Une ombre sur le Causse

Quand les évènements se précipitent !

Ils se glissèrent à l’extérieur, chacun sachant que la nuit ne dévoile pas seulement des secrets, mais aussi des dangers insoupçonnés. Alors qu’ils s’éloignent de l’immeuble, une ombre se faufile derrière eux, invisible mais omniprésente, prête à frapper au moment le plus inattendu.

Olivier entraîne sa compagne, cette femme est tout en jambe, ce n’est vraiment pas son genre, mais il doit se méfier de son jugement hâtif , cela lui a joué de sale tour. Tout en cheminant à ses côtés, Il se demande la raison pour laquelle on l’a affublé du nom d’un clown. Pour Esméralda il aurait dû s’appeler Phébus, il serait proche de sa nana. Soudain il sourit et se souviens de sa dernière mission, en rentrant son chef en avait entendu de toutes les couleurs, surement pour cette raison qu’il portait ce nom.

J’ai reçu un dernier message afin de m’informer où nous devons nous diriger, nous allons à proximité du lac des Moines. A cet endroit précis nous trouverons un indice qui nous donnera la direction à suivre, afin de faire les morts. Je laisserais Esméralda, elle sera une randonneuse comme nous en côtoyons à cette époque par centaine. Tant que personne ne sait qui elle est, elle n’est pas en danger. Pour ma part je revêtirais les vêtements qui se trouvent dans une malle et tranquillement dans la journée je regagnerais mon domicile comme si j’étais parti faire une excursion.

J’explique rapidement à mon binôme ce qu’il va se passer, lui demande si elle a quelques victuailles dans son sac, devant son signe négatif, je me demande si je n’ai pas a faire à une bleue. Tant pis nous aviserons au fil de la journée. Nous allons nous rendre là, je lui montre sur mon topo guide le lieu où je le lui dirai plus tard nous devons trouver un indice. Humain ou autre à ce stade de l’enquête je n’en sais strictement rien. Le message était laconique. Elle me demande s’il y a de la grimpette.

— Nous avons à partir de maintenant 7 km 500 de montée, c’est faisable, j’espère que vous avez autres choses que vos ballerines car vous allez glisser sur l’herbe rase.

—Je n’ai pas prévu de chaussures de randonnée

—Même pas une paire de basket

—Oui j’ai cela dans mon sac

—Et bien prenez-les, je vous le conseille

Esméralda semble paniquer, je l’attrape par la main et la pousse brutalement dans une allée étroite avec un semblant de toit. Je lui mets la main sur la bouche, elle comprend qu’elle doit se taire. Elle en profite, une fois que j’ai ôté ma main de sa bouche pour se baisser et changer de chaussures.

Bonjour la discrétion, elles sont roses fluo. Quelle idiote m’a-t-on filé ? Cela promet, nous sommes repérables à des centaines de kilomètres à cause de cette grande giclette. Au moment où nous pensons ressortir j’entends des chuchotements, je pousse Esméralda dans un couloir étroit et j’ai l’impression d’entendre son cœur battre à tout rompre. Pendant que je scrute le couloir faiblement éclairé afin de trouver une porte de sortie, les interrogations viennent perturber ma mission. Pour quelles raisons nous sommes suivis, qui est à notre poursuite et surtout quel est le rapport avec la fausse monnaie. Car pour moi, les cigarettes c’est une diversion. Mais il me faut me ressaisir, je dois trouver un endroit sombre pour nous planquer, et surtout vu qu’il est déjà cinq heures du matin ne pas être repéré par des randonneurs, toute notre mission serait compromise. Je ne suis pas resté là depuis six mois, si c’est pour être démasqué au moment où l’aventure commence. Soudain j’avise une porte entrebâillée, je pousse ma comparse et lui dit de se dissimuler derrière les sacs de farine, nous sommes dans l’entrepôt du père Robin. Vu l’odeur qui se dégage du fournil il n’aura nullement besoin de ses sacs de farine. Je sens la présence d’individus, nous nous accroupissons et retenons nos souffles, l’un parle à l’autre et ce que j’entends me réjouit, » tu vois bien qu’il n’y a personne », c’était des randonneurs ou le boulanger qui discutait sur le pas de sa porte.

