Le récit (suite)

Je suis en vacance mais comme j’avais de la wifi j’en ai profité pour vous mettre la suite, et au fil des jours selon les possibilités je ferais de même.

Mes notes: l’histoire est purement imaginaire ainsi que les faits que je fais se dérouler dans un pays cher à mon cœur. Les noms de villes ou villages sont vrais. A Djibouti il y a eu un réel conflit Ethnique entre les Afars et les Issas.

En général les Afars vivent en tribu et n’acceptent pas qu’un étranger issue d’une autre tribu passe sur leur territoire,  par contre comme je le dis dans mon récit il y a bien des islamistes sur la Somalie pays très proche de la République de Djibouti.

Le peuple Afar vit sur trois pays:  si cela vous intéresse vous pouvez lire sur ce site

 

Après avoir déposé son fils, Guillaume était repartis, mais il avait promis à sa mère de repasser, puis pris de remord il était revenu son fils dormait paisiblement et sa mère écrivait. Sans un mot, comme le petit garçon qu’il était autrefois il s’étais assis à même le pouf en cuir du salon, dans la pièce où sa mère avait l’habitude d’écrire et il avait attendu qu’elle relève la tête.Il ne voulait pas lui imposer sa présence, mais il lui fallait raconter les derniers événements et aussi expliquer son geste d’il y a dix ans. Puis il voulait des nouvelles de sa petite soeur. Mais pour l’instant seul le bruit du tic tac de la comtoise égrenait son bruit dans la nuit. Puis sa mère s’était arrêté d’écrire, s’était levé et l’avait pris dans ses bras. Elle s’était assise à nouveau, lui il attendait, il connaissait son rituel, il n’avait pas changé, il aimait le calme qui irradiait d’elle.

  • Guillaume si tu es revenu aussi vite c’est que tu veux me raconter la raison pour laquelle tu m’as confié Mathéo, pour ce qui s’est passé avant je te laisse libre de t’expliquer ou non!
  • Maman, je te dirais tout, mais auparavant je dois te dire ce qui s’est passé dans le pays ou je vivais avec la mère de Mathéo.
  • Tu m’as dit tout à l’heure que c’était une rivalité entre deux villages et que ta femme s’étaient fait piéger en allant voir ses parents.
  • Nous habitions à Djibouti, Assia était professeur de français au lycée français de Djibouti, c’est ainsi que je l’ai connu il y a 8 ans. De suite nous avons sympathisé et assez rapidement nous avons vécu ensemble avec la bénédiction de ses parents.Puis Mathéo est né l’année suivante, du reste il se nomme Mathéo-Idriss. Il parle aussi bien le français que l’arabe. Mes beaux parents Fath et Bho n’habitaient pas avec nous c’était des nomades « Afars », mais depuis que leurs enfants habitaient la capitale ils s’étaient sédentarisés comme plus de 85% de Djiboutiens. Mais c’est surtout la sécheresse et les conditions de vie désastreuses qui les ont poussé à se fixer. Assia avait l’habitude une fois par mois de se rendre au village, elle y allait en train, leur village était situé près de la voie ferrée. Il y a trois mois quand je ne l’ai pas vu revenir j’ai commencé par m’inquiéter, puis des bruits ont circulé sur la capitale annonçant des guerres fratricides dans des villages de l’est. J’ai confié Mathéo à ma belle-soeur, la femme du frère de ma femme et il m’a accompagné pour savoir ce qu’il s’était passé. Lorsque nous sommes arrivés, le village était en partis détruit, les animaux à l’abandon, le chien de mes beaux parents était attaché mais bien vivant. Dans la maison seul le corps de la plus jeune de mes belles sœurs gisait à même le sol. Elle était choquée mais vivante. Ses propos étaient assez incohérents, mais elle a réussis à nous dire qu’elle était dans les champs quand ces événements dramatiques s’étaient passés. Elle rentrait au village quand elle avait entendue crier des femmes, elle avait d’abord couru puis s’étant ravisé elle s’était caché. Elle avait vu ma femme et sa mère enchaînée avec d’autres femmes sur une charrette. Son jeune frère massacré par ces chiens, elle l’avait seulement retrouvé le matin suivant et elle pense que c’est la raison pour laquelle elle s’est évanouie. Tous les hommes présents au village ont été tués.
  • Alors ton beau-père?
  • Nous ne l’avons pas retrouvé, rien, mais tu sais à Djibouti et en particulier dans les villages éloignés de la capitale nous n’avons pas les mêmes possibilités qu’ici en France, bien que la présence militaire française et maintenant américaine permettent parfois de nous apporter des pistes que là-bas on serai loin d’explorer. Et, il n’a pas pu être enlevé, car seules les femmes qui n’ont pas réussis à se sauver ont été emmenés, c’est pour cela que je te confie Mathéo, moi avec mes beaux frères nous allons partir  pour savoir ce qu’ils sont tous devenu. Je ne sais pas combien de temps cela va me prendre mais Assia attends notre enfant, il me faut la retrouver rapidement.
  • Quand votre enfant doit naître?
  • Dans quatre mois. Elle avait sur elle des papiers français stipulant qu’elle était mariée avec un français et…
  • Et quoi?
  • Je suis diplomate, normalement c’est une guerre fratricide, elle pourrait avoir la vie sauve car protégée mais bon en l’état actuel des choses je n’en sais rien. Il y a des antagonismes tellement fort là-bas que je ne connais pas les raisons qui les ont poussé à frapper, en tuant les hommes et en emmenant les femmes avec les enfants en bas âges, les plus grands avaient été abandonnés mais tous se sont sauvés et éparpillés, sûrement terrorisés par ce qu’ils ont vu.
  • Ce ne sont pas des islamistes?
  • Non ils ne venaient pas de Somalie mais d’une tribu voisine, aussi nous allons y aller avec prudence mais fermeté. Je ne veux pas donner de faux espoirs à Mathéo ni au reste de la famille.
  • Je comprend Guillaume, dis moi étais tu heureux avant ses événements dramatiques ?
  • Très maman, mais pardonne moi de ne pas vous avoir donné de nouvelles à papa et toi, ainsi qu’à Clémentine. Elle va bien?
  • Si tu restais quelques jours tu pourrais la voir, elle va arriver avec ses enfants et son mari;
  • ah elle est mariée! Elle a des enfants?
  • Oui, un garçon et une fille, mais je ne veux pas te retarder, tu dois prendre un avion demain, ne passons pas la nuit à nous souvenir. Tu me raconteras une autre fois ton coup de tête, quoique je pense le connaître.

