4/ L’inconnue de la berge !

Six heures qu’elle attend des résultats, mais que c’est long pense-t-elle, six heures, bon elle ne va pas se plaindre, pendant ce temps elle se sent à l’abri, nullement exposé à ce fou qui lui fait des demandes abracadabrantes, si cette inconnue est sa soeur qu’a-t-il besoin d’avoir un échantillon de son tailleur, et pourquoi veut-il le rapport d’autopsie. Après tout cela ne dira rien de l’enquête pourquoi ne pas lui les donner, à moins que ce soit plus grave et qu’il en aie après elle.

Mais pour quelle raison lui en voudrait on ? La morgue n’est pas un lieu stratégique de la vie en France. On y cache pas des corps, nus ils se ressemblent tous. Qu’est-ce que cette femme a de si différents d’elle? Rien c’est juste une femme qui a dû ou pu être assassiné, qu’est-ce que cet homme aura en ayant le rapport d’autopsie. Elle a beau faire marcher ses méninges elle n’y comprend pas grands choses d’où le choix de son travail, jamais elle n’aurai pas  pu être dans la police ou la gendarmerie.

Les premiers résultats viennent d’arriver, le mort est une victime collatérale, au moment de la fusillade la jeune Doris a tiré et c’est elle qui sans le savoir a touché l’homme qui la menaçait d’une arme. Ont-ils tiré ensemble, l’un est mort l’autre grièvement blessée. Par contre cet homme est connu des services de police; Il était encore en prison il y a une semaine il était en liberté conditionnelle. Il avait purgé une peine de 25 ans pour avoir kidnappé un enfant. L’enfant du président de la République, ce n’était pas n’importe qui. S’il avait seulement écopé de 25 ans de prison c’est parce que l’enfant n’avait pas subi d’autres violences à part le fait qu’à 5 ans on met du temps pour s’en remettre d’une aventure pareille. Il n’a aucun lien avec la victime de la berge cette dernière reste une inconnue. L’autre est-il réellement son frère?  Personne n’a pu le contrôler, cet homme qu’a-t-il à cacher pour ne pas venir reconnaître le corps lui-même. 

Lorsque je sors du bureau de mon père je suis sous le coup de la mauvaise nouvelle que mon père vient de me dire. Ma chef a été kidnappée par cet homme certainement, sinon à quoi servirait toute cette mascarade. C’est certainement elle qui lui a donné mon nom, mais pourquoi lui a-t-elle communiqué mon numéro de ligne fixe, elle aurai pu donner mon portable. Elle ne sait à quoi s’en tenir. Elle monte dans le véhicule qui l’attendait dans la cour de la gendarmerie. Son conducteur n’est plus le même, c’est un vieux avec une mine renfrognée. Ils auraient pu lui offrir un jeune et beau garçon que ce type qui transporte avec lui toute la misère du monde. De plus il ne dit pas un mot et la dépose trente minutes plus tard devant l’Institut.

Lorsqu’elle arrive sa jeune collègue a pleuré cela se voit sur son visage son rimmel a coulé, mais elle lui a apporté de quoi manger. Bien sûr elle aussi est au courant que Simone leur chef a été kidnappée. Olga sent la peur qui la parcours se propager sur la jeune stagiaire. Ensemble elles pleurent puis, Olga la première se ressaisit et lui dit qu’elle va être surveillé et même pendant quelques temps elles habiteront ensemble jusqu’à ce que les enquêteurs aient mis la main sur le kidnappeur. Claire n’y voit aucun inconvénient du moment qu’elle est mise à  l’abri. Mais il lui faut trouver une raison pour son absence et la donner à ses parents, mais tout est organisé par la gendarmerie et elle n’a pas à entrer en contact avec ses parents. Mais Claire s’affole, sa mère est cardiaque et si elle ne sait pas ou est passé sa fille elle peut refaire une crise a tout moment. Son père est lui aussi absent depuis quelques semaines, il ne rentrera qu’à la fin septembre. Aussi Olga en fait part à l’inspecteur chargé de sa surveillance depuis son bureau explique t elle à Claire ce qui a le mérite de la aire rire. Voilà tout est organisé, la maman de Claire est exfiltrée elle aussi, et le père avertis de ne plus téléphoner chez lui, un numéro spécial lui a été remis il aura sa femme de la même manière.

