Une rencontre inattendue (30)

Stephane et moi nous laissons Marc gérer la situation. Ils sont à la merci de l’escouade de policiers qui les cherchent.

C’est étrange cet acharnement du vieux patron des charbonnages de s’escrimer sur Claire. Possible qu’il pense ce vieux bonhomme antipathique que nous avons enlevé sa fille, alors qu’il n’a jamais assumé son rôle de Père.

  • De qui parles-tu ?
  • De Marie Cécile
  • D’accord, mais pour moi sa fille à qui il veut du mal c’est Claire, sinon pourquoi lui tirer dessus ?
  • Oui, en effet tu as raison.

Toit en devisant à voix basse nous voyons la voiture du père de Marc. Mais hélas nous sommes mal, en effet il y a deux policiers qui à l’aide d’une lampe électrique sonde l’habitacle de notre voiture. Il.nous faut nous avancer et jouer le tout pour le tout.

  • Bonjour Messieurs, notre voiture vous interesse.

Le plus petit sursaute et se sent un tantinet gêné, j’en profite pour lui demander quelle infraction j’ai pu commettre.

Le plus grand triture sa moustache et nous demande à brule pourpoint :

  • Vous êtes de la maison
  • Comment le savez-vous ?
  • Votre vide-poches est entrebaillé et à l’aide de la lampe nous avons vu que c’était une carte de police.
  • Oui, nous sommes de la maison, vos noms Messieurs.
  • C’est plutôt à nous de vous demander ce que vous faites ici et quant à vos noms vous allez nous présenter vos cartes et nous le saurons rapidement.
  • Non
  • Vous voulez que je vous emmène au poste. Après tout vous n’êtes peut-être pas ce que vous prétendez être, et tant que nous n’avons pas vos cartes nous pouvons appeler à la rescousse nos collègues et vous mettre en cellule.
  • Vous n’en ferez rien Messieurs car notre grade est plus élevé que ceux de deux planctons envoyés sur ordre de leur chef à patrouiller dans un Coron où la majorité des gens doivent trembler devant les soudards que vous êtes.
  • Vous m’insultez Monsieur
  • Vous allez me demander en duel

On entend un rire tonitruant et surgit devant nous un troisième policier qui nous dit :

  • Vous avez dû disparaître rapidement lorsque vous êtes venu voir vos promises car votre voiture avait la portière avant droite ouverte et des gamins à mon arrivée allait tout simplement embarquer vos cartes. Je sais qui vous êtes et effectivement mes collègues vous doivent le respect. Alain et Pierre je vous présente les inspecteurs de police de Versailles, l’un se nomme Nicolas Martin et l’autre Stéphane Dupont.
  • Bonsoir Inspecteurs
  • Des noms fort commun mais un grade fort élevé pour votre âge.

Au moment où j’entends la voix je commence à paniquer car je connais ce gars, Stéphane doit déjà l’avoir reconnu. C’était le boute-en-train de notre chambre. Il ne manquait pas une fête ce qui lui avait valu d’aller en cellule de dégrisement. Il l’avait payé cher car au moment de choisir son affectation puisqu’il était sorti tout comme nous dans les tout premiers le Colonel lui avait dit :

  • Mon cher Montalivet vous n’irez pas vous dorer la pilule au bord de la mer je vous envoie dans un pays minier à Béthune plus exactement. Là -bas vous exercerez votre talent de comique lorsque les mineurs vous chargeront à coup de pelles ou de manche de pioches. Ça vous forgera le caractère.

S’il avait eu nos cartes entre les mains comme je le pressentais il savait qui nous étions. J’avais mis nos photos. J’etais à mille lieux de penser que nous allions tomber sur lui. Mais Titouan ne me laisse pas le temps de me ressaisir, il nous tape sur l’épaule en nous disant.

  • Alors mes amis c’est vous les comiques désormais, vous ne seriez pas venu à un bal costumé.
  • Je lui réponds du tac au tac car je n’ai pas envie de m’éterniser ici.
  • Nous sommes venu compter fleurette à une amie de la soeur de Stéphane et par la même occasion j’ai trouvé sa jumelle.

Titouan s’esclaffe, il est hilare, sent-il que nous lui jouons la comédie en tous les cas il n’en laisse rien paraître. Au contraire il emmène ses collègues et nous avons même un laisser-passer en bonne et dû forme pour éviter de se faire arrêter. Nous ne lui demandons pas ce qu’il se passe nous le savons déjà, et je ne pense pas que devant ses collègues il aurait juger bon de nous informer. Muni de ce sésame si précieux nous parcourons en sens inverse les 200 mètres qui nous séparent de Marc et des jeunes filles. Marie Cécile a la cheville qui a doublé de volume, elle est dans l’impossibilité de poser le pieds par terre.

