Une montée vertigineuse.

Comme il me l’a été demandé par une ou deux d’entre vous, je donne quelques explications concernant les châlits  ce ne sont pas des cadres comme on l’entend mais plus exactement des boxes qui servaient de lits dans les refuges il y a quelques temps, assez proche d’une boite longue  en bois. On rentrait souvent la tête première et à reculons et on sortait les pieds en premier. On ne voyait pas son vis à vis.

La deuxième précision mais pour ceux qui sont allé en montagne je ne leur apprend rien, quand il y a un orage les éclairs se propagent et l’on y voit comme en plein jour. Donc mon héroïne si je puis dire, a donc bien vu ce que vous avez découvert avec elle.

Je met la fin de la phrase du chapitre précédent pour vous remettre dans l’ambiance.

 

Désarçonné, Damien la suis et voilà qu’elle trébuche et emportée par sa précipitation s’affale de tout son long aux pieds. …….

 

d’un rocher qui surplombe le vide, mais dans son roulé boulé elle a tapé plusieurs fois les rochers et si elle n’a pas fait le grand saut c’est grâce à un homme qui venait à la rencontre de Damien depuis l’alpage. Mais la jeune femme ne se relève pas, elle est blessée à la tempe et un filet de sang lui coule sur le visage, Damien est rapidement sur les lieux et constate les dégâts sur son beau visage.  De son sac il en retire une petite mallette et lui prodigue les premiers soins. Le bruit de sa chute a sûrement été entendu par ceux qui marchaient à quelques encablures d’eux. Damien explique rapidement à son ami ce qu’il en est et celui-ci se remet en route pour voir si on ne leur a pas tendu un guet-apens plus bas.

Pendant ce temps Damien devant Manon ne sait comment la réveillé et surtout espère que les dégâts à sa tête ne seront pas très grave. Il a dans son sac une petite fiole avec de l’eau de mélisse, il lui glisse entre les lèvres une cuillère et l’aide à avaler, rapidement elle tousse et entrouvre les yeux.

Tant qu’il ne sait pas si sa chute a avertis les deux malfrats, Damien met un doigt sur sa bouche et lui intime l’ordre de se taire. Il lui dit aussi qu’elle est en sureté avec lui, qu’il ne lui veut aucun mal et qu’elle ne doit pas s’enfuir à tout bout de champs. Au bout d’un quart d’heure son ami est de retour et ils apprennent que les deux hommes sont arrivés à la bifurcation entre le chemin de l’alpage et  celui qui redescend vers les criques. Manon est étonnée de voir cet homme et ne comprends pas de quelles manières il est arrivé là. Elle comprend que la montagne est son lieu de prédilection et qu’il connait des raccourcis, ce qui lui a permis de les rejoindre plus rapidement sans toutefois croiser les deux hommes. C’est donc  à lui que Damien a téléphoné tout à l’heure, mais qui est-il ? Et elle va avoir rapidement sa réponse et ce qu’elle va découvrir va la rassurer.

Damien lui a mis un joli pansement sur l’arcade sourcilière et donner un médicament  pour calmer son mal de tête lancinant. Elle est un peu groggy mais en marchant doucement ils atteindront rapidement le chemin qui va les emmener  à l’alpage. Il ne leur reste pas beaucoup de  lacets, mais il leur faut attendre que les deux dingues,  est commencé à prendre le chemin de la mer pour pouvoir avancer à découvert sans être vue.

 

 

 

 

Avant de démarrer  ils admirent le soleil levant et commencent à reprendre leur descente, Manon est entre Damien qui a pris la tête et son ami Paul, tous deux sont des  policiers, ils viennent de  lui le dire, ils sont en vacance et passent leur temps habituellement à s’occuper avec d’autres bergers des  moutons de l’oncle de Paul. Mais devant  son appel au secours ils ont décidé de la prendre sous leurs ailes. Ce qu’ils ne lui ont pas dit c’est que c’est en accord avec leur chef et que l’enjeu est de taille.