Un grand silence se fait dans la maison, personne ne dit mots, puis l’aïeule mais aussi la maman se penche vers son grand enfant et le serre dans ses bras, et tous les deux se mettent à pleurer. Dans le couloir un petit garçon nommé Mathéo les observe, mais il ne dit rien, il est habitué depuis ces dernières semaines à voir pleurer les grandes personnes.

 

A suivre

 

La rencontre

Je vais partir en pause pour quinze jours mais avant de prendre des vacances bien méritées j’ai voulu vous faire part de ma nouvelle histoire, j’en ai mis quelques lignes pour vous donner envie d’en connaître la suite et de vous languir en l’attendant. Cette histoire est née par un concours de circonstance. Je n’ai pas encore d’idées pour le titre, mais je mettrais un nom sur chacune des pages.Ensuite je mettrais le titre….

 

« Regarde Mathéo comme il est beau l’éclair dans le ciel »

Mais Mathéo est loin de tout ça, il est muré dans son monde à lui, il est tétanisé par la peur, assis sur le plancher de sa chambre, les deux mains sur ses oreilles, le teint blême il tremble comme une feuille sur l’arbre, il n’écoute pas sa Mamie lui raconter les orages de son enfance. 

Ce sont les vacances et pour la première fois Mathéo est venu voir sa grand-mère, ils sont dans les Alpes, là où les orages font des bruits terribles pour un enfant, ils résonnent dans la montagne se répondent, mais pour Mamie Catherine il va falloir qu’elle apprivoise la, peur de Mathéo.Après avoir couché son petit fils elle réfléchit, puis brusquement une idée lui vient à l’esprit. Il faut dire que Catherine est très connue, c’est la reine du polar. Elle fait peur dans des thrillers terribles aux adultes, alors cette nuit elle s’est décidée à écrire des livres pour ses petits enfants. Elle commencera par Mathéo son petit fils du bout du monde. Né quelques parts en Afrique.

Son fils Guillaume grand baroudeur est arrivé hier matin accompagné d’un petit garçon âgé d’à peine 6 ans, il a expliqué à sa mère qu’il était là que de passage, et que Mathéo avait besoin de connaître sa famille française et en particulier ses grands parents. Guillaume ignorait que son père était décédé depuis trois mois. Mais il était partis sur un coup de tête dix ans plus tôt les laissant tous anéantis, en particulier sa petite soeur Clémentine. Son père ne s’en était pas remis, il avait espéré revoir son fils mais ce dernier ne lui avait plus jamais donné signe de vie jusqu’à ce matin. Guillaume était resté assez évasif sur la maman de l’enfant. Mathéo était un petit bonhomme charmant, de grands yeux verts ceux ceux de son père donnaient à son visage un je ne sais quoi d’indéfinissable. D’emblée alors qu’il ne connaissait pas sa grand-mère il avait glissé sa petite main dans la sienne et s’était blottis dans ses bras pour le reste de la journée jusqu’à l’apparition de cet orage qui avait brisé net l’élan de l’enfant vers l’aïeule. Il était resté jusqu’au repas muré dans un silence impressionnant, toutes les paroles de réconfort, toutes les gâteries de sa grand-mère n’avaient donné aucun résultat, Mathéo voulait son papa et ne plus entendre la vilaine bête de la montagne. Quant au repas il avait lui aussi été difficile, toute la nourriture présente sur la table ne plaisait pas à Mathéo, mais il l’avait réussi à lui le dire:

  • Mathéo n’a pas faim, Mathéo veut son papa, Mathéo veut partir.

Et puis brusquement sa petite main avait saisis une pêche juteuse et ses petites dents bien alignés avaient croqué dans la pêche. Au début il avait marqué un temps d’arrêt puis l’avait dévoré, en concluant avec un sourire timide:

  • Mathéo aime! C’est quoi Mamie?
  • Une pêche!
  • Mathéo aime la pêche, encore Mamie, encore une pêche.

Mais la grand-mère n’avait pas accepté que son petit fils mange une autre pêche elle lui avait dit:

  • puisque tu aimes la pêche tu devrais goûter à ma purée, c’est celle que ton papa aimait quand il était tout petit.

Les yeux de Mathéo à l’évocation  de son papa s’était voilé de larmes, mais il avait réussis à goûter deux cuillères de purée, certes c’était peu mais ils avaient tous les deux renoués des liens. L’orage s’était éloigné, Mathéo avait accepté de regarder la vallée et les petites lumières qui clignotaient. Mamie lui avait montré la montagne voilée dans son écharpe de brume. C’était beau mais il n’avait rien dit à cette Mamie. Elle l’avait serré dans ses bras et depuis il n’y avait plus de bruits dans la maison. Juste une petite lumière tout près de lui était allumé. Sa grand-mère lui avait demandé si il voulait une présence dans sa chambre. Mathéo n’avait pas très bien compris, mais maintenant il se sentait rassuré, c’était certainement cela la présence. La petite lumière qui brillait dans sa chambre ne pouvait pas remplacer son papa. Depuis que sa maman avait disparue, Mathéo avait grandi c’était son papa qui le disait à tous ses amis. Mais sa maman lui manquait, mais il faut dire que là-bas en Afrique c’était la guerre, sa grand-mère Fath et son grand-père Bho avaient eux aussi disparu.