Ce même soir les deux jeunes femmes sont prises en charge à l’intérieur du garage de la morgue et sortent par la porte des morts qui sont rendus à leurs familles dans un corbillard, pour elles deux c’est une première; mais bon elles préfèrent en rire qu’en pleurer. e soir elles retrouvent la maman de Claire qui leur a mitonné un bon repas, elles sont dans un petit cottage   au cœur d’un petit village c’est un peu loin de leur travail mas chaque jour elles viendront en voitures différentes.

Ce matin au travail, Claire et Olga discutent et trouvent aberrant que l’on puisse les avoir mise sous surveillance alors que rien ne se passe, à part l’inconnue de la berge et les affaires courantes, le travail ronronne doucement. Mais sous le coup des onze heures débarquent tels des malades une escouade de pompiers, elles doivent évacuer illico presto l’institut il semblerait qu’une bombe ait été placé dans l’immeuble d’en face. De suite Olga y voit une manœuvre pour que l’on puisse s’emparer de la jeune morte. Le médecin légiste n’est pas là, elle est contrainte de sortir par les pompiers, mais elle profite d’un moment inattention pour se glisser à l’intérieur de la morgue, elle s’engouffre rapidement dans un placard car elle a crû entendre du bruit. Par la porte mal refermée elle observe et elle voit marchant comme sur des œufs deux individus portant un brancard vide, l’un lui est inconnu, quant à l’autre c’est celui qui l’a insulté au téléphone et menacé avec son arme. Bingo elle ne s’était pas trompé. Délicatement pour ne pas se faire remarquer elle sort son mobile de sa poche et fait le numéro de son père, elle ne va pas lui parler mais comme elle est surveillée 24 sur 24 ils sauront exactement ou elle se trouve et comprendront que c’est une manœuvre pour s’emparer de l’inconnue. Au moment ou elle entends que l’on décroche le téléphone une déflagration secoue la bâtisse.

 

A suivre …

3/ L’inconnue de la berge !

Avant de repartir vers leur chambre, elle s’accorde un moment de réflexions, qu’est-ce qu’elle va pouvoir dire à Hugues, son père lui a conseillé d’éviter d’en parler tant qu’ils ne savent pas à qui ils ont à faire. Mais is se racontent tout, ils ne  se sont jamais cache quoi que ce soit, le pire c’est que son mari est psychologue, elle est certaine qu’il va voir qu’il y a quelques choses qui ne va pas. Et puis cet appel téléphonique a bien eu lieu. Mais que lui dire? Elle n’a pas le temps de se composer un visage qu’Hugues a poussé la porte et la regarde d’un air goguenard:

  • Alors mon amour tu cherches ce que tu vas pouvoir me raconter !
  • Mais non Hugues qu’est-ce que tu t’imagines, c’est le médecin légiste qui voulait me faire une farce.
  • Une farce macabre,
  • Non il n’aurai point osé !
  • J’ai vu de suite que tu n’avais pas de collègues, enfin tout au moins de nouveaux collègues. Et comme tu n’as pas dit un seul mot, je suppose que c’est soit une farce soit quelques choses que tu ne veux pas me dire.
  • Ce n’est rien mon cœur, ne t’inquiètes pas.

Pauvre Olga sa nuit a été mouvementée, elle n’a pas réellement dormi, elle a tourné, et s’est retourné plusieurs fois, s’est levé, à envoyer un sms à son père, regardez par la fenêtre, vu une silhouette qui faisait les cent pas dans la rue. A ce moment elle a espéré que ce soit ceux qui la surveillaient et non ce dingue qui n’a pas apprécié la farce qu’il lui avait été faites, mais en y songeant elle se dit que si ce dernier lui a téléphoné c’est qu’il a éviter la souricière que l’inspecteur avait mis en place. Elle pense à la jeune gardienne de la paix qui lui ressemblait tant soit peu, elle espère qu’il ne lui soit rien arrivé.

Mais hélas le lendemain matin les nouvelles ne sont pas bonnes, Doris la gardienne de la paix est grièvement blessée, on lui a tiré dessus à bout portant, son pronostic vital est engagé. Cela fait la Une des journaux, mais il n’y a pas grands choses à part qu’elle se trouvait là dans le cadre d’une enquête et que la confrontation a mal tournée. Un homme s’est enfuis, un autre est mort. Son corps vient d’être apporté à l’Institut, ce n’est pas le type qu’il a braqué.

