieur l’inspecteur, mais je vous ai dit la vérité.

Le pauvre Paulo se sent rougir jusqu’à la racine des cheveux, son corps est glacé et il se met à trembler. Mais son père intervient en disant que c’est trop d’émotion pour un gamin de son âge. Ouf ! Cela évite à Paulo d’autres questions que n’aurais pas manqué de lui poser l’inspecteur, il lui semble le connaître, il ressemble à quelqu’un, mais à qui ? Jules est fort physionomiste, il saura le lui dire. Puis c’est au tour de Jules, pourvu qu’il corrobore ses dires, mais que va-t-il dire pour sa mère, il n’en n’a pas reparlé avec lui, il attend, il verra bien.

–       Bonjour Jules, dis-moi ce que tu as fait pendant la nuit dernière, vu que le brigadier Viricel dit que vous avez été absents plus de six heures, vous êtes allés à la maraude ? Qu’avez-vous fait ? Raconte-nous ?

Pour l’instant il fait la description de ce qu’ils ont fait la nuit dernière, ce que lui a fait personnellement dans la ferme de son beau-père, qu’il s’est bien vite aperçu que sa mère n’était pas là, qu’il s’est demandé où elle était, et il leur dit avoir pensé que son bébé était né, mais qu’il y avait eu une complication, vu qu’elle ne dormait pas  dans son lit. Pour son beau-père ne pas le voir ne lui avait fait poser aucune question, car souvent la nuit il mettait des collets, et dormait pas souvent chez eux. Il avait une cabane proche de la Croix du détour, et parfois sa mère le récupérait là. C’était mieux pour lui, car cela lui évitait d’être frappé. L’inspecteur lève les yeux sur Jules et lui demande :

–       Ensuite, tu es allé au château, pour quelle raison ?

Il voit un moment de panique dans les yeux du gamin, aussi il se garde bien de lui crier après, au contraire il lui dit que sa sœur Marie Caroline serait fière de son petit frère à le voir aussi grand et capable de dire la vérité à son mari. Le regard de Jules s’assombris, l’inspecteur serai donc le mari de sa sœur. Pour une nouvelle s’en est une. Mais alors qui est l’inspecteur ? Et sans se démonter il apostrophe ce dernier.

–       Qui êtes-vous Monsieur mon beau-frère je vous connais ?

–       Oui, Jules je suis le frère aîné de ton camarade Aubin ;

–       Aubin ! Là je peux vous dire ce que je sais le concernant.

–       Dis-moi tu, je suis à la fois le grand-frère d’Aubin et le tien puisque j’aime ta sœur.

L’avocat refuse que Jules le tutoies et lui conseille de rester de l’autre côté de la barrière, et non comme de la famille de l’inspecteur. La loi et rien que la Loi, il n’y a que cela qui l’intéresse. L’inspecteur, pris en faute, grimace mais se tait. Le brigadier prend bonne note des déclarations de Jules, mais il est certain qu’il en sait plus concernant la mort de sa mère. Ils doivent tous les deux cachés autres choses, mais comment le découvrir ? Ils sont à la fois respectueux, mais ils doivent avoir peur de se faire kidnapper, aussi le brigadier ne dit mots, et laisse repartir les deux jeunes adolescents. Il fera sa petite enquête lui-même.

Mais revenons au moment où dans la forêt Aubin a hurlé

 

( Je ne voyais pas où arrêté mon texte, aussi je le fais au milieu d’une phrase, désolée…)  A suivre

Suite 9

Bon je continue…Bonne lecture!

 

Pendant ce temps le brigadier-chef a rejoint son fils qui est interrogé par son second, son fils a donné la même version des faits, à quelques détails près, ce qui fait dire à son père que ces deux-là se sont mis d’accord sur les réponses à donner. Lequel des deux va craquer en premier ? Possible que ce soit son fils, cette histoire est celle de son copain, ce n’est pas la sienne, pourquoi irait-il s’impliquer dans ce qu’il ignorait ?

–       Dis-moi Paulo, cela ne te dérange pas de te moquer de moi, tu sais ce qu’il arrive aux menteurs ?

–       Mais Papa, nous sommes bien allés dans la maison de Jules je ne te mens pas.

–       Et, vous êtes restés six heures dans la maison, vous n’avez même pas traient les vaches, cela vous aurait occupé, qu’avez-vous fait ensuite ?

–       On a discuté ;

–       Et bien Paulo, je vais te mettre en garde à vue et tant que tu ne m’auras pas donné la vraie version des faits tu resteras là.