Emportés par une guerre qui ne disait pas son nom, mais cela Mathéo ne le savait pas c’était Catherine qui se remémorait le long récit de son fils Guillaume. 

A suivre

La vie d’à côté (fin)

Maintenant les trois enfants de Soledad sont assis devant l’enveloppe, cette nuit à la demande de Soledad, Éric l’a ouverte et a pris connaissance de son contenu, c’est la raison pour laquelle il est allé chercher au domicile du vieux le frère de Pablo et Amélia, le jeune Bertrand. A ‘intérieur de l’enveloppe c’est la confession bouleversante d’une mère. Le tout est écrit sur un papier extrêmement fin il y a plus de quarante pages, c’est la première partie de sa vie, celle qu’elle espérait avec le père de Pablo, puis ce dernier disparu elle s’était rapproché des jumeaux carré qu’elle connaissait du Pérou, là en France elle espérait mener une vie tranquille mais rapidement elle avait déchanté, l’aîné des jumeaux celui que tout le monde connaissait sous le nom du vieux l’avait mise au « tapin », rapidement elle avait dépéris, c’est à cette époque qu’elle demande à ses parents d’emmener son fils Pablo en Autriche, elle ne leur donne pas la raison mais ces derniers se doutent que leur fille a repris contact avec ces deux voyous qu’étaient les fils carré Roland et Richard, quoique le second avait un meilleur fond mais il était sous la coupe de son frère.

Dans ses confessions elle demande pardon à chacun de ses enfants, à Pablo pour ne pas lui avoir tout dit sur son frère et sa sœur. A Bertrand de l’avoir laissé à son oncle, car ce dernier ne lui pardonnait pas d’aimer son frère. Quand à Amélia elle lui dit qu’elle est aussi l’enfant de l’amour, que c’est Rodolphe Carré son père et que ce dernier l’a chéri fort longtemps. Que si elle fait appel à sa mémoire elle se rappellera les jours heureux qu’ils ont vécu ensemble jusqu’à sa disparition.

A ce moment la confession s’achève, enfin c’est ce qu’avait pensé Éric en découvrant  que les autres feuillets contenaient les actes de naissance des deux enfants nés «  Carré », mais quand Amélia avait mis l’enveloppe dans la cachette elle s’était aperçue qu’elle contenait une clef USB, cette dernière était dans son appartement près de son ordinateur.

Lorsqu’Amélia introduit la clef dans le port USB de l’ordinateur d’Éric il pense lire la fin de la confession de leur maman, mais là elle leur parle, mais ce n’est pas du passé mais du présent. Pour Bertrand il découvre le visage de sa maman et des bribes de vie avec elle  lui reviennent en mémoire en la voyant.

Mes chers Enfants, je n’ai pas été une maman exemplaire j’ai commis des tas d’erreur mais je vous aime tous les trois. Toi Bertrand tu dois m’en vouloir car je n’ai jamais pu être présente à tes côtés, ton oncle t’a enlevé à ton père, disant qu’il était incapable d’élever deux enfants vu que depuis qu’il tenait les rênes de l’entreprise celle-ci périclitait. Tu avais cinq ans quand nous avons été séparé, à la suite de ça votre père, Amélia et Bertrand a disparu, on a trouvé un mort, je n’ai pas eu le droit d’aller voir le corps et Roland m’a dit c’est lui il s’est pendu. Et, j’aurais pu le croire si dernièrement alors que je me rendais à l’aéroport après que tu m’ais déposé Amélia je n’avais pas rencontré Richard, certes il a changé mais c’est lui. Regardez –le.

A ce moment-là sur la vidéo apparaît un homme qui ressemble étrangement au vieux, il s’adresse à son tour à ses enfants :

