Au cœur de ce drame qui ébranle la quiétude des vignobles, se cachent des vérités enfouies, des passions inavouées et des rivalités d’autrefois. Et tandis que le soleil se lève sur les coteaux dorés, il éclaire aussi les sombres mystères qui hantent les âmes de cette terre bénie par Bacchus révélant que même au pays du vin, le poison peut parfois couler dans les veines de ceux qui le cultivent.
Victor se souvient de ce passé qui a endeuillé plusieurs fois sa famille. Avant le notable il y avait eu son frère aîné, la veille de son mariage, retrouvé pendu à la poutre, de la maison où il allait vivre avec sa fiancée. Autour de son cou une grappe de raisin, dans sa main un sarment de vigne, il était attaché à son poignet. D’autres disparitions suivent cette folie meurtrière alimentant les rumeurs, les superstitions. Après le notable se fut le tour de son père. Le matin suivant la mort de leur bienfaiteur son père avait disparu, laissant une lettre où il s’accusait du meurtre. Ce n’était pas son écriture, son notaire avait été formel. Des mois durant on l’avait cherché. Sa mère avait engagé un détective. Ce dernier au fur et a mesure de son enquête découvre que les meurtres sont liés à un sombre partage de lots de vigne, des amours interdites et des rivalités entre famille de vignerons.
Ce n’est qu’un mois plus tard que son corps fut découvert dans une cuve abandonnée, mais les vendanges approchaient et celle-ci ferait bien l’affaire. En l’ouvrant l’odeur était si forte que le jeune Sébastien s’était évanoui. Il avait vomi tripe et boyaux. Pourtant le vieil ami de notre père appelé à la hâte avait fait ouvrir la trappe du fond et rapidement la cave avait senti la mort. L’alcool avait conservé le corps de notre père, car c’était lui qui était là. Mon jeune frère qui était parti en Australie est revenu pour l’enterrement. Il s’était brouillé avec notre père ne voulant pas s’occuper de la vigne. Je ne pensais pas qu’une fois là -bas il avait fait son trou et il avait emporté deux pieds de vigne, de notre vigne et depuis elle prospérait. Mais il ne pouvait pas l’appeler comme la nôtre, pourtant lorsque j’ai goûté son vin. C’était le nôtre. Même goût, même couleur, même robe. Il y avait une légère modification mais c’était à son avantage. C’est ce jour-là que nous avons scellé un pacte. Je lui enverrais des tonneaux et lui ferait de même. On les mélangeait et on verrait le résultat. Et c’est ainsi que trois mois plus tard naissait le petit et le grand Robinet de Solutré. On appliquait les mêmes traditions séculaires, notre réputation avait grandi. Cela durait depuis cinquante ans. A tous les deux le vin des Robinets étaient bu dans tous les palaces du monde entier. Aux tables des ministres. Des reines et rois. Mais bien entendu cela faisait des envieux.
Et alors que ma fille ainée épousait un chasseur de têtes comme je me plaisais à l’appeler, alors qu’il était photographe animalier, nous arrivait un joli petit garçon qu’ils appelèrent Bastien. Deux ans plus tard une fille, c’était un avorton, elle était née avec deux mois d’avance. En couveuse pendant quatre mois. Je ne me souvenais plus de son prénom, c’est ma femme qui vient de me le redire. Charlotte, une gamine insignifiante qui va arriver d’Afrique avec son père et mon cher petit-fils. Lui il reprendra ma propriété, j’en ferais le roi. Dommage qu’il ne porte pas mon nom. Mais les bouteilles de vin garderont le leur. C’est ainsi de père en fils chez les Robinets de Solutré.

Merci pour cette page, Evajoe !!! Je suis et, je suis à point !!! Bisous
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Solutré ? En hommage à la roche ? Une jolie région viticole que celle-là !
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Oui c’est bien ici que se passe mon roman à suspens. As-tu lu les trois autres chapitres si je puis dire
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Ah, et on ne lui demande rien au gamin !
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J’ai connu ça ici et ce n’est pas de la vigne ! Je parle de la reprise d’une exploitation mais sans mort.
Il va falloir que je m’accroche et lire au fur et à mesure.
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