Shana face à un choix 19

Le crépuscule teintait la pièce d’une lumière douce mais lourde de secrets. Thomas regarda Shana, cherchant à trouver les mots justes pour lui faire comprendre l’ampleur de la tempête qui approchait.

— Shana, il faut que tu comprennes qui sont vraiment ces enfants. Ce n’est pas juste une mission, c’est notre famille, et c’est lourd.

Elle l’écoutait, silencieuse.

— Asnan… c’est le fils de Samir et d’une femme Titou. Samir, tu sais, ce type qui a agressé Myriam. Mais ce que tu ignores peut-être, c’est qu’il battait Edith. Elle est allée plusieurs fois à l’hôpital de Dakar. C’est pour ça qu’elle a fui, et c’est pour ça qu’elle a enlevé le fils de cette jeune femme rebelle et de Samir, pour le protéger d’un père violent…

Samir ou Sami

En fait les deux, en France il se fait appeler Sami et c’est plus facile pour falsifier des papiers entre les deux pères biologiques Sali d’un côté, Sami de l’autre.

Shana baissa les yeux, la douleur visible.

— Et Malian ?

Thomas inspira profondément.

— Malian est le fils d’Edith et de Sali, l’ancien président exilé.
— Sali, l’amant secret de ta sœur.
— Les Titous l’ont kidnappé. Malian doit subir une greffe spéciale, c’est urgent. C’est une question de vie ou de mort.

Il posa doucement sa main sur celle de Shana.

— Edith est revenue en France avec Asnan, le fils de Samir, pour négocier la libération de son propre enfant. Elle s’est mise en danger. Elle a été attaquée. Maintenant, c’est à nous de la sauver — et de sauver ces enfants.

Shana releva les yeux, la colère mêlée à la tristesse.

— Alors on va récupérer Malian, ramener Edith, et mettre fin à ce cauchemar.

Thomas hocha la tête. Puis il se lève, serre son unique amour et lui murmure « Je t’aime ma douce, mon cœur, lorsque ce cauchemar sera fini nous partirons faire le tour du monde. »

Tu laisseras tes compagnons d’armes…

Oui pour un an, nous en reparlerons. Promis je reviendrais…

Le crépuscule tombait sur le village isolé des Titous, quelque part dans la savane hostile du nord du Mali. Le vent soufflait doucement, soulevant des nuages de poussière rouge, tandis que le soleil disparaissait derrière l’horizon.

Le silence était lourd, seulement troublé par le bruit lointain d’un feu de camp, et les murmures de gardes dispersés.Thomas, en tenue légère adaptée au climat, regardait son équipe qui se fondait dans l’ombre des bâtiments en pisé. Aucun signal, aucune erreur ne serait permise.

— Pas d’arme dégainée, pas de panique. On est là pour un échange. Calme, précision, diplomatie, murmura-t-il dans son micro.

À quelques mètres, des silhouettes titubantes se découpaient devant une petite case où était retenu Malian, l’enfant de 15 mois. Un homme imposant, chef auto-proclamé des Titous, s’avançait, escorté par deux gardes armés, qui tenaient l’enfant contre eux.

Azaan dormait, inconscient du drame qui se jouait pour lui. Thomas fit signe. Deux hommes du GIGN s’avancèrent, portant le bébé français, Azaan, dans une nacelle sécurisée, enveloppé d’une couverture légère. Le chef Titou observa, méfiant, les soldats étrangers.

— Nous savons pourquoi vous êtes là, lança Thomas, la voix calme mais ferme.— Ce bébé, Azaan, est la clé. Nous sommes prêts à le remettre en échange de Malian. Sans violence, sans effusion de sang. Pour la survie de cet enfant, et la paix. Un silence tendu s’installa. Puis le chef Titou hocha lentement la tête. L’échange fut lent, minutieux. Le bébé kidnappé remis dans les bras de Thomas, c’est ce su’exigeaut le chef de la Tribu. Le bébé de Samir et de la jeune femme de la tribu fut remis aux Titous. Pas un seul coup de feu.Pas un geste brusque.Juste l’art du GIGN : maîtrise, respect, et sang-froid.Alors que l’équipe repartait, la nuit tombait totalement, emportant avec elle le fragile espoir d’un avenir un peu plus sûr.