  • Amélia ma jolie princesse et toi mon Bertrand ainsi que toi mon Pablo, j’ai fait des choses pas recommandables, mais je n’ai jamais cessé de vous aimer. Mon frère m’a volé ma vie, ma maison, ma femme et même jusqu’à mes enfants. Je ne lui ai jamais pardonné, mais maintenant je suis vengé, je sais ce n’est pas beau la vengeance, mais il est normal qu’à son tour il paye. Il y a 23 ans nous quittions Tours, mon frère en une nuit avait ruiné ma vie, maintenant vous êtes grand et vous pouvez comprendre, il désirait votre mère, il l’a fait boire et elle a signé un papier qui me prenait tout jusqu’à mon identité. Bien entendu dès qu’elle a pu reprendre ses esprits elle m’en a fait part, je l’ai moi-même accompagné à la gare afin qu’elle mette à l’abri notre fille, la prunelle de mes yeux. Mon frère est rentré dans une colère noire en voyant que votre maman et notre fille avait mis les voiles pendant la nuit. Il a exigé que je me retire des affaires et que je m’en aille, il se chargeait de dire à Soledad que je m’étais pendu. Où as-t-il trouvé ce cadavre je ne le sais pas, toujours est-il que votre maman a cru son beau-frère, et après l’enterrement elle a rejoint Amélia et de là le Pérou, mais ses parents ont refusé de s’occuper de ma fille. N’ayant aucun argent elle a fait un métier que l’on dit être le plus vieux du monde pour donner à sa petite dernière tout le confort auquel elle aurait pu prétendre si elle était restée au sein de la famille Carré. Tout aurai pu continuer à rester ainsi si un soir votre mère dans un cabaret où elle se rendait parfois elle ne s’était pas trouvé nez à nez avec mon frère, bien que terriblement vieilli elle l’a rapidement reconnu, au moment où elle essayait de s’en aller elle s’est retrouvé face à Gilbert qui la amené à son père en lui disant « voici ta belle-sœur papa ? Qu’en fais-tu ? Il a fait signe à son homme de main, un type qui jouait double jeu, mais qui m’a rendu de grands services et qui a immédiatement reconnu Soledad, et, au lieu de mettre à exécution le projet funeste de mon frère, a raccompagné votre mère en lui disant de disparaître, voire de quitter la France. Ne pouvant se résoudre à te quitter Amélia ainsi que toi Pablo, elle a simulé son départ en disant prendre un avion qui, malheureusement a permis à Amélia d’ouvrir le testament de Soledad, quand Pablo, Amélia et vos grands parents ont appris la disparition de l’avion. Ce n’était vraiment pas de chance qu’elle est songée à cet avion et que ce dernier s’abime en mer.
  • Mais me direz-vous que j’aurais pu revenir, mais bien entendu que si cela avait été possible je l’aurais fait, mon frère m’a fait arrêter pour une sombre affaire de drogue et j’ai pris 25 ans ayant endossé le passé d’un homme attaché au service de mon frère. Sinon un mort ne peut pas être condamné à la prison. Je suis sorti il y a tout juste 3 mois et c’est la raison pour laquelle je me trouvais à l’aéroport quand votre mère a fait mine de s’en aller. J’ai eu une réduction de peine de 3 ans c’est peu, surtout que j’ai clamé mon innocence mais il aurait fallu que je dise qui j’étais, et ne sachant ce qu’il était advenu pour votre mère, j’ai subi mon sort.
  • Dès que tu es apparu aux abattoirs Carré, Gilbert a su que tu étais la fille de Soledad, tu lui ressembles étonnamment, seule ta peau est banche presque laiteuse alors que ta mère et vous le voyez tous elle a le teint cuivré. Je l’ai su par l’homme de main de mon frère celui qui a permis à votre mère de se sauver, il te surveillait et dès qu’il a vu que les deux frères se disputaient à ton égard, il est intervenu, la bagarre entre Gilbert et lui a viré au cauchemar quand le fils de mon frère s’est tapé la tête contre la banque. Il a donc monté cette macabre mise en scène pour faire céder le vieux comme vous dîtes
  • Avant de terminer ma confession il faut que vous sachiez qu’Olivier n’est ni votre frère ni votre cousin, il est juste le fils d’une amie de votre maman, elle s’appelait Ginette, elle avait deux enfants Olivier et Myriam. Ginette a été retrouvée morte noyée dans notre piscine, mon frère a décidé de garder Olivier et de l’élever comme son propre fils, quand à la fille il la déposé dans un orphelinat. Votre maman est persuadé que son amie a été assassinée, et depuis ma sortie de prison j’ai pu lui dire que c’était mon frère qui avait fait assassiner ton père, Pablo.

Comme il y a de nombreuses choses que je ne puis vous dire, car cela pourrait entacher votre réputation je laisse le soin à ma douce femme de faire la conclusion.

A compter de ce jour, nous avons Richard et moi réussis à récupérer la totalité de notre héritage, de votre héritage à tous les trois. Tout a été déposé cet après-midi devant notaire et si vous le désirez-vous pouvez en prendre possession. Bertrand nous t’avons nommé patron des entreprises Carré car toi seul est bien au courant de la manière de travailler, nous avons racheté l’entreprise carré elle porte désormais les initiales de vos prénoms a tous les trois c’est la PAB.

Nous avons appris la mort d’Olivier et retrouvé Myriam grâce à des gens de l’ombre que je ne connais pas, comme sa maman m’a rendue de fier service nous lui avons octroyé une petite rente.

J’ai repris contact avec mes parents et du reste nous sommes actuellement au Pérou, nous aimerions qu’Amélia et Bertrand fassent leur connaissance, et à eux de décider où ils ont envie de vivre. Mais il faut que votre entreprise familiale tourne, à vous de voir comment vous allez organiser vos vies.

Car, vous le sentez bien nous n’allons pas célébrer nos retrouvailles, nous allons vous laisser vivre, je ne sais pas si c’est cruel mais je ne pense pas que nous puissions tous vivre ensemble avec tout ce lourd passé qui pèse sur chacun d’entre nous. Nous vous disons aller de l’avant soyez honnêtes et ne tombez pas dans nos travers. Chacun d’entre vous a un métier et vous arriverez bien à construire une vie bien plus belle que la mienne. Encore pardon mes enfants. Votre père et beau-père a encore une chose à vous dire, je vous embrasse très fort et soyez heureux sans moi.

Mes enfants chez le notaire Maître Besson vous trouverez une enveloppe à votre prénom, vous prendrez connaissance de ce que je vous ai écrit et vous suivrez votre voie mais je vous en supplie restez unis, ne faites pas comme mon frère et moi ; Aimez-vous toujours, adieu mes petits je vous aime et je vous demande pardon.

 

La vidéo est terminée depuis longtemps on entend que les sanglots d’Amélia ainsi que ceux de Pablo et Bertrand, Éric ne sait que dire, alors il fait la seule chose qu’il sait faire, il s’approche d’Amélia la prend dans ses bras et lui dit :

Je t’aime, il lui essuie les yeux et il voit refleurir son beau sourire.

