Un passé bien encombrant (29)

  • Maman, c’est toi
  • Charlotte, je dois rêver c’est impossible, ma petite sauvageonne, ma fille adorée c’est bien toi.
  • Oui Maman, mais que t’es -t-il arrivée ? Jamais tu ne vas pouvoir monter sur la table et passer au travers du soupirail.
  • Si tu es là c’est que tu n’es pas seule, qui t’accompagne.
  • Attends Maman je dois les prévenir que tu es là

Je monte sur la table et attache au montant du soupirail le foulard blanc que m’a donné le copain d’Aurélien. C’est à ce moment que j’entends frapper à la porte. C’est mon Tonton, il tourne la clef dans la serrure, ouvre la porte, entre et la referme à clef. De son sac il sort une grosse lampe qu’il allume sans la diriger vers ma Maman. Je le vois s’approcher d’elle et lui dire :

  • Tout le monde est là. Ton amour, ton beau-père tes copains d’enfance y compris Fabrice. Comme Charlotte a mis le foulard blanc et qu’il le guettait, il a déjà dû appeler la gendarmerie et ils vont rentrer en force. Qui te garde ? La sorcière n’est pas là.
  • Non, elle ne salit pas ses jolies mains, elle donne juste des ordres.

Mais elle existe vraiment cette sorcière pour que mon Tonton et Maman en parlent comme si tous les deux la connaissait. Je me demande bien qui cela peut-il être ? Romain sort de son sac à dos un jogging pour ma petite Maman chérie. Il est noir. Comme elle est pied nue il lui met des chaussettes et des baskets. Il aide à se lever mais hélas elle est bien trop faible. Elle retombe sur le lit. Il sort une trousse métallique, il me demande de prendre la grosse lampe et de l’approcher de la cuisse de Maman. Il sort une seringue, il y met un liquide dedans et au travers de son pantalon il enfonce l’aiguille. Maman lui demande ce qu’il fait.

  • Ne t’inquiètes pas, cela va te donner un coup de fouet, hélas les effets ne vont pas durer longtemps. Il faut que tu suives Charlotte elle va t’emmener dans la salle de jeux où nous avons fait notre boom il y a quelques années. Charlotte écoute-moi tu vas aider ta Maman à aller là où nous étions il y a déjà deux heures. Tu cherches un endroit pour vous cacher. Il y a une grande armoire, elle est vide vous pouvez vous dissimuler dedans toutes les deux. Tu prendras des coussins pour que ta Maman soit bien. Et surtout voici la clef, tu fermes soigneusement la porte de l’intérieur. Et tu attends que je t’appelle pour sortir. Cela risque d’être un peu long. Cela dépend de la résistance que nous allons trouvée.

Je ne comprends absolument rien de ce que mon tonton me raconte. Mais je vais lui obéir au doigt et à l’oeil. Il.ne faut pas que je fasse de bêtises. J’ai retrouvé Maman, bien qu’elle ne soit pas en pleine forme, l’essentiel c’est qu’elle soit là. Mais tout est étrange, elle a disparue dans les souks en Afrique et on l’a retrouve en France dans les Pyrénées. Comment a-t-elle pu venir? Ses questions je me les pose alors que nous sommes Maman et moi dissimulés dans l’armoire. Maman a dit si les garçons ne viennent pas tout de suite on va bien vite nous retrouver. Je crois qu’elle délire. Qui sont les garçons dont elle parle ? Moi, elle m’a appelé Rosine, je ne l’ai pas contrarié mais ça ne me plaît pas qu’elle me confonde avec sa soeur vu qu’elle est morte il y a vingt ans. Mamie Anne-Marie en a parlé une fois à table, en me disant tu es aussi casse cou que la soeur de ta mère. Comme je ne l’ai jamais vue, ma Grand-mère m’a répondu elle est morte. Bastien m’a dit ce n’est pas casse cou qu’elle a voulu te dire mais casse c…le. Mais comme c’est un mot vulgaire notre Grand-mère ne va pas le prononcer. Si notre mère me dit Rosine, possible qu’elle ne soit pas morte, et que Grand-mère ait voulu dire qu’elle était morte à ses yeux. Voilà elle a dû partir il y a vingt ans, ou alors elle a fugué.

C’est à ce moment que j’entends des coups de feux. Maman me dit :

  • Ne me quitte pas Rosine, je t’ai retrouvé, enfin ils arrivent on va être sauvé.

Je n’ai pas le temps de répondre que j’entends des appels et des coups frappés à la porte. Je vais ouvrir et il y a pleins de gendarmes et mon Papa qui nous prends toutes les deux dans ses bras. Nous pleurons tous les trois.

  • Mes amours, c’est finis ce cauchemar, enfin nous allons pouvoir vivre heureux sans cette sorcière mais il va falloir qu’elle nous explique.
  • Papa mais qui est la sorcière ?
  • C’est ta Grand-mère Anne Marie.
  • Ma Grand-mère …
  • Oui, mais nous te raconterons tout. D’abord nous devons soigner ta Maman et rentrer rejoindre ma mère, et tes frères.

Mon père n’aime pas sa belle-mère de ça j’en suis certaine mais l’appeler la sorcière et dire à Fabrice le Commissaire de police qu’elle est l’instigatrice de l’enlèvement de sa propre fille, à dix ans c’est difficile de comprendre. Comment sa propre Maman a pu enlever sa fille alors qu’elle était enceinte, la ramener en France et l’enfermer dans le château. Ce n’était pas celui de la Belle au bois dormant. Cette femme je n’ose même pas l’appeler Grand-mère, il doit lui manquer une case comme dirait Bastien.

A suivre…

Avatar de Inconnu

Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

4 réflexions sur « Un passé bien encombrant (29) »

Laisser un commentaire