Son père a mis sa ligne téléphonique sur écoute dès hier, il savait qu’elle avait reçu un appel téléphonique , elle confirme a son père que c’est bien l’homme qui l’ a menacée.

Au travail elle ne fait cas de rien, y compris lorsque la gendarmerie du 36 débarque. Il se dirige vers le médecin légiste et elle entend y compris sa collègue qu’il leur faut L’ADN de l’inconnue de la berge ainsi que de l’homme tué cette nuit. Le médecin légiste ferme la porte, et un peu plus tard elle est appelée dans la salle d’autopsie,elle pense à ce moment que c’est pour faire le point mais elle  l’entends lui dire :

  • L’inspecteur ‘a demandé que tu leur apportes les échantillons le plus rapidement possible compte tenu que Simone  ta chef n’est pas là, il m’en incombe à moi de t’en faire part, ne reviens pas tu en profiteras pour te détendre je te trouve une petite mine c’est ton chéri qui t’empêche de dormir?

Et sur ce trait de génie il part d’un grand éclat de rire. Elle ne trouve pas sa boutade de bon goût mais elle ne dit rien, prends les deux échantillons et se rends à l’autre bout de Paris au 36. La circulation est dense, cela se voit que c’est encore les vacances, elle ignore si on la suit toujours, elle l’espère mais avec ce nombre impressionnant de voitures elle a des doutes. Au moment ou elle tourne dans la rue Campinois elle voit un attroupement, mince se dit-elle que ce passe-t-il ici? Elle n’a pas le temps d’en savoir davantage qu’elle voit un type s’engouffrer dans sa voiture et qui lui jette au visage.

  • Allons y
  • Où voulez vous aller, la rue est bouchée,
  • Reculez, prenez à droite, puis à gauche nous allons contourner l’obstacle.

Au moment où elle vas lui demander qui il est , il sort de sa poche une carte de police, ouf c’est un homme du 36, bon elle était bien sous bonne garde. Quand ils arrivent au 36 ils sont attendus par deux ou trois gendarmes, son garde du corps lui demande de descendre et lui  dit qu’il va l’attendre .

Son père est là, il a toujours sa mine des mauvais jours, il lui fait part des derniers événements Doris ne s’est toujours pas réveillée, il lui tait ce qui s’est passé et elle lui en sait gré, mais quand il lui annonce la suite elle s’écroule en pleur. Son père est armé à  ce genre de situation, elle n’a pas l’habitude, mais il faut dire que lorsque l’on apprend qu’une personne a été kidnappée à votre place il y a lieu de s’écrouler en larmes.Les mots se bousculent dans sa tête mais aucun son ne sort.

 

A suivre….

 

 

/ 2 L’inconnue de la berge

Elle ne connait même pas le nom de cet individu, comment pourrait-elle en informer son supérieur, et puis que lui dire? Un homme qu’elle ne connaissait pas l’avait invité  à monter dans sa voiture tout en lui braquant un pistolet  et lui’avait montré la photo de l’inconnue. Elle n’avait pas eu le temps de noter le numéro de son véhicule, c’était juste une BMW noire avec des  enjoliveurs couleur or ce qui l’avait frappé. A part ça elle ne pouvait faire aucune recherche.

En remontant la rue pour aller à son domicile elle avait l’impression que mille yeux étaient braqués sur elle. Il ne fallait pas en faire une fixation, ni se sentir mal  l’aise, cet homme avait juste voulu lui faire peur car lui même était mal puisqu’il avait perdu sa soeur.

Par contre elle se demandait en ce lundi matin s’il était réellement son frère. Vite il ne faut pas qu’elle tarde car il y a encore du travail, hier elle est restée jusqu’à 17 h mais ce matin elle s’est accordée une demi journée de repos pour remplacer son temps de travail d’hier. 

Au moment où elle met la clef dans sa serrure, elle entend son téléphone sonné, zut qui peut bien l’appeler à cette heure se demande-t-elle, elle est censée travailler, elle a bien envie de laisser courir mais elle ouvre sa porte, se précipite sur son téléphone et entends :  » elle ne réponds pas « . 

  • Je suis là, que me voulez-vous et qui êtes-vous ?

Un petit clic se fait entendre on lui a raccroché au nez. Encore un gougeât, mais à nouveau le téléphone sonne, elle décroche et apostrophe son interlocuteur. 