En effet une jeune touriste américaine de passage sur l’île de Beauté a été kidnappée la veille au matin et une personne a revendiqué le rapt et réclame la libération d’un homme qui a commis quelques attentats sur l’île il y a cinq ans. Et, depuis 13h la veille plus rien, un grand silence, et les autorités ne comprennent pas ce qui s’est passé. Mais depuis que Damien  leur a signalé ce que Manon a vu sur la plage, ils ont une petite idée, Manon a du contrarier leur projet en voyant toute la scène. Mais, Damien se demande  où la jeune femme peut se trouver, car si il y avait trois hommes, un a dû rester avec elle, puisqu’il en a entraperçu que deux. Ils  continuent leur descente, les voici maintenant vers la bifurcation, il n’y a personne, ils vont  pouvoir attaquer la montée, les premiers lacets sont en pente relativement douce mais au fur et à mesure cela va être de l’escalade car ils vont prendre la voie la plus directe mais la plus dure. Les deux autres sont des amateurs et jamais ils ne  les suivront. Mais Manon en est-elle capable et elle les entend lui demander si elle est une bonne marcheuse, elle aussi doit leur avouer ces origines Corses, elle hésite et préfère ne pas leur dire, mais elle peut parler de ses randonnées en montagne dans les Alpes , ils l’écoutent et décident de prendre le chemin le plus rapide mais assez difficile.

En route pour  « le Monte Rotondo », rien que ça se dit-elle mais pourquoi allez là-haut alors qu’ils pourraient redescendre en ville et elle disparaîtrait dans la foule. Ils doivent bien savoir ce qu’ils font ces deux inspecteurs, car ils ne sont pas de simples gardiens de la paix mais deux inspecteurs.

Il est déjà 7 heures du matin, quelques touristes montent jusqu’à la bergerie, ils se noient avec eux et avancent tous au même rythme. Une heure plus tard ils sont au lac et laissent la foule des touristes pour se diriger vers le sommet qui culmine à 2622 mètres d’altitude.

Ils commencent par escalader un petit obstacle nécessitant un peu d’agilité, mais ils aident tous deux Manon en lui faisant la courte échelle, et après les voici  sur un rebord étroit et en dévers et il y a au moins deux ou trois mètres.  Ils l’avertissent de faire attention car si elles dévissent elle tombe sur les aulnes en contrebas, et comme elle est censée ne pas connaître elle attend d’en savoir davantage.

Elle les entend rire et dire que si elle dévisse elle aura droit à une descente de quelques mètres et lorsqu’elle aura goûté aux aulnes touffus elle ne sera pas belle à voir car elle aura pleins d’égratignures. Paul s’en souvient, c’est au moment où elle passe à l’endroit le plus étroit qu’il lui le raconte. Manon qui a le vertige se retient de crier mais son pied fait un écart et elle disparaît aux yeux de Damien et Paul. Paul fait deux pas en arrière et se penche, Manon est accroché à la paroi, les deux pieds dans le vide mais elle sent que si ils ne font rien elle va s’écraser 4 mètre plus bas et c’est à cet instant précis qu’elle voit accroché à la paroi un foulard rose. Il ne lui appartient pas, de suite elle pense à la jeune américaine. Tous les deux s’arque boutent et parviennent à hisser la jeune femme et l’aide à franchir le passage étroit. Elle leur en veut mais il faut qu’elle leur donne le foulard.

Après leur l’avoir remis, elle sent peser sur elle la suspicion, elle parait coupable, pourtant elle n’a rien fait, mais elle a beau leur dire qu’elle l’a trouvé sur la paroi accroché aux rochers, ils n’ont pas l’air de la croire. Les derniers mètres avant le lac se passent en silence, chacun est dans ses pensées, celles de Manon sont tristes, elle se sentait bien avec Damien, il a fallu que son copain arrive pour qu’une tension palpable s’installe entre eux deux. Elle doit éviter à tout prix de se poser en coupable, elle n’a commis aucun crime, certes elle a caché un pan de sa vie mais faut dire qu’elle n’ose leur dévoiler le lien qui l’unit aux kidnappeurs. Comment réagiront-ils en l’apprenant. Elle s’est tout de même fourvoyée dans une sale histoire, mais elle n’a pas kidnappé la jeune femme.  A part avoir changé le cours des choses, elle  ne se sent pas concerné, mais elle ignore ce qui va se passer et  pour quelles raisons ils montent au sommet. Une femme a disparue et, eux font de la randonnée, c’est à n’y rien comprendre.

