Une rencontre inattendue (18)

  • Tu te moques de moi Charles, c’est bien ta maman qui m’a mise au monde.
  • Oui il n’y a aucun doute, mais je me suis toujours appelé Charles Meignière. Je me souviens de mon grand-père maternel il me disait toujours, toi tu es bien un petit Meignière, j’ignorais notre nom de famille, seul celui-ci m’est resté.
  • Pourquoi je ne suis pas adoptée ? Pourquoi m’avoir considéré comme votre fille si je ne le suis pas.
  • Claire, ton père avant de vous déposez à la porte d’une église avait noté qu’il ferait parvenir aux religieuses ton acte de naissance. Celui-là nous l’avons eu trois mois après l’adoption de Charles, comme c’était la guerre nous avons classé le papier et oublié . Pour nous tu es notre fille.
  • Qui est mon père ?
  • C’est noté de père inconnu, mais le père de Charles a ajouté un papier écrit de sa main. La soeur de Charles est du patron des houillères. Monsieur de Bougainvilliers.
  • C’est tout
  • Oui

Mais je vois bien à la mine de Charles que mon père adoptif et lui-même me cachent un secret. Je le découvrirais, en attendant il va falloir aller dans le Nord pour en savoir davantage.

Je m’en moque du papier d’adoptio, papa et maman m’aiment comme leur fille. Ce n’est qu’un papier. Mais il faut que je comprenne qui a eu vent que je n’étais pas adopté, car tout vient de là. Voudrait-on se débarrasser de moi ? Est-ce que je gênerait des frères et soeurs dans un partage d’héritage. Et maman était-elle marié au père de Charles ? Qui était ma mère biologique, une maitresse pour le père de Charles ou sa femme.

Nicolas me dit que Charles va partir avec Stan pour se rendre dans la petite commune d’où mon père est parti au moment de l’exode. Ils iront en train. Sur place ils essayeront d’en savoir le plus possible, car si Charles a accepté d’y aller, il ne veut pas rester trop longtemps éloigné de sa femme. Et Nicolas d’ajouter, tu aurais pu y aller mais ton père et ton parrain s’y sont opposé.

  • Ils craignent pour ma vie
  • Oui et là tu vas être sous ma surveillance
  • Cela ne le dérange pas
  • Je m’en doute ma douce
  • Chut, personne ne doit savoir
  • Charles a compris. Il me dit de ne pas te regarder avec des yeux d’amour.
  • Je n’avais pas remarqué

Nicolas éclate de rire et je vois mon père apparaître et lever ses sourcils comme il fait quand il est interloqué.

  • Que se passe-t-il pour que vous riez alors que nous sommes dans une situation qui ne le mérite pas ?
  • Père nous n’allons pas pleurer, Nicolas et moi nous évoquions nos premières enquêtes, ce serait trop long à t’expliquer.
  • Et en quoi elles ont le don d’amuser Mr Nicolas
  • Nous n’avions pas trouvé le coupable, c’était juste simulé, et le coupable était notre capitaine.
  • En effet, mais bon qu’y trouvez-vous de risible ?
  • Tu aurais vu ma tête au moment tu pourrais encore en rire.
  • Je vous laisse mes enfants je dois aller voir mes vignes. Charles m’a dit qu’il partait avec votre collègue.
  • Qui va l’emmener à la gare de Mâcon ?
  • Ils partent quand ?
  • Le plus tôt possible, donc aujourd’hui
  • Debrouillez-vous pour l’emmener, j’ai appelé mon assureur j’ai autres choses à faire.
  • Nous y allons père
  • Oui

Bizarre mon père me laisse y aller avec Nicolas, à moins que j’ai un chaperon ou alors il n’a pas réfléchi. J’opte pour le fait qu’il est trop absorbé par tous les évènements qui se succèdent depuis le mariage d’Annabelle.

  • Nicolas saisissons cette opportunité et filons pendant qu’il en est encore tant. Dans le garage il y a la traction de grand-père elle a les vitres blindées. Prenons-là, nous serons à l’abri.
  • Les vitres blindées, elle appartenait à qui ?
  • C’est celles des FFI de la section de Cluny, grand-père était un Résistant.
  • Elle est en état de rouler
  • Oui, notre Majordome la fait briller tous les jours.
  • Allons-y

Nous n’avons pas fait 100 mètres que j’entends mon père crier, je sais très bien ce qu’il dit, je l’entend clairement.

 » Claire reviens, tu n’as pas à te trouver avec un garçon seule… »

  • Que crie ton père Charles ?
  • Demande à Claire, elle le sait très bien
  • Ce n’est pas grave, Nicolas je l’aime
  • Je m’en suis douté petite soeur chérie
  • Ca se voit
  • Oui
  • Crois-tu que Papa va me punir ?
  • Je ne pense pas, mais il sera en colère

A nouveau Nicolas rit et ajoute :

  • Je demanderais la main de votre soeur Charles, nous attendrons pour nous marier.
  • De longues fiançailles , c’est ce que nous avons vécu avec Annabelle. Ça a beaucoup de charme. Mais connaissez-vous votre affectation ?
  • J’ai demandé Lyon ou Mâcon. Et comme je suis premier de ma Promo j’ai toutes les chances d’y aller.
  • Macon ce serait bien, nous en sommes si proche.
  • Esperons ma douce Claire.

Comme nous avons laissé Charles conduire, il en profite pour me prendre dans ses bras et poser sur ma bouche le plus délicieux des baisers.

À suivre…

Avatar de Inconnu

Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

5 réflexions sur « Une rencontre inattendue (18) »

Répondre à Séverine Annuler la réponse.