–       Jules aussi,

–       Oui Jules aussi, mais il ne sera pas avec toi, ne rêve pas mon gars.

–       Allez emmenez-moi ce menteur hors de ma vue.

Au moment où Paulo est poussé vers la cellule de fortune qui équipe la petite gendarmerie, les gendarmes voient débarqué la patrouille qui vient de découvrir la mère Petiot, la maman de Jules. Vu le regard troublé que jette Paulo vers son père, ce dernier sait que son gamin était au courant. Que savent ces deux-là ? Il avisera plus tard, il lui faut aller constater sur place ce qui s’est réellement passé.

Plus d’une heure plus tard, le juge, le brigadier et ses collègues sont en grande discussion dans la gendarmerie. Il leur faut faire le point au vu des constatations d’usage qu’ils ont relevé sur les lieux. Une enquête va être menée par la brigade du Puy, eux ne seront pas relégués au second plan mais l’affaire est jugée trop grave pour être laissée en suspens et aux mains d’amateurs comme vient de leur signifier le haut commandement. Il faut dire que ce qui se passe dans le village est peu courant. Deux meurtres, cela ne fait aucun doute, deux disparitions et un homme en cavale. Deux gamins dont le fils du brigadier-chef qui en savent plus que ce qu’ils ont bien voulu leur en dire. Ils vont être interrogés par un inspecteur venus directement de Lyon, mais qui vient d’être muté à sa demande sur le Puy. C’est un fin limier aux dires du juge. On l’attend dans la soirée, en attendant les deux adolescents ont été mis chacun dans une pièce, l’un sanglote, l’autre dort, il 

semble complètement épuisé. Le plus âgé est le fils du brigadier, il a quinze ans, il sera interrogé le premier, il devrait craquer assez vite, mais rien n’est moins sûr.

–       Dîtes-moi Brigadier, votre fils vous a déjà mentis, ou il protège son copain, si tant et si bien qu’il ait besoin de le protéger, car je vois mal ce gamin tuer sa propre mère.

–       Ah non Monsieur le Juge, Jules n’a pu tuer sa mère, je l’ai vu hier soir quand je l’ai emmené chez moi pour qu’il puisse y passer la nuit.

–       Pour quelle raison l’avoir emmené ?

–       Je pense avoir bien fait car sa mère a été emmenée de force de sa maison au château, que ce serait-il passé s’il avait été présent dans la maison cette nuit ? Son beau-père le battait, c’est la raison pour laquelle je l’ai soustrait à ce monstre.

–       Son beau-père ne pourrait pas être l’assassin ?

–       Je ne sais pas !

–       Son père alors !

–       Non, Pierrot a eu une conduite exemplaire, je pense au contraire qu’il est revenu pour protéger sa femme et son fils.

–       Donc vous êtes certain qu’il n’a jamais tué le frère du Comte.

–       Voyons Monsieur le Juge vous savez bien que le frère du Comte n’a jamais été tué, et c’est pour cela que Pierrot est sorti de prison, mais pour les communs du mortel et en attendant que l’on comprenne qui était ce mort, il est dehors pour bonne conduite.

–       Vous prenez les villageois pour des imbéciles, le bruit court déjà en ville.

–       Oui, je sais, mais ce n’est pas à moi de les informer, attendons la suite des évènements.

Attendre vous n’avez que ce mot à la bouche vous les gens des campagnes, il faut agir et vite. Partez battre la forêt, prenez tous les hommes, je gère les deux gamins.

Le père de Paulo a un moment d’hésitation, laissez son fils avec le Juge, il n’a pas l’air de comprendre, cela ne se fait pas, il va de ce pas appeler un avocat pour veiller sur les deux enfants, mais c’est à ce moment-là qu’entre l’instituteur de son fils, suivis par le directeur de l’école du village.

–       Messieurs !

–       Nous venons voir nos élèves, ils sont sous notre responsabilité, tout au moins pour Jules, pour votre fils nous acceptons de vous le laisser, mais Jules nous l’emmenons.

–       Non, emmenez- les tous les deux !

Et, il va trouver l’inspecteur accompagné des deux hommes qui leur dit qu’ils ne sortiront pas sans avoir emmené les deux jeunes adolescents. Le juge y consent à condition qu’ils soient surveillés, il veut savoir éventuellement ce qu’ils ont vu. Ce que doute le père de l’un. Quant à l’autre il lui faudra trouver un lieu pour qu’il passe ses vacances, car le voici seul où presque dans la vie. Tant que son père n’est pas lavé de ces crimes, ils ne pourront vivre ensemble.