Lorsqu’ils atteignent le petit lac ils se trouvent à 300 mètres du refuge, Manon connait son existence mais elle sait qu’il est de la grosseur d’un mouchoir de poche, ce ne serait pas si grave, elle en rirait, seule avec Damien elle se serait rapprochée de lui, mais il y a Paul et  ce n’est pas le moment pour commencer une histoire d’amour. La nuit dernière elle avait tant espéré qu’il la rejoigne dans son lit, mais elle pense qu’en plus des herbes, il avait dû la droguer, jamais des plantes avaient eu raison d’elle jusqu’à présent et pourtant sa grand-mère en connaissait énormément. Elle en est là de ses réflexions quand elle les entend lui demander :

–          On ne sait rien de vous, vous nous semblez secrète, vous faîtes quoi dans la vie ?

Elle ne s’attendait pas à cette attaque en règle, c’est bien des « flics » pense-t-elle en son for intérieur. Quelques secondes lui suffisent pour reprendre son masque, ne pas se laisser désarçonner par ces deux hommes, tout policier qu’ils sont.

Au moment où elle va pour leur répondre, un chien déboule du sentier et se jette sur Damien en le léchant. Il se relève et se tourne vers le fond du lac. Il y a un détachement de gendarmerie, peloton de haute montagne. Ils arrivent vers eux. Quand Manon les voit, elle devient toute pâle et s’évanouie.

Pour les descriptions et noms, merci à :

http://paglia.orba.free.fr/gr/gr1.htm#rotondo

Pour les deux photos merci à :

 

http://www.altituderando.com/Le-Monte-Rotondo-2622m

 

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EvaJoe

Nuit d'orage!

Sous la poussée du vent. Manon a juste le temps de voir Damien son sauveur, ligoté à même le sol, un bâillon sur la bouche, et, un homme de dos, se précipitant pour refermer la porte. Elle se recroqueville tant qu’elle peut dans son châlit, mais elle aperçoit un autre homme allongé sur un lit de fortune. Elle l’entend jurer le premier et pendant qu’il s’affaire à s’arque bouter  sur la porte pour la maintenir fermer, elle suit le regard de son sauveteur qui lui intime l’ordre de se glisser dans sa propre couchette, pensant avoir bien compris elle se glisse à l’intérieur de son duvet et se cache à l’abri des regards. . Alors qu’elle bouge doucement vers le fond elle sent sous sa main un objet métallique froid, elle tremble de tous ses membres, elle a l’impression que c’est une arme. A qui appartient ce revolver pense-t-elle intérieurement. Sûrement pas à ces hommes sinon que ferait-il dans le duvet de Damien, et si c’est à lui pourquoi s’en est-il pas servis contre eux deux.

Elle songe que la scène a dû se dérouler il y a peu et que c’est sûrement ce qu’il a poussé à se lever. Maintenant elle réfléchit et avant le coup de tonnerre fracassant elle avait entendu les premiers jurons mais à moitié endormis où droguer elle n’en n’avait pas compris le sens.

L’homme endormis sur le lit  de camp sur le sol se réveille et grogne et demande à l’autre s’il a trouvé cette femme qui les observait. Devant sa négation, il décide d’en finir lui-même en pointant une lampe torche sur les lits non visités, mais à sa grande déception il n’y a pas âme qui vive.

Aussi le voici vers Damien et sans ménagement il lui ôte son bâillon et le secouant lui demande  où est passé la nana avec qui il était l’après-midi. Manon l’entend lui répondre. Au lieu de m’assommer vous auriez mieux fait de commencer par me le demander et vous n’auriez pas perdu du temps à la chercher. Elle m’a dit devoir  quitter l’île et repartir au premier bateau sur le continent.    Les deux hommes semblent décontenancés et n’ont pas l’air de le croire.         

Peu à peu l’orage se calme, la pluie aussi s’arrête, il est près de trois heures  du matin, le premier bateau va bientôt quitter l’île, pourquoi Damien ne leur dis rien

