Une ombre sur le Causse

Téméraire ou fou

Si pour démanteler tout un réseau de trafiquants de cigarettes il faut planquer des heures. Pour leur échapper il est grand temps de trouver une porte de sortie.

C’est à ce moment-là que j’aperçois un groupe de marcheurs qui abordent le chemin menant au lac. Je fais signe à Martin que c’est là que nous allons nous quitter. Moi je vais attendre le départ des individus pour aller faire un tour dans la partie enterrée car mon sixième sens m’a averti qu’il y avait comme une énigme dans ce buron.

Quand à Martin il va suivre la ligne de crêtes en compagnie de ces marcheurs puis il s’arrêtera au niveau du buron qui sert de restaurant et de gîtes. Je le récupérerais demain. Si par hasard je n’étais pas au rendez-vous il devrait avertir mon chef à Saint-Chély d’Aubrac. Je lui ai filé toutes les coordonnées. Pour l’instant évitons d’avertir la cavalerie.

Dès que le groupe passe à notre hauteur Martin se mêle aux pèlerins et petit à petit il disparaît à mes yeux. Mon chien me fixe de ses yeux jaunes, il n’a pas émis un seul jappement lorsque le groupe est passé à notre hauteur.

_ Brave Oural, tu es le meilleur des chiens.

Que me dirait- il s’il avait le don de la parole. Mais pour l’instant j’observe le va et viens des deux receleurs. Ils semblent attendre une personne ou plusieurs pour nous prendre en chasse. À moins qu’ils attendent une livraison.

Je pense que les deux hommes savent que je n’ai pas bouger, ils doivent réfléchir afin d’élaborer un plan astucieux soit pour me prendre à revers soit pour eux de se fondre dans la nature. Le buron est bien placé, un chemin le longe, l’Aubrac, a des paysages vallonnés, des prairies verdoyantes et des sentiers de pierres anciennes qui serpentent à travers la nature. Si j’avais trouvé un muret je serais moins exposé. J’aurais dû m’évader avec Martin et me planquer plus haut. Le prochain groupe qui passe non loin de moi me donnera l’occasion de semer ses deux fous furieux. Il est étonnant que personne ne les ait rejoint afin de me récupérer. Cependant le temps a dû jouer en ma faveur. Tous ces derniers jours il faisait un froid glacial , il pleuvait, les randonneurs ou pèlerins n’étaient pas très nombreux. Le temps est magnifique, c’est le moment où jamais pour les contrebandiers de trouver des proies. En plus de leurs habitués.

Voilà j’ai réussis à intégrer un groupe ils viennent du Puy mais sont originaires des quatre coins de France. C’est un groupe d’amis qui se sont donné rendez-vous afin de profiter de leurs vacances pour descendre le plus bas possible en direction de Compostelle. Il est 15 h ils vont jusqu’à Saint-Chely- d’Aubrac. Il y a dix sept kilomètres au total. Ils ont calculé le faire en quatre heures. Il leur reste environ une heure de marche. Aussi ils en profitent pour faire des photos. Oural se prête volontier à leur demande. Je ne leur donne pas le nom exact de mon chien. Je veux lui laisser sa place au sein de ma brigade. Une des jeunes femmes dit que Rintintin lui va bien. Va pour Rintintin.

je leur explique que je n’irais pas jusqu’au bout avec eux j’attends des amis et j’irai manger à l’auberge. Je leur parle de notre plat traditionnel l’aligot. Ils en ont l’eau à la bouche. Mais ils reviendront le manger dans le coin. Nous nous séparons, ils continuent leur chemin. Je vais pouvoir m’adosser à la petite murette de pierres sèches. Prendre mes jumelles et les observer. J’espère qu’ils sont toujours à l’affût non loin de leur buron.

Avec mes jumelles assez puissantes je peux reconnaître un visage ou observer ce qu’ils font réellement. Ici je suis bien placé car le soleil ne se reflète pas dans mes jumelles, personne ne va pouvoir me repérer. Tiens tiens mes deux voyous vont se fondre dans le flot incessant des marcheurs, ils ont adoptés la tenue des randonneurs – avec des chapeaux de soleil, des sacs à dos et des chaussures de marche – au même moment ils se mêlent à un groupe de véritables marcheurs. Ils adoptent un comportement amical et détendu, échangeant des sourires et sûrement des plaisanteries afin de ne pas attirer l’attention. Bien m’en a pris de les regarder.

J’attends que le soleil se couche, c’est bientôt vingt-deux heures, je me dirige vers le buron, je suis certain que je vais découvrir autres choses. Tout est calme autour, il n’y a même pas de randonneurs qui campent dans les environs. Je laisse Oural en liberté ainsi que la porte entrebâillée il peut m’avertir au cas où les contrebandiers reviennent.

J’allume ma torche bien plus puissante que celle de ce matin. Là où ils étaient assis je m’aperçois que c’est une trappe. Je vais pour la foule et lorsque soudain j’entends Oural japper.

A suivre…

Copyrigth janvier 2025

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

6 réflexions sur « Une ombre sur le Causse »

  1. Heureusement qu’Oural est là en surveillance.

    Y en aurait-il d’autres qui seraient à ses trousses ?

    Métier dangereux !

    Dis donc EvaJoe, faut-il que je revienne au début pour te laisser le commentaire qui devait s’afficher à chaque fois ?

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