Lorsque la voiture de l’inspecteur se gare devant la gendarmerie nul ne sait qui est l’inspecteur, en effet lorsque ce dernier descend, il est accompagné d’une femme, Quand le brigadier la voit, il est  époustouflé, c’est la fille aînée de Pierrot, mais est-il possible qu’elle soit là pour mener l’enquête, et surtout est-ce qu’elle peut être là en tant qu’officier de police et fille d’un des suspects. Elle en a fait du chemin cette gamine pense en son for intérieur le brigadier. Chapeau Madame !

–       Bonjour ! Je vous présente Marie-Caroline, mais je pense que vous la connaissez, c’est ma femme !

–       En effet, Bonjour Marie Caroline, je ne pensais pas vous retrouver dans ces circonstances.

–       Moi non plus Monsieur le Brigadier. Avez-vous reconnu mon époux ?

–       Ah je le connais, Non du tout ! Vous êtes qui ?

–       Au vu des circonstances je ne jouerais pas aux devinettes, je me présente Florian Gros !

–       Le grand-frère d’Aubin, ah j’ignorais votre promotion, mes félicitations. Je suis désolé pour votre frère.

–       Je reprends l’enquête de A jusqu’à Z, ainsi que toutes les autres enquêtes qui se greffent dessus. Je verrais mon petit beau-frère en temps et en heure. Ne vous inquiétez pas si le Juge m’a nommé sur « ces affaires » c’est uniquement parce que je connais la région comme ma poche, ainsi que tous ceux qui l’habitent ! Quand à mon frère il va nous falloir nous dépêcher si nous ne voulons pas qu’il subisse la même chose que l’inconnu de la rivière et Madame Petiot.

–       Est-ce que vous pensez loger dans les appartements attenants à la gendarmerie ?

–       Non, nous irons chez mes parents, et si l’enquête devait se prolonger nous aménagerons la ferme de mes beaux-parents.

–       Ah ! Je vois

–       Ah autres choses, c’est ma femme qui s’occupera de Jules pendant les vacances, mais auparavant je vous remercie d’avoir veillé sur lui. Sur ce nous vous quittons, je dois emmener ma femme chez mes parents. A plus tard mon brave.

Quand il voit à l’énoncé de ce surnom ridicule « mon brave » rire ses subalternes, le brigadier-chef attends le départ du Monsieur de la ville et les envoie vaquer à d’autres occupations, non sans leur crier d’éviter à l’avenir de ricaner. Ces collègues ne comprennent pas ce coup de sang. Il faut dire que cela fait trente-six heures, qu’il n’a pas fermé l’œil, aussi, compatissant, ils lui pardonnent sa colère.

Pendant que tout le monde vaque à ses occupations, Pierrot du haut de sa cachette réfléchit aux évènements qui viennent de se dérouler. Le jeune frère du Comte n’était pas mort, alors qui était ce macchabé retrouvé dans sa grange ? Il comprenait mieux la raison pour laquelle il avait été libéré, les matons le savaient, le juge aussi, si cela se trouve sa femme et le brigadier. Mais, alors pourquoi ne l’avait-on pas informé plutôt que de lui raconter des sornettes. Il était libéré selon son avocat pour bonne conduite, c’était vraiment risible, il n’avait pas toujours eu une bonne conduite lors de son emprisonnement. Maintenant tout devenait limpide comme l’eau de roche. Ils savaient !

Tout cela ne lui disait pas qui était le mort ? Un vagabond ou un ouvrier du Comte, les frères ne s’embarrassaient pas de principe il y a 11 ans. Il lui fallait réfléchir aux évènements de ces jours-ci. Premièrement le mort de la rivière était-ce le Comte, mais là aussi il n’y était pour rien, sauf d’avoir croisé sa route ; mais son fils Jules avait entendu vers le chemin du détour une dispute, il n’avait vu personne. Mais il était bien possible que ce dernier ne lui ait pas tout dit. Il en reparlerait avec lui dès que possible. Ensuite et quelques heures plus tard Aubin Gros avait été kidnappé, par qui et surtout pourquoi, à moins qu’il l’ait pris pour Jules, cela pouvait être plausible. Ces deux-là se ressemblaient : cheveux bruns ébouriffés, même taille, mais son fils avait les yeux sombres et Aubin les avaient bleus. L’autre n’avait pas dû faire attention. Mais encore la même question lancinante, qui était cet autre ? Ensuite venait l’assassinat de sa femme, qui  avait pu commettre ce crime ? Maurice ou le frère du Comte, les deux avaient été ses amants, l’un il y avait dix ans, l’autre ces dernières années. L’un aurait pu être jaloux de l’autre, mais lequel ? Puis, à la ferme il n’y avait pas eu lutte, elle l’avait suivis de son plein gré, sa Raymonde, quoique on avait pu effacer toutes traces, en revenant après avoir commis ce meurtre. Oui, c’était sûrement la raison, pourquoi n’y avait-il pas pensé plus tôt.