 

Cela fait trois semaines que les enfants Carré ont pris connaissance du testament de leurs parents, via la clef USB, les voici tous les trois, non quatre car Éric a demandé un congé, à l’aéroport en partance pour le Pérou où leurs grands-parents les attendent. Gageons que la vie va prendre pour tous un nouveau départ. Il y aura en décembre le mariage d’Amélia et Éric. Mais, songe Éric, connaissant Amélia je suis certain qu’elle n’aura de cesse de réunir sa famille, car les parents c’est sacré  et, lui le comprend davantage vu qu’il était orphelin.

 

FIN

La vie d’à côté ( suite 12)

Quelques heures plus tard, Pablo va mieux, il en sera quitte pour une belle bosse et quelques points de suture, quant à Amélia les médecins ont jugé que son état était dangereux pour sa santé mentale, elle se repose dans le lit à côté de son frère, d’un sommeil artificiel puisque les médecins lui ont administré un sédatif puissant. Mais ses paroles laissent présager qu’à son réveil elle aura des tas de choses à leur dire. Elle parle d’une enveloppe que personne n’a retrouvée dans l’appartement, mais dans un premier temps il va écouter le récit de Pablo.

  • Pablo, j’en suis restée au moment où je saute dans ma voiture pour rejoindre Amélia qui m’a appelé au secours. Quand je suis dans la voiture je n’entends pas vraiment ce qui se passe dans l’appartement ayant eu l ‘imbécillité de mettre ma sirène. Quand j’ai quitté le poste de police il était 18 h 35 quand je suis arrivé devant l’appartement il ne s’est pas écoulé plus de 10 minutes, il était quelle heure quand tu es arrivé ?
  • Je n’arrivais pas à joindre ma sœur pour lui dire que j’aurais du retard, j’ai donc terminé ce que je devais faire et j’ai sauté dans un taxi, il était 18 h 30 quand je prenais l’ascenseur. Lorsque je suis arrivé devant son appartement la porte avait été ouverte de force et j’entendais Amélia crier « ne me faîtes pas de mal, je ne suis au courant de rien », je me suis avancé ne voyant pas Amélia dans la pièce principale je m’avance dans le couloir quand je vois surgir devant moi Olivier, il tient Amélia en joue et lui demande de lui remettre une enveloppe kraft qui lui a été remis par erreur. Comme Amélia est face à moi, je la vois qui devient d’une pâleur terrible, elle lui répond qu’elle n’a jamais eu d’enveloppe. Je lui fais comprendre qu’elle doit me laisser un angle de tir pour que je puisse frapper Olivier de mon poing tendu. Elle a de suite compris et d’un coup d’épaule a réussis à repousser Olivier, celui-ci s’est précipité sur moi , je l’ai frappé au menton et il s’est effondré dans un premier temps, puis il s’est relevé et s’est rué sur moi, à mon tour j’ai vacillé et me suis retenu à l’espagnolette, dans les yeux d’Olivier j’ai vu qu’il pensait qu’à me pousser par la fenêtre du salon dont la vitre venait d’être pulvérisé par une balle, je me suis mis en position de combat et au moment où le poing d’Oliver pensait m’atteindre j’ai eu la présence d’esprit de me baisser et il est passé par la baie vitrée.
  • Bien, je te remercie de m’éclairer sur les derniers instants d’Olivier, Par contre je ne comprends pas pourquoi je t’ai retrouvé au tapis. Il voit son ami se troubler, il n’insiste pas, il verra ça plus tard. Amélia quand elle sera en état de répondre lui donnera une explication.
  • Mais tu as cherché l’enveloppe dont parlait Olivier et dont Amélia parle dans son sommeil
  • Oui, ce matin avec tes hommes nous avons passé au peigne fin l’appartement et nous n’avons rien trouvé, je pense qu’Amélia nous en parle car Olivier a dû lui marteler ça pendant les dix minutes où elle s’est retrouvée seule avec lui.
  • Et bien nous allons recommencer la fouille, et regarder dans les endroits les plus improbables. Amélia est assez capable d’avoir soulevé un carreau et glisser cette enveloppe dans une cachette improvisée.
  • Elle ‘l’a certainement fait rapidement, car je ne sais ce que représente cette enveloppe et surtout qui lui l’a remise, mais il est vrai qu’elle a essayé de me joindre dans la soirée plus de dix fois, elle avait certainement une nouvelle à m’apprendre.
  • Je vais mettre un de mes hommes devant la porte je ne voudrais pas que l’on essaye de…
  • A quoi penses-tu Éric ? Personne ne va venir la tuer, il n’y a pas de ramifications avec des histoires de drogue ou de blanchiment d’argent.
  • A ce stade de l’enquête je n’en sais rien. Aussi dans le doute s’abstenir de mettre la vie d’Amélia en danger. Puis nous passerons à nouveau son appartement en revue, une fouille méticuleuse s’impose en essayant de se mettre à sa place, dans la panique où a-t-elle pu cacher cette enveloppe ?

Pablo, Éric, et deux autres hommes de la police de Blois sont à la recherche du moindre indice pouvant les mener sur cette fameuse enveloppe. Aucun de ceux qui sont présents savent si c’est une grosse enveloppe ou une petite, mais comme ce n’est pas un colis, la sœur de Pablo l’a certainement pliée pour qu’elle passe plus inaperçue. Sue le sol de la cuisine, Pablo a remarqué qu’un carreau était légèrement surélevé, mais hélas il n’y avait pas de cachette. Rien il faut se rendre à l’évidence si Amélia avait une enveloppe, soit elle a été récupéré par un complice d’Oliver, soit elle ne l’a jamais eu en sa possession. Il ne leur reste plus qu’à attendre le réveil soi-disant imminent d’Amélia. Mais pour l’heure ils doivent se rendre à l’hôpital, le vieux a une déclaration à leur faire, ils se demandent dans quel état ils vont le trouver car il a dû apprendre la mort de son second fils, en l’espace d’une semaine il a perdu deux de ses enfants. Mais combien sont dans la nature pense Pablo. Déjà cette Myriam Bompani, sa sœur aussi, surement  d’autres. Mais bien évidemment ce sont des filles.