  • Allez-vous me parler? Si vous récidivez c’est bien que vous avez quelques choses à me dire.

Mais elle n’entends personne, on ne lui parle pas, puis une voie déformée l’invective et lui assène ces quelques mots :

  • Je suis le frère de la victime du Pont de Joinville, je voudrais que vous me retrouviez ce soir à 20 h au passage des fleurs et que vous m’apportiez la conclusion de l’autopsie ainsi qu’un morceau de son jogging, débrouillez vous pour le récupérer ce n’est pas mon problème s’entend-elle lui répondre après lui avoir dit qu’il lui était impossible de faire ceci et qu’elle n’avait nullement envie d’être renvoyé sur le champs.

L’autre avait ri et lui avait ajouté :

  • Nous connaissons votre adresse si vous voulez passer un sale quart d’heure ne m’apporter rien.

Et il avait raccroché. Olga sent ses jambes tremblées, mais elle se ressaisis rapidement et  va pour composer le numéro de son père mais se ravise. Elle fera ça de son téléphone portable pas la peine de le faire de chez elle. Elle descends dans le sous-sol de son immeuble et récupère sa voiture, téléphone à sa collègue et lui dit qu’elle viendra plus tard que prévu.

Finalement Olga s’état décidé  appeler son père elle lui en avait pas dit grands choses, sauf  ceci:

  • Papa j’ai mis le doigt sur une drôle d’affaire je me suis trouvée au mauvais endroit au mauvais moment.

Son père lui a juste répondu

  • Ma fille tu raccroches et tu viens je ne bouge pas je suis au commissariat.

Quand elle arrive au 36 du quai  des Orfèvres, elle est saluée par le plancton qu’elle connait bien c’est son beau-frère; il lui demande si elle va bien et devant son affirmation il la laisse passer mais préviens aussitôt son Commandant.

  • Mon Commandant, Madame votre fille monte chez vous.
  • Merci Bertrand !

Olga frappe à la porte, cette dernière s’ouvre immédiatement, son père l’attends, il a son sourcil gauche plus haut que l’autre il doit s’inquiéter c’est un signe que dans la famille tout le monde connait.

  • Raconte moi tout et n’oublie rien, je vais essayer de comprendre.

Lorsqu’elle a terminé son récit, son père reste silencieux un bon moment puis rapidement il appelle un de ses inspecteurs et lui retrace brièvement ce que sa fille vient de lui dire. Ce dernier sera chargé de veiller sur sa fille avec quelques uns de ces hommes, d’autres parts il n’est pas question qu’elle se rende à son rendez-vous, une policière va la remplacer, il ne lui en dit pas plus mais elle suit le jeune inspecteur et se rend dans son bureau ou d’autres gendarmes en tenue de ville les attendent. Elle leur dit où elle habite, leur signale son lieu de travail, tout ce qu’elle a prévu de faire dans les jours qui viennent y compris ce weekend. Puis elle repart soulagée.

Dans sa voiture ele se remémore ce qu’elle ne doit pas faire, se retourner pour voir s’il la suive, ils seront discret, personne ni elle ne les verront. Effectivement elle a bien vu dans son rétroviseur une voiture blanche la suivre à sa sortie du Commissariat mais elle a tournée rapidement et depuis elle ne voit rien d’incongru, mais il faut qu’elle évite de vérifier, elle fait confiance aux hommes de son père. Son après-midi elle le passe à faire minutieusement le compte rendu de l’autopsie. Bien entendu elle n’en fait pas de copie pour elle; à 16 h elle quitte son travail en compagnie du médecin et de sa jeune collègue. Pierre est un médecin qui a toujours le mot pour rire, pourtant avec le travail qu’il a il pourrai être plus taciturne mais Olga pense qu’il dédramatise son travail en racontant des blagues. Elle apprécie bien l’ensemble de ses collègues.

Il est 20 h, elle angoisse un peu elle devrait être dans l’impasse, mais elle n’a pas le temps d’y penser car son cher et tendre arrive avec son frère et sa soeur de suite ils se mettent autour de la tale et échangent sur leurs congés. Quand ils s’en vont personne n’ appelé ni l’individu n son père, elle ne s’en préoccupe pas et elle se prépare pour la nuit.