Il était aussi possible songeait Pierrot que ce fut un inconnu, il n’avait pas été présent ces dernières années, sa femme avait pu avoir d’autres amants. Elle n’était pas farouche, il en savait quelques choses, elle était encore fort belle, et, en y songeant Pierrot se met à pleurer. Il a été trop dur la seule fois où il l’avait revu, mais faut dire qu’enceinte jusqu’aux yeux elle se faisait prendre sur la table de la salle à manger par un de ses amants. Elle exagérait, mais maintenant, elle n’était plus là pour lui raconter ce qu’elle avait fait ces dernières années. Il était le coupable idéal, tout tournait autour de lui. Qui lui en voulait à ce point, et qu’elle en était la raison ? Il lui fallait le savoir, mais la première chose était de ne pas se faire prendre, et, surtout de protéger son fils.

 

 

Suite 8

Bonjour à vous tous!

J’espère que vous ne trouverez pas que l’histoire s’éternise, mais j’en ai écrit trois fois ce que vous en avez lu actuellement, et, je n’ai pas terminé le polar… Pour l’instant je vois que vous suivez et que vous attendez la suite, donc je n’ai aucun scrupule à vous laisser mes écrits.

 

 

Pendant ce temps, Jules et Paulo ignorant tout de ce qui se trame en forêt, arrivent à la maison du Brigadier alors que 6 h sonne au clocher voisin. Ils se glissent doucement dans leur chambre, après avoir repoussé le volet qu’ils avaient maintenus avec une ficelle, la fenêtre est entrebâillée, ils ne leur reste qu’à pénétrer dans la chambre, mais tout ne se passe pas comme prévu. Joseph, le père de Paulo les attend, assis sur le lit de son fils. Il est déjà habillé en gendarme, il a l’air fort mécontent. Mais comme le reste de la famille dort, il leur dit de se coucher et qu’ils en reparleraient à son retour. Les deux enfants ne disent mots, ils se couchent tout habillé, après avoir ôtés leurs chaussures. Paulo attend que son père ai quitté leur domicile pour prendre son service et appelle Jules, il leur faut un alibi, sinon tous les deux auront de gros problèmes avec les gendarmes.

–       Jules, nous devons nous accorder pour donner la même version de notre escapade de cette nuit. Pour l’heure à laquelle nous sommes partis nous en savons rien, d’accord ?

–       Oui, mais qu’allons-nous dire ? Nous ne pouvons pas parler de ma mère, encore moins de mon père, ni de cette personne qui nous suivait. Dire que nous sommes allés chez moi, me paraît dangereux. Surtout si ma mère est retrouvée ce matin. Mon dieu que faire ?

–       Réfléchissons chacun de notre côté et nous nous le dirons en allant sur le chemin de l’école.

–       Oui, car j’ai sommeil.

–       Tu sais Jules, maintenant que Papa est partis, il ne reste même pas une heure avant que nous nous levions, on ne devrait pas dormir mais réfléchir.

Mais le pauvre Paulo parle dans le vide, car Jules est épuisé par ce qu’il vient de vivre, en quelques heures toute sa vie a basculée, il vient de retrouver son père, mais sa mère ne reviendra plus.

Pour l’instant il dort, mais ce n’est pas un bon sommeil, il parle et dis des mots sans suite, Paulo se fait du souci, il ne faudrait pas qu’il ait fait comme le vieux de la rivière qui, après avoir vu son fils se noyer était devenu fou. Faut-il le secouer et le réveiller ? Ou bien le laisser dormir encore quelques minutes, il faut qu’ils aient tous les deux une longue conversation avant que son père ne les interroge. Sinon, Paulo ne sait pas ce qu’il risque de se passer. Paulo ne dira rien concernant le père de son ami. Il sait qu’il n’a pas tué la mère de Jules, il était bien trop bouleversé quand il a appris ce qui s ‘était passé. Mais qui ? Il sent que Jules en sait plus long qu’il lui en a dit ? Mais que sais-t-il que lui, Paulo n’a pas appris par les bruits des commères ou en écoutant son père. Aurait-il vu l’assassin du type de la rivière. En réfléchissant bien, Paulo sait qu’il a raison, mais alors qu’as vu Aubin ? 