Claire me chuchote  » je pense que c’est une entorse » il faudra s’arrêter en route mais loin d’ici pour voir un médecin ou éventuellement aller à l’hôpital ». Je lui serre la main et hoche la tête. Il.nous faut parer au plus pressé. Quitter les lieux le plus rapidement possible. Marc et moi porterons Marie-Cecile à tour de rôle en espérant qu’elle ne soit pas découverte avant d’atteindre la voiture.

Enfin nous voici à la voiture. Marc monte à mes côtés alors que les deux soeurs se mettent de par et d’autres de Stéphane. Nous partons en roue libre au départ puis je met en route la voiture jusqu’au premier barrage. Claire et Marie Cécile rabattent leur capuche sur la tête et font celles qui se sont assoupis sur l’épaule de Stéphane.

  • Sous aucun prétexte vous vous réveillez, vous dormez profondément. Vous m’avez bien comprise.
  • Oui
  • Bien allons voir si tes talents de dessinateurs vont nous laisser la voie libre me dit mi-figue mi-raisin mon ami Stéph.
  • Si je ne suis pas obligée je ne vais pas les montrer j’utiliserais seulement le laisser passer.
  • Alors affrontons l’ennemi s’esclaffe Steph.

Je suis à hauteur de la patrouille qui a mis en travers de la route une herse munie de crochets.

  • Vos papiers
  • Bonjour mon Commandant, voici notre laisser-passer.

Je sens le gradé légèrement déstabilisé je connais son grade et il ne l’a nullement mentionné.

  • Comment savez-vous que je suis Commandant ?
  • Ce sont vos insignes qui me l’ont dit
  • Ah et bien passez si vous êtes de la maison.
  • Peut-être que vous voulez voir ma carte
  • Je ne vous ferai pas cet affront .
  • Au revoir !

J’embraye et disparaît rapidement.

  • C’est bon réveillez-vous, nous approchons de la place ou Stéphane a garé sa voiture. Marc et Marie-Cécile vous allez avec Stéphane. Toi ma petite princesse tu restes avec moi.

Nous repartons il n’est pas loin de quatre heures du matin. La nuit va être longue il nous faut arriver le plus rapidement possible. Surtout Stéphane car tout comme moi il doit se présenter au Commandant du Commissariat où nous sommes affectés dès 9 heure lundi matin pour notre première journée en tant qu’inspecteur. Les premiers jours on ne va pas nous filer des enquêtes je pense que nous serons même affectés à la circulation. Surtout moi à Macon.

  • A quelle heure est le train de Stéphane me demande Claire.
  • Pourquoi veux-tu le savoir ?
  • C’est à cause de Marie-Cécile, si elle peut supporter la douleur on ne s’arrêtera pas. Sinon nous allons perdre du temps.
  • Tu n’as pas des médicaments contre la douleur.
  • Si bien sûr mais ce serait bien si elle était bandé et surtout j’espère qu’elle n’a pas une fracture.
  • Nous allons roulé pendant quatre heures et nous nous arrêterons pour prendre un petit déjeuner. Nous aviserons à ce moment-là. Si elle a supporté la route nous continuerons.
  • Et pour Stéphane ?
  • Le mieux c’est de le déposer à Paris, Marc conduira la voiture pour le reste du chemin. Il trouvera toujours un Corail pour descendre sur Marseille. Je vais mettre mon clignotant et m’arrêter. Je lui dirais ce que nous avons convenu.

Mais Stéphane ne veut pas être seul jusqu’à Lyon. Puis nous explique-t-il que lui n’a pas rendez-vous à 9 h mais à 14 h il avait prévu de prendre le Corail de nuit. Il fallait que nous soyons à Mâcon suffisamment tôt pour qu’il puisse prendre un train pour Lyon Perrache. Tout s’arrange, Marc ne fera pas le retour en compagnie de Marie-Cecile, cela ne serait pas convenable pour un jeune marié.

Claire a profité de notre arrêt dejeuné pour bander la cheville de sa demi-soeur. Elle a commis à mes yeux un sacrilège. Elle a déchiré son beau jupon pour en faire des bandelettes. Depuis Marie-Cecile a retrouvé son sourire. Mais Nicolas ne décolère pas. Le beau jupon qu’il venait tout juste de lui offrir, massacré pour faire un pansement.

C’est Marc qui lui a dit goguenard la prochaine fois acheté lui en un en soie c’est mille fois plus doux à ôter.

Les yeux de Nicolas ont lancé des éclairs à son futur beau-frère et bien fait rire les deux jolies soeurs.

Il est plus de seize heures lorsque nous franchissons la grille du Domaine nous pensons tous nous plonger dans un bain et dormir jusqu’au petit matin. Mais en arrivant vers le perron nous découvrons stupéfait une traction noire avec à son bord le chauffeur de Monsieur de Bougainvilliers.

À suivre…

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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