  • Olga on te demande au téléphone
  • Qui est-ce ?
  • Ton nouveau collègue

Bizarre elle n’a pas de nouveau collègue

Tout en se dirigeant vers le téléphone elle pense que c’est un de ceux qui la surveille;

  • Allo
  • Salope !

Et il a raccroché, elle a bien reconnu la voix du frère, enfin de l’homme d’hier.

 

A suivre …

 

 

 

 

Troublante histoire (D)

Les Carmagoles (5/5)

Le lendemain matin Madame Tibérotte se plaignait de douleur dans l’œsophage. On  lui avait administré un produit dans son goutte à goutte, lequel s’avérait au petit matin fort dangereux.

Avec l’autorisation de son chef, Éric s’était rendu dans la loge de la concierge afin de récupérer le coffret marron dont sa tante lui avait parlé. Mais hélas il avait fallu se rendre à l’évidence il avait disparu, emporté dans la fouille systématique du mystérieux voleur. C’était le retour aux suppositions et autres supputations de la police.

  • Que pouvait bien contenir ce coffre ?

Selon ce qu’en avait dit la tante d’Éric, ce coffre contenait vingt mille €uros, une reconnaissance de dette de deux millions d’€ d’un certain Monsieur Fauchet ou Fouchet, Éric n’avait pas bien compris et surtout sa tante ne lui avait rien dit d’autre le concernant. Des bons du trésor, un lingot d’or, et surtout la fameuse recette des Carmagoles ; celle que tout le monde recherchait.

Qui avait mis la main dessus ? Ce Monsieur F ? Cette gamine délurée qui voulait louer l’appartement du fils de Carmagole, un autre homme. Personne n’avait la réponse. La pauvre concierge était dans l’impossibilité de répondre à leurs questions. On ignorait si elle allait s’en sortir ; son état s’aggravait d’heure en heure. Pourquoi avait-elle voulue jouer seule dans un monde bien noir ?

Le chef de la brigade est réveillé en pleine nuit, il a de grosses gouttes de transpiration qui lui tombe de son front, il vient de réaliser qu’il a oublié de mettre un de ses hommes en faction devant la porte de la tante d’Eric. Il ne va pas y aller lui-même, il va appeler le petit Ludo et demain il avisera pour les tours de garde. Aussitôt dit aussitôt fait, mais moins d’une heure plus tard c’est le coup du sort, il est rattrapé par les évènements. Le petit Ludo vient de le rappeler Madame la concierge a disparue. Personne ne l’a vu sortir ni sur un chariot, ni en marchant ; la vidéo surveillance ne donne rien, on ne voit qu’une infirmière, qui, son poste terminé regagne sa clio jaune.

Le lendemain, personne n’a retrouvé la  concierge, à croire qu’elle s’est volatilisée dans la nature. Éric ne sait rien, chez elle, elle n’a pas donné signe de vie, chez son employeur pas mieux. Disparue corps et bien. C’est à y perdre son latin.

Tout le monde se perds en conjoncture, a-t-elle pris la poudre d’escampette, a-t-elle été enlevé ? Nul ne peut répondre aux questions que tous se posent ?

Les semaines passent interminable, la concierge s’est volatilisée, plus personne n’a eu de ses nouvelles, jusquà ce matin 10 décembre où Éric son neveu a reçu un drôle de courrier.

Comme tous les matins avant de prendre son travail Éric va à sa boîte à lettres récupérer son courrier, ce matin il est intrigué par une lettre rose, qui peut bien lui envoyer pareille missive. De plus une odeur de lilas s’en échappe. Il l’ouvre à l’aide de son coupe-papier afin de ne pas l’abimer, il en sort trois cartes postales la première a été écrite des Îles Maldives, elle est  signé d’une amie qui vous veut du bien. La seconde vient des Seychelles, dessus il y a un rébus qu’il s’applique à déchiffrer, il comprend que c’est sa tante qui lui envoie un message mais ne voit pas ce qu’elle fait si loin. Quant à la troisième elle vient d’un petit village du Centre de la France. Cette dernière a été oblitérée et ne date pas d’aujourd’hui. La date qu’il arrive à lire avec sa loupe est du 10/12/1945 ; qui a bien pu l’écrire ? Il est question de la disparition d’un enfant qui a eu lieu pendant ses jours troubles. Etrange, pourquoi sa tante a en sa possession pareille courrier, pourquoi lui l’adresse-t-elle ? Et surtout qu’est-ce qu’elle fait là-bas aux Seychelles. Mais la fameuse lettre rose contient d’autres feuillets très minces. Il les consultera ce soir. Tout en roulant il se demande s’il doit en informer ses chefs. Pour l’instant il attendra et avisera, personne ne peut savoir que sa tante ou une personne la représentant lui aurai adressé cette missive.