Et pourquoi Jules dort chez lui, alors qu’Aubin a disparu ? Il lui demandera tout cela lorsqu’il se réveillera. Pour l’instant il le laisse dormir, il semble épuisé, sur son visage il y a de grandes marbrures noires, il faudra qu’il les enlève avant de passer à table pour prendre le petit déjeuner, il ne veut pas que sa mère pose des questions, surtout qu’elle saura qu’il s’est passé d’étranges événements dès que son père sera de retour.

–       Alors fainéants, que faîtes-vous à dormir, vous avez passé la nuit à courir les filles que vous ne pouvez-vous lever ?

–       Non ! Murmure Paulo en émergeant du sommeil dans lequel il cauchemardait.

–       Bonjour Madame, dit Jules !

–       Allez levez-vous, il est temps, un brin de toilette tous les deux, et hop je vous attends en bas, et dépêchez-vous, le Maître d’école n’attend pas.

Tous les deux avalent rapidement le grand bol de lait, ils prennent chacun une tartine, passent leurs besaces sur l’épaule et partent en direction de l’école du village. Paulo est en 7ième et Jules en 8ième, nos CM1 et CM2 de maintenant. En chemin ils mettent au point leurs réponses si le brigadier les interroge comme dit Paulo d’un ton dur, là il sait que ce ne sera pas son père qu’il aura en face de lui mais le chef de la brigade, certainement assisté d’un de ses hommes. Et fils ou copains il n’aura pas droit à un régime de faveur, les questions vont pleuvoir et s’entrecouper, il ne les laissera pas lui compter des sornettes, il faut que cela sonne vrai. Enfin voici l’école, il y a un attroupement devant la porte, que ce passe-t-il encore pensent les deux enfants. Mais plus ils approchent plus ils comprennent que la mort de Madame Petiot est déjà connu d’une grande partie du village. Lorsque Jules apparaît en compagnie de son copain, la foule agglutinée devant l’école se tait, certaines mères se signent. Toutes laissent passer les deux enfants sans vraiment les regarder, assez ennuyés de la tournure que prennent les événements, puis un cri dans la foule :

–       Fils d’assassin !  Ton père a kidnappé Aubin, et maintenant ta mère a disparue, apparemment elle a accouché, et le bébé a disparu ainsi que ta mère, et toi tu es là, il t’a donc épargné..

Un grand silence suit ses mots hurlés par la vieille de l’épicerie qui ne porte pas Jules et sa famille dans son cœur. Jules fait deux pas en avant et s’effondre sur le trottoir complètement anéantis par les mots de haine qu’il vient d’entendre. C’est le maître d’école qui relève le jeune garçon, fait taire la foule, et fait rentrer les autres enfants dans la cour. Puis il allonge Jules sur un banc dans sa classe et demande à Paulo de lui mettre de l’eau fraîche sur le visage. Puis, il dit à ses élèves de ne faire aucun bruit qui puisse blesser Jules, et leur dit qu’il va revenir.

Il se dirige rapidement vers le bureau du directeur, ce dernier est en compagnie du père de Paulo, ils écoutent attentivement les derniers évènements de la nuit et de la journée d’hier, et sont fort étonnés que Paulo et Jules soient rentré ce matin vers 6 h. Ils ne savent quoi penser, mais compte tenu de ce qui vient de se passer devant l’école, le brigadier préfère éloigner les villageois avant d’interroger son fils et son copain, surtout que celui-là semble mal en point. Le maître de Jules regagne sa classe à grandes enjambées, et voit que Jules a repris un peu des couleurs. Il lui dit que sa petite sœur va bien, et qu’elle est en nourrice chez la mère d’un de ses camarades de classe. Par contre, il ne peut rien dire concernant sa maman. Jules éclate en sanglot, mais devant le regard noir de Paulo il se tait, il ne dira rien, mais il faut que lui aussi se taise. Surtout que les événements se précipitent, le brigadier suivit de son escouade entre dans la classe et demande au maître de lui laisser emmener son fils et Jules. Les autres enfants en ignorent la raison, mais personne ne pose la question que tout le monde a sur les lèvres.

