Hum! Une famille tuyau de poêle !

Enfin nous voici à la banque, Monsieur le Directeur en personne est venu à notre rencontre. A croire que je sens « les Bougainvilliers » car cet homme s’est incliné devant moi , obséquieux et m’a dit

  • Je vois que le jeune Monsieur est le digne fils de Monsieur votre frère, il ressemble comme deux gouttes d’eau à feu Monsieur André de Bougainvilliers si tôt disparu. C’est vraiment son portrait craché. A croire qu’il est le fils d’André et non de votre jumeau. Mais il n’est plus là pour nous le dire.
  • Comment ? Que dites-vous , je serais le fils de Monsieur André, c’est normal que je lui ressemble puisqu’il est mon frère. Mais de là à penser que je sois son fils c’est faire injure à mon père qui va me reconnaître.
  • Je vous prie de m’excuser, j’ignorais que Monsieur De Bougainvilliers vous avait reconnu.

J’esquive ma réponse car je n’en sais rien, je l’espère car j’aimerais empocher son argent, surtout que j’ai d’immenses projets pour le faire fructifier.

Nous voici dans la salle des coffres, il y a des tonnes de coffres, j’en ai jamais vu autant, quoique je devrais dire je n’en n’ai jamais vu la couleur d’un seul. Le banquier ouvre une porte blindée précise-t-il, il sort un tiroir fermé avec nos deux clefs. Ensemble nous introduisons la clef jaune dans la serrure A et ma clef blanche dans la serrure B. Maintenant tout va se compliquer je dois tourner la clef dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Et mon oncle dans le même sens. Lorsque le déclic se fera entendre nous devons retirer nos clefs assez rapidement pour éviter qu’une reste coincée.

Tout s’est déroulé à la perfection. Nous avons découvert la clef du coffre du bureau de notre géniteur ainsi que le code pour ouvrir ce même coffre. Il y a des reconnaissances de dettes, plus de deux cent. Des extraits de naissances et tant d’autres papiers. Je prends la malette qu’Oncle m’a fait emporter et je prends le maximum de documents.

Le coffre désormais est vide, j’ai pris tout l’argent qui s’y trouvait sous l’oeil réprobateur de l’Oncle. Mais j’en ai besoin. Il me faut une voiture car je laisse la mienne à Annabelle. Ce soir je regarderais tous ses papiers et j’espère trouver le livret de famille de Maman. Il me faut des papiers officiels, surtout que je suis dans l’obligation de le faire fabriquer une carte d’identité à mon nouveau nom.

De retour dans la demeure des De Bougainvilliers je raconte ce que j’ai découvert ainsi que la réflexion du banquier. Père dit :

  • j’irai dès demain interroger votre mère adoptive Cécile, car je trouve que l’on nage en plein mélodrame. Elle sera bien au courant des faits et gestes de son cher mari.
  • Mais Papa est mort cela fait à peine cinq ans. J’avais quinze ans je m’en souviens comme si c’était aujourd’hui. Laissez cette pauvre femme à son chagrin sans en rajouter une couche.
  • Mais Mademoiselle, Charles a besoin de le savoir.
  • Oui je comprends et bien faites comme bon vous semble.

Nous terminons la soirée et Annabelle et moi montons nous coucher assez tôt. Je sens ma petite femme toute émoustillée. Je n’ai vraiment pas envie ce soir de lui donner ce qu’elle veut. D’habitude ne dit-on pas que ce sont les femmes qui parlent d’une migraine, ce soir je jouerais au malade.

Je n’ai ni eu besoin de jouer au malade , ni de faire mon devoir conjugal. Nous attendons un bébé. Ma douce et tendre Annabelle est enceinte. Nous avons discuté toute la soirée de ce bébé qui arrivait comme une promesse d’avenir. Nous avons même fait des pronostics, nous espérons que ce sera une fille car si le nom que dorénavant je porterais à l’avenir lui pesait. En se mariant elle le perdrait. Ce que m’a fait remarquer fort judicieusement ma précieuse femme, ai-je vraiment envie de m’appeler de Bougainvilliers. Vu sous cet angle et compte tenu de ce que j’apprenais me fait monter aux lèvres un dégoût qui, au petit matin était encore là.

L’oncle est revenu à la charge ce matin’pour me pousser à mettre l’argent dans le coffre et pour ouvrir le coffre fort du bureau du vieux. Ce que je ne lui ai pas dit c’est qu’hier au soir j’avais déjà mis la main sur un testament, testament était un bien grand mot, c’était certes ce qui pouvait s’y apparenter. En fait c’était des mots jetés à la hâte sur un carnet pour était il noté dans la marge le refaire en bonne et dû forme.

Surprise, le vieux était un véritable « sal… » Car il connaissait notre existence depuis notre naissance. Il y avait un petit carnet où était noté le nom des mères et leurs enfants. Il y avait pas moins de cinq femmes dont ma cousine Chantal et bien entendu notre mère figurait en tête . Chantal hier lorsque j’avais lu son nom, je lui avait fait discrètement signe. Les bras lui en étaient tombés, elle qui se croyait à l’abri du vieux grigou, elle apprenait que son accouchement clandestin était connu du vieux. Heureusement qu’il est en tôle en avait-elle conclu. Comme je la comprenais. La seule chose qui l’ignorait c’était la naissance des jumelles. Quant à moi j’étais le second de ses enfants après André le soi-disant père de Cécile. En fait je m’étais aperçu que sur ce carnet ne figurait que les garçons…

A suivre…

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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