Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Au souper on aurait pu entendre une mouche volée. Tout le repas s’est passé dans le silence. Seul.notre père s’entretenait avec Cécile. Et plus le repas avançait, plus elle était gênée. Nous n’avions aucun moyen de la rassurer. C’est Charles au moment du fromage qui s’est adressé à notre père en terme dont jamais je n’aurais pensé qu’il se permettrait de le faire.

  • Père veuillez laisser Marie-Cecile vous la bombardez de questions depuis une heure, je pense qu’elle a le droit de se rendre dans sa chambre et vous reprendrez votre conversation demain.
  • De quoi vous mêlez-vous Charles je suis encore le maître en cette demeure. Si vous voulez vous retirez dans vos appartements avec votre femme personne ne vous contraint à rester parmi nous.

De colère Charles se lève, tapote sur l’épaule de sa femme et lui dit :

  • Venez ma chère nous sommes congédié par notre cher père.
  • Un instant je vous prie mon amour, j’embrasse Maman et vous rejoint.

Sur ces bonnes paroles, Charles tourne les talons et nous quitte sans un mot ce qui chagrine énormément notre mère. Elle fait mine de se lever mais notre père lui intime l’ordre de rester assise. Et lui.interdit de suivre Charles. Il ajoute demain matin il sera revenu à de meilleures intentions. Je conçois qu’il soit chamboulé vu les évènements que vous venez de vivre. Mais l’insolence n’est pas toléré à ma table. Tenez-vous le pour dit Cécile et Claire.

La fin du repas se termine sans un mot. L’atmosphère est chargé comme un ciel d’orage. Personne ne s’attarde et nous prenons congés et nous nous dirigeons vers nos chambres.

Dans l’escalier nous croisons Charles et Annabelle qui vont dormir dans la chambre de Grand-père dans leur maison au milieu des vignes. Rose a fait la chambre ce matin. Comme je les comprends un jeune couple ne peut pas vivre dans la garçonnière de mon frère.

Au vu des cris de notre père, ce dernier ne doit pas être d’accord. Mais comme Charles me le dira au matin il est passé outre jusqu’à bousculé notre père. Ce dernier ne voulant pas entre en conflit avec sa fille et son époux s’est laissé convaincre. Je pense que notre mère y est pour quelques choses.

Le lendemain matin c’est en ambulance que Madame veuve André De Bougainvilliers est revenue. Avec Cécile nous avons transformé le petit boudoir de maman en une chambre fort accueillante.Elle n’aura pas à monter les escaliers pour accéder aux étages. Comme elle aime bien les roses je lui en ai cueillis un bouquet et l’ai mis sur la table basse. Marie Cécile m’a sauté au cou en me remerciant. Ce n’était pas grand chose mais si en plus cela faisait plaisir à cette jumelle qui me tombait du ciel j’en étais ravi.

Annabelle ne tarissait pas d’éloges sur son mari, mon frère en l’occurrence. Elle le comparaît avec le frère de Cécile et le surnommait le gougeat. Mais il n’était pas question qu’elle me parle de sa nuit de noce. Elle riait en me disant :

  • Je ne vais pas te le raconter dans le détail – elle insistait lourdement- arrête lui criais-je ! Je ne suis pas une oie blanche.

Puis Charles et Père sont rentrés de la vigne comme les meilleurs amis du monde, nous n’aurions pas assistés à cette scène la veille au soir nous aurions trouvé cela normal, mais là cela me semblait un tantinet suspect. Qu’est-ce qui avait pu faire changer d’avis mon frère ? Même Annabelle ne comprenait pas. Ton frère n’est pas versatile et encore moins mon époux. Il était remonté contre papa. Je me demande ce qu’il a pu lui promettre.

L’après-midi, nous avons rencontré les avocats de notre père et nous avons organisé notre rencontre avec notre géniteur. De mon avis ce ne fut pas une partie de plaisirs. Charles était buté. Apprendre qu’il était le fils chéri du vieux le démoralisait plus qu’autres choses.