Le plus âgé pose la question tant attendue. A quelle heure ce bateau quitte l’île et surtout cette femme ne vous plaisait pas que vous l’avez laissé partir, vous n’avez pas son adresse, les questions fusent. Damien n’a même pas le temps d’en placer une. Maintenant les deux hommes ne se gênent pas pour le frapper. La peur fait claquer des dents à la belle rousse, elle va se faire repérer c’est sûr et quand à Damien il va la dénoncer, elle en est certaine. Mais il leur répond, ce n’était qu’une passade, des filles j’en ai autant que j’en veux. Les deux hommes ricanent bêtement et ne se préoccupent plus de lui. Ils font rapidement leur sac et réitère leur demande où plutôt aboie, alors à quelle heure le premier départ. Damien réfléchit rapidement et en calculant le temps qu’il va mettre avec Manon pour  quitter le refuge, il leur dit embarquement à 5h et départ une heure après, vous avez le temps de redescendre et d’être à l’embarquement Dès qu’ils ont franchis la porte, Damien appelle Manon et lui demande de prendre un couteau dans le tiroir du buffet et de couper ses liens. Mais elle a tellement peur qu’elle ne lui répond pas et il lui faut user de tous les subterfuges pour qu’elle accepte de venir vers lui.

D’une main tremblante elle lui coupe ses liens et se jette dans ses bras en sanglotant et en lui demandant pardon. Le temps n’est pas au larmoiement, il nous faut quitter au plus vite le refuge ils vont vite comprendre que je me suis moqué d’eux. Mais vous ne perdez rien pour attendre, en chemin vous allez tout me raconter. Leurs sacs sont rapidement fait, leurs vêtements secs sur le dos ils partent, direction les alpages mais il leur faut avant tout suivre leur poursuivant avant de prendre le chemin pour le lac depuis la bergerie de Grotelle et nous nous noierons au milieu des touristes. Mais  au moment de s’en aller Damien lui dit attendez moi, j’ai oublié mon duvet, il voit dans les yeux verts un éclair de panique. Tout en retournant dans le chalet il pense que Manon a découvert son révolver, il va falloir que tous les deux soient honnête l’un envers l’autre.

 

(Photo du Lac de Melo) à voir ici

 

Il la rejoint rapidement, et les voilà en route vers la bifurcation de la veille, la lune éclaire leur lente descente, il lui a recommandé de faire attention où elle poserait ses pieds, à la fois pour éviter d’être entendu mais aussi pour son salut personnel. Autant la montée est rude, autant la descente est vertigineuse et dangereuse. Tous deux descendent mais n’échangent aucune parole, chacun est attentif à la descente.

Soudain un bruit de voix les fait sursauter, ce sont les deux hommes ils en sont persuadés tous les deux. Il leur faut s’arrêter et attendre leur départ. Bientôt il fera jour et ils seront tous à découvert, les deux hommes comme Manon et Damien, il va falloir redoubler de prudence et éviter de se jeter dans la gueule du loup. Un accident en montagne est vite arrivé…

Ils sont allé trop vite, car les deux hommes  sont à peine à 300 mètres, heureusement que le chemin fait une large boucle et que le jour n’est pas encore levé, car ils auraient pu leur tomber dessus sans crier gare ! Enfin les voilà qui repartent, Manon a décidé d’expliquer ce qu’elle a vue, car après tout quand ils seront sur le chemin de la crique eux partiront sur les chemins de transhumance et normalement ils ne devraient plus jamais se revoir, sauf si le sort en a décidé autrement pense Damien, mais il ne lui dit rien.

Damien accepte d’écouter  son récit et voici ce qu’il apprend.

 Alors qu’elle se baignait dans la petite crique où il l’avait laissé, deux hommes ceux qui sont devant eux, accompagnés d’un troisième avaient fait irruption, ils portaient un paquet allongé qu’ils avaient laissé choir sur la plage d’un mouvement assez brusque. Manon les observait au travers de ses lunettes fumées, assez intriguée par leur paquet, qui n’était ni une planche à voile ni un zodiac, mais qui à ses yeux et au moment lui faisait penser à un « remake » d’Hitchcock, une femme est franchement dans ce colis s’était-elle dit en son for intérieur. Puis, elle en avait ri jusqu’à ce qu’elle entende des cris.  Brusquement elle s’était soulevée sur les coudes pour regarder au loin ce qui se passait, un des hommes était penché sur le colis, et, à coup de pieds il y tapait dessus et c’est à ce moment-là qu’elle a entendu l’appel au secours. Un peu éberlué et cherchant d’où pouvait venir cet appel elle avait eu le malheur de se redresser et avait attiré l’attention sur elle. Un des hommes lui avait dit de s’en aller et de se dépêcher  de quitter la plage. Elle avait ramassé ses affaires à la hâte et commencé à gravir le chemin escarpé, puis s’étant accroupis, elle s’était dissimulé dans une anfractuosité du rocher et avait attendu la suite des évènements.

