L’enfant de personne /20-3


Un retour en arrière : le récit de Pierre

Ce fut un moment intense, j’étais avec mon amour, et une partie de la France était libre.

Et le soir il nous raconta les derniers événements depuis que j’étais partie retrouver ma tante. Je pense que je continuerais de dire ma tante par égard à ce qu’elle a fait au cours de cette guerre, nous espérons que nous aurons de ses nouvelles. Mon père a appris qu’elle avait été arrêté, mais, hélas il n’a rien su d’autres.


C’est après le repas que Pierre évoqua avec mon père les derniers événements qui s’étaient déroulés pendant l’attaque des troupes allemandes commandé par le sinistre Klaus Barbie et le Docteur Muller

-Cela s’est passé du 11 juillet au 22 juillet 1944. Nous étions les maîtres incontestés de Nantua et d’Oyonnax que nous avions repris aux Allemands et de ce fait libéré de l’oppresseur. Le haut commandement Allemand a opéré dans les Monts du Bugey une contre-attaque afin de nous anéantir pour reprendre les villes libérées. Ils nous ont pris en tenaille pour nous empêcher toute tentative de fuite. S’ils ont eu 300 morts comme de notre côté. Nous étions bien moins nombreux que les 4000 hommes qu’ils avaient déployé.
J’ai été arrêté le 14 juillet sur la route qui mène au Cerdon. J’étais allé caché notre fils ainsi que ma mère, ma petite soeur et le docteur Morand qui n’arrive toujours pas à marcher. Voyant comme tournait l’attaque j’aurais dû suivre ses recommandations en repartant par la montagne, mais galvanisé par mon opération kidnapping à l’hôpital je n’ai pas tenu compte de ses recommandations et je me suis jeté directement dans la gueule du loup.

-Pourtant Pierre tu avais toujours écouté les recommandations du Docteur. A quoi pensais-tu ? Ont-ils su qui tu étais?


-Ceux qui m’ont cueilli si je puis dire l’ignorait, j’étais non loin de la voie ferrée on devait faire dérailler un train. Soudain on a entendu un bruit de voitures, motos et chars, alors qu’à cette heure aurait dû surgir le train 4417 en provenance de Bourg-en-Bresse. Certes nous étions dissimulés dans les taillis et anfractuosités de rochers mais quand tu vois le canon d’un char où tu te fais tuer sur place ou tu essayes de t’enfuir ou tu te rends. Mes camarades et moi nous nous sommes enfuis. J’etais en compagnie de Tonio quand au détour d’un chemin en contrebas de la voie ferrée j’ai glissé et dévalé la pente plus vite que je n’aurais mis en temps ordinaire. Je suis arrivé au pieds de deux bottes noires.


-Ah un Allemand ?
-Non un SS, il m’a empoigné par les cheveux et m’a jeté comme un vulgaire sac de pomme de terre dans un camion qui stationnait sur la route. J’ai été pris en compagnie de Tonio qui avait mis la main à sa ceinture pensant tué le SS. Mais il n’était pas seul. Cinq à six soldats l’ont mis en joue et il s’est mis à chanter la Marseillaise jusqu’à ce qu’il se ramasse un coup dans la nuque qui le fit taire plusieurs minutes. Quand il reprit ses esprits nous étions attaches tous ensemble. Nous étions 5 . Nous ignorions où ils nous conduisaient. On n’avait pas de gardiens mais en soulevant la toile nous avons pu remarquer qu’un char nous suivait et qu’il braquait un canon. Notre fuite était impossible.
La ville de Nantua ayant été partiellement reprise on fut emmené dans les locaux de la commandature pour être interrogé. Je n’ai eu nuls besoins de dire qui j’étais car un de nos camarades s’est rapidement mis à table et a signalé qu’il y avait un chef d’arrêté. C’est eux qui lui ont dit. Nous aurions donc le diable rouge.
Et il a dit oui.
-Hélas !
-Et ils t’ont torturé
-Un peu mais j’ai avoué
-Tu as parlé sous la torture.
-Je leur ai raconté des balivernes invérifiables tout au moins pas dans l’immédiat.
Tonio et moi avons été enfermé dans l’hôtel particulier réquisitionné par l’armee allemande en vue d’être à nouveau interrogé. Comme nous avions reconnu les lieux je savais qu’à côté il y avait une banque j’ignorais si elle avait repris du service. Mais entre attendre la mort ou l’a provoqué, nous avions choisi de fuir par n’importe quels moyens. Dans la cave il y avait du vin. C’est dire qu’ils avaient paré au plus pressé en nous enfermant là. Nous avons cassé une bouteille et commencer à creuser le sol meuble de la cave quand soudain tout s’est effondré, d’autres avant nous avaient eu cette idée, le travail était beaucoup plus facile. Le tunnel s’élargissait pour arriver dans une cave. C’est à ce moment-là que nous avons entendu siffler Félix. Il sifflait une chanson en patois qui veut dire ceci :
Je suis descendu dans ma cave pour déboucher mon vin.
Ce qui à nos yeux voulaient dire qu’ils savaient où nous étions. Il me fallait me souvenir de cette chanson pour comprendre ce qu’il attendait de nous. Je te passe sur les détails. Au petit matin Félix était allé chez le banquier lui avait demande la clef, il s’est fait un peu prier mais devant la détermination du Félin il lui a remis son trousseau, sa sacoche et son chapeau. Pour le reste Félix s’est débrouillé. Tu n’es pas sans savoir qu’il est doué de ce côté.
Avant de le quitter il l’a assommé et assis sur une chaise tout en l’attachant.
Puis, à 8 h tapante il est entré dans la banque s’est rendu à la salle des coffres-forts, endroit situé au plus près de la cave de l’hôtel. Nous a récupéré. Nous sommes sortis au nez et à la barbe des Allemands. Pendant la nuit les gendarmes avaient disparu ne voulant pas être accusé de connivence avec l’ennemi.
C’est du reste eux qui nous ont caché jusqu’au 22 juillet.
-Et pour le maquignon qu’avez-vous fait ?
-Après t’avoir quitté à la gare j’ai vu que mon costume me faisait réellement passé pour un colonel SS. J’ai donc rejoint Tonio et Félix pour pouvoir kidnappé Michalon. Nous ignorions tout de son état mais compte tenu de sa blessure il avait dû perdre beaucoup de sang et était incapable de rester debout fort longtemps. Il nous fallait passer entre la visite du médecin et la nuit où nous avions remarqué qu’un détachement de soldats prenaient position entre l’hôpital et l’intersection de plusieurs routes.
-Mais c’était à quels moments?
-Juste le jour où je t’ai accompagné à la gare. Il nous fallait faire vite, ne voulant pas qu’il nous trahisse tous.