Le brigadier trouve que Jules a un comportement étrange, il a les yeux dans le vide et ne prononce aucune parole. Il a beau l’interroger le gamin est muet. Mais quand il rejoint son second il apprend que son fils a la même attitude, par contre il n’a pas le regard égaré de son copain. Jules a dû être salement secoué pense le brigadier, entendre les horreurs de l’épicière n’a pas dû arranger le gamin. Pourvu qu’il se remette rapidement, mais auparavant il lui faut savoir ce qu’ils faisaient dehors cette nuit, car les deux gamins ignorent qu’il les attendait depuis plus de minuit. Il pense qu’il a dû entendre le volet grincé, mais il ne les a pas vu dehors, ce qui fait qu’il les a attendu dans la chambre de son fils plus de 6 h il a dû somnoler. Dans la nuit il se souvient avoir entendu la cloche du château sonné. Quelle en serait la raison, deux fois en deux jours c’est beaucoup pour une cloche qui n’avait pas sonné pendant 11 ans. Cela lui fait penser à la guerre, pendant l’occupation et qu’il était dans la résistance, la cloche c’était un signe de ralliement pour prévenir d’un danger. Qui avait eu connaissance de cette consigne, hormis les résistants, mais il ne restait que lui, sauf bien entendu Pierrot, mais pourquoi l’aurait-il sonné ? Aurait-il vu quelques choses d’étranges. Notre pauvre brigadier ne trouvait aucune réponse à ces questions.

Mais qui a pu faire ça ? Ils n’ont pas retrouvé le beau-père, ils ont vu de longues traces de sang dans la maison du haut, est-ce celle de la mère ou de son amant, voire des deux, ont-ils été tués par le père de Jules, son meilleur ami autrefois ? Que s’est-il passer? Est-ce que Jules sait quelques choses sur les mœurs de son beau-père, ils se murmurent tant de choses qu’il ne sait ce qui est vrai ou faux.

–       Jules mon petit, es-tu allé chez toi en compagnie de Paulo cette nuit, si oui, pour quelles raisons ?

–       Je voulais prendre mon stylo plume que ma maman m’a offert pour mon anniversaire.

–       Que s’est-il passé chez toi ? As-tu croisé un rodeur ? As-tu vu ta maman, ton beau-père ?

–       Je n’ai vu personne, je suis montée dans la chambre de ma maman mais son lit n’était pas défait, il n’y avait personne, j’ai pensé que la sage-femme l’avait emmené voir le médecin.

–       Comment as-tu compris que ta petite sœur était née ?

–       Je n’ai rien compris à son absence, j’ai juste vu qu’elle n’était pas là, et maman n’aimait pas sortir seule la nuit, cela m’a fait penser que le moment où le bébé devait naître était arrivé. Et comme maman a fait de nombreuses fausses couches plus des enfants morts nés, j’avais entendu le médecin dire qu’il faudrait qu’elle accouche à son cabinet ou à l’hôpital.

–       Ah je comprends, mais qu’avez-vous fait pendant plus de six heures dans la nuit.

–       Nous nous sommes cachés, car nous avons entendu des brindilles craquées alors que nous étions sur le pas de la grange, les vaches meuglaient, elles sont pleines mon beau-père ne s’en est pas occupés. Je ne comprends pas la raison.

C’est exactement la réflexion que c’était faîtes le brigadier et, ce déjà hier au soir lorsqu’il avait constaté que l’autre s’était enfuis après son passage.

–       Tu vas rester en compagnie du gendarme Boiron, je vais voir si ton témoignage concorde avec celui de mon fils. Si tu as sommeil couche toi ici, tu n’es ni en prison ni retenu contre ton gré, je veux juste savoir ce qui s’est passé !

–       Monsieur ?

–       Oui Jules ! Que veux-tu ?

–       Ma mère ou est-elle ?

–       Nous n’en savons rien, juste qu’elle n’est ni chez toi, ni à l’hôpital, mes hommes la cherchent.

–       Ah !

Jules se tait, il ne doit pas laisser voir son désarroi, ni leur dire qu’il sait où elle se trouve, mais en y réfléchissant bien, il ne faut pas que sa mère reste seule couchée sur la pierre, ce n’est pas bien. Sa mère était une gentille maman, celui qui lui a fait ça devra payer. Mais Paulo ne veut pas être mêlé à ça, il lui a fait promettre de ne rien dire. Aussi il ne dira rien à personne.

 

 

Suite 7

Le bébé, il pense de suite à son arrivée, mais il est trop tôt, il ne devait pas naître ces jours. Mais il ne connait pas grands choses à tout cela, mais sait par contre que sa mère comme toutes les femmes du village devait accoucher chez eux. A moins que le médecin est été appelé car les autres naissances s’étaient mal déroulées, et un des frères de Jules s’était étranglés avec son cordon ombilical avant l’arrivée de la sage-femme.