Le plus vieux des trois la suivait à la jumelle, mais il ne  le  pourrait pas longtemps car le chemin bifurquait pour s’élever dans des bosquets et la forêt, mais sur le promontoire où la veille ils avaient échangés un baiser, elle pouvait voir sans être vue.  

Damien a hâte de savoir et il la pousse à ce qu’elle continue rapidement son récit. Femme ou pas femme dépêchez-vous de me le dire.

Oui, c’était une femme, car dès que j’ai pris la poudre d’escampette ils ont dénoué leur paquet et une femme à la chevelure blonde en a été sortie. Elle avait les mains attachées dans le dos, mais continuait de crier. Damien a ses mots piquent une colère énorme, et lui demande pour quelles raisons elle n’a pas avertie les autorités. Et elle apprend qu’en ce moment il y a une battue sur l’île pour retrouver une touriste Américaine qui a été kidnappé. Fébrilement il cherche son portable et appelle :

–          C’est moi dit-il à son interlocuteur invisible. Tu peux en savoir davantage en allant cueillir au départ du ferry, deux hommes, il donne un signalement précis.

 Mais à ce moment-là la ligne est coupée et sans ménagement demande à Manon son propre portable, elle hésite et lui le passe rapidement en voyant le regard courroucé que Damien lui adresse. Il continue sa conversation  et elle entend lui dire, oui j’ai à côté de moi une jeune femme qui en sait long à ce sujet. Manon devient pâle et à nouveau la peur s’empare d’elle et la voilà qui court dans la descente. Désarçonné, Damien la suis et voilà qu’elle trébuche et emportée par sa précipitation s’affale de tout son long aux pieds. …….

 

 

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EvaJoe 

Le refuge

Brutalement elle le repousse et lui assène une gifle magistrale en lui disant de ne pas s’occuper d’elle et qu’il ferait mieux d’aller voir ses moutons. Il pense en lui-même, elle me prend pour un rustre et bien je ne vais pas la décevoir. 

Il l’empoigne  et la renverse sur le promontoire  et il glisse ses mains sous son chemisier, elle ne le repousse pas, au contraire elle prend même du plaisir, il sourit mais instantanément s’arrête en voyant ses yeux exorbités. En la renversant il n’imaginait pas ce qui allait se passer. En effet il était tellement absorbé à la caresser qu’il n’a pas vu venir les deux hommes qui observaient leur montée à lui et à et sa douce proie.  Ils sont à une encablure du rocher et à peine dissimulés. La jolie femme qu’il a dans ses bras est tétanisée par la peur, elle a un hoquet et va  pour hurler, il lui met la main sur la bouche en lui intimant l’ordre de se taire. Il se plaque le plus prêt possible d’elle jusqu’à que son corps la recouvre entièrement, elle ne dit mot et attend.

Les deux hommes ricanent en passant à côté d’eux. Ils les prennent pour deux amoureux faisant leurs petites affaires en pleine montagne. Cela leur parait tout de même étranges mais ils avancent et ne se retournent pas. C’est à son tour de les voir en contrebas, il a l’impression que tout danger est écarté, il se fait plus pressant, tout en l’embrassant,  elle ne le repousse pas, la peur l’a anéantit, mais il ne veut profiter d’elle, il n’est tout de même pas rustre à ce  point. Et puis cet endroit est des plus dangereux. Il le connait bien. C’est un ancien chemin de contrebandiers. 

En lui tendant la main pour qu’elle se relève il voit sur son visage les traces de ses larmes. Absorbé par son désir il ne s’en était même pas rendu compte, il pensait qu’elle était émue d’être dans ses bras. Cette femme est une véritable énigme, si elle lui a dit trois mots c’est juste j’ai peur! 

Va-t-elle lui révéler qui sont ces deux hommes et de quoi est-elle menacée?  La prenant par la main, il l’invite à continuer leur ascension,  plus haut il connait un refuge , qui sert aux bergers, ils s’y arrêteront, il faut connaître le coin pour le trouver, et il lui assure qu’ils y seront tranquilles. Sur son visage un sourire, pour lui c’est un grand pas de fait, elle accepte de le suivre et se sent en confiance, à lui de ne pas la décevoir. Les derniers lacets sont rudes il leur faut plus d’une heure avant d’atteindre le sommet. En chemin, elle s’est retourné deux ou trois fois, puis en haut une pierre s’est descellée et là elle s’est jetée dans ses bras pensant que les deux hommes l’attendaient. Il lui fait comprendre que le seul chemin pour atteindre le sommet c’est celui qu’ils ont emprunté, après il y en a un autre qui va vers les alpages, mais eux vont bifurquer et redescendre sur l’autre versant  et le refuge se trouve sur l’éperon rocher qui leur fait face. Il y en a encore pour une heure lui dit-il, tout en lui demandant si elle n’est pas fatiguée.