Dans un premier temps Maître Richard nous a dit où se trouvait Monsieur De Bougainvilliers, il avait tenu tête aux gendarmes et du coup il était à l’isolement. Mais compte tenu des évènements nos avocats avaient plaidé notre cause auprès du juge d’instruction chargé de l’affaire. On avait obtenu un créneau horaire d’une heure. Compte tenu que Charles était le seul héritier reconnu par Monsieur De Bougainvilliers avec son petit fils, il rencontrerait son père en premier. Ensuite Cécile qui passait de petite fille à fille. Et enfin moi qui aux yeux de notre géniteur je le gênait terriblement puisqu’il avait tenté de m’ assassiner. C’est Annabelle qui en avait fait les frais .

La préparation fut des plus pénibles il ne fallait pas suivre notre idée mais en passer par des questions prévues en amont. Comme disait Charles s’il connait les questions il va exiger qu’on lui donne la réponse qu’il attend.

Il avait fallu pour Maître Richard en passer par ce qu’Etienne de Bougainvilliers voulait leur poser comme question sans avoir jamais la certitude qu’il.dise la vérité. Mais c’était le risque à courir.

Fallait -il dire Papa, Père, Monsieur mon père ou rien du tout. Pas un ne voulant faire pareil. On décide d’un commun accord que l’on avisera le moment venu.

Lrs trois enfants de Monsieur de Bougainvilliers n’ont d’abord qu’une question :

  • Pourquoi ? Êtes-vous malade ? Avez-vous songé à vous faire soigner ? Claire voulait savoir si elle était l’enfant de l’amour ou l’enfant d’un viol. Les deux avocats et Charles refusaient de lui laisser poser cette question.

Mais Claire s’y cramponne comme à la prunelle de ses yeux. Personne n’a pu la faire changer d’avis. Maître Leroy en a même informé notre père qui a dit comprendre sa benjamine.

A-t-il fait un testament ? Quel est le montant de sa fortune, mais les avocats s’y opposent, il n’est pas question de le lui faire dire. Charles y consent mais le connaissant je suis certaine qui lui l’a posera.

Il faut que nous, nous présentions à la prison à 14 h le jeudi 25 août muni de nos cartes d’identité. Normalement à 15 h 30 au plus tard, le sort de Charles sera clot.

Après il devra se préparer à affronter la pluie du Nord, les maisons aux briques rouges. La seule consolation qu’il a c’est qu’il va revoir la grande famille des Meignière. On les attend. Mais d’ici là il va potasser ses livres de cours. Le matin il est pendu au téléphone avec le directeur de la mine, son collègue Michka dont il.n’otera pas le travail. Lui chapotera les autres ingénieurs et l’ensemble des mineurs, du plus petit au plus haut placé.

Nous voici arrivé à la prison de Macon, une prison que pour les hommes. Ils sont plus de cinq cent. Mais Monsieur De Bougainvilliers est seul dans sa cellule par égard pour son rang. Son fils, quant à lui est avec le tout venant. Grandeur et décadence nous a dit Marie-Cécile. Elle donnerait 200 francs pour être une souris et s’introduire dans sa cellule. Elle trouve qu’après les méchanceté qu’elle a subi de sa part cela devrait lui mettre du plomb dans le cerveau.

Nous passons devant des femmes, yeux hagards, tête baissée portant de malheureux baluchons et triste à faire peur, elles viennent voir un frère, un fils, un mari, un oncle qu’importe c’est un jour de visite et tout le monde attend. Sauf nous, ça siffle, hurle, chahute, elles montrent leur colère comme je les comprends. Un coup de sifflet ramène un semblant de calme, j’entends :  » ça sent le pedigree, des dames de la haute qui viennent voir un beau Monsieur, puis le beau Monsieur a dû commettre un crime. Des ricanements accompagnent ces paroles proférées par des anciennes comme nous dit Maître Leroy. Je leur donnerais bien ma place car cela me chagrine de les voir triste mais encore virulentes.

Nous voici à l’entrée, on nous demande nos papiers, nous sommes fouilles, qu’elle humiliation, c’est la première et dernière fois que je viens dans cette promiscuité. Ça sent une odeur fade de cuisine, de sueur et même de WC. C’est inhumain. Mais je suis la file comme tout le monde . On arrive à une salle où s’entasse à chaque table un prisonnier qui attend ses visites. Nous on nous emmène plus loin dans une pièce minuscule où nous y laissons Charles. Il va falloir qu’il affronte son père. En attendant nous sommes assises sur de vulgaires bancs en bois.

A suivre…

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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