Tout en roulant et au vu de ce que cette enveloppe contenant sa tante était une bonne comédienne, elle avait parlé d’un homme bizarre qui rodait autour d’elle, puis on avait découvert que son goutte à goutte ne contenait pas du glucose mais un médicament d’origine inconnu, ensuite elle râlait, il avait pensé que le lendemain sa tante serai décédée, mais le lendemain elle avait disparue, aux dires des médecins elle avait été enlevée car elle ne pouvait pas au vu du produit administré  être sorti par elle-même de la chambre, elle avait obligatoirement un complice pour Éric, un kidnappeur pour ses chefs. Sa tante avait tout organisé maintenant il en était certain. Décidément à qui se confier si même une femme d’une cinquantaine d’années se jouaient de lui puis des forces de police.

Mais pourquoi la mettait-elle dans la confidence, qu’est-ce que tout cela pouvait bien cacher ? Avant d’aller travailler il lui faut consulter les autres papiers, mais hélas c’est peine perdue il lui faut un matériel qu’il n’a pas dans sa voiture, ce sont des microfilms. Au bureau j’emprunterais le lecteur et de cette façon ce soir j’en prendrais connaissance. Comme je fais beaucoup de généalogie je l’utilise assez souvent. Une fois de plus ou de moins, peu importe.

La journée s’écoule sans aucune anicroche, rapidement le soir je consigne dans le livre mon emprunt et me précipite à mon domicile afin de consulter ce que m’a envoyé ma tante.

Mes premières découvertes me prennent rapidement la tête ce sont des suites de chiffres accrochés les uns aux autres qui me laissent dubitatif. Ma tante a dû récupérer un tas de papier chez elle, elle me les envoie pensant que je pourrais l’aider, mais je n’en comprends ni le sens ni la raison pour laquelle, elle me les a adressé.

On n’est bien loin de la mort de ce jeune homme et je me demande même si cela a un rapport entre les deux affaires. Sa tante d’une part, le meurtre du jeune homme, qu’est-ce qui les relie, en dehors des Carmagoles il ne voit rien de probant. Que viennent faire ces gâteaux avec ces micro films, et cette disparition d’enfant qu’elle en est le fil conducteur ? 

Un casse-tête dont il se serai bien passé. Pourquoi avoir ms une recette sur des micros films, qui a voulu s’en emparer, de qui se cachait-on ?

Il étale devant lui une grande feuille et a noté les noms de ceux qui sont concernés, leur date de naissance quand il les connait, le lieu où ils sont nés.

En haut la date de la première carmagole c’est le 1 er janvier 1920, car Éric est persuadé que ce sont bien ces fameux gâteaux qui sont à l’origine de tout cet imbroglio. Que contenait la première mignardise ? Du massepain puis une ganache de chocolat le tout enrobé de meringue, mais Éric sent qu’il y a un loup, la recette ressemble mais ce n’est pas vraiment la recette. Aussi après un temps de réflexion il voit que le changement s’est opéré après 1945, il ne sait pas ce que cette découverte va lui apporter. Comment les gens de l’époque se sont-ils fait berner ? On était dans des moments troubles, on n’avait pas tous les produits, possible qu’ils aient décidés de les faire ainsi par raison de commodités et de prix. Éric met côte à côte les deux recettes et il faut bien se rendre à l’évidence il  se retrouve bien face à deux choses différentes. Actuellement seules les pâtisseries Carmagoles ont le droit de la vendre. Dès le lendemain matin, Éric qui est de congés va faire le tour des pâtisseries voisines, il y a bien deux carmagoles en vente sur le marché, il décide de se rendre sur la côte pour le vérifier, et là c’est la recette de 1945 qui est vendue y compris dans les pâtisseries qui ont le logo carmagole. Il ne veut pas lancer une polémique, mais il doit savoir si les gérants de cette pâtisserie sont au courant de leur bévue. D’un pas résolu il entre dans le commerce et demande  à parler à celui qui fait les gâteaux et autres viennoiseries.