Après avoir décline mon identité le médecin étant absent c’est un jeune infirmier qui nous a emmené dans la chambre quand il a vu que nous voulions emmener son patient il a voulu intervenir et Tonio l’a assommé. Nous avons donc été contraint de le laisser sur le sol. Puis nous avons pris de force Michalon qui roulait des yeux effarés en nous disant je vous ai tout dit au sujet de cette allumeuse c’est la fiancée au fils Pitaval de la ferme viticole. Son père est un résis…. Agacé qu’il recommence à nous trahir je lui ai filé en dessous du menton un upercut qui l’a laissé ko.
En parcourant les couloirs de l’hôpital nous avons croisé une jeune femme qui nous a supplié de l’emmener. Elle avait reconnu Félix malgré son déguisement, elle lui a juste dit : « mon capitaine j’étais dans la salle de Labalme avant la guerre lorsque vous avez joué le petit caporal. « 
Félix lui a dit venez mais silence total. En bas de l’hôpital nous attendait la traction avec au volant Tonio
-Et Michalon ? Que vous a-t-il dit?

-Rien c’était trop tard, il s’était mis à table en disant au SS qu’il avait secouru ce qu’il savait et surtout en signalant que tu étais là femme de Jules qui, lui était son frère.
Ah ! Quelle horreur.
Aussi pour éviter de nous encombrer nous lui avons tiré une balle dans la tête. De plus à cause de ce qu’il a dit mon père a été embarqué mais il avait eu le temps de cacher notre chef le Dr Morand, ma mère et ma soeur ainsi que notre fils. Quant à lui il devait nous rejoindre mais hélas il a été pris au moment où notre cuisinière sûrement mis au courant de l’arrivée des gendarmes l’interpellait en lui disant : » Est-ce que Mademoiselle Magdeleine a trouvé jolie son tailleur jaune. Mon père qui ne m’avait pas revu lui a répondu oui elle est en ce moment à Nantua. Sans préciser que tu étais déjà partie. Je pense que c’est lui qui a dû laisser entendre aux SS que tu avais une robe jaune car dès le surlendemain de son arrestation nous avons su que l’on te recherchait.
Et ton père ou est-il ?
Il est parti avec un train en direction de l’Allemagne nous l’avons su par des cheminots qui l’ont reconnu pour être venu s’approvisionner chez nous pour du Cerdon.
Je vois Mariane pleurer, toute ma joie des retrouvailles s’est éteintes en apprenant que mon futur beau-père est en Allemagne ou ailleurs.
C’est votre cuisinière qui a trahi votre père, maintenant où est-elle ?

Elle a eu son compte, car Tonio était au moment de l’assaut de la ferme dans le cellier en train de fermer la trappe et surtout aider de Félix il devait remettre les tonneaux dessus pour masquer le caveau. Je pense qu’elle nous aurait tous trahis si le félin ne lui avait pas assené un coup de gourdin sur la tête. Et comme les allemands allaient repartir, l’un d’entre eux a dit : « allons chercher la cuisinière sinon elle risque d’y passer ». Félix qui comprenait l’allemand est sorti tel un boulet de canon et aidé de Félix l’ont transporté dans le cellier, refermé la porte qui donne dans la cuisine à clef, bâillonné attaché les mains et les pieds et jeté au bas des escaliers. Dans sa chute elle s’est heurtée à je ne sais quoi. Quand ils l’ont rejoint elle avait les yeux grand ouverts et cherchait à leur parler. Félix lui a ôté son bâillon, elle a dit : « pardonnez-moi ils ont mes enfants en otage, sauvez-les. » Et elle est morte.
-Et ses enfants ?


-Je ne les connais pas, j’ignore si c’était vrai, car personne ne les a vu non seulement maintenant mais depuis le début de la guerre. Même l’instituteur ne les a jamais eu en classe.
-Pourquoi vous aurait-elle dit ça juste avant de mourir.
-Je n’en sais rien et j’avoue ne pas avoir cherché davantage.

A suivre

Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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