Quand ils arrivent à l’hôpital le vieux est en compagnie d’une jeune femme, celle-ci est sa future infirmière car il refuse de rester dans ce lieu immonde. Décidément même dans la peine cet homme fait encore des vagues, on dirait que la mort de son fils ne l’a pas atteint, il est égal à lui-même, il est le patriarche des entreprises carrés sans ses fils. Quand Éric lui présente ses condoléances  il est abasourdi par sa réponse, mais Pablo l’est moins.

  • Olivier n’était pas mon fils, c’était celui de ma femme !
  • Laquelle de vos femmes ose dire Pablo ?
  • Vous ne la connaissez pas jeune homme !
  • Détrompez-vous je pense au contraire que je la connais ;
  • Donnez-moi juste son prénom et je vous dirais,
  • Soledad !

    A ce moment le vieux prend une quinte de toux et semble s’étouffer, ce prénom a eu sur lui des effets qu’il ne pensait pas, mais quand il réussit à leur parler il dit, Soledad je l’ai connu mais c’était la femme de mon frère qui a disparu, Bertrand mon neveu est leur enfant.-

  • Votre frère disparu avec sa femme ? Car si vous avez la garde de votre neveu c’est que Soledad et son mari ne sont plus de ce monde.-

  • Soledad s’est évanouie dans la nature  il y a une vingtaine d’années !
  • Morte ?
  • Non, elle est vivante et je pense l’avoir reconnue dans les traits de la jeune femme que mon fils Gilbert a embauché .
  • De la voir revivre dans sa fille ne vous permet pas de dire qu’elle est vivante.

Mais le vieux se trouble et les deux inspecteurs pensent que le temps des confidences est terminé. Il appuie la tête sur les oreillers et ferme les paupières ; c’est à cet instant qu’ils entendent derrière eux comme un sanglot. Quand ils se retournent ils se trouvent nez à nez face à Bertrand, depuis combien de temps était-il là, en tous les cas il vient d’apprendre brutalement qu’Amélia est sa sœur. Pablo s’approche de lui, le soutient et le fait s’installer sur la banquette dans le couloir. Comment lui dire que lui aussi est son frère, demi mais qu’importe ? Ils ont plus de lien de parenté qu’Olivier en avait avec lui. C’est Bertrand qui se ressaisit le plus vite, et il demande à l’inspecteur où se trouve Amélia, tantôt son oncle lui avait appris qu’Olivier était décédé et que tout était la faute d’Amélia et maintenant il apprend que cette dernière est sa sœur. Et bien se dit Éric, le vieux y va fort sans rien savoir il accuse Amélia d’avoir tué Olivier alors que lui personnellement pense en l’innocence de la sœur de Pablo, et ce, sans attendre les conclusions de l’enquête, pour lui c’est de la légitime défense. Mais Amélia leur racontera elle-même ce qui s’est réellement passé ; les médecins vont la laisser reprendre pieds dans le monde réel dès que le sédatif n’aura plus de prise sur elle.

Un jour plus tard, Amélia est sortis de l’hôpital, après être passé au poste de police faire une déposition et expliqué comment c’était déroulé le dernier acte dans son appartement, ils étaient tous repartis chez Éric qui leur avait ouvert sa porte. Il y avait Amélia, Pablo et Bertrand. Auparavant Amélia accompagné d’Éric s’était rendu dans l’appartement qu’elle avait loué et avait indiqué au policier en faction où se trouvait l’enveloppe kraft et ses fameux papiers tant recherché par Olivier. Amélia après que les coups aient redoublés à sa porte, avait réussis à se calmer et elle était allé dans sa salle de bain, monté sur une chaise, elle avait réussis à ouvrir la grille d’aération, elle avait roulé l’enveloppe et l’avait  glissé dans l’espace, puis, la porte d’entrée avait cédé et elle était vivement descendu de son échelle improvisée, le rebord de la baignoire. Elle s’était vite rendue compte que la grille n’était pas fermée complètement aussi sans se douter qu’Olivier était déjà  dans son appartement, elle était remonté sur la baignoire et avait refermé la grille, glissé le tournevis derrière le placard et s’était planquée dans la douche prête à bondir sur l’énergumène qui s’était introduit chez elle. A la main elle avait pris le coup de poing américain que lui avait remis Pablo à sa dernière visite, elle ne s’en était jamais servie mais elle imaginait bien ce qu’elle pourrait en faire. Avant de se planquer dans la salle de bain elle avait éteint tout l’appartement, elle songeait que si on l’avait observé depuis la rue c’était illusoire car celui qui la cherchait la savait à l’intérieur. Quand elle avait entendu la voix doucereuse d’Olivier, elle savait qu’il allait lui faire du mal, mais elle s’était bien gardée de lui répondre, dès qu’il avait essayé d’ouvrir la salle de bain tous les deux savaient que la rencontre allait avoir lieu, l’un ignorait qu’Amélia allait se défendre, Amélia pensait que si le premier instant elle le frappait elle pourrait peut-être se sauver.