  • Bonjour Monsieur en quoi puis-je vous être utile ?
  • Je suis un descendant de la famille Carmagole et j’aurai aimé comprendre la raison pour laquelle vous avez à la fois le logo et la raison pour laquelle votre gâteau ne correspond pas à la recette originale.
  • Première nouvelle ! Quelle est la différence ?
  • C’est entre le massepain
  • Leur cuisson ?
  • Non !
  • Alors quoi ?

Il semble à Éric que le Monsieur n’a pas l’air content qu’il puisse lui faire la leçon, mais il doit être un peu trop à l’affût du moindre problème, il lui faut se détendre, ce n’est pas une enquête c’est juste un moment de détente qui lui permet d’être un fin limier.

  • Alors ? Monsieur j’attends,
  • C’est le massepain dans la recette initiale il ne vient pas recouvrir le gâteau c’est la meringue qui le recouvre d’où parfois le changement de couleurs dans les gâteaux qui sont mises en vente de nos jours. Or les vôtres ont toujours la couleur du massepain.
  • Montrez-moi votre recette ?
  • Non, vous devez juste me dire comment cette recette vous a été transmises, pour le reste vous ferez comme vous voudrez mais je pense que l’on vous demandera d’ôter le logo.

Le pâtissier semble abasourdi, mais il ne dit rien, il sait qu’il a repris la recette de son beau-père qui la tenait d’une des filles de feu Monsieur Carmagole, et ce juste fin 1945.

Lorsqu’Éric s’en va il voit bien que tout tourne autour de cette année de fin de guerre. Il songe que les filles auraient pu avoir une recette, les garçons une autre, mais tout cela lui parait loufoque et improbable. Sous une même dénomination on n’a pas deux recettes, il y en a forcément une qui n’est pas la bonne mais pour l’instant il ne peut pas le déterminer, mais il espère qu’avec ce fouillis de papier qu’il a en sa possession il va découvrir le fil conducteur qui va le mener vers celui ou celle qui détient la vérité.

Troublante histoire/ A

Les Carmagoles ( chapitre 2/5)

 

 

Lorsque la police est arrivée la vie de l’immeuble en a été chamboulée ils couraient dans tous les sens, posaient des questions n’écoutaient pas les réponses, mais dans l’ensemble tout cela avait été mené de main de maître par le Commissaire et ses hommes. Son petit neveu, madame la concierge ne l‘avait retrouvé qu’au moment des interrogatoires ceux-ci avaient été menés tambour battant. Mais personne n’avait pu fournir de précieux indices à la police, Hervé de la Carmagole  avait été assassiné mais personne ne pouvait savoir s’il avait été tué dans l’entrée car tous avaient un alibi.

 

Il avait une plaie béante à la tête due à un objet contendant, rien n’avait été retrouvé à proximité, juste le cadavre de ce jeune étudiant.

Les langues allaient bon train mais cela n’aidaient en rien la police. Une semaine s’est écoulée sans que rien ne vienne changer le cours des choses, les policiers avaient fouillé de fond en comble l’appartement du jeune homme, rien ne supposait qu’il soit revenu après sa longue disparition. Il ne s’était pas volatilisé, une personne avait dû l’héberger qui l’avait ramené ? Et surtout pour quelle raison l’avait-on assassiné.

Que de questions laissées sans réponse. ?

La vie a repris son cours lentement, les traces de sang se sont estompées. Les enfants du cinquième jouaient toujours dans les escaliers et la concierge les dispute toujours mais ils la nargue en lui tirant la langue.

Son petit neveu lui avait donné des renseignements concernant l’enquête enfin jusque ce qu’il fallait. Les Carmagoles étaient à la recherche de la recette de leurs friandises qui avait été volée lors de l’assassinat du jeune étudiant. Enfin c’est ce que prétendait un de ses frères, mais la concierge était certaine que personne n’était venu au septième étage, elle possédait la clef car le jeune homme lui avait demandé menu petit travaux en son absence, et de ce fait personne n’avait fait main basse sur quoi que ce soit. Mais pourquoi allait-on croire une concierge ?