A suivre…

Copyright Juillet 2025

Shana face à un choix 18

Lumière blafarde. Edith est allongée sur un lit médicalisé, une perfusion au bras. Ses paupières battent lentement. Elle respire difficilement. Edith est paralysée de la tête aux pieds .

Les médecins ont dit à Thomas que son pronostic vital était engagé. Il n’y a pas un seul moment à perdre, il leur faut retrouver un enfant ou peut-être deux.

Un monitoring capte son rythme cardiaque.Thomas entre seul. Il ferme la porte derrière lui. Il pose doucement une tablette sur la table. Dessus : les photos de la clinique de Bamako, le dossier de naissance falsifié, la photo du nourrisson et le code diplomatique.

Thomas (voix basse) : »Je sais que tu m’entends, Edith. Le médecin dit que t’es consciente. Et moi… j’peux pas me permettre d’attendre que t’ailles mieux. »

Il s’assied. Regarde les capteurs. Un léger pic du rythme cardiaque apparaît. Signe qu’Edith comprend.

Thomas : »Ce n’est pas ton fils, celui qu’on a récupéré à la gendarmerie. C’est l’enfant de Samir et d’une autre. Tu le sais, pas vrai ? Et son père ne veut pas qu’il serve de monnaie d’échange pour récupérer celui de ton amant. Qui est ce Sali ? Le savais-tu ?

Pause. Pas de mouvement. Mais le rythme cardiaque monte légèrement.

Thomas (posant la photo sur sa poitrine) : »Ton fils est resté là-bas. Chez les Titous ? L’as-tu caché ? Tu l’as troqué… ou tu l’as perdu ? Il se lève. Marche lentement autour du lit.

Thomas : »Tu t’es tue pendant trop longtemps. Mais ce que t’as fait, ça veut pas forcément dire que t’es une criminelle. T’as essayé de sauver quelqu’un. Ça… je peux le comprendre. Il s’approche, s’accroupit au niveau de son visage.

Thomas (calme) : »Mais maintenant, dis-moi comment te comprendre… sans que tu puisses parler ? Un battement de paupière. Peut-être une larme. Le monitoring s’agite. Thomas sort un feutre et une ardoise, la pose dans son champ de vision.

Thomas (doucement) : »On va y aller lettre par lettre. Cligne une fois si c’est A. Deux fois si c’est B. Et ainsi de suite. Je suis patient. »

Thomas commence, l’interrogatoire muet va durer plusieurs heures. Mais toute son équipe connait sa patience légendaire.

Thomas est resté toute la nuit. Le silence n’a été troublé que par les bips du moniteur cardiaque.Sur une tablette posée sur un chevalet : un tableau alphabétique. À côté, une feuille où des lettres sont lentement notées.

Léna entre discrètement, un thermos à la main.

Léna : Toujours rien de complet ?

Thomas ne tourne même pas la tête.

Thomas : »Elle communique. Une lettre à la fois. Mais faut pas se rater… La fatigue l’empêche de recommencer si on va trop vite. »Il montre la feuille. Les lettres déjà reçues :

S – A – L – I>

Thomas : »On a son nom. Sali. Mais ce n’est pas ce qu’elle voulait dire. On a continué. »Il trace d’autres lettres sous la première série :

S – A – L – I/ F – I – L – S

Un frisson passe.

Léna : »Sali… fils… Ce sont les deux clés. »

Thomas (bas) : »Pas le fils de Sali. Leur fils. À eux deux.

Léna : oui cela correspond, le bébé est né de ce Sali et d’Edith, cette dernière était marié à Sami, homme violent qui la battait, l’humiliait. Lorsque son bébé est né , son père Sali était à son chevet lorsque Sami l’a vu derrière la vitre de la pièce pour les prématurés. Il a dû comprendre que l’enfant n’était pas de lui. Il a magouillé pour enlever l’enfant de ce Sali et le remplacer par un enfant légèrement plus âgé d’un mois qu’il avait eu avec une fille Titou. Il était métis, Edith avait eu une césarienne, elle ne se souviendrait pas comment était son propre enfant. Mais ce qu’ignorait Sami c’est que le haut dignitaire avait prévu de faire partir Edith en France afin que son fils soit opérer de la maladie dont il souffrait lui-même. Cette opération doit se faire vers le dix-huitième mois. Or le petit a quinze mois. Et les Titous refusent de le donner. Sauf si Sami récupère le leur, le bébé qu’à ramené Edith.