Quand elle avait senti son parfum, elle savait que cet homme la voyait comme en plein jour il attendait que sa proie ouvre la porte, mais elle ne l’avait pas fait, aussi d’un ton qui ne présageait rien de bon il lui avait donné l’ordre de sortir sinon il mettait un silencieux à son pistolet et la descendait comme un lapin. Mais auparavant il avait envie de goûter à ses formes, aussi lui dit –elle, même si tu es blessée je te donnerais du plaisir avant que tu crèves dans mes bras. C’est en désespoir de cause qu’elle avait ouvert la porte de la douche, de suite elle avait senti son pistolet sur sa tempe et il lui avait aboyé ses mots :

  • Cet après-midi on t’a remis une enveloppe je la veux ;-
  • Elle m’appartient !-
  • Oui, je le sais c’est un homme de main de mon père qui te l’as remise, je ne sais ce qu’il y a dedans mais vu que tu m’as l’air de croire que mon père est aussi le tien, il va falloir que j’ouvre cette enveloppe avant toi. Moi je tiens à mon héritage et je ne veux pas qu’une menteuse me le vole.-
  • Je ne l’ai plus !
  • Tu es vraiment une sale garce, je t’ai vu la recevoir, puis monter à ton appartement, tu n’en n’es pas ressortis.-
  • En effet je ne suis pas ressortis mais j’ai pris mes précautions, en montant je l’ai mis sous le paillasson d’une de mes voisines !-
  • Mais bien sûr, tu voudrais que je te laisse et que je descende?
    • Sur ces entrefaites mon frère est arrivé et ce qu’il vous a raconté c’est bien passé, il m’a fait comprendre qu’il fallait que je bouge de quelques centimètres pour qu’il puisse lui asséner un direct au menton. Mais comme il a eu peur de me faire mal je pense que le coup n’a pas été aussi violent que tu l’espérais, n’est-ce pas Pablo ?-
    • En effet, j’ai mal ajusté mon coup de poing et je l’ai juste effleuré au bas du menton, il est resté groggy mais en même temps il avait le doigt sur la gâchette et le coup est partis on ne s’en est pas rendu compte de suite car il avait un silencieux, c’est seulement en voyant la vitre du salon volé en éclat que nous avons compris. Puis tout est allé très vite, il s’est rué sur moi en me poussant près de la fenêtre j’ai vu dans ses yeux qu’il allait me jeter dans le vide, avant que je lui assène un coup de poing il m’a frappé au niveau de l’arcade sourcilière aveuglé par le sang j’ai juste réussis à me retenir à l’espagnolette avant de m’effondrer sur le sol, pour la suite je n’en sais pas plus.
  • Moi, je sais dit Amélia, quand j’ai vu Olivier se rué sur Pablo j’ai réussis au prix d’un effort surhumain à m’approcher d’Olivier qui, déséquilibré par la charge de Pablo se trouvait assez près de la fenêtre et ayant peur de me faire tirer dessus je me suis précipité sur lui et je l’ai télescopé alors qu’il essayait de récupérer son pistolet tombé au sol, lui n’a pas pu attraper l’espagnolette car la baie vitrée s’était ouverte sous la poussée de mon frère, ne pouvant se retenir à rien il a basculé sous mes yeux dans le vide. Après je ne sais plus, j’ai juste poussé sous le meuble le pistolet ayant peur qu’il y est d’autres dingues qui arrivent chez moi. Je te revois Éric comme dans un rêve, enfin je sors plutôt d’un cauchemar.-
  • Tu répéteras ça devant le juge et il comprendra rapidement que c’était de la légitime défense, ne t’inquiètes pas, dis-nous plutôt ce qu’il y a dans cette enveloppe.-
  • Avant de regarder ce qu’elle contient j’aimerais faire un brin de toilette.-
  • Ah tu es bien une fille… 

A suivre…

La vie d’à côté (suite 11 )

  • J’ai fait aussi vite que j’ai pu, Mademoiselle Amélia,

 

De suite cette dernière est sur le qui-vive cet homme avec ces airs doucereux est fort dangereux, elle est seule face à lui, il y a pas mal de morts autour de sa famille, elle ne voudrait pas en faire les frais ; elle n’acceptera nullement de rentrer, elle doit rester à l’extérieur, elle a vu en montant un jardinier qui tond l’herbe devant la maison plus bas, elle n’est pas passé inaperçue avec sa KA vert pomme. Il lui a fait signe et lui a même dit que le chemin était en cul de sac, elle a dit je vais chez les Carré, il était étonné mais ne lui en a pas fait part. Si Olivier insiste, elle lui dira qu’elle est attendue plus bas, bien qu’elle ne sache pas le nom du gars. Mais ce dernier est tout mielleux, et lui demande d’où elle sort ces extravagances concernant son père et pourquoi avoir attendu tout ce temps avant de donner la raison exacte de sa venue sur Blois. Et il ajoute si Gilbert était encore en vie il se frotterait les mains car il vous avait mis à jour, il était persuadé que vous étiez une intrigante qui en voulait à notre portefeuille.

Amélia avait éclaté de rire, mais Olivier n’avait nullement apprécié que cette jeune femme se paye ouvertement sa tête alors que son frère était mort mais il n’avait pu aller plus loin en échange, car une voiture de police s’était arrêtée devant l’entrée, en était descendue l’inspecteur qui suivait l’enquête ainsi qu’un jeune homme qui avait gentiment rabroué Amélia :

  • Sœurette j’aurais dû me douter que tu viendrais là, mais tu ne dois pas enquêter toute seule, laisse faire les professionnels, Monsieur ne t’a pas importuner ?
  • Non, du tout !

Mais Olivier n’appréciant pas leur intrusion dit qu’il veut porter plainte contre Amélia pour harcèlement moral, ce qui fait rire les trois jeunes gens.

