Hum ! Une famille tuyau de poêle !

Pendant que Marie-Cécile se rend vers Père, Annabelle m’apprend qu’au dîner hier soir, il a dit que Marie-Cécile et moi nous nous ressemblons pas. Et c’est pour lui prouver que l’une pourrait passer pour l’autre que nous lui jouons cette petite blague.

Dans l’escalier nous entendons craquer la planche de l’escalier que nous savons éviter, ce qui n’est pas le cas de Marie-Cécile, rien qu’avec ce détail elle se trahirait. La voilà, elle est tout sourire et bien entendu père est tombé directement dedans notre piège fort gentil.

A mon tour d’affronter père, je vais voir s’il va deviner que je suis sa fille adoptive. Je marche rapidement, j’ai pris les baskets de Cécile cela me donne un air gauche. Mais il faut bien se plier aux jeux de mes sœurs. Puis, après tout je vais voir si les liens du cœur sont forts et si Papa va me reconnaître, lui qui m’a porté enfant dans ses bras.

Charles me croise et me dit

  • Tu joues à quoi ?
  • Ah tu m’as reconnue, qui suis-je ?
  • Tu es Claire
  • A quoi me reconnais-tu ?
  • A ton petit grain de beauté vers la bouche, Cécile ne l’a pas.
  • Mais ce n’est pas grave je vais le masquer
  • Amuses toi, mais Annabelle a de drôles d’idées.

Je regarde à droite et à gauche, nulle trace de père je me fais un petit raccord avec un peu de fond de teint que m’a prêté Annabelle, elle aussi avait émis que mon petit grain de beauté pouvait me démasquer. Je regarde les belles grappes de raisins, ils seront bientôt à maturité. Je poursuis mon chemin et croise notre jardinier, et, lui va-t-il me reconnaître ?

  • Bonjour Mam’zelle Claire, il ne fait pas très chaud ce matin.

Puis bredouille et devient tout rouge et s’excuse.

  • Excusez-moi Mademoiselle de Bougainvilliers je vous ai prise pour notre demoiselle.

Je n’ose me trahir mais d’un autre côté je ne veux pas qu’il pense que je me suis jouée de lui.

  • C’est bien moi, Firmin, c’est moi Claire, mais je veux faire une farce à bon père.
  • Oh lui vous n’allez pas le berner il va vous reconnaître au premier coup d’œil.
  • Nous verrons Firmin, continuez bien votre travail.
  • Au revoir Mademoiselle

Il me nomme toujours Mam’zelle, papa doit être dans les parages. Je vais trainer un peu pour vérifier dans ma petite glace si mon grain de beauté est toujours à sa place. Bon tout est en place, allons se confronter avec le regard inquisiteur de père.

  • Alors Cécile vous êtes revenu pour me donner un coup de main
  • J’y suis obligée
  • Non, je vous taquine, votre mère va mieux ce matin?

Aïe me voilà prise au piège, je ne sais pas quelle est la teneur de la dispute entre Cécile et sa mère. Aussi je bredouille je ne sais quoi et tourne les talons. Je n’ai pas fait trois pas qu’une main s’abat sur mon épaule et j’entends la voix de mon père :

  • Claire tu pensais me mystifier pendant combien de temps ?
  • Je ne suis pas Claire
  • Ah la la ma fille vous me défiez, à quels jeux jouez-vous ? C’est sûrement Annabelle qui a eu cette idée.

Je ne sais quoi lui répondre, je fais celle qui joue un rôle, mais il me tend une petite serpette, me montre une grappe et me dit :

  • Le raisin de table est prêt à être cueilli, vous voulez Cécile que je vous montre comment couper délicatement une grappe.
  • Oui je veux bien
  • Attention je vous averti si vous en coupez une et que vous n’y arrivez pas vous me ferez toute la rangée, or je sais que ce matin Claire doit recevoir un appel téléphonique de son chéri.
  • J’ignorais Père
  • Moi aussi Claire, tu es l’enfant que j’ai bercé dans mes bras, tu étais terrifié par le tonnerre, une voiture qui faisait du bruit, tu avais des peurs terribles, ta mère n’arrivait pas à te calmer, alors je t’emmenais dans la vigne, te prenais la main, te faisais toucher les raisins et comme par enchantement tes larmes s’arrêtaient de couler.
  • Tu es fâché
  • Voyons, mais non, mais je reviens sur ce que j’ai dit hier soir, c’est vrai que votre ressemblance est troublante. Vraiment je me pose des questions.
  • Lesquelles ?
  • Tu vas mener l’enquête, ce que je vais te dire est impossible. Ton frère a toujours dit que ta maman avait accouché pendant la débâcle et était morte en te mettant au monde.
  • Oui et tu penses que nous étions deux, Claire et Cécile. Mais pourquoi au moment de l’adoption, personne ne vous aurait dit que nous étions deux.
  • Nous sommes allé à l’orphelinat le même jour que plusieurs familles. C’était en pleine guerre. Ta maman en voyant Madame de Bougainvilliers a eu l’impression de la reconnaître.
  • Charles n’a jamais dit que nous étions deux
  • Charles n’était pas avec toi à l’orphelinat, nous l’avons eu un an avant.
  • Vous ne me l’aviez jamais dit.

Je sens que Père est ennuyé je vais retourner voir si on a besoin de moi. Je l’embrasse et lui me rappelle en me disant :

  • Va chercher tes sœurs pour une cueillette de nos bons raisins. Attention pas un mot. Je vais aller à la prison ce soir rencontrer Monsieur de Bougainvilliers, je veux en être sûr.

A suivre…

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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