Ce lundi matin soit huit jours après la mort du petit jeune homme elle était allée ouvrir les volets de la grande pièce, la famille avait enlevé les meubles, elle s’était mise à frotter de fond en comble l’appartement afin de le proposer à un éventuel étudiant sans logement. Bien entendu que ce serai plus difficile vu l’époque à laquelle on était, les étudiants avaient tous un appartement, mais la chance avait joué en sa faveur. Deux jours plus tard une jeune fille l’avait abordé dans la rue :

  • Etes-vous Madame Tiberotte ?
  • Oui, que me voulez-vous ?
  • Vous avez bien un appartement vide dans votre immeuble ?
  • Oui, mais il faut passer par l’agence, moi je ne suis que la concierge.
  • Je sais mais est-ce que je peux le visiter ?
  • Quand aimeriez-vous le visiter ?
  • De suite ;
  • Venez dans une heure et je vous le laisserait visiter.

Cette jeune fille était fort polie mais il y avait quelques choses en elle qui la dérangeait mais elle n’arrivait pas à trouver ce qui clochait ; bah, elle verrait bien une fois la visite passée ce qui semblait la chagriner.

A 15 h tapante, la petite demoiselle était arrivée accompagné par un vieux Monsieur qu’elle lui avait présenté comme étant son mentor. Mentor ou pas cet homme lui déplaisait encore plus que la jeune fille, il avait le cheveu gras, un regard fuyant, la lèvre épaisse masquée à moitié par une moustache façon Hitler, le teint jaunâtre comme un homme qui boit, et surtout un gros nez rouge preuve de ce qu’elle avançait. La gamine était habillée comme ces jeunes qui trainent dans des vêtements amples cachant je ne sais quoi car elle n’avait que la peau sur les os. Elle portait un sarouel verdâtre, un béret d’une couleur aubergine, une espèce de boléro noir ; le tout avec un sac à provision de couleur bleue qu’elle tenait en bandoulière sur son épaule. Aux pieds des chaussures rouges qui lui faisaient penser aux chaussures de clowns qu’elle voyait naguère au cirque. Bref, elle se demandait qui était ses deux énergumènes et si c’était sage de les emmener dans un lieu qui avait déjà été témoin d’un drame, même s’il s’avérait que le jeune étudiant n’avait pas été agressé dans sa chambre.

De suite la visite de l’appartement avait encore alertée la concierge, ces deux-là connaissaient le mort ils en parlaient à voix haute sans se gêner. Ils furetaient dans tous les coins et recoins. Est-ce que par hasard ils voulaient habiter là pour mettre la main sur la fameuse recette ? Hélas, la sonnette de la loge lui rappelle qu’elle doit répondre, elle les laisse après tout il n’y a rien à voler la police a fait son travail sonder tous les murs rien il  n’y a rien. Elle leur demande juste de claquer la porte en sortant.

Ce n’est que deux heures plus tard que la jeune fille seule se présente à sa loge, et lui demande l’adresse de l’agence. Elle lui la donne en lui demandant toutefois où se trouve son mentor, elle rit, et ajoute il est partis, il va me servir de caution car je n’ai pas le rond.

Madame la concierge va s’aventurer sur le terrain qu’elle affectionne le plus tiré les vers du nez à une personne qui ne s’en doute pas. Elle excelle dans ce domaine. Elle l’invite à entrer chez elle pour lui remettre la carte de l’agence puis de fil en aiguille lui propose une boisson, la gamine assez délurée lui demande une bière, elle a ça dans son frigo. La petite refuse le verre et boit à même le goulot ; madame Rose rit sous cape, elle va vite tomber dans ses filets comme tous les autres, sauf l’étudiant du septième.

Lui elle n’avait jamais eu l’occasion de lui parler ouvertement, il la fuyait c’était un taciturne, aucun ami pendant les six mois qu’il avait passé là, ni filles, ni garçons, personne.

Une fois la causette faîtes la gamine s’en est retournée chez elle, espérant bien habiter ici dès la fin de la semaine. J’en sais plus sur elle, qu’elle en sait sur moi se dit Madame Tiberotte ; elle fait des études aux beaux-arts l’homme c’est un de ses profs. Elle connaissait le descendant du pâtissier, c’était son chéri, mais elle n’était jamais venue chez lui. Ils se retrouvaient plus facilement dans un café voire ailleurs, mais là elle était resté silencieuse. La petite était émue elle ne voulait pas en tirer profit. Elles n’avaient ni l’une ni l’autre abordé cette fameuse recette, mais elle n’était pas dupe, deux heures dans un appartement qui fait seulement 35 m2 c’est qu’ils avaient cherché. Pourquoi telle était la question ?