  • Taisez-vous Mr Olivier Carré, je suis venu vous signifier que nous avons un mandat et que nous allons procéder à des relevés et nous allons vous conduire au poste pour être interrogé, compte tenu que votre père n’est pas en état de nous répondre ; du reste je suis fort étonné que vous ne soyez pas à son chevet, vous commenciez à vérifier ce qu’il vous léguait comme fortune l’ayant vu plutôt mal en point sur son lit.

Ce dernier ne lui répond pas mais pique du nez sur ses chaussures. Il est plus mal à l’aise que lorsqu’ils sont arrivés, et c’est à contre cœur qu’ils laissent entrer la police. Quand à Amélia, elle repart,  pas trop mécontente d’elle-même, elle n’a rien appris de nouveau la concernant, mais si Pablo est là, elle arrivera à savoir si des papiers la concernant ont été retrouvés au domicile du vieux. Mais hélas tout allait à nouveau se liguer contre elle. Le soir de ces événements alors qu’elle allait entrer dans son nouvel appartement un homme la soixantaine l’attendait devant son domicile. Il ne se présentait pas à elle, mais il lui demandait si elle se nommait bien Amélia, alors avec un grand sourire il lui avait remis une grosse enveloppe en papier kraft, en lui disant :

  • Voilà ce que votre mère aurait aimé vous donner elle-même.

Puis elle l’avait vu repartir dans une grosse Mercedes conduite par un chauffeur, elle avait voulu noter les numéros mais juste à ce moment une voiture noire s’était intercalée entre elle et la voiture, elle avait pesté contre cet intrus tout en se demandant si les conducteurs des deux voitures n’étaient pas de connivence et si par hasard ce n’était pas un de ses suiveurs. Décidément elle n’était à l’abri nulle part, puisque cet homme l’avait retrouvé c’est qu’elle devait être suivis, mais quelle en était la raison ? Dans quoi sa mère s’était mise, dans de sales draps, puisque les morts tombaient, un aux entreprises carré, l’autre dans l’appartement cédé à sa mère, et cet homme qui était là à l’attendre. Quand Pablo allait rentrer il n’en reviendrait pas. En montant les escaliers du petit immeuble où désormais elle habitait, elle se demandait ce que ces papiers allaient lui révéler, l’enveloppe n’était pas très épaisse.

Les heures s’écoulent et Pablo n’est pas rentré, décidément tout se ligue contre elle, où peut-il bien être ? Son mobile ne répond pas, il est sur la messagerie, ce soit être le dixième message qu’elle lui envoie et rien, les heures s’écoulent lentement, l’enveloppe est posée sur la table, elle ne veut pas en prendre connaissance seule, elle a besoin d’être protégé par Pablo, elle n’a rien mangé, la faim ne vient pas, elle est plus angoissée qu’autres choses, elle, la battante se sent tomber dans un long trou sans fond. Puis la réalité reprend ses droits, on sonne à sa porte, ce n’est pas Pablo il a une clef, qui cela peut-il bien être ? Elle s’avance lentement dans le noir et regarde par l’œilleton, elle ne voit rien, une main cache le visage de celui qui est derrière sa porte. Elle tremble et fait le moins de bruit possible et va dans sa chambre pour appeler la police. Elle appelle le seul homme qui va pouvoir l’aider, cet homme qu’elle aime depuis toujours mais à qui elle n’a rien avoué. Éric va pouvoir l’aider, surtout que maintenant on tambourine à sa porte. Puis brusquement saisis d’un doute, elle parcourt rapidement le couloir et prends sur son étagère placé près de la porte, la longue enveloppe kraft qu’elle n’a pas ouvert, cet intrus vient certainement lui la reprendre. Où pourrait-elle la cacher ? Au passage elle rafle son mobile et retourne dans la chambre.

Enfin Éric lui répond, elle chuchote plus qu’elle ne parle, de suite il est inquiet et sent que quelques choses d’anormal se passent.-

  • Calme toi Amélia et dis –moi, es-tu seule ? Réponds que par oui ou par non
  • Oui et non !
  • Comment ça ?
  • Il y a une personne qui ne veut pas que je la reconnaisse qui sonne à ma porte, j’ai peur.
  • J’arrive, cherche une cachette, et fais le moins de bruit possible mais laisse ton téléphone ouvert.
  • Oui Éric !

C’est dans de drôles de circonstances qu’Amélia a enfin prononcé son prénom, qui peut venir sonner chez elle à une heure pareille ? Qui peut se cacher ? Car mettre sa main sur l’œil de perdrix c’est forcément que l’on sait qu’il y a quelqu’un à l’intérieur qui se méfie et on veut l’affoler. Mais où est passé Pablo ? C’est étrange il devait rejoindre sa sœur après être passé chez lui.

Éric a sauté dans sa voiture mais il est accompagné par deux de ses hommes, il ne lui faut pas y aller seul, on ne sait jamais à qui on a à faire. Toute sirène hurlante les voilà partis mais à quelques encablures de la rue où loge Amélia il éteint à la fois son gyrophare et fait taire sa sirène, il n’a nul besoin d’alerter celui qui veut s’introduire chez Amélia. Quand il arrive il y a un attroupement devant la porte, un corps git sur la chaussée et il se doute immédiatement qu’un drame vient de se produire.  Il laisse  ses hommes en bas, et monte quatre à quatre les escaliers. Dans l’appartement gît un autre homme,  c’est son ami Pablo, Amélia sanglote au-dessus de son frère, rapidement il constate que Pablo a juste ramassé un coup qui l’a envoyé au tapis. Il réagit rapidement et d’un ton ferme demande à Amélia d’aller chercher de la glace, mais comme Pablo ne réagit pas il appelle les pompiers. Il fait boire un verre d’eau à Amélia et attends les secours. Son amie est dans l’impossibilité de lui raconter ce qui est arrivé. Elle est en état de choc.

 

A suivre…