Hum! Une famille tuyau de poêle !

Cécile et moi sommes assises au bord de la piscine, nous discutons des derniers événements, nous comprenons mieux la situation. Même Chantal en est pas revenu que le vieux avait un frère jumeau personne ne l’a su sur Béthune. Il a été éloigné de sa famille assez jeune puisqu’il est bien plus jeune que notre père adoptif. Avoir un père aussi jeune va permettre à Charles de faire pleins de projets d’avenir. Pour Père c’est déjà plus facile de voir qu’il n’y a pas que le vieux pervers dans les parages. A table il a commencé à parler de rentrer au Domaine. Et par la même occasion sans vouloir vexer Charles j’ai qu’un désir c’est rentré moi aussi. Mon chéri a téléphoné il va avoir une permission de quatre jours et apparemment je lui manque terriblement. Et dès qu’il connaît notre retour il va dire à son ami de Marseille de le rejoindre avec l’accord de Beau-papa.

  • Claire !

Je sursaute, je suis perdue dans mes pensées assez coquines je me l’avoue.

  • Que me veux-tu Annabelle ? Tu viens de me crier dans les oreilles, mon tympan en a pris un coup.
  • Arrête tu as toujours tendance à éxagerer

Médusée je regarde Annabelle , c’est la première fois qu’elle me tient pareils propos.

  • Mais qu’as-tu Soeurette ?
  • J’ai peur de m’ennuyer ici, je ne connais personne, en plus il va falloir que je donne une réception dès dimanche prochain et Papa vient de me dire que dès samedi vous rentrez sur Mâcon. Je vais être seule et ma grossesse me fatigue et j’en suis qu’au troisième mois, qu’est-ce que ça va être dans les prochains mois.
  • Tu n’auras pas grands choses à faire , à part jouer à l’épouse parfaite du fils d’Étienne de Bougainvilliers, je ne vois pas ce qui va te fatiguer plus qu’en ce moment.
  • C’est à la fois l’entrée de Charles aux Houillères de Béthune mais en plus ce sera son baptême en tant que l’héritier de Monsieur Etienne de Bougainvilliers. Toutes les huiles vont être là. Mon beau-père m’a dit plus de cent personnes.
  • Oh ! Je te laisse bien volontiers cette besogne – intervient Cécile-, pour les maris ou amants tu n’auras pas trop de fil à retordre, mais pour les femmes, il faut que ta tenue soit irréprochable. Du reste je te conseille de prendre deux robes. Il y a toujours des jalouses qui peuvent te renverser un verre de vin rouge. Et sois certaine qu’il y en aura. De plus notre grand-frère a un charme fou.
  • Ah nous voilà mal si les jalouses arrivent, elles seront bien reçu. Mais je ne pensais pas être obligé de recevoir tout le gratin de Béthune, tout au moins pas dès son entrée dans la haute sphère du Nord. Je ne peux pas trouver une couturière aux pieds levés.
  • Ne t’inquiètes pas, cet après-midi je devais retourner chercher des vêtements, je ne pense pas que chez tes parents Annabelle il y a mainte et mainte réception.
  • Non ce n’est pas l’habitude de la maison.
  • Et bien tu choisiras dans ma garde-robe les toilettes qui te font défaut. S’il faut te les retoucher je demanderais à ma couturière, elle ne refusera pas de t’aider.
  • Oh merci Cécile tu ne sais pas le poids que tu m’as ôté.

Et bien Cécile est d’une générosité immense cela me fait plaisir de le découvrir, ce n’est pas ma jumelle pour rien. Nous sommes vraiment identiques en tout point ce qui a fait dire à Charles l’autre jour :  » attention soeurette qu’elle ne joue pas les troubles-fêtes en te piquant ton chéri d’amour. »

J’ai failli lui envoyer à la tête une porcelaine de Chine que notre géniteur a dû rapporter d’un de ses voyages autour du Monde. Il paraît même selon Chantal que c’est un « Ming » et qu’il vaut une petite fortune. Je n’aime pas le bleu alors Ming ou Mangue je m’en contrefiche.

Plus que deux jours avant que nous repartions mais il y a un problème de taille. Il n’y a que Père qui conduit, ce dernier voulait descendre les deux voitures. Après longs palabres, Etienne le précieux papa de Charles a promis que dès que son cher fils aurait trouver ses marques il viendrait nous rendre visite. Il n’avait jamais vu des vendanges et cette année elles débuteraient entre fin août et début septembre. Il ramènerait la voiture et prendrait un taxi pour rentrer.

Charles n’en crû pas ses oreilles à l’annonce de son retour en taxi. Et bien il y en avait de l’argent chez les Bougainvilliers. A ce point c’était du délire. Plus de huit cent kilomètres en taxi il allait sentir passer la note. Même Pete s’en est mêlé en lui disant que les premières classes du « Corail  » étaient à la hauteur de sa particule. D’un revers de manche il a balaye la proposition, en ajoutant :

  • Je suis parti précipitamment de chez moi lorsque mon notaire m’a annoncé les évènements heureux. Je vais passer quelques jours dans ma villa une fois que je serais reparti de chez vous. J’en profiterais pour mettre de l’ordre dans mes affaires, en particulier mon travail et je rentrerais seconder mon fils. Vingt-cinq ans que j’attendais cette rencontre. Depuis que Jean m’avait annoncé la naissance de mon fils je ne rêvait que d’une chose c’était de pouvoir le serrer dans mes bras et surtout de le connaître. Enfin ce jour merveilleux est arrivé.
  • Je vous remercie Étienne et je comprend votre émotion. Charles a été un petit garçon très calme, travailleur et sérieux. La seule chose que je n’ai pas compris c’est qu’il est poursuivi des études d’ingénieur des Mines. Désormais je comprend il avait ça dans le sang.
  • Pourtant Charles m’a dit que les vignes allaient lui manquer, que ces dernières années il avait travaillé avec vous.
  • En effet car il n’avait pas réussi à intégrer un travail à la tête des Houillères de Montceau-les-Mines.
  • J’en connais la raison. C’est mon jumeau qui a dû lui mettre des bâtons dans les roues.
  • Êtes-vous certain qu’il connaissait son existence ?
  • Il suffit de lire ses notes pour en être convaincu. Sauf qu’il s’était attribué cette paternité. Pour les jeunes filles violées et les femmes , elles peuvent être certaines que je n’y suis pour rien. Dès mes treize ans je ne rêvais qu’à la mère de Charles. Et quitter cette maison était la seule issue. Hélas si je l’ai quitté c’est contre mon gré. Attacher dans une carriole, pieds et poings liés et jetés en pâture à une mégère qui pensait qu’à une chose que je devienne proxénète dans les bas fonds de Paris.
  • Oh !

C’est sur un cri d’horreur que c’est terminé la longue tirade d’Étienne le jumeau d’Artémis.

A suivre …

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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