Il quitte la maison, et accompagné de Paulo va vers le château, au fil des pas, Jules explique à Paulo ce qu’ils vont chercher là-bas. Son copain n’en croit pas ses oreilles de ce qu’il entend, il est un peu en colère contre Jules qui n’a pas osé lui le dire plus tôt, mais d’un autre côté qu’aurait-il fait, Lui ? Si son père avait été mis en prison pour un assassinat qu’il disait n’avoir pas commis. Aussi, tout en marchant le plus silencieusement du monde, il ne fait aucun reproche à son ami. Les voici à proximité des anciens murs qui entourent les pans du château, sauf quelques pièces mise à jour par les enfants ont subsisté, mais comme il est vivement conseillé de ne pas s’aventurer au-delà de la grande salle d’armes, les enfants du village ne connaissent pas tous les recoins, mais eux , en compagnie d’Aubin se sont déjà aventuré plus loin. Hélas, quand ils arrivent vers la lourde porte, ils voient une forme allongée sur le sol, l’abattant de la cloche a écrasée le visage d’une femme, tous les deux pensent que c’est une femme car elle a une longue jupe, mais Jules se met à trembler comme une feuille et vomit le souper qu’il a pris chez les parents de Paulo. 

–  Pau Paul Paulo  c’est c’est ma mère l!

Et, Jules éclate en sanglot, Paulo se penche sur la forme allongée sur le sol et vu que le visage est invisible car le battant de la cloche lui a écrasé le visage, ce n’est pas beau à voir, mais il ne sait si c’est la mère de son copain, mais si Jules le dit, il lui faut le croire. Mais que faire ? Avertir son père, là c’est certain il recevra une correction, son père n’est pas tendre, mais juste. Il ne sait que penser, quand soudain de l’intérieur il entend un drôle de bruit, c’est une personne qui claudique qui vient vers eux. Vite, il leur faut se cacher, il n’est pas question qu’ils restent ici. Il serait même temps de rentrer s’ils ne veulent pas se trouver dans une situation embarrassante. Il fait signe à Jules d’arrêter de pleurer et il le pousse vers une petite porte qui se trouve sur le côté. Autrefois le châtelain mettait du bois, mais là tout est vide. Ils se glissent tous les deux dedans, si Jules s’assoit, lui Paulo veut savoir qui peut sortir du château à cette heure avancée de la nuit. Quelle chance pense-t-il les nuages qui rendaient le ciel sombre, viennent de s’estomper et la pleine lune éclaire le décor. Le lourd battant s’entrouvre, et Paulo voit un homme assez grand, mince, qui, regarde de droite et de gauche, il semble à Paulo qu’il le voit car il regarde de ce côté, mais Paulo commence à trembler, car il comprend qui il voit, c’est le père de Jules ces deux-là on pourrait même les prendre pour des frères. Mais il est tellement abasourdi qu’il a laissé échapper un petit cri qui met la puce à l’oreille de celui que Paulo prend pour le père de son copain. En une grande enjambée, l’homme se trouve à hauteur de la remise qu’il ouvre brutalement. Les deux enfants sont tétanisés par la peur. Mais de suite, Jules et  l’homme qui lui ressemble se jettent dans les bras l’un de l’autre.

 

–       Jules que fais-tu là ?

–       Papa, oh papa si tu savais.

–       Savoir quoi ? Que tu te promènes la nuit et que tu ne dors pas dans ton lit. .Pourquoi as-tu quitté ton lit ?

–       Monsieur Petiot, ce que votre fils n’arrive pas à vous dire, c’est qu’il pense que sa mère est morte.

–       Morte ! Comment ça ?

–       Je l’ai vu dehors, l’ abattant de la cloche lui est tombé sur la tête, je n’ai pas regardé, quand j’ai reconnu sa longue jupe qu’elle avait cet après-midi je me suis effondré.

 

A peine Jules termine de parler à son père, que ce dernier se précipite à l’extérieur, il revient quelques instants plus tard tout aussi effondré que son fils. Lui aussi a reconnu sa femme, la mère de ses enfants. Mais ni son fils, ni lui ne peuvent aller lui donner une sépulture, tous les deux seront soupçonnés, quoique le fils de son ami le brigadier est là, que faire ? Il ne sait quoi penser. Et, c’est Paulo qui prend la parole le premier.

–       Monsieur Petiot vous avez fait attention à ne pas laisser de trace, car comme vous boitez et que mon père vous connaît bien, il pourrait croire que c’est vous qui avez tué votre…..Femme.