Pour passer inaperçu, c’est plus que raté, vu ce qu’elle a aux pieds. A-t-elle fait cela en connaissance de cause ? Qui la poussé à prendre ce genre de pompes ? Je pense à cela car j’entends une respiration non loin de nous. Les individus sont là tout près, nous n’avons aucun intérêt à nous montrer. Nous devons disparaitre rapidement pour que la mission soit une réussite. Je prends la main d’Esméralda et lui fait signe d’avancer en silence en direction du fournil. Nous, nous glissons le plus silencieusement possible entre les sacs de farine et les caisses de pain fraîchement sorti du four. L’odeur alléchante des croissants chauds nous picotent le nez, mais dissimulés du plus que nous pouvons je conseille à mon binôme de troquer son haut noir pour des vêtements aux couleurs plus voyantes, elle ne semble pas comprendre, puis elle s’exécute rapidement. Pendant ce temps j’en fais de même, je troque mon haut noir contre un tee-shirt rouge, change mes chaussures noires contre des blanches, mets ma casquette blanche sur la tête et attends que Madame en ait fini avec ce changement de vêtements. Je m’approche d’elle et lui demande à nouveau de changer de chaussures, elle s’exécute sans rechigner, tous les deux nous avons ôté nos passe-montagnes soudain une lumière aveuglante nous surprend, c’est le commis du boulanger qui fait son apparition, de suite il aperçoit tout comme moi les deux individus qui nous suivaient, il se met à crier :

—Patron, il y a des intrus dans l’entrepôt.

La porte du fournil s’ouvre à la volée, et je vois apparaître tour à tour l’apprenti de Monsieur Robin, le patron lui-même, son associé, ainsi que sa femme , dans la lumière de l’ampoule blafarde j’aperçois deux jeunes gens inconnus qui n’en mènent pas large. Ils se confondent en excuse disant qu’ils n’en voulaient à personne, mais que la bonne odeur du pain chaud et de la viennoiserie les avait attirés. Le patron rigole, et leur dit :

— Vous étiez là pour me voler, mais pas plus tard que la semaine passée j’ai déjà eu des visiteurs, une fois ça suffi, vous voilà pris la main dans le sac, j’appelle la gendarmerie.

Les deux hommes sont bien silencieux, ils ne profèrent aucun mot. Le père Robin aidé de son frère les ligote mains dans le dos et les entraîne dans le fournil, nous en profitons pour rebrousser chemin. Notre mission est bien compromise, aussi je propose à mon binôme de m’accompagner chez moi.

Elle ne dit pas un mot, le jour est levé, nous croisons quelques randonneurs qui partent rejoindre les différents chemins qui traversent Nasbinals. Devant chez moi il n’y a personne. Je fais entrer ma comparse et lui propose un café. Pendant que le café passe, j’envoie un message à mon correspondant anonyme et j’attends la réponse. Ne la voyant pas venir je retourne auprès de la demoiselle et là oh stupeur c’est une femme fort différente de celle que j’ai entraperçu dans le dépôt. Pendant que je préparais le café elle s’est métamorphosé en une poupée de mode, je la reconnais aussitôt c’est la jolie jeune femme que j’ai croisé dans le bureau du chef à Rodez. Je lui demande son prénom, elle me répond

— Mireille

Et ajouté :

— Je vous reconnais, mon chef m’a fait part de vos états de service, ils sont éloquents, vous êtes Olivier ce jeune gendarme gravement blessé lors d’une opération anti drogue à Villejuif.

— Pour la discrétion, c’est raté. Qui était les deux individus qui nous suivaient.

—Je l’ignore, c’est la première fois que je les voyais.

A suivre…

Copyright janvier 2025

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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