Pour la première fois il entend sa voix, elle est douce et mélodieuse, il apprend qu’elle est en vacance dans la région mais  quand il veut en savoir davantage, elle se ferme comme une huître.

Ils effectuent la descente rapidement, en se méfiant des éboulis et après s’être restauré, ils attaquent la montée, il faut faire vite le ciel est menaçant, l’orage va leur arriver dessus en deux temps trois mouvements. Les premières gouttes glacées  les surprennent,  il leur faut accélérer le pas et il la sent très fatiguée, il lui prend son sac et l’encourage le plus possible.

Enfin il voit la cabane, il était temps un déluge s’abat sur eux. Leurs vêtements sont trempés,il la pousse à se dévêtir, à nouveau la peur sur son visage, il la laisse un moment et passe dans l’autre pièce en lui tendant une couverture. Pendant ce temps il allume le vieux  poêle et au-dessus il suspend leurs vêtements.

Dans un vieux buffet de bois il prend deux bols,elle s’aperçoit qu’il est à l’aise et sait où se trouve chaque objet. De sa gourde il  verse de l’eau dans une petite casserole et la fait chauffer sur son camping gaz. Il plonge des herbes tirées de son sac, du sucre et mélange le tout. Il lui dit  ce sont des herbes qui vont ôter la fatigue, vous allez dormir et moi je vous veillerais. Elle ne lui dit rien mais elle sait qu’elle ne pourra pas dormir.

Elle ne le connait pas, mais il n’a pas l’air de lui vouloir du mal, mais faut-il tout lui dire et surtout il ne faut pas qu’elle accuse si ce qu’elle a vue n’était qu’une farce, pourtant cette femme qui criait elle avait peur, elle en est certaine et puis ces hommes pourquoi sont-ils revenu si il ne c’est rien passé. Elle en est là de ses réflexions quand son sauveur arrive avec deux bols fumant, une douce odeur s’en dégage, en le buvant, Manon, oui c’est son prénom trouve ce breuvage délicieux.

Quand elle se réveille la montagne est bleue où violette selon où les éclairs se trouvent, tout est  illuminé comme en plein jour et pourtant il n’est que deux heures du matin. Où se trouve son sauveur, elle est seule, elle panique complètement, soudain  la porte s’ouvre.

 

 

 

 

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 EvaJoe

 

Photo d’un refuge en Corse (où j’ai situé cette histoire) lien vers le site

Rebondissement

 

 

Il n’avait pas fait six pas qu’il ressentait le besoin impérieux de la rejoindre, mais il ne voulait pas passer pour un harceleur, mais d’un autre côté cette femme avait une aura qui lui donnait une prestance comme jamais il n’avait connu auparavant.

S’il la laissait, elle risquait de s’en aller et comment pourrait-il la retrouver? Mais d’un autre côté il avait des obligations envers son patron. Il ne  pouvait pas abandonner  ses moutons. Avant tout téléphoner à son frère, il prendra le relais et lui …

A ce moment-là il entend un bruit de pas, quelqu’un monte sur le sentier escarpé. Qui cela peut-il être? Vite, en deux temps trois mouvements il escalade le promontoire rocheux qui surplombe la petite crique et se cache dans un endroit pas très connu des vacanciers. De là il observera sans être vu. Le pas entendu est un pas de montagnard, il va pour s’avancer quand il aperçoit une chevelure rousse coiffée d’un chapeau vert, sortis tout droit d’un magasin de mode.