Il a eu du mal à le lui dire, mais le père de son ami comprend, et c’est à lui en tant qu’adulte de prendre en main les évènements qui viennent de se produire. Ni les enfants, ni lui-même ne savent ce qui s’est réellement passé, mais ce n’est pas le moment de rester dans les parages, bientôt le jour va se lever. Les enfants doivent retourner dormir. Toutefois il espère que son ami ne se sera pas rendu compte de la disparition des deux adolescents. Il ne peut pas dire à son fils qu’il sait la raison pour laquelle il est parti dormir chez Paulo, à coup sûr il serait pris pour l’assassin de sa femme, enfin les jeunes pourraient avoir des soupçons.

Repartez rapidement, je vais chercher une autre cachette !

–       Monsieur Petiot j’ai bien une idée pour que vous puissiez vous cacher !

–       Ah ! Où donc ?

–       Si Jules n’y voit pas d’inconvénient, nous avons fait une belle cabane dans les bois avec notre ami Aubin, nous allons vous y emmener, vous remonterez l’échelle, nous savons comment la récupérer, mais de toutes façons nous vous apporterons à manger. Samedi soir ce sont les vacances, nous nous débrouillerons chacun notre tour, mais j’espère que nous serons libre de nos mouvements.

–       Comment ça ?

–       Notre ami Aubin a été enlevé, et j’ai peur que Papa ne nous confine tous les deux dans la maison, mais nous avons plus d’un tour dans notre sac.

A ce moment, Jules se souvient qu’à quelques mètres gît sa mère, a-t-elle été assassinée, ou a-t-elle reçue la cloche qui ne tenait pas. Mais que faisait-elle ici ? Possible que son père lui ai donné rendez-vous, il lui faut le savoir.

–       Papa ?

–       Oui !

–       Est-ce toi qui as fait venir Maman, ici !

–       Non, je ne comprends pas ce qu’elle faisait ici !

Son papa ne dit pas à son fils qu’il a remarqué que son ex-femme avait sa jupe relevée et qu’elle avait de grandes marbrures de sang à l’intérieur des cuisses et le long des jambes, il ne sait si elle a accouchée ou si elle a été violée, voire les deux. Dans les deux cas ce serait horrible que l’enfant ait été enlevé. Mais par qui ?  Et si, en plus d’avoir reçu le battant de la cloche, on l’a violé, il ne comprend pas la raison et qui a pu faire cela. Deux morts en deux jours c’est énorme. Plus la disparition d’Aubin, ce dernier a dû voir une chose qu’il n’aurait pas dû voir. Sinon pourquoi cet enlèvement ?

–       Vite les enfants, allons-y ! le temps presse, la nuit commence à pâlir, l’aube ne va pas tarder, et vous risquez de vous faire surprendre par ton père, Paulo !

Tout ce petit monde se dirige vers la forêt, aucun des trois ne voit une ombre qui les suis, mais cette personne, a beau marché en prenant des précautions, le père de Jules sait immédiatement qu’ils sont suivis. Il se penche vers son fils et lui murmure quelques mots, puis fait de même pour Paulo. Aussitôt les enfants courent suivis par le père de Jules, mais plus difficilement il s’est blessé dernièrement et la douleur se fait ressentir, d’où cette manière de traîner la jambe. Arrivés à la Croix du détour, les deux enfants se dirigent vers le village et le père de Jules rejoint la cabane de son fils. Il sait où cette dernière se trouve, il y a dormis la nuit passée. C’est du reste ce qu’il a dit aux enfants, en plus de courir car ils étaient suivis. Mais auparavant il lui faut se cacher avant de se diriger directement vers la cabane, il veut en avoir le cœur net, savoir qui le suit. L’ombre se déplace lentement, il a dû se rendre compte que Pierrot l’avait berné. La lune joue à cache-cache avec les nuages, tantôt la forêt est sombre, tantôt on voit assez bien. C’est lors d’une éclaircie que Pierrot distingue le visage de son poursuivant. Pour lui, c’est un véritable revenant, dire qu’il a été accusé de sa mort et qu’il est là bien vivant. Il y a de quoi hurler, mais Pierrot se retient de le faire. Que fait-il dans la forêt ? Et, qui est mort à sa place ? L’énigme prend cette nuit une tournure différente. Il faudrait que son ami soit au courant, les enfants pourraient l’aider, il attend que l’autre parte et il regagne rapidement la forêt profonde et la cabane des enfants. Il se souvient comment le jeune frère du Comte tournait autour de sa femme avant qu’il soit accusé de l’avoir tué, bien entendu qu’il faisait un bon assassin, n’avait-il pas proféré la veille de sa mort que si il le voyait mettre ses sales pattes sur sa femme il le tuerait de ses propres mains. Quelle mauvaise idée il avait eu de s’en vanter au café où se trouvait Maurice qui depuis était devenu l’amant de sa femme, celui de la ferme du haut.