Thomas : Tu seras une excellente enquêtrice. Tu as trouvé ce que Léonard n’a pas été fichu de comprendre.

Leonard pense avec autres choses que sa tête mon Commandant.

Thomas après cette nuit longue et pleine de tensions s’esclaffe. Léna comprend tout. Mais impossible d’en savoir davantage. Une sonnerie se fait entendre, Edith est en détresse respiratoire.

Les médecins les font sortir. Plusieurs heures plus tard, ils apprennent qu’Edith est dans le coma. Shana qui voulait venir la voir va être désespéré en l’apprenant.

A suivre…

Copyright Juillet 2025

Shana face à un choix 17

✈️ Transition vers Bamako – même jour, 23h55

Un petit avion militaire affrété par la coopération franco-malienne se pose sur la piste latérale de l’aéroport. Thomas a envoyé un duo de confiance, accompagné de Léonard. Mission : fouiller discrètement la clinique, récupérer des fichiers, vérifier s’il y a d’autres enfants “effacés”.Trouvez qui est cet enfant…

Le bureau est modeste, mais climatisé. Des diplômes trônent au mur, des photos avec des ONG européennes. Le Dr Boubakar, la soixantaine, affable, masque toute rigidité derrière une politesse lourde.

Dr Boubakar (souriant) : Messieurs-dames, que puis-je faire pour vous ? Je ne refuse jamais l’aide à mes collègues de Dakar… surtout quand ça vient du Capitaine Diallo.

Léna (d’un ton doux) : Nous menons une vérification administrative discrète. Un acte de naissance mal enregistré, qui pourrait provenir de votre établissement. Un nourrisson, il y a environ 15 mois.Elle tend une copie du faux acte et une photo du bébé.

Boubakar les regarde, puis sourit encore… mais son regard change.

Dr Boubakar : Ce bébé n’est jamais né ici.

Léonard : Vous êtes sûr ? Son dossier est lié à une fausse déclaration sénégalaise, mais il pourrait venir d’ici.

Dr Boubakar (coupant) : Capitaine, je suis médecin, pas greffier.Nos archives sont à jour. Et je ne vois pas l’intérêt d’ouvrir les dossiers de patients pour un enfant qui n’a jamais mis les pieds dans cette clinique.

Léna, promue officier du renseignement grâce à Thomas ne se fourvoie pas et dit d’une voix ferme mais polie : Vous refusez l’accès aux archives ?

Boubakar (ferme) : Sans mandat officiel d’un juge malien, oui. Il se lève, leur tend la main.

Léonard et Léna : Au revoir Docteur

Boubakar : Je suis désolé. Je vous souhaite bon courage. Mais je ne peux pas vous aider davantage.

C’est une fin de non recevoir. Qu’à cela ne tienne, ils viendront de nuit. Léna étant inexpérimentée restera à l’ambassade. Il est inutile d’être trop nombreux. Léonard a été envoyé par Paris, c’est un soldat Sous officier chargé au Mali des écoutes secrètes. Côté discrétion Thomas s’en porte garant à 1000/100. Il a récupéré une infirmière avec qui il a eu une aventure. Mais Léna envoie un sms discret à Thomas et Léonard reçoit un ordre. Il est obligé d’emmener Léna. Il.la regarde mais ne dit mot.

L’infirmière, jeune femme visiblement inquiète, a laissé une porte arrière entrouverte. Léonard désactive temporairement le système de surveillance rudimentaire.

Dans le sous-sol, un bureau d’archives à moitié numérique, à moitié papier. Fichiers dans des boîtes métalliques, index Excel sur un vieil ordinateur.