Stupéfait il voit passer sous ses yeux son inconnue de la plage, habillée telle une montagnarde hormis ce petit chapeau de paille vert. Elle a même des chaussures de randonnée ce qui force l’admiration car il s’attendait à la voir en baskets comme beaucoup de touristes. Dès qu’elle l’a dépassé sans le voir il en est certain, il lui emboîte le pas, tout en se gardant bien de se faire remarquer. Mais au fil de la montée, il sait que plus haut la végétation va se faire rare et ils seront tous les deux à découvert, de plus elle va sûrement s’arrêter soit pour boire, soit pour prendre des photos, il y a de magnifiques points de vue en montant. Que faire? La rejoindre, discuter, faire le chemin ensemble. Mais il ignore totalement où elle va. Il en est  là de sa réflexion lorsqu’il voit briller au loin une lumière des  plus brillantes.

Il prend ses jumelles pour regarder ce phénomène et s’aperçoit qu’il est où qu’ils sont observés par au moins deux hommes.  Décidément cette journée est pleine de rebondissement.

Lui, ne se sent pas en danger où l’enjeu de quoi que ce soit, aussi il ramène sa pensée sur cette femme. Qui est-elle et que font ces hommes là-haut. Il est certain qu’ils l’attendent, mais pour quelle raison? Alors que faire, l’avertir.

Affronter un seul homme c’est possible mais deux et avec cette femme entre eux, alors n’écoutant que son courage, il grimpe de plus en plus vite et en se méfiant de ne pas tomber afin de rattraper la jeune femme. Il y a une jolie vue et sa belle inconnue s’est arrêtée, de le voir elle en tombe sa pomme aussi verte que son chapeau.

Elle attend une explication, mais lui, brutalement se sent encore plus minable que sur la plage, elle va lui rire au nez il a dû se faire un vrai cinéma avec ces  hommes qui devaient plutôt observer la mer. Mais dans son regard à sa belle rousse passe comme une frayeur qu’elle n’a pas réussis à dissimuler sous ses longs cils recourbés.

Il ne s’est donc pas trompé, elle court un danger. Mais lequel?  N’écoutant que son cœur il l’enlace et l’embrasse comme un fou.

 

 

Une histoire sans fin…

 

EvaJoe

 

 

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L'envers du décors…

Plus il s’éloignait de la plage, plus il avait envie d’y retourner, mais là haut du travail l’attendait. Deux mille moutons qu’il avait abandonné pour cette belle rousse. Ses yeux verts le hantaient, sa peau blanche et laiteuse, ce corps parfait, lui qui ne côtoyait que des bêtes depuis plus d’un mois , se sentait frustré de n’avoir pu prendre ce qu’elle lui offrait si gentiment.

Mais ce n’était pas  la passion qui l’animait tout au plus un besoin viscéral de posséder cette femme. Une envie fugace et demain il l’aurait oublié. Ainsi il en était avec les femmes depuis des années, et celle là comme les autres ne valaient pas mieux, il en était certain.

Tout en montant le chemin escarpé il la revoit, son visage est gravé à tout jamais en lui. La douceur de sa peau, sa main dans la sienne et, pourtant pas un son n’est sortis de sa bouche, il ne connait même pas son rire, ni ses larmes. Il en est là de ses réflexions lorsqu’il entend un bruit insolite. Ce sont des éboulis de rochers, les pierres le frôlent, une l’atteint à la tempe, il s’effondre. Puis tout devient jaune orangé et noir. Il sombre et se voit descendre, tourner, rien ne peut l’arrêter il va se tuer.

Combien d’heures ou minutes se sont écoulé, il ne saurait le dire. Quand enfin il ouvre les yeux, c’est pour voir une bouche fraise et un regard anxieux posé sur lui. Sa naïade est là, elle serait donc venue à son secours. Elle  a  posé sur sa bosse un foulard imbibé d’eau fraîche. Elle ne dit rien elle le contemple seulement, elle passe délicatement ses doigts dans ses cheveux coupés courts, s’approche le plus prêt possible et pose sa bouche sur ses lèvres. Lui, comme un grand bêta est tétanisé et ne sait si il doit répondre à ce baiser. Son coeur bat la chamade, sa tête est douloureuse mais tous ses sens sont en éveils, et brusquement il prend cette bouche entrouverte et offerte et la dévore.

 

En voyant la chute de ses reins, il sait que déjà elle s’éloigne, il voudrait la faire sienne mais ne sait comment l’aborder. Il a sentis sur son torse nu ses seins pointus, il sait qu’elle le désire mais se veut lointaine. Et, lui se sent gauche devant cette femme ,alors comme il y a quelques heures il part.

 

Histoire sans  fin….

 

EvaJoe 

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