Léonard : Cherche les entrées entre mars et mai l’année dernière. Prénoms masculins. Naissance sans suivi médical complet. Bingo. Regarde celui-ci :
“Naissance non enregistrée

Infirmière et Léna : L’enfant est né ici. Mais il a été “sorti” sans être déclaré.

Léonard : Et regarde la note manuscrite :
“Patient transféré à la demande du contact/ Afrique via Europe, nom de code ALPHA-21.”

Léna : Qu’est-ce que c’est, ça, ALPHA-21 ?

Léonard (zoomant sur le fichier numérique) : Une mention codée dans un tableau, lié à l’aide médicale étrangère.
Mais ce n’est ni l’Union Européenne, ni une ONG. Peut-être que c’est le nom d’un hôpital mais en langage codé. J’envoie le tout à Thomas il en fera bon usage.

-Dans quelle filière ce petit garçon a été mis ?

Léonard ne lui répond pas, il n’est même plus dans la piece. Léna entend un bruit de clef, étonnée elle avance vers la porte vitrée, et là oh stupeur elle voit l’agent de Thomas trousser la jeune infirmière, et la prendre comme un cavalier en rut, elle recule et s’éloigne, ne sachant que faire, elle continue de fouiller les papiers. Soudain elle aperçoit une photo d’une jeune femme blanche, elle compare avec le jeu de photos que lui a remis Thomas. Elle comprend rapidement qu’Edith est toujours mêlé à la disparition d’un des enfants. Elle tient dans ses bras un joli petit bébé métis. Qu’est devenu cet enfant ?

Leonard revient, il réajuste sa chemise dans son pantalon et dit à Léna :

— La curiosité est un vilain défaut, mais comme Thomas m’a vanté vos mérites je ne lui dirais rien.

— Et moi il m’a dit que vous étiez un chaud lapin, mais que cette mission était de la plus haute importance et que si vous portiez une seule main à un seul corps de femmes je devais vous signaler. Ce que je ferais en rentrant.

Je me retournais rapidement, le rire me gagnant devant la figure blême de Monsieur Léonard. J’y étais allée en force, le Commandant Thomas ne m’ayant fait aucune allusion à ce drôle de personnage.

Toutefois je suis bien obligée de lui montrer ma découverte. D’une part la photo d’Edith avec un bébé métis appelé X, car pour l’instant nous ignorons son âge, son prénom et éventuellement de qui il est l’enfant.

— Capitaine ou est passé Assia ?

Ce dernier semble assez ennuyé.

—Elle avait tellement peur qu’elle est partie.

— Après votre petite sauterie…

Le rire me saisit, j’hoquete en voyant la tête du Capitaine. Il est cramoisi. Je le laisse méditer mes paroles et m’éloigne, je viens d’entendre chuchoter, je pense que nous ne sommes plus seuls. Est-ce qu’Assia nous aurait vendu ? Je n’ai pas le temps de réfléchir, Léonard entends des pas dans le couloir.

J’ai juste le temps de déverrouiller un tiroir rouillé. Des chemises médicales. Aucune nomenclature claire. J’en ouvre une au hasard.

Léna (lisant) : “Naissance exceptionnelle – autorisation familiale signée par Sali D.”

Léonard l’interrompt il est pâle comme un mort : Je sais qui est Sali D c’est du lourd.

Léna : Qui est-ce ?

Léonard : Lis la suite

Léna : “Échange de nourrisson validé en urgence – statut diplomatique à respecter”…

Leonard : Diplomatique,… Mon œil …

….Nom du père biologique : non transcrit, nom de la mère Edith. / Nom du père symbolique utilisé : Sami K.

Sami et Edith sont les parents de substitution du bébé qui se trouve en France. Et l’enfant d’Edith et Sali est où ? Et qui est ce bébé, pourquoi Sami veut le récupérer.

Venez Léna, nous allons nous faire prendre.

Mais les papiers

J’ai tout photographié, laissons-les . Personne ne sera ennuyé.

Il.me donne la main, nous courrons. Ouf nous voici à l’extérieur. Assia est là. Nous repartons. Je ne sais toujours pas qui est ce Sali. Le saurais-je un jour ?

A suivre…

Copyright Juillet 2025

Shana face à un choix 16-1

Parallèlement à ce qu’il se passe en Afrique, Thomas décide de convoquer Edith. La voici accompagner par Youcef qui est allé la cueillir à la caserne, puis emmené à la caserne de Melun, lieu tranquille et moins connu de ceux qui rôdaient ces jours derniers.

Édith semble enfin prête. Les traits tirés, le regard fixe.

Thomas (calme, posé) : Ce que vous ne dites pas nous empêche d’agir.
Le bébé… c’est vous qui l’avez sorti du pays ?

Elle hésite. Le vent agite les stores. Elle baisse les yeux. Puis relève la tête, décidée :

Édith (voix cassée) : Il y a un homme… Je l’ai vu. À Dakar.
C’est lui qui m’a dit que l’enfant n’était pas—

CRAC.

Un craquement sec, presque un cliquetis métallique. Thomas tourne la tête. Rien. Puis :

— Thud.

Édith s’écroule en avant, sa tête heurte la table. Son bras glisse. Un gémissement. Youcef bondit.

Thomas : Édith ?!

Youcef (déjà près d’elle) : Attends… ne la bouge pas !

Il se penche sur la tête de la jeune femme et aperçoit, à la base du cou, une petite aiguille noire. Plantée à moitié sous la peau. Presque invisible.

Youcef (blême) : Merde…
Ça… ça ressemble à du curare.
On la touche, elle meurt.

Thomas (sec) : Tu confirmes ?

Youcef : C’est un dérivé. Par un gars très précis. C’est pas injecté à la seringue… c’est soufflé. Une aiguille propulsée à haute vitesse.
Il faut appeler le SAMU sans la déplacer d’un millimètre.

Thomas ferme aussitôt la fenêtre. Il regarde dehors. Personne.

Thomas (dans le talkie) : Alerte rouge. Médical d’urgence en salle 2. Ne touchez pas la victime. Blocage complet du périmètre.
Tireur embusqué ou infiltration silencieuse.

Un silence lourd s’abat. Édith respire encore, faiblement. Ses lèvres frémissent, bleuissent.

Youcef (à voix basse) : Elle allait parler.
Quelqu’un voulait que ça s’arrête là. Qui a pu la suivre ? Aurait-elle un micro sur elle ? Youcef termine par des gestes compris de Thomas. S’ils sont sur écoute, ils ne vont pas leur donner des indices précieux.

Le médecin militaire qui entre en courant est une femme, elle est précise et rapide. Elle inspecte le cou d’Édith avec une lampe fine.

Médecin : Aiguille creuse. Très fine. Injection probable d’un dérivé de curare végétal. C’est pas instantané, mais si on bouge trop vite, les muscles respiratoires peuvent lâcher.

Thomas : Vous pouvez l’extraire ici ?

Médecin : Je vais tenter une extraction sèche, sans toucher le tronc nerveux. Mais il faut un silence total. Et une main sur le sac O².

Lentement, elle glisse une fine pince courbée sous la peau d’Édith. Une perle de sueur coule sur sa tempe.

Youcef (à voix basse) : Ça vient de l’extérieur. J’ai vu l’angle. La fenêtre donne sur la cour Nord.

Le silence est coupé par un bip long du moniteur : la respiration d’Édith chute.

Médecin : Encore deux secondes…

Clic, l’aiguille est extraite.

Instantanément, elle injecte un anticholinergique.

Médecin : Elle tient. Mais intubation d’office. Et surveillance 24 h.

Docteur, sauf votre respect, bien que ce soit une civile je veux un transfert à l’hôpital militaire.

Messieurs vous n’emportez pas cette jeune femme. Je la fais transférer ailleurs. Les deux hommes se regardent, saisissent leur brancard et s’en vont. Pendant ce temps Youcef a appelé un hélicoptère car le transfert est trop long pour Clamart par la route.

Cependant le médecin refuse d’aller en hélicoptère à Clamart. Elle préconise d’aller à l’hôpital des armées de Melun. Deux autres ambulanciers sont arrivés et Édith est transférée sans la redresser, couchée à plat, le masque sur le visage.

Pendant ce temps, Thomas grimpe sur le toit annexe avec Youcef. Ils avancent vers l’angle de tir présumé. Un opérateur radio les rejoint.

Youcef : Et les badges d’entrée ? Drones ? Téléphones ?

Thomas : T’as quoi sur les caméras ?

Agent radio : Image floue. Un masque noir et une capuche, mais la forme du tube soufflant est nette.
Tir réalisé depuis un conteneur entreposé temporairement à 11 mètres de la fenêtre. Il s’est volatilisé 40 secondes après le tir.

Thomas Put..n, personne n’a pensé la fouiller. Je rentre chez moi, j’espère que Shana n’est pas en danger. A-t-on eu des nouvelles de Myriam ?

Agent radio : Un seul badge frauduleux a été activé ce matin dans la zone logistique.Identité : “Jean-Baptiste Ngué” — faux papier, fausse société de maintenance fibre.

Thomas serre la mâchoire.

Thomas : Ce n’est pas un tir de menace. C’est une neutralisation ciblée.On lui a ordonné de se taire au moment précis.

Youcef : Et maintenant elle est à l’hôpital. Si ça rate une fois…

Thomas s’adressant à Youcef Appelle Julien dis-lui de venir immédiatement surveiller la patiente, accompagne-le et prenez deux hommes à la caserne désignée par le Colonel, autant nous entourer que des meilleurs. Ne les attend pas, vas y directement. Prononce aucun prénom. Je fonce chez moi.

Youcef Mais Thomas c’est un hôpital militaire, elle est déjà sous surveillance.

Et ici c’est une grande surface où l’on rentre et sort à notre guise. Et bien tu as vu le résultat. Donc je ne crois qu’en mes hommes. Les autres c’est de la méfiance ou de la connerie. Appelle-là comme tu veux, mais Edith sait beaucoup de choses. Donc c’est immédiat.

A suivre :

Copyright Juillet 2025

Shana face à un choix 16

Lieu : Dakar, Sénégal – Quartier administratif fermé – 2h43 du matin :

Le Capitaine Diallo est le chef du commando sénégalais, il est accompagné de deux agents français , qui sont rattachés à l’ambassade..C’est une mission conjointe sous couverture pour vérifier la trace administrative d’un enfant supposé né ici il y a 15 mois. Avec un seul objectif : accéder aux archives internes du ministère de l’Intérieur sans alerter les services locaux.

Une camionnette banalisée roule sans phares dans une ruelle latérale du Plateau, à Dakar. Elle s’arrête à hauteur d’un bâtiment gris sans enseigne : le Centre National d’État Civil Numérisé.

Le Capitaine Diallo (en chuchotant) : C’est là. Bloc C. Niveau -1. Le fichier central.

Les deux agents français hochent la tête. Un homme, Léonard, ouvre sa mallette : dispositifs de dérivation électrique et brouilleur réseau. Léonard :

Vous avez bien les codes récupérés par l’agent consulaire ?

Diallo : À une minute près, on est invisibles. Au-delà, c’est infiltration.

Ils s’engouffrent dans le bâtiment par une porte de service, neutralisent le badge magnétique. L’accès aux sous-sols est direct. Il n’y a pas d’alarme sonore, mais chaque mouvement est surveillé électroniquement. Arrivés à l’étage -1, une salle froide les accueille : armoires numériques, serveurs, un terminal central.

L’ Agent français (Muriel) : Le numéro de registre de naissance, c’est : SNB-20451-ND / 22. Nom déclaré : Moussa Diallo. Né d’une mère “Aminata Sow”.

Ils entrent la référence dans la base. L’écran clignote. Puis un message rouge s’affiche :

“Fichier inexistant. Référence attribuée mais non validée.”

Diallo (blême) : C’est une coquille administrative. Un numéro volé.Cet enfant n’a jamais été déclaré ici.

Muriel (fronce les sourcils) : Quelqu’un a utilisé un cadre administratif réel, mais aucune naissance ne l’a rempli.

Léonard (scrute la console) : Pire. Le système a été forgé de l’intérieur. Le code figure dans la base miroir utilisée pour la délivrance des passeports diplomatiques.

Un silence choquant.

Muriel : Tu veux dire que ce faux acte de naissance pourrait être reconnu légalement par l’ambassade, s’il est bien présenté ?

Léonard : Oui. C’est un bébé fantôme… mais validé dans le mauvais système.

Diallo (murmure) : Donc, le bébé n’est pas sénégalais. Mais il a une trace d’identité sénégalaise créée à dessein.

Muriel : Je dois en informer la France.

Diallo : Pour cela je vous conseille de sortir d’ici, et de le faire du véhicule avec ce téléphone. Prudence obligé. Je vous quitte ici, à partir de maintenant nous ne nous connaissons pas. Bonne chance.

Thomas (voix radio) :

— Résumez-moi. Cet enfant est un fantôme administratif ?

Muriel : — Oui. Il n’est jamais né ici. Mais son acte de naissance existe, injecté dans une base parallèle du ministère, comme un cheval de Troie administratif.

Thomas : — Donc quelqu’un a fabriqué une identité complète pour cet enfant, assez solide pour tromper les autorités. Il a été “fabriqué” pour circuler sans être retracé.

On continue de vérifier, je vous laisse Commandant , un appel crypté

Tenez-moi au courant le plus rapidement possible.

Diallo : Muriel venez immédiatement j’ai une piste.

Muriel : J’arrive

Dans un café discret, quartier de Grand-Yoff, Dakar vers 11h12, on retrouve Diallo et Muriel
Diallo a contacté un vieil informateur, Sékou Traoré, ancien greffier reconverti en courtier officieux de documents. Il aurait aidé Samir à « régulariser » certains enfants dans les années passées. Mais rien ne va se passer comme il le pensait.


Le café est à moitié vide. Ventilateurs lents, mur taché de nicotine. Sékou Traoré entre, vêtu sobrement, son regard méfiant. Il repère immédiatement Diallo. Ils se serrent la main comme deux anciens rivaux.

Diallo (sec) : Je te laisse 30 secondes. Pas plus.

Sékou (léger sourire) : Tu n’as pas changé, Capitaine. Toujours aussi cassant. Alors, c’est Samir qui te ramène à moi ? Et c’est qui cette femme.

Muriel ne dit rien, elle est voilée comme lui l’a conseillé Diallo.

Diallo sort une enveloppe. À l’intérieur : la copie du faux acte de naissance sénégalais, et une photo du bébé.

Ce n’est pas un enfant Sénégalais, il ne ressemble pas du tout aux bébés de mon Pays.

Diallo : Il ne vient pas d’ici. C’est toi qui as monté ça ?

Sékou : J’ai facilité… disons… une couverture. Mais ce gosse, je ne l’ai jamais vu. Il m’a été “envoyé” avec dossier complet en photo, s’il avait trois jours c’était le bout du monde. C’est tout ce que je sais.

Diallo (calme mais tranchant) : Tu mens. Et tu sais ce que ça coûte, ici. Qui te l’a envoyé ?

Sékou hésite. Puis soupire.

Sékou : Le contact venait de Bamako. Une clinique privée, rue de Koulikoro. On m’a dit que l’enfant n’avait jamais été déclaré, qu’il fallait “lui fabriquer une naissance.” On a utilisé un numéro sénégalais dormeur.C’est une commande spéciale.

Diallo : Qui a commandé ?

Sékou baisse la voix.

Sékou : Un homme qui parlait comme Samir, mais ce n’était pas lui. Il portait un nom touareg, mais avait l’accent de France.Il m’a payé en euros. Et m’a dit que le bébé valait la vie de plusieurs hommes.

Diallo se lève. La tension est montée d’un cran.

Diallo : Je veux l’adresse exacte. Et si ce que tu dis est faux, je te laisse ici. À poil. Avec un fax au parquet.

Sékou gribouille quelque chose sur un morceau de nappe :

“Clinique Sainte-Maïssa, Koulikoro, Bamako. Chirurgien-directeur : Dr. Boubakar A.”

Diallo, accompagné de Muriel sort et ils se rendent à l’ambassade de France. Diallo sort discrètement par une porte latérale habillé en bédouin. Il se fond dans la foule grouillante. Pendant ce temps Muriel se prépare pour rentrer en France, sa mission est